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29 juillet 2023

Mission : Impossible – Dead Reckoning Partie 1

La saga Mission : Impossible, c'est un peu comme les Jason, on finit par avoir un mal de chien à les identifier, à les dissocier les uns des autres. C'est un bon test cognitif pour soi-même. Le premier, c'est facile, c'est celui de De Palma où Tom Cruise joue encore collectif, avec Jean Reno, Béart et compagnie. Le TGV dans le tunnel sous la Manche, la goutte de sueur qui menace de déclencher l'alarme. Ok, facile, on a pu en causer ici sans souci en s'appuyant seulement sur nos très vagues souvenirs. Je l'ai revu depuis dans le cadre de ma réhabilitation personnelle de Brian de Palma et je considère toujours que ce film est loin de faire partie de ses meilleurs et qu'il correspond hélas au début du déclin de l'auteur de Body Double. Quant à Mission : Impossible II, la bande-annonce, à l'époque laborieusement téléchargée en 56k, m'avait scotché : on y voyait Tom Cruise escalader en solo intégral une falaise verticale et se mettre en danger de mort inutilement suite à une glissade, pour mieux se rattraper à une corniche dans un geste impossible, nous montrer ses muscles saillants et nous adresser un regard-caméra plein de défi. J'étais alors facilement impressionnable et le remix du fameux thème musical de la série, plutôt chiadé, jouait aussi son rôle. Le reste était à chier. John Woo et ses quelques envolées de colombes. Tom Cruise et ses cheveux longs qui le rapetissent encore davantage. Thandie Newton aux abois. Bref, un raté. 


Représentation abstraite de ma mémoire à l'évocation d'un Mission : Impossible ? Non, représentation signée McQuarrie de l'Éntité, l'intelligence artificielle malfaisante du film. Mouais...

Dès le troisième opus, ça se corse davantage, ma mémoire me joue des tours, et je ne peux pas lui en vouloir. Je ne garde quasi aucun souvenir de l'épisode signé JJ Abrams (comme  tout ce qu'a fait cet homme-là), si ce n'est de brèves images de Phil Seymour Hoffman sous-exploité en vilain, de Michelle Monaghan en épouse éplorée, et de Tom Cruise glissant arme au poing dans les lens flares. Peut-être le pire. À partir du 4, l'amalgame nous tend encore plus les bras. Peut-être parce que Christopher McQuarrie, le lieutenant de Tom Cruise, passe aux commandes, d'abord au scénario. Ghost Protocol, c'est un générique en CGI en forme de clin d’œil à la maison Pixar dont est issu Brad Bird, le réalisateur embauché par la gigastar pour redonner du peps à sa saga. Une escapade à Dubaï, la robe fendue de Paula Patton, une apparition délicate de Seydoux. Voilà tout ce qui m'en reste. Le 5, le 6 et à présent le 7 forment dans mon esprit une seule et même bouillie. Tout à fait digeste mais sans réelle saveur. Il y a une grosse baston dans des toilettes, peut-être dans le 6. Une course à motos, peut-être dans le 5. Et aussi le 6. Je ne sais plus. L'arrivée de Rebecca Ferguson, un atout non-négligeable, sacrifiée bêtement cette année, est à noter. Et encore et toujours les mêmes pesants défauts. Malgré cela, les M:I demeurent légèrement au-dessus du lot. Faut dire que quand la concurrence se nomme Fast & Furious XII, c'est pas si difficile.


Il y a à peu près la même ambiance dans la voiture quand je prends le volant sur les routes des vacances...

Cette fois-ci, Tom Cruise et sa bande sont donc à la recherche d'une clé ridicule qui permettrait de désactiver une intelligence artificielle aux idées de grandeur de plus en plus inquiétantes. Cette quête mène l'autoproclamé sauveur du cinéma de divertissement hollywoodien aux quatre coins du monde, comme d'habitude. Toujours aidé par les fidèles Simon Pegg (ici adorable) et Ving Rhames (en mode moins j'en fais, mieux je me porte), il s'associe à une pickpocket professionnelle, incarnée par Hayley Atwell, une recrue bienvenue : c'est bien simple, quand ce n'est plus elle qui dicte le tempo du film, celui-ci retombe dans la médiocrité. Les antagonistes que Tom Cruise croise sur son chemin sont, principalement, deux agents de la CIA au courant de rien, une mystérieuse mercenaire nommée Paris parce qu'elle est française, et un individu malfaisant surgi du lointain passé du héros. Ce soldat zélé au service de l'IA est le grand vilain du film et l'on peut s'étonner qu'il soit incarné par un latino a l'air goguenard, le teint hâlé, en chemise pastel légère et pantalon blanc en lin, on dirait un touriste qui profite d'un moment de tranquillité, débarrassé de femme et enfants. Tom Cruise doit être fan de La Bamba, c'est comme cela que j'explique qu'il ait pu filer ce rôle à Esai Morales, la co-star de Lou Diamond Phillips dans le biopic de Ritchie Valens. Vous l'aurez compris : il est l'un des boulets du film. Bien sûr, on ne sait rien de ses motivations personnelles, ce qui ne comble donc en rien le manque de charisme de ce vilain de pacotille.


Quand Tom Cruise prend le train, ça finit souvent sur le toit...

