27 mai 2013

We Need to Talk About Kevin

Je croyais que la double-peine avait été abolie dans ce pays, apparemment non puisqu'après avoir vu ce film, vous vous apprêtez à en entendre parler. Je pourrais copier-coller la critique de Sleeping Beauty en changeant le titre du film, et en rajoutant peut-être un gros zeste de colère et d'effarement, mais ça ne suffirait pas. Nous avons là affaire à un autre film sûr de lui et de sa malignité, un film suffisant qui se veut subtil mais qui n'est que facilités, raccourcis, bêtise crasse, et se révèle idéologiquement puantissime. Proposant un discours nauséabond servi par une esthétique aléatoirement dispensable ou insupportable, We Need to Talk About Kevin pousse le vice jusqu'au racolage en faisant tenir son spectateur par un suspense morbide, comme s'il souhaitait à toute force le rendre aussi crétin et voyeur qu'il l'est lui-même. Nous citons le film de Julia Leigh mais on peut aussi penser à Haneke, au Haneke de Funny Games notamment (mais pas seulement), puisque le film, qui fait le portrait d'un jeune tueur, coupable d'un massacre de masse au sein de son lycée, tâche de nous asséner sa thèse et de nous rendre coupables de ce qu'il est : voyeuriste et malsain. C'est ce que tente par exemple Lynne Ramsay quand la mère du tueur (Tilda Swinton) regarde une interview télévisée de son fils après le drame, où ce dernier s'adresse au spectateur (de l'émission et du film) en affirmant que seuls les gens comme lui intéressent les autres et que tout le monde aurait déjà zappé sur une autre chaîne s'il était sympathique et doué à l'école. La brillante mise en abyme nous incrimine directement : vous-mêmes, spectateurs, regardez mon œuvre parce que je filme un cas psychologique aberrant et séduisant, nous dit Lynne Ramsay, et vous vous régalez. Nous sommes faibles, nous sommes médiocres, Lynne Ramsay le sait et nous le reproche. Elle nous pervertit et nous accuse de l'être dans le même temps. Si l'on regarde son film jusqu'au bout c'est en partie parce que le point de vue porté sur ce cas psychologique est si gênant qu'il interroge (on ne peut pas y croire, on attend un revirement, qui viendra bel et bien, et on regrettera de l'avoir souhaité), mais c'est aussi parce que la cinéaste met tout en œuvre pour qu'on soit fasciné par ce personnage improbable, par les atrocités qu'il a commises et qui tardent à nous être présentées. Ou quand le suspense cinématographique ne sert qu'à faire trépigner les foules avec une bonne dose de sensationnalisme morbide à la clé. Un peu comme dans Sleeping Beauty, le film repose sur une étrange fascination pour son acteur vedette juvénile, au physique si particulier, bizarrement aussi beau que laid , Ezra Miller (qui semble-t-il prêtait déjà ses traits à un personnage équivalent dans Afterschool en 2008, que je n'ai pas vu) ; et fonctionne sur l'attente de l'horreur macabre à laquelle ce drôle de personnage au physique ambivalent va se retrouver mêlé. Mais en vérité ce film est plus détestable encore que celui de Julia Leigh.


Voici la mère de Kevin, l'imbuvable Tilda Swinton, dans une fête de la tomate, figure à la fois christique et souillée par le sang du Diable. C'est un des premiers plans de ce film qui sera donc placé sous le sceau du symbolisme le plus lourd du monde.

