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26 novembre 2011

Les Aventures de Philibert, capitaine puceau

Je ne comprendrai jamais ce genre de films. C'est juste fait dans le souci de reproduire du mieux possible des films qui étaient déjà médiocres à leurs sorties, des trucs ultra ringards, de mauvais goût et infiniment laids. C'est donc encore une nostalgie dégueulasse et mal placée qui aboutit à ce genre de films de petits faiseurs ridicules. Et ils font ça bien, ça ne rigole pas : les décors, les costumes, les scènes de duels à l’épée, etc, tout ça est fait avec un soin ostentatoire, insupportable ; c'est vraiment du travail d'orfèvre, réalisé par une bande de petits tocards bien soucieux de coller au plus près possible à leurs modèles minables. On n'est même pas vraiment dans la parodie, le bouchon n'est jamais poussé assez loin. Du coup, forcément, c'est pas drôle une seconde. En fait, on est dans le pastiche sans saveur et sans intérêt. Le réalisateur Sylvain Fusée déclare, non sans une certaine satisfaction du devoir bien accompli : "Le défi était de pasticher les films de cape et d'épée sans tomber dans la parodie. On n'est ni chez les Zucker-Abrahams-Zucker, ni chez Mel Brooks, ni chez les Monty Python". En effet, on est nulle part ! On est dans un film infâme qui donne seulement envie de revoir les quelques réussites des auteurs cités par Fusée. Dans l'esprit, le film peut rappeler les OSS 117 de Michel Hazanavicius, mais l'humour en moins !



On est attristé de voir l'acteur Jérémie Renier se démener comme il peut dans ce spectacle pitoyable. On a même de la peine pour lui quand on s'imagine qu'il a dû s'entraîner pendant des mois à l'escrime pour ce rôle et ce film nullissime, lui qui peut être si doué ailleurs, chez les Dardenne par exemple... Bon, par contre, force est de reconnaître que les tenues moyenâgeuse aux décolletés pigeonnants siéent particulièrement bien à la jeune Élodie Navarre. Pour être plus clair : elles mettent drôlement bien en valeur sa poitrine et c'est un régal pour les yeux de voir ces deux seins grossir au rythme des respirations de la dame. Voilà où on en est ! A parler des gros nibards de l'actrice pour relever le seul point positif de ce si triste film ! Une actrice dont le visage ne respire pourtant pas l'intelligence et qu'on aura tôt fait d'oublier, comme ce film ridicule...


Les Aventures de Philibert, capitaine puceau de Sylvain Fusée avec Jérémie Renier, Manu Payet, Alexandre Astier et les seins d’Élodie Navarre (2011)

5 novembre 2011

Dialogue avec mon jardinier

J'ai oublié de vous parler de cet opus de Jean Becker au moment de sa sortie il y a quatre ans... Mille excuses, mea culpa, c'est juste que j'en avais rien à battre et du coup j'ai zappé... Pardon encore. Félix et moi on vous a pourtant torché Deux jours à crever et La tronche en friche, mais j'ai oublié de parler de celui qui les a précédé, Dialogue avec mon macchabée, qu'on a pourtant vu à sa sortie sur divx, au garde-à-vous, comme à chaque parution d'un nouveau Becker. Dans cet opus du maître, Daniel Auteuil interprète un peintre assez fortuné en plein divorce, revenu habiter la maison de son enfance après la mort de ses parents. Il convoque un jardinier pour remettre en état le jardin et quand son nouvel employé (Jean-Pierre Darroussin) rapplique enfin il s'avère être un de ses anciens camarades de classe. Ils se rappellent leurs bêtises d'autrefois et redeviennent amis. Darroussin incarne un cheminot retraité, fatigué, vivant en HLM, aux antipodes sociaux de son ami, mais leur différence de niveau de vie et de trajectoire ne sera pas un rempart à leur sympathie réciproque et les deux personnages vont créer de gros liens d'amitié autour de la peinture, des légumes potagers, de la pêche à l'épuisette et d'un déluge torrentiel de pinard.



Jusqu'aux deux tiers du film c'est vraiment bien. Lumineux, très coloré, assez intéressant et souvent drôle, car on voit bien que pour chaque scène en tête-à-tête, Auteuil et Darroussin n'ont fait qu'une prise et que c'était la bonne, notamment dans une séquence interminable où les deux comparses échangent sur des dizaines de sujets incompréhensibles pendant des heures, Auteuil vautré dans un canap' et Darroussin lui faisant face, bien tanqué dans un fauteuil apparemment pas aussi confortable que celui de son copain, les mains vissées sur les genoux, hagard, fixant son vieux pote au bout du rouleau qui tombe les litrons de rouge en causant dans un charabia sans queue ni tête de tout et d'absolument rien dans une suite de faux-raccords involontaires de haute volée. On notera en prime une apparition d’Élodie Navarre, très agréable par sa présence car essentiellement nue dans l'herbe. Au tableau d'affichage des scores on a donc Becker 3 - le spectateur 0, car il nous met dans la vue une bonasse à poil dans le foin et deux alcooliques en roues libres, c'est paname à la campagne. Et puis tout à coup un des deux personnages tombe gravement malade. Et le dernier tiers est d'un chiant... mais d'un chiant... Jean Becker, on l'a déjà dit, faut toujours qu'il fasse dans le pathos en fusillant un de ses personnages au moment où tout le monde était bien à l'aise dans ses godasses. Au début il filmait deux amis discutant pendant des heures en nous faisant marrer, puis il s'est rendu compte qu'il n'avait pas de scénar, or la maladie ça reste une bonne sortie de secours pour niquer un film.



C'est typique, c'est comme ça dans pratiquement tous les films de Becker, qui aime finir en eau de boudin et nous voler le sourire qu'il nous avait offert si gracieusement en essayant de choquer par la mort subite d'un personnage sympathique - aussi y a-t-il fort à parier que si Becker Jean devait filmer le biopic d'un footeux, il choisirait Marc-Vivien Foé. On verrait l'international camerounais le plus sympathique de l'histoire des Lions Indomptables tailler le bout de gras avec ses coéquipiers, se pisser au froc de rire avec ses potes, enchaîner les matchs comme un Dieu, une passe par ci, un dégageo en touche par là, puis un panneau annoncerait la date, le 26 juin 2003, et on commencerait à trembler du menton sévère. Puis Marc-Vivien Foé, joué par Omar Sy sans doute, la star montante du cinoche franchouillard, s'écroulerait soudain sans crier gare, les yeux révulsés, au cours de ce fameusement triste match de Coupe des Confédérations contre la Colombie, à Gerland. Guy Roux, incarné par Michel Galabru, déplorerait devant la caméra de Becker imitant les conditions d'un reportage la négligence des soigneurs qui ont fait tomber "Marco", Marc-Vivien Foé, en le transportant hors du terrain. Ce serait un Becker sans bavure et ça ferait quelques entrées à proximité des stades. Le cinéaste Becker flingue lui-même sa filmographie. C'est con. Mais on l'avait vu venir, on connaît notre petit Becker illustré par cœur.


Dialogue avec mon jardinier de Jean Becker avec Daniel Auteuil, Jean-Pierre Darroussin, Élodie Navarre, Fanny Cottençon et Alexia Barlier (2007)