On connaît l'ambition de Tom Cruise d'écraser la concurrence quand il sort un nouveau film de sa saga fétiche, d'où son goût pour des scènes d'action interminables qui en offrent toujours plus. Cela donne ici lieu à quelques bons moments, il faut bien le reconnaître, mais ceux-ci sont parfois bien planqués, coincés entre deux passages plus fastidieux, déjà vus et revus, ou refoulés à l'issue d'une longue séquence d'action assommante, sans grand intérêt. On se tape ainsi une énième baston peu emballante sur le toit d'un train lancé à pleine vitesse, où Cruise et son ennemi font toujours bien attention à se balancer à tour de rôle dans le sens de la longueur, triste moment qui atteste de nouveau l'incapacité de McQuarrie à filmer convenablement les bagarres quand celles-ci ne se déroulent guère dans des teuchios (auparavant, des échauffourées dans les ruelles et sur les ponts étroits de Venise auront eu le temps de nous saouler). Mais, à la suite de cette bagarre minable, Cruise et Atwell se retrouvent prisonniers de wagons dont ils doivent s'extirper un à un avant qu'ils ne chutent dans le vide, et cela devient enfin très plaisant. Je retiendrai deux autres scènes où McQuarrie semble s'être sorti les doigts (excusez cette expression familière). Je pense d'abord à la longue séquence de l'aéroport d'Abou Dabi où l'on suit une double filature (Tom Cruise pourchassant la pickpocket tandis qu'il est lui-même marqué à la culotte par la CIA) parallèlement à la désactivation, par l'astucieux Pegg (ne me demandez pas pourquoi, je l'aime bien là-dedans, il sue tout le temps, panique, s'énerve, pète les plombs, il est le seul à paraître humain), d'une bombe nucléaire cachée dans un des bagages qui transite en sous-sol. Tous les événements s'enchaînent agréablement via un montage efficace. On ressent alors le plaisir que l'on était venu chercher en consentant de passer le seuil de la porte vitrée du multiplexe inhumain. Et il y a ensuite la course-poursuite en voiture, en deux temps, dans les rues de Rome, qui prend une tournure comique et amusante à partir du moment où, menottés, Atwell et Cruise conduisent ensemble une Fiat 500 jaune étonnamment pimpée. On y casse pas mal de matériel, ce qui est toujours une chose appréciable. 


Du jamais vu, même à la SNCF !

Dans les 163 minutes que comptent cet épisode, il y en a donc bien 20 de bonnes, ce qui est déjà pas mal quand on espérait rien. Le reste est soit passable, plombé par un scénario qui perd progressivement en limpidité, soit carrément médiocre, flingué par le manque d'imagination et d'audace de l'équipe réunie autour du projet, pilotée de trop près par un acteur démiurge qui uniformise à présent tout ce dans quoi il tourne, ne laissant plus leur chance à des cinéastes qui n'obéiraient pas au doigt et à l'œil. Dans le pire de Dead Reckoning, il y a cette longue et lourde scène de discussion dans une boîte de nuit vénitienne : la tension est aux abonnés absents et l'on ne peut s'empêcher de trouver criante de pauvreté la façon du réalisateur de filmer, sous des angles ridicules et entre une succession de gros plans usants sur des tronches qui bavardent, les écrans et projections d'images virtuelles abstraites qui décorent la pièce, ceci afin de rendre palpable et menaçante la présence de l'intelligence artificielle malveillante, qui cernent littéralement les personnages (on préfère l'Entité de Sidney J. Furie). Le pari était certes compliqué sur le papier et, sans surprise, McQuarrie, en bon artisan limité qu'il est, n'a pas su le relever. Heureusement, il y a là-dedans une petite touche d'humour, d'autodérision, qui participe pour beaucoup à notre indulgence. Éternel héros, de plus en plus pris de vitesse mais toujours là de justesse, Tom Cruise veut nous amuser et nous divertir, il n'y parvient que trop rarement, par intermittence, mais, dans le contexte actuel du gros cinéma hollywoodien, c'est déjà ça. 


Mission : Impossible – Dead Reckoning Partie 1 de Christopher McQuarrie avec Tom Cruise, Simon Pegg, Rebecca Ferguson, Esai Morales et Hayley Atwell