Pendant tout le film, on tient uniquement grâce à l'attente du carnage et de la clé du mystère, la solution à l'énigme Kevin. Pour résumer l'histoire que nous raconte Lynne Ramsay, la vie du couple formé par Tilda Swinton et John C. Reilly (que fout-il là mon Dieu...) bascule à la naissance de leur petit garçon, un trublion XXL bien décidé dès son premier jour à leur cramer l'humeur, en particulier celle de sa mère complètement désarçonnée face à tant de haine gratuite (on la comprend). Le finale consiste en une tuerie dans un lycée qui nous sera dévoilée à rebours et au compte-goutte au travers les réminiscences fragmentaires d'une mère démolie. On est donc dès le début du film placé dans l'esprit de Tilda Swinton, mais la réalisatrice Lynne Ramsay, qui nous transporte à intervalles réguliers depuis le présent post-massacre de cette mère traumatisée à son passé remémoré, organise les souvenirs du personnage dans un ordre chronologique bien respecté : la mère se rappelle régulièrement le fil des événements menant de la naissance de son fils à son emprisonnement, sauf qu'à chaque fois qu'elle s'est interrompue dans son roman intérieur, pour dormir ou autre, elle reprend gentiment le film de sa vie là où elle l'avait laissé, comme un magnétoscope humain. Mieux, la maman a la bonté d'interrompre ses pensées toujours au bon moment, ellipses idéalement distillées pour qu'on doive attendre la fin des deux heures que dure le supplice avant de savoir ce qu'a réellement fait son sale gosse. Une scène du film résume bien les effets de ce procédé narratif : on voit dans un premier gros plan la main de la mère qui aligne des cotons-tiges pleins de pus avec lesquels elle nettoie l’œil mort de sa fille (sans doute crevé par Kevin, ou avec son aide, on l'ignore, la très subtile Lynne Ramsay ayant encore une fois placé une ellipse au moment crucial), puis le plan suivant montre la mère de dos, placée devant la fille et cachant l’œil crevé de celle-ci, et on attend et on craint de voir une cavité purulente dès que la mère va bouger, sauf que quand elle le fait on ne voit qu'un pansement. La réalisatrice nous a foutu sur les nerfs en nous préparant un déballage horrible et finalement ne montre rien. Tant mieux. Mais alors pourquoi nous faire croire qu'elle allait nous le montrer ? Voilà un condensé de Lynne Ramsay. La réalisatrice se plaît à instaurer un suspense répugnant voué à nous scotcher à l'écran avec une suite de scènes anxiogènes et manipulatrices. C'est l'intégralité du projet du film que cette séquence résume. On ne supporte ce trop long métrage jusqu'au bout que pour découvrir ce qui s'est passé, de la même manière qu'on approche sur l'autoroute d'un accident qu'on ne veut pas regarder mais qu'on regarde quand même. Pourtant il n'y a strictement rien à voir. Les incessants flashbacks sur l'enfance du meurtrier ne sont là que pour présenter toujours le même problème immuable, qui n'évolue jamais, Kevin étant une ordure sans nom et sans raison dès le départ, et chaque retour en arrière enfonce le clou, nous rapprochant du dérapage, c'est-à-dire du massacre, que l'on espère voir quand même, tant qu'à faire... Lynne Ramsay ne veut pas s'embêter à tenter de montrer ce qu'est réellement un tel personnage, elle veut nous montrer un monstre commettant des forfaits toujours plus sordides, et le film fonctionne donc comme n'importe quel thriller présentant les crimes toujours plus sanglants d'un individu maléfique. We need to talk about Kevin ne veut ni voir ni comprendre, il veut séduire avec un monstre séduisant par nature, car forcément mystérieux. Voici la grande idée de Lynne Ramsay, ou son aveu d'impuissance : parce qu'il est impossible d'expliquer un personnage comme Kevin, il faut du coup selon elle se complaire dans cet impossibilité en faisant du personnage un être inhumain, ce qui dès lors résout l'équation, puisque le mystère est résolu sans l'être. Si c'est impossible à comprendre autant rendre la chose définitivement incompréhensible, et comment s'y prendre mieux qu'en faisant de Kevin un alien ? Cqfd.


Dans cette séquence, qui se situe après le massacre commis par son fils, la mère, postée devant douze mille boîtes de sauce tomate rouge sang qui en disent long sur la finesse d’exécution de Lynne Ramsay, est évidemment coiffée comme un balais à chiottes et maquillée comme un cadavre, mais, étant mal dans sa peau, elle porte en outre un immense imperméable gris qui la recouvre jusqu'aux chevilles, un imper que même le tueur de Seven n'oserait pas porter...

On pense encore à Sleeping Beauty (désolé d'y revenir... les deux films sont sortis presque en même temps et inspirent le même agacement terrible) pour le symbolisme lourd à mourir de Lynne Ramsay, notamment l'usage de la couleur rouge, la pierre angulaire de l'échafaudage symboliste du film, qu'il s'agisse d'un souvenir de bain de tomate de la mère, des éclaboussures de peinture jetée gratuitement par Kevin sur les murs fraîchement tapissés par sa génitrice (qui, entre parenthèses, décore son bureau avec un patchwork de cartes de géographie grisâtres, révélant par cet acte une forme de folie qui expliquerait en partie celle du gosse, affublé d'un antécédent psychologique certain) à l'aide d'un pistolet à eau, arme qui préfigure le déferlement de violence ultérieur de Kevin alors qu'il n'a encore que 4 ans, ou qu'il s'agisse encore de notre étrange gamin salop devenu ado qui porte un t-shirt à taches rouges quand ses parents le sermonnent pour avoir laissé - ou poussé - sa sœur à se griller un œil avec du Destop. Il y a aussi ce plan, au supermarché (cf. photogramme ci-dessus), où Swinton Tilda, que j'ai envie de rebaptiser Sweeney Todd, est tétanisée devant un rayon de boîtes de conserves de jus concentré de tomate… L'utilisation du rouge atteint son comble quand la mère nettoie son porche, que des voisins ont maculé de peinture pour la faire chier et l'incriminer façon Scarlet Letter. Ramsay, scénariste dont les talents d'écriture font décidément froid dans le dos, étend cette séance de nettoyage à tout le film, Swinton lessivant son passé par un travail de mémoire tout en faisant son ascèse en souffrant d'abord - cheminement obligatoire pour se mettre dans la peau de son fils (qui ronge ses ongles et les aligne sur la table du parloir comme elle mange de la coquille d’œuf et en aligne les copeaux sur le bord de son assiette dans un montage parallèle fort délicat) - en nettoyant le sang déversé aussi, ou ce qui le représente (la peinture rouge si vous suivez), accédant ainsi au pardon et compagnie. Sweeney Todd atteint carrément dans le dernier plan la lumière de Dieu, ouvrant la porte du parloir où son fils vient de la prendre dans ses bras pour sortir dans un grand halo de lumière aveuglante qui s'éteint pour laisser place au générique... Ce n'est pas lourd du tout.


