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11 avril 2017

Sur la Piste du Marsupilami

Bien que ce ne soit pas dans nos habitudes, non accueillons parmi nous un invité afin de l'aider à relayer son message à la France entière, au sujet du dernier film paru d'Alain Chabat, symbole d'un certain cinéma opportuniste loin de ce que devrait être le septième art. Nous laissons donc la parole à Cedric Jung, président de l'association "Les cinq millions".

La dernière réalisation en date d'Alain Chabat n'a pas fait date. A l'heure qu'il est j'espère que tout le monde s'est remis du traumatisme engendré par ce film qui a quand même enregistré plus de cinq millions d'entrées. Je suis un de ces "cinq millions" et j'en subis encore les séquelles. Parfois la nuit je me réveille en sursaut, un filet de sueur glacée descendant le long de mon dos jusque dans ma raie, après avoir revu dans un flash la tronche couverte de boue de Chabat ou celle de guingois, digne du dessin d'un enfant attardé tentant de copier un tableau cubiste de Picasso, de Géraldine Nakache. L'horreur.




J'ai créé une association, "Les cinq millions" dont le but est de se faire rembourser le prix de la place de cinéma (ajusté à l'inflation) et récupérer des dommages et intérêts liés aux 1h45 perdues devant un spectacle aussi navrant (soit, à 30€ de l'heure, car nous ne sommes pas des smicards du cinoche, une somme de 52,50 € par spectateur). Nous sommes actuellement 8752 membres, tous domiciliés dans Metz et ses environs, et nous aimerions que notre article revendicatif sur ce blog populaire nous donne l'opportunité de recruter d'autres spectateurs ayant été victimes de ce film en plâtre. Si la totalité des spectateurs floués par ce film (soit 5 224 663 personnes) font part de leur revendication et poursuivent les auteurs de ce délit sur pellicule, alors Chabat et sa clique devront rembourser 5 224 663 x 52,5 x 8€ (8€ étant le prix moyen de la place de cinéma ajusté à l'inflation, en étant très magnanime) soit 2 194 358 460 Euros, en espérant que cela les calmera suffisamment pour ne pas tenter de remettre le couvert avant longtemps. La note peut vous paraitre très fortement salée, mais notre association désire faire de ce film un exemple (et c'est tombé sur Chabat, c'est aussi un moyen de mettre en lumière l'ensemble de son œuvre dite "solo", elle est loin l'époque où on se marrait quand il défonçait un "con de mime") et enfin mettre en place une jurisprudence qui (dans un monde idéal) évitera au cinéma de se coltiner ce genre d'ignominie.




Notre association n'a aucun autre but lucratif que celui d'un remboursement complet et sans condition des frais, du temps perdu et de la souffrance physique et psychologique engendrés par cette "œuvre" qui parjure le cinéma et ébranle jusqu'à la base de nos convictions au sujet de l'avenir de l'Humanité. Nous espérons que vous serez nombreux à répondre à notre appel.


Sur la Piste du Marsupilami d'Alain Chabat avec Jamel Debbouze, Alain Chabat, Lambert Wilson, Fred Testot, Géraldine Nakache et le Marsupilami (2012).

29 juin 2016

Et ta sœur

Bon, à ce stade de la critique, il faut que le lecteur soit au courant : la réalisatrice de ce film, Marion Vernoux, est, avec Friedrich Murnau, ma cinéaste favorite. Commençons par le titre de son nouveau film (le premier que je vois de Marion Vernoux) : Et ta sœur. Notez bien qu'il n'y a pas de point d'interrogation : ça porte malheur au cinéma. Comme Marion Vernoux. On note par ailleurs la richesse du jeu de mot puisque l'expression colle ici au scénario. C'est l'histoire d'un type qui va fricoter avec deux sœurs coup sur coup, dont l'une est homosexuelle et l'autre sa meilleure amie. L'histoire est originale. Il s'agit d'un remake. Plus précisément d'un remake de Ma meilleure amie, sa sœur, mon slip et moi, de Lynn Shelton (qui est habituée à ce que les français rendent hommage à ses déjections cinématographiques puisqu'Yvan Attal a aussi remaké le triste Humpday dans l'encore plus triste Do not Disturb). 