20 janvier 2022

Last Night in Soho

Croyez-le ou non, je n'ai pas passé un si mauvais moment devant le dernier film d'Edgar Wright, Last Night in Soho, que j'ai pourtant regardé à reculons, n'ayant jamais éprouvé aucune sorte d'intérêt pour la filmographie du bonhomme. Mais, parce qu'il nous a été vendu comme un film d'horreur, ce qu'il est bel et bien, ma curiosité m'a quand même poussé à lui donner une chance. En réalité, je m'attendais à mille fois pire, j'ai donc été agréablement surpris. Le film se tient à peu près, les nombreuses influences qui l'ont façonné, de Dario Argento à Roman Polanski, aboutissent à un gloubiboulga ma foi digeste. Le scénario, qui prend son temps à démarrer car il a au moins le mérite de correctement planter son personnage principal – une jeune étudiante passionnée de mode qui se retrouve seule à Londres et se réfugie dans ses fantasmes d'une époque passée, les Swinging Sixties, qui vont progressivement prendre une tournure cauchemardesque – tente assez grossièrement de capter l'air du temps, finit par se mélanger les pinceaux et tombe un peu dans le n'importe quoi, mais il captive néanmoins et surprend régulièrement. Les actrices, Thomasin McKenzie et Anya Taylor-Joy, se mettent au diapason de l'énergie que veut insuffler la mise en scène hit & miss du cinéaste anglais. Bon, il y a des choses visuellement dégueulasses, certes, mais aussi beaucoup d'audace et, par moments, une jolie fluidité. Toute la fin est truffée d'effets à gerber, OK, mais le film témoigne d'une certaine volonté d'essayer, d'innover et d'aborder le genre avec sérieux et respect. Après avoir survécu miraculeusement à la longue et laborieuse mise en place, j'ai donc fini par trouver ça plutôt réussi, pas désagréable, presque rafraîchissant. C'est qu'il n'en sort pas si souvent, des films d'horreur aussi osés. Alors autant ne pas tomber à bras raccourcis sur celui-ci.


Thomasin McKenzie, dans une tenue faite de papier journal qu'elle a elle-même conçue.
 
Et puis il faut dire que, peu de temps après avoir vu le film, j'ai fait par hasard la rencontre fortuite d'Edgar Wright. Il m'est apparu comme quelqu'un de tout à fait sympathique et charmant. C'était pendant les vacances de Noël dans le cadre d'un trajet en blablacar pour revenir de chez mes parents, entre le 26 et le Jour de l'An. Au moment de sélectionner mon covoiturage, j'avais le choix entre deux propositions de trajet postés par deux profils bien distincts. "Tueur en série toujours en liberté, j'utilise blablacar pour commettre mes méfaits. Vous serez seul à mes côtés car c'est ainsi bien plus facile à gérer. Avec moi, pas de blabla, le silence est roi" disait la présentation de l'un ; "Jeune cinéaste anglais, j'utilise blablacar quand je roule dans vos contrées. Je ne prends jamais qu'un seul passager car, à l'arrière, c'est buffet à volonté. Vous aussi, vous aimez la musique ? Tant mieux, notre voyage sera supersonique !" annonçait l'autre. Bizarrement, le deuxième me donnait plus envie, c'était donc vite réglé. Il faut croire que le réalisateur est proche de ses sous, n'empêche que, believe it or not, c'est bel et bien Edgar Wright que j'ai retrouvé sur le parking du GIFI, ce dimanche après-midi de fin décembre, et qui m'a ouvert la porte avec tact avant de me proposer le siège passager de sa modeste Fiat Punto dans un français parfait. J'ai mis du temps à le reconnaître mais, en utilisant discretos l'application IMDb sur mon smartphone, j'ai fait le rapprochement : le doute n'était plus permis. C'était bien lui. Il me semblait bien avoir déjà croisé ces cheveux bruns filasses, cette barbe clairsemée de 33 jours et cette trogne en biais sur des photos de tapis rouges, aux côtés des plus grandes vedettes actuelles : Simon Pegg, Mary Elizabeth Winstead, Michael Cera ! Alors, de nature timide et réservé, je me suis tout de même risqué à rompre le silence, qui devenait un peu pesant, et à l'interroger. "Êtes-vous Edgar Wright, le réalisateur du délicieux Salsa Fury ?". Il m'a répondu avec cette simplicité et cette sincérité qui allaient être de mise pour l'ensemble de nos échanges à venir durant ces 4 heures de voiture que je ne suis pas prêt d'oublier. "Oui, je suis bien Edgar Wright, mais ce n'est pas moi qui ai réalisé le délicieux Salsa Fury".


Anya Taylor-Joy dans un photogramme que l'on croirait issu de L'Enfer de Clouzot.
 
Il m'a fait promettre de ne rien dire, je lui ai juré que le secret resterait bien gardé. J'ai fait part de mon étonnement de me retrouver dans la voiture d'un si célèbre cinéaste que j'imaginais plutôt basé à Londres, New York, Dubaï ou LA, et non en train de sinuer incognito sur les routes du Sud Ouest de notre beau pays. Il m'a expliqué que la France est sa terre d'adoption, qu'il aime y passer son temps libre, entre deux tournages. Les rencontres réalisées par le biais de blablacar alimentent ses scénarios. C'est une source d'inspiration indispensable pour lui. Il y puise ses meilleures blagues, ses trucs les plus farfelus. La tant adulée "Blood and Ice Cream Trilogy" doit paraît-il beaucoup au site de covoiturage. Shaun of the Dead, Hot Fuzz et Le Dernier Pub avant la fin du monde : tous correspondent à une période où l'auteur anglais arpentait les routes, à la recherche d'idées neuves. Nos discussions ne portaient pas seulement sur le cinéma, loin de là. Curieusement, nous n'avons pas dit un mot de Last Night in Soho. En vérité, on a surtout causé boustifaille car, malgré les apparences, c'est un sacré gourmand. Son teint cireux et son allure malingre dissimulent un régime draconien qu'il met entre parenthèses lorsqu'il part en congés dans nos régions si riches en matières grasses. Un large éventail de fromages et de charcuteries de premier choix étaient à ma disposition, sur la banquette arrière. Et, croyez-moi, je n'ai pas donné ma part aux chiens.


Edgar Wright chècke les rush au combo, entouré de ses acteurs, Anya Taylor-Joy et ?
 
Il a passé du bon reggae, la fameuse compile, que je vous conseille chaudement, intitulée Young, Gifted and Black : 50 Classic Reggae Hits! On a pas mal déliré sur le morceau Elizabethan Reggae du grand Boris Gardiner, qu'on s'est remis en boucle une bonne quinzaine de fois. C'est devenu, en quelque sorte, l'hymne de notre nouvelle amitié. Gentleman, il m'a plusieurs fois proposé de balancer ma propre zik en bluetooth, mais sa playlist était si parfaite que je n'ai pas osé interférer. Il régnait une bonne ambiance dans l'habitacle de sa Punto, l'esprit de Noël était encore parmi nous. Je précise en outre que l'auteur de Baby Driver ne conduit guère comme il filme : jamais il ne file la gerbe au volant. Il a une conduite sûre et prudente, presque féline, je ferais volontiers de lui mon chauffeur particulier. Il a même réussi un brillant créneau, du premier coup, pour me déposer, très gentiment, juste en bas de chez moi. Je n'ai pas pu m'empêcher de le complimenter pour sa maîtrise totale de son engin, moi qui suis incapable de réussir la moindre manœuvre et panique à l'idée de me garer. Après m'avoir aidé à retirer ma valise du coffre de sa petite voiture, il m'a filé son 06 et m'a dit, avec une élégance british inimitable et un accent à couper au couteau, "la prochaine fois passe pas par Blablacar", accompagné d'un clin d’œil qui ne m'a guère laissé indifférent. C'était très touchant. Je lui ai tendu la main, par pur réflexe, en dépit des gestes barrière actuellement en vigueur. Il l'a repoussée, avec une délicatesse déconcertante, pour mieux me prendre chaleureusement dans ses bras. Le contact de sa veste en velours contre la peau de mon cou était d'un douceur inattendue. C'était un moment assez intense, je dois vous l'avouer. Son dos a ensuite retrouvé sa courbure naturelle, celle d'un homme qui passe trop de temps sur les écrans ou au volant, et il a regagné son véhicule tandis que je restais là, planté au milieu de la chaussée, trop ému pour m'éloigner. Avant de redémarrer, je l'ai vu prendre soin de changer l'ambiance musicale, il a opté pour un air plus mélancolique que j'ai immédiatement reconnu : All my happiness is gone, du regretté David Berman. Il m'a adressé un dernier geste amical de la main, et je l'ai longtemps regardé s'éloigner, jusqu'à ce qu'il disparaisse de mon champ de vision... Il s'en allait, m'avait-il confié, du côté de Castelnaudary pour y goûter "le fameux cassoulet", avant de remonter vers Gérardmer, où il était attendu, avec de nombreuses escales culinaires prévues en chemin. 
 
Il est reparti comme il est arrivé, seul. J'espère tout de même qu'il a passé de joyeuses fêtes. Je lui présente en tout cas mes meilleurs vœux pour la nouvelle année. 
 
 
Last Night in Soho d'Edgar Wright avec Thomasin McKenzie, Anya Taylor-Joy, Terence Stamp et Diana Rigg (2021)

5 juin 2018

Mission : Impossible

C'est donc dans ce film qu'un hélicoptère poursuit un TGV dans le tunnel sous la Manche. En 1996 deux nouvelles inventions du génie civil font perdre la tête à De Palma : le TGV et le tunnel sous la Manche. Deux créations que même les Chinois nous ont enviées et qu'ils nous ont achetées au prix fort. De Palma a voulu faire la promotion de ces nouvelles inventions dans ce que Laurent Weil a nommé "le meilleur film d'action qui se déroule dans un tunnel, loin devant Daylight". Cette séquence de haute voltige venait conclure un film d'une lenteur accablante dans un feu d'artifice pyrotechnique de goofs. Tout le monde l'a dit, les trains ne se croisent pas dans le tunnel sous la Manche, contrairement à ce que nous fit croire De Palma. L'autre séquence d'action du film, à peine moins ridicule, c'est évidemment celle où Tom Cruise est suspendu à une corde au-dessus d'un ordinateur, tentant de taper le bon mot de passe pour accéder à sa session Windows 95. La moitié du public rêverait que l'acteur soit nu comme un ver dans la scène, pour voir son étoile noire ou pour que ses couilles chatouillent le bout de son nez (car il est très petit et monté comme un poney), l'autre moitié espère qu'il s'étrangle avec sa corde. A la fin de la scène c'est une goutte de sueur irrépressible qui tombait du front du comédien sur le touchpad de son PC et qui activait le système d'alarme ultra chatouilleux du magasin FNAC Micro où il essayait de tirer du matos Hi-Fi. On était suspendus à une goutte de sueur ! Si à la place de Cruise on avait eu droit à un Ving Rhames pendu par le cul et poussé dans ses derniers retranchements, c'est une cascade de sueur qui se serait déversée sur l'écran de l'iPad tant convoité, car l'acteur souffre d'un hyperhidrose palmaire primaire, ce qui fait qu'il a constamment le front et les aisselles embobinés dans des serviettes.