Grégoire Ludig, Géraldine Nakache et Virginie Efira, prenant la pose, quelque part.

Ensuite, les aspects techniques. Le film est en couleur. Bon point. Cela permet à ses admirateurs d'admirer la couleur de peau unique au monde de Virginie Efira. L’œuvre a aussi un bon format. Assez large. Ce qui accueille bien la gaule permanente du comédien principal, Grégoire Ludig, le comique troupier, tête pensante du tandem du Palmashow (si quelqu'un peut expliquer ce mot ?), qui incarne dans ce film de belle facture un trentenaire balloté entre les nichons d'Efira et les lunettes de Géraldine Nakache. Il s'agit donc d'un triangle amoureux bisexuel, qui obéit aux mêmes lois géométriques que le triangle rectangle selon cette enflure de Thalès : le carré de l’hypoténuse (la teub du héros) est égal à la somme des carrés des six glandes opposées (deux boobs pour Efira ; deux glaucomes + deux couilles pour Nakache). Ce format, proche du 16/9 à quelques encablures près, correspond aussi idéalement aux écrans domestiques d'aujourd'hui, auxquels le film se destine.


On connaît le secret beauté de Virginie Efira : clope et yoga. Par contre le froc Desigual© est à deux doigts de tout foutre en l'air.

La durée. Le métrage excède largement la longueur idéale d'un film préconisée par Jean-Luc Godard, soit 1h30. Ici on va jusqu'à 1h35... A cinq minutes près c'était le film parfait adoubé par Godard. Cinq minutes ça correspond à quoi ? Les trois premiers noms du casting supprimés du générique de fin ? Une petite scène qui pue la mort en moins ? Le film en regorge ! Celle où la blonde LGBT sûre d'elle, Efira, dépose négligemment la capote avec laquelle Ludig vient de la baiser sur le rebord du conteneur à ordures où la bonne copine à lunettes triple foyer, Nakache, la retrouvera peu de temps après, par exemple ? Toute l'équipe du film aurait mieux fait d'aller ramasser les déchets sur les plages de Bretagne au lieu de les saloper avec leurs camions, leurs trépieds de caméra et leurs capotes trouées dégueulasses. Y'a mille fois plus malin à faire que ce film. Si les gens qui ont financé ce film continuent comme ça, je leur prédis une fin à la Mesrine.


Et ta sœur de Marion Vernoux avec Grégoire Ludig, Virginie Efira et Géraldine Nakache (2016)

16 décembre 2014

Sous les jupes des filles

La fin d’année approche et, en bon blagueur ciné, je pense à mon top annuel H24. Mais qui dit top dit aussi flop. Et du coup j’ai repensé à cette horreur de film, Sous les jupes des filles, qui date de cette année et qui mérite l’opprobre comme peu d’autres. Je ne pouvais pas avoir vu cette ignominie et rester muet. Et puis c’est bientôt Noël et ce massacre fait partie de ces soi-disant feel good movies parfaits pour les périodes des fêtes, garnis d’acteurs (ou, ici, d’actrices), comme autant de cadeaux empoisonnés, ou de boules puantes accumulées sur un arbre mort (rappelez-vous de Happy New Year). Je dis soi-disant feel good movie parce que cette comédie française, comme la plupart de ses semblables ces dernières années, donne seulement envie de se pendre au lustre, ou au sommet du sapin si vous avez opté pour un séquoia, en slibard blanc, façon little tiny Jesus. C’est une infâme succession de moments horribles mettant en scène des personnages tous plus haïssables les uns que les autres.


Un vagin ? Trivago.

Prétendant dire la vérité sur les femmes (comme l'indique un titre qui salit à tout jamais le classique d’Alain Suçon), le film d’Audrey Dana, pour qui j’avais quelque vague sympathie comme actrice avant de la voir à l’œuvre derrière une caméra, dresse un bien triste portrait d’elle-même et de ses amies, à travers lesquelles elle croit dessiner la silhouette de la femme du 21ème siècle. Le résumé Allociné du film est très clair : « Toutes représentent une facette de la femme d'aujourd'hui : Complexes, joyeuses, complexées, explosives, insolentes, surprenantes... Bref, un être paradoxal, totalement déboussolé, définitivement vivant, FEMMES tout simplement ! » Beau programme… On prend onze femmes qui vont incarner une des facettes (belle la complexité) de la soi-disant femme moderne, pour aboutir à ça : la femme contemporaine est paradoxale, contradictoire, c'est un beau bordel sur pattes. On est en plein dans la comédie française chorale générationnelle façon Klapisch, qui nous déballait la même conclusion passionnante dans son grand chef-d’œuvre sur la jeunesse erasmus composée de têtes à bouffes il y a déjà presque quinze ans.