Jeu d'adresse : sachant qu'Emmanuelle Béart mesure 1,61m et se tient légèrement de biais, tracez une ligne partant du sommet de son crâne et se terminant au sommet du bellâtre sis à droite de la photo. Que remarquez-vous ? La ligne est parfaitement horizontale [surlignez pour voir la solution]

Oui car le grand Ving Rhames était de la partie. Casting 4 étoiles pour ce film faisant la part belle aux français : Tom Cruise, Jean Reno, Jon Voight, Kristin Scott Thomas, Emilio Estévez et Ving Rhames. Mais surtout Emmanuelle Béart. Car c'est aussi dans ce film qu'elle est apparue pour la première fois avec une ventouse à la place de la bouche, très utile tout de même pour sauver le héros Ethan Hunt dans certaines situations périlleuses. Pensant sans doute que ce film allait la propulser au sommet du cinéma ricain, la star s'est crue obligée de se faire démolir la tronche pour ressembler aux idoles de l'époque : Carmen Electra, Pamela Anderson, Julia Roberts ou Sylvester Stallone aka "le Sly". Quel carnage, quels ravages, si son ramage se rapporte à son plumage on est mal. Rappelons aux plus jeunes d'entre nous, qui n'ont peut-être pas appris à bander devant Manon des sources ou Un Cœur en hiver, assis aux côtés de leur tante aveugle, que Manu Béart était facilement parmi les cinq plus belles femmes du monde en ce temps-là. Rappelons à ceux qui n'ont jamais fait le pari avec les potes du bahut d'arriver à tenir les 4h18 de La Belle noiseuse sans débander une seule fois, y compris quand seul le gros Piccoli est à l'image, que la Béart des débuts c'était l'Himalaya.


Ce petit bijou de femme s'asseyait régulièrement sur Daniel Fauteuil en ce temps-là, comme quoi tout est possible dans le football, ne désespérez pas !

Quid de ce gimmick de la série Mission : Impossible : le message informant le héros de sa mission censé s'auto-détruire dans la minute. C'était une bonne idée au départ mais depuis que ma directrice de recherche l'a adoptée pour me faire part de ses commentaires sur mon Mémoire, ça me séduit moins. J'ai donc trois raisons au moins d'en vouloir à De Palma par rapport à ce film. Il va me foutre dedans pour cette année scolaire très coûteuse, il a contribué à exploser le visage d'une idole, et il a aidé à établir Tom Cruise à la tête d'une franchise entièrement dédiée à sa mégalomanie. C'est l'acteur qui choisit toujours le metteur en scène qui lui cirera les pompes sur chaque nouvel épisode de la série. On a donc eu droit à John Woo dans le second volet, avec son lot de vols de pigeons et de ralentis sur des types qui tombent ou qui retirent leurs masques, comme dans tout bon John Woo. On a subi le troisième épisode réalisé par J.J. Abrams, la poule aux œufs d'or des séries télé qui sur le coup s'est un peu planté dans une éternelle redite des mêmes scènes d'action interminables où l'on doit admirer Tom Cruise et ses muscles saillants. Et on vient de subir le quatrième volet où le choix de la star concernant le metteur en scène fut un peu plus audacieux puisqu'il a fait appel à Brad Bird, le réalisateur de Ratatouille, qui réalisait là son premier film avec de vrais acteurs.


Hypnotique...

Tom Cruise choisit aussi ses partenaires dans chaque film. Dans le premier épisode il se contentait de pousser ses camarades hors du cadre afin d'y régner en seul maître. Il y avait quelques plans étonnants où on le voyait littéralement jouer des épaules à la manière d'un Marcel Desailly rudoyant pour sauver un corner. C'était encore timide, la star d'un mètre vingt de haut n'ayant pas le physique de "The Rock", le meilleur pote de Deschamps en défense centrale, pour étaler la concurrence. Avec un type comme Tom Cruise dans la surface de réparation y'a corner à chaque ballon. Et vu sa taille, y a but à chaque corner. Dans le deuxième film il n'y avait plus que Ving Rhames, présent pour respecter un certain quota de blacks et pour faire marrer l'acteur sans lui faire de l'ombre. Dans le troisième épisode, Cruise avait fait table rase de tout l'esprit originel de la série qui consistait à taffer en équipe : l'acteur était absolument seul en scène, parcourant le monde et défonçant des milliards d'ennemis avec la seule aide de son GPS humain, incarné par un Simon Pegg (un acteur comique blond typiquement brittish remarqué dans Hot Fuzz et Shaun of the dead, deux films moisis), pendu à son kit main libres pour guider le héros dans ses courses poursuites. Typique de Tom Cruise que d'essayer par tous les moyens d'être seul sur l'affiche, ne cédant de place que pour un maximum de courtisanes qui, alliées ou ennemies du héros, n'en ont toutes que pour son regard irrésistible et son sourire irrésistible aussi. Et aussi, selon le scénario, que l'acteur a retouché avant le tournage, pour sa teub de "37 cm de long". J'avoue que moi-même j'en pince pour Tommy Cruise depuis Top Gun, devant lequel ma sœur s'envoyait en l'air avec elle-même.


Mission : Impossible de Brian De Palma avec Tom Cruise, Jean Reno et Emmanuelle Béart (1996)

17 août 2012

Paul

Paul est une horreur de film. Pourtant c'est un prénom qu'on apprécie... D'ailleurs, parmi les mille reproches qu'on peut adresser au réalisateur Greg Mottola, il y a celui d'essayer d'entacher ce patronyme, d'essayer seulement : personne ne pense à ce film en entendant le prénom, personne n'y pense tout court en fait. Il fait partie de ces films qu'on voit dans le train. C'est le portrait de deux gros geeks fanas de tout ce dont les geeks sont fans (Star Wars, Star Trek, X-Files, Roswell, Au-delà du réel, les ordinateurs et les t-shirts avec un smiley au milieu). Le film est donc bourré à craquer de références de geeks, principalement des références à la première trilogie Star Wars, à X-Files, à Battlestar Gallactica, à Scott Pilgrim, à Total Recall, à Alien, à Titanic ou à Shaun of the dead, le navet où l'on retrouvait justement les deux mêmes acteurs pégueux : Simon Pegg et Nick Frost. Cette dernière auto-référence est particulièrement géniale puisqu'elle passe par un gros plan sur un chien qui lève la tête au début du film, écho à la dispute des deux mêmes trépanés de Shaun of the dead qui débattaient de la capacité des canidés à regarder en l'air. Quand devant Paul on reconnaît ne serait-ce qu'un clin d’œil parmi ces milliers de références, on est content de soi une nano-seconde et puis aussitôt on a honte à en mourir, pas seulement parce qu'il s'agit souvent de références de merde mais parce qu'on se rend compte qu'on partage celles de Simon Pegg et de son acolyte.


Après Big Band Theory, la série pourrie sur le phénomène geek, voici Paul, le film définitif sur ces dégénérés mentaux.

Après avoir assisté au Comic-Con (cette grand-messe de geeks amateurs de mangas et de comic books, événement que tout le monde connaît parce que c'est là qu'on annonce la sortie de tous les gros films idiots sur des super-héros et compagnie, soit 96% des sorties américaines contemporaines), les deux héros du film décident de se payer un road trip vacancier bien mérité et de faire un pèlerinage sur les lieux mythiques des amateurs d'ufologie. C'est en plein milieu de la Zone 51 qu'ils font la connaissance de Paul, un extra-terrestre comme on se les imagine tous, doté d'une énorme tronche, d'yeux de poiscaille et d'une mini-teub. Paul est doublé dans la version originale par Seth Rogen et ça tombe plutôt bien puisque l'acteur correspond parfaitement à la description du petit alien. Dans la version française c'est Philippe Manœuvre qui s'y colle, la petite encyclopédie merdique du rock, l'homme qui connaît tout dans son domaine, mais auquel on ne fait pas pour autant confiance. Philippe Manœuvre est un peu comme Manu Katché, un autre juré de La Nouvelle Star : on pourra nous prouver et nous assurer qu'ils sont bons dans leur domaine, l'un dans l'édition de tous les dicos du rock, l'autre aux percus, on ne voudra jamais le vérifier. Quand on s'apprête à écouter un fameux disque de jazz, un bon Garbarek par exemple, et qu'on découvre que la batterie est assurée par Katché, on voit rouge et on n'appuie jamais sur "play". Pourtant le disque est sacrément bon et le bonhomme fait son taff, mais Manu Katché a participé, lui qui se trimballe la pire réputation de la Terre depuis sa série de caméos camés sur M6. Katché s'est dit qu'il avait un CV en or massif, qu'il était tranquille, qu'il avançait à couvert vu son passif et que par conséquent il pouvait aller se faire plaisir sur M6 face aux deux obus d'Efira, mais c'était ignorer que beaucoup de gens allaient le découvrir là, et s'il était légitime auprès d'un public averti composé exclusivement de fins connaisseurs du jazz, pour le reste du monde il serait désormais le gros connard assis à côté du pachyderme humain à l'accent bavarois nommé Marianne James. Pour revenir quand même au film de Pegg et Frost après ce qui restera comme la plus longue parenthèse du monde, Paul, le petit E.T., se trouve être un geek lui aussi vu qu'il partage les mêmes référents que les deux débiles humains qui le découvrent, et comme ses deux nouveaux meilleurs potes, il n'est absolument pas drôle.


A gros freak, freak et demi ! Le personnage et son doubleur partagent la particularité de posséder un énorme melon posé sur un corps rachitique hideux. Lequel est un alien ?