Encore une de ces scènes, passage obligé de la comédie française putride du 21ème siècle, où les comédien(nes) s'éclatent et se tordent de rire en espérant que ce soit communicatif, faute de pouvoir pondre une situation comique, ou rien qu'une vanne, sans faire gaffe.

De quoi s’agit-il plus précisément ici ? J’avoue avoir vu ce film il y a un certain temps, je me limiterai donc aux cas les plus marquants. Par exemple Vanessa Paradis, qui incarne la working girl accomplie, la femme d’affaires impeccable, la patronne infaillible, la connasse imbuvable, hautaine et vide de tout, en tailleur chic 24 heures sur 24, et pleine aux as, qui se rend compte par hasard à 40 ans qu’elle n’a strictement aucune vie affective ni aucune amie, et qui engage sa secrétaire personnelle (Alice Belaïdi, jadis hôtesse d’accueil horripilante sur Canal+, je ne me lasse pas de le dire) pour faire semblant d'être sa meilleure copine... C’est aussi Laetitia Casta, qui joue la fille coincée dépourvue de confiance en elle, qui fond littéralement en jouissance en croisant Pascal Elbé (elle part en courant parce qu’elle est en train de perdre les eaux, juste parce qu’elle a vu Pascal Elbé, passons). Elle finit par vivre une histoire d’amour avec lui, poussée par sa meilleure amie, Audrey Dana elle-même, mais elle cumule les gaffes, comme par exemple quand elle largue une grosse caisse devant Elbé le jour de leur première étreinte. C’est aussi ça les femmes, nous dit Audrey Dana, c’est aussi ça qu’il y a sous les jupes des filles, de gros pets.


J'éprouve une profonde et inépuisable animadversion pour tout ce que contient cette seule image.

Et puis il y a Géraldine Nakache dans le rôle de bobonne, qui passe sa vie à s’occuper de tenir sa baraque, de gérer des marmots intenables et de laver les slibards de son connard de mari, un blaireau qui ne pense qu’à son boulot et que la seule idée de passer cinq minutes avec ses propres gamins rend malade. Elle finit par en avoir ras-le-bol de cette situation et tombe amoureuse d’une grande blonde pulpeuse, Alice Taglioni, qui, parce qu’elle est homosexuelle, donc « masculine », est l’archétype du séducteur qui baise à droite à gauche sans vouloir s’attacher. Déçue par cette histoire d’amour, notre femme au foyer désespérée finit, à la fin du film, par retomber dans les bras de son enflure de mari. Pourquoi ? Parce que ce dernier, pour son anniversaire, demande à toutes les copines de Géraldine Nakache, tout le casting du film (rejointes par quelques potiches sorties de nulle part), de lui faire une surprise : elles se réunissent sur une place, dans Paris, et se mettent à danser, atrocement mal (mais elles sont atrocement mal filmées donc tout cela est assez cohérent), sur une chanson à la con, tout ça pour faire la surprise à Nakache, qui trouve ce flash mob si génial qu’elle vire sa cuti pour la deuxième fois en quinze jours et retombe aussi sec dans les bras de son mari, ce pauvre type qui n’a jamais eu une attention pour elle, qui lui parlait comme à une merde pas plus tard qu'hier et qui chopait la colique à l’idée de croiser le regard de ses enfants une demi-seconde. Organiser vite fait un petit show public à la con pour en foutre plein la vue à sa femme suffit à rattraper tout ça apparemment, à bon entendeur salut !


Sous les jupes des filles d'Audrey Dana, avec Audrey Dana, Laetitia Casta, Isabelle Adjani, Vanessa Paradis, Alice Belaïdi, Julie Ferrier, Audrey Fleurot, Marina Hands, Géraldine Nakache, Alice Taglioni, Sylvie Testud et Pascal Elbé (2014)