Retour sur la genèse de ce petit chef-d’œuvre. Simon Pegg a eu l'idée d'un film dans le désert avec un alien sur le tournage de Shaun of the dead. Il déclare alors : "Voilà notre prochain film : un road-movie avec un extraterrestre." Et cette phrase a suffisamment marqué l'entourage du comédien pour avoir été gravée dans le marbre au point qu'on peut tomber dessus assez facilement aujourd'hui en traînant peinard sur wikipédia, lors d'une session wiki sans arrière-pensée, à des millions de kilomètres d'imaginer pouvoir lire une saloperie pareille. Simon Pegg et son pote Nick Frost ont alors parcouru tout l'ouest américain en camping-car à la recherche de "matière" (sic) pour écrire le film : "Puis on s'est assis l'un en face de l'autre et on s'y est mis, une ligne après l'autre." Voilà comment les deux petits enfants prodiges d'Hollywood ont créé l’œuvre dont il est question ici, qui est signée Greg Motorola mais qui est le pur bébé de Simon Pegg et Nick Frost. On a parlé de Simon Pegg, principalement en utilisant l'adjectif "pégueux", qui suffit à donner une bonne idée du personnage, mais on n'a encore rien dit de Nick Frost. Que dire ?... Pour vous donner une idée Nick Frost c'est le petit marrant qui fait passer Simon Pegg pour un boloss en soirée. C'est le type qui s'est fait une raison très tôt, plus tôt que beaucoup d'autres, et c'est ce qui lui a permis de passer pour cool et d'ainsi bâtir ce qui reste une belle filmo, dont Paul est un chaînon important. Aux yeux de beaucoup de gens, Frost, comme Pegg, a réussi sa vie et sa carrière vu qu'il a amassé plusieurs millions de dollars, disons beaucoup d'argent, assurant la survie de sa famille sur plusieurs générations et glanant le petit plus qui permet de vivre à l'aise, avec grosses bagnoles et compagnie. Nous ne partageons pas cette conception des choses et comme dirait Bertrand Cantat, que nous citerons à défaut d'imiter son choix de vie : "On fait ptet partie de la même planète, mais pas du même monde".


Paul de Greg Mottola avec Simon Pegg, Nick Frost, Kristen Wiig et Jason Bateman (2011)

15 janvier 2012

Mission : Impossible - Protocole Fantôme

On dit très souvent à propos de ce nouveau Mission Impossible qu'il s'agit du meilleur film de la série. Alors oui, certes, trêve de suspense, je suis entièrement d'accord, ce quatrième volet est clairement au-dessus des autres. Mais est-ce que ça veut vraiment dire quelque chose ? A mon sens, non, du tout ! Qualitativement parlant, la franchise Mission Impossible est davantage à rapprocher des Fast & Furious que des Die Hard, Indiana Jones ou autres Armes Fatales. Cette franchise n'est pas du tout fondée sur un ou deux bons films, non, elle est seulement le véhicule d'une méga-star toute puissante, j'ai nommé Tom Cruise, qui semble adorer plus que tout autre chose que l'on fasse de lui l'égal d'un demi-dieu aux capacités physiques et cognitives proprement outstanding !


L'acteur assure ses propres cascades !

Je fais donc partie de ceux qui ont cru contempler la Mort droit dans les yeux pendant toute la durée du premier volet signé Brian De Palma. Heureusement que je n'avais pas d'objets contondants à portée de main... Quant au numéro 2, que dire ? A moins d'adorer les fientes de colombes et les pirouettes en motocycles, il faut vraiment ne pas être très regardant sur la marchandise pour se satisfaire d'un spectacle si proche du néant. Une mascarade imbuvable mise en boîte par un John Woo littéralement pris en otage, qui conserve encore aujourd'hui sur sa tempe l'empreinte du fusil à canon scié de Tom Cruise, la vedette tyrannique, particulièrement déchaînée dans ce misérable opus. Plus récemment, le M:I-III (prononcer "M two pownts aïe slash aïe aïe aïe" par ses nombreux détracteurs) de JJ Abrams a tenté de relancer la saga en l'orientant davantage vers le thriller hard-boiled, dans un festival de scènes d'action sans queue ni tête durant lesquelles Cruise sue sang et eaux et rebondit sur des bagnoles en CGI pour sauver Michelle Monaghan. Michelle Monaghan ! Pas terrible la girlfriend de Dieu... Si j'étais lui, elle aurait une toute autre tronche, croyez-moi ! Mais revenons donc à ce quatrième épisode...


A part quand il s'agit de cascades risquées.

M:I-4. Mission deux points Impossible petit tiret quatre. Blague à part : je n'ai jamais compris ce choix typographique. Quand je lis "M:I-4", ça débouche forcément sur un dialogue intérieur inextricable avec moi-même, de quoi me pourrir une après-midi : "Alors cette mission, dis m'en un peu plus ? - Non cherche pas, elle est impossible. - Alors à quoi bon, tocard ? Et on soustrait quatre, c'est ça ? Mais quatre quoi ? Et soustrait à quoi ? - Laisse pisser... - Mais pourquoi ? Pourquoi ?". C'est un smiley peut-être ? Ou plusieurs smileys ? C'est un smiley, c'est ça ? Ou bien, la mission est impossible mais moins quatre, ce qui fait qu'elle est tout de même plus facilement réalisable qu'une mission impossible à laquelle on aurait seulement soustrait deux ou trois. Si mon raisonnement se tient, plus on avancera dans la saga, plus les missions seront possibles. La seule mission réellement impossible était donc celle du film de Gérald de Palma, qui s'intitulait simplement Mission : Impossible. Mais c'est une théorie qui ne me convainc pas totalement, car la bête logique hollywoodienne irait plutôt dans l'autre sens. Bigger, louder, stronger. La théorie du smiley me semble plus crédible. Un smiley très bizarrement coiffé, avec un bec de lièvre... Je ne sais, je ne sais, mais ça me fait du bien d'en parler.


Visez un peu son oreille ! Un clin d’œil à Ratatouille ?

Mission Impossible 4
(laissons de côté la ponctuation) est un honnête blockbuster. Un gros film d'action à l'ancienne, préférant les vraies cascades aux CGI à tout-va et parsemé de quelques scènes très efficaces (celles à Moscou et Dubaï). Ce film aura même le don de vous scotcher à votre fauteuil à plus d'une reprises si vous êtes une personne encore impressionnable et, surtout, si vous n'êtes pas définitivement las des acrobaties de la vedette d'1m50, car une chose est claire : en cas d'allergie à Tom Cruise, passez votre chemin ! L'acteur à la carrière chancelante misait gros sur ce film et il fait strictement tout pour se mettre en valeur dans la peau de ce surhomme à l'intelligence infaillible et au courage hors-norme, un héros comme on en voit plus beaucoup. Cela pourrait être seulement ridicule si l'acteur n'avait pas ce charme particulier et désormais si familier qui opère plus ou moins selon le public visé et s'il ne savait pas su bien s'entourer. Plus que dans tous les autres épisodes de la saga, l'équipe de choc est ici assez mise en avant et fonctionne plutôt bien. Pour une fois, le très british Simon Pegg apporte quelques petites touches d'humour assez bienvenues. C'est même la première fois que cet acteur m'est sympathique, lui que je trouve d'ordinaire si pégeux. Jeremy Renner a lui bien du mal à exister aux côtés de Cruise et Pegg : il est le faire-valoir du premier et la marionnette impuissante du second. L'athlétique et féline Paula Patton apporte quant à elle un atout charme non-négligeable à l'ensemble, tout particulièrement visible lors d'une scène où elle apparaît dans une robe moulante et très échancrée qui laisse peu de place à l'imagination. D'un autre côté, le capital foncier imposant de Léa Seydoux, soit la foule présente en permanence à son balcon, est à peine exploité, et l'actrice française ne ressort pas spécialement grandie de cette escapade hollywoodienne.


"Cacher ma gaule..."

On ressort de ce long divertissement assez rassasié. On regrettera toutefois que le dernier tiers du film soit nettement en-deçà. Au lieu de finir en apothéose, le spectacle donne ainsi l'impression de s'essouffler quelque peu. On regrettera aussi que le grand vilain soit campé par un acteur sans aucun charisme et que ses motivations soient vraiment ridicules (comme c'est d'ailleurs une habitude dans ce genre de films, et tout particulièrement dans ces films de super-héros auxquels MI4 ressemble à s'y méprendre étant donné la nature surhumaine de son imposant héros). Quant à la "patte" Brad Bird, j'ai pour ma part bien eu du mal à la déceler, à part peut-être lors du générique, assez plaisant et tout droit sorti des studios Pixar. Mais ne vous y trompez pas : MI4 reste avant tout un produit manufacturé et taillé sur mesure pour la gloire de sa star infatigable et omniprésente. Rien ne dépasse, tout est calculé au micromètre, pour un usage unique et, ma foi, plutôt satisfaisant. Succès critique et public assuré en ces temps de disette de grands spectacles hollywoodiens. Pari réussi pour la star. Un cinquième volet ne devrait pas tarder à voir le jour.


Mission : Impossible - Protocole Fantôme de Brad Bird avec Tom Cruise, Paula Patton, Simon Pegg et Jeremy Renner (2011)

9 septembre 2011

Cadavres à la pelle

Visez un peu cette affiche... Cliquez dessus, et regardez-la bien comme il faut, en grand format. Non mais franchement... On a payé quelqu’un pour torcher un si sale boulot ? On dirait une scène de porno en costumes ! C’est tout bonnement hideux. Une des affiches les plus laides que j’ai vues. D’habitude, si les films sont pourris, les affiches sont au moins réglo, pro, car il y a des gens formatés dans les meilleures écoles derrière tout ça. Mais là... Où est-ce qu’il a sa main droite, Simon Pegg ? Où ?! On dirait qu’il se secoue la nouille en douce, dans le revers de son parka ! Et pourquoi ils ont été foutre une pelle, qui normalement ne devrait pas tenir debout toute seule comme ça ? Pour mieux coller au titre français ? Non mais sans blague ! Je ne vous parlerai même pas de la grognasse au second plan, la pauvre Isla Fischer, dont la tronche apparaît bien à l'étroit entre les deux couvre-chefs de ses tristes acolytes. Et ce fond orange derrière... On dirait un motif proposé par Publisher, par défaut. Et la tag-line... « La nouvelle comédie du réalisateur des Blues Brothers et du Loup-Garou de Londres ». Comme pour nous rappeler que John Landis est au fond du trou depuis plus de vingt ans. Pauvre type. Dire que ce gars-là a eu droit à sa rétrospective à la cinémathèque ! De toute façon, jamais j’irai voir un film où Andy Serkis apparaît en chair et en os à l’écran, c'est une règle. Avec Bienvenue au Cottage, j’ai déjà donné. Ce type-là devrait se cantonner à sa spécialité : jouer des singes en motion capture. Pour ça il est doué, j'avoue. Mais est-il réellement satisfait de son sort ? Je vous laisse là-dessus...


Cadavres à la pelle de John Landis avec Andy Serkis, Simon Pegg et Isla Fischer (2011)