Malgré sa posture et sa tronche en biais, ce n'est pas César, le singe numérique star de La Planète des singes : les origines, mais bien Kevin, un être tout aussi "programmé", qui vient de flinguer la tapisserie et les vitres de sa mère gratos. César, d'apparence simiesque, avait une intelligence humaine. Pour Kevin c'est l'inverse.

Tout ce "travail" narratif et iconographique porte en prime un discours dégueulasse à souhait : le film nous révèle que le ver est dans la pomme, que le mal est là dès le départ, que la violence est toute génétique (ce film devrait plaire à quelques personnes, qui furent notamment à la tête de notre beau pays récemment...), et que les meurtriers le seraient par nature. L'enfant du film n'est pas un enfant, c'est Damien la malédiction, un monstre pur et simple, un diable, un salopard machiavélique, cruel, inhumain, qui calcule son coup depuis la naissance. Sa mère l'aime, quand bien même elle pète un plomb après l'accouchement, car l'enfant ne cesse de pleurer, mais Kevin est convaincu du contraire, aussi n'aime-t-il personne et encore moins sa mère. Il tarde volontairement à parler, chie dans sa couche jusqu'à neuf ans pour embêter sa maman, ne sourit jamais, ne rit jamais, n'a aucun ami, lance des regards de tueur depuis le berceau et finit par trucider amis et proches de sang froid. C'est Belzébuth réincarné. La réalisatrice égrène rapidement d'autres causes à la folie meurtrière de son personnage, qu'elle balaye cependant tout aussi rapidement, tels le jeu vidéo violent, la passion pour le tir-à-l'arc, une jalousie consécutive à la naissance de sa petite sœur, voire peut-être une homosexualité refoulée, le héros dégingandé et au regard presque maquillé ne portant que des t-shirts qui lui arrivent au nombril et des pantalons treize fois trop étroits pour lui (au point qu'il reste moins de tissu sur son corps qu'à l'intérieur)... voire encore un complexe d’œdipe king size. Mais contrairement à l'entreprise van santienne dans Elephant de présenter toutes les explications possibles à un tel geste pour en montrer les limites et pour dire à quel point elles ne peuvent suffire à comprendre les agissements meurtriers de jeunes personnages humains (trop humains, pour reprendre un titre nietzschéen) et filmés avec humanité, Lynne Ramsay, qui ne manifeste aucun amour pour ses marionnettes ni aucun respect pour l'intelligence et la sensibilité de son spectateur, écrase ses propres tentatives d'explications et les réduit à néant tant Kevin est présenté depuis sa conception comme une créature maléfique irrécupérable née pour faire le mal. La réalisatrice nous l'a très vite signifié avec un plan magnifique sur un spermatozoïde de John C. Reilly contaminant un ovule de Tilda Swinton - on pense aux plans in utero, ou in cerebro, difficile à dire, de La Guerre est déclarée, qui pointent l'origine du mal chez l'enfant - durant la première copulation du couple d'amants, bourrés comme des coings, éclairés par un néon rouge durant toute l'étreinte jusqu'à ce que le père éjacule à minuit pile, heure du crime (un réveil filmé en gros plan nous l'a bien indiqué, et non, ce n'est pas l'ébauche d'une quelconque piste de scénario fantastique). Cet enfant est le Diable sur Terre, et il est venu foutre la merde. Voilà la seule et unique explication, tous les autres facteurs n'ayant eu aucune influence sur le cours de l'existence de Kevin puisque l'enfant affiche le même comportement depuis son premier cri.


Pour moi John C. Reilly ne joue pas dans ce film. C'est dit. Foutez-moi la paix, ça me fait du bien.

Du coup la démonstration de Ramsay se mord sans arrêt la queue et se contredit. Les parents sont incriminés, car la mère est maladroite, ne parvient pas à communiquer avec son enfant et ne lui montre pas suffisamment d'affection, tandis que le père est aussi absent qu'aveugle, mais ils ont ensuite une petite fille avec qui tout se passe à merveille, un vrai petit ange, aussi ne sont-ils pas responsables d'avoir engendré le démon. A force de dire tout et son contraire, de montrer la mère comme une Rosemary moderne, innocente et coupable à la fois (puisqu'elle casse quand même le bras de son bambin, mais je ferais pareil si j'avais ce truc à la maison H24, je le jure, foutez-moi en taule si c'est mal, makkash !), à force de confondre qui plus est sentiment de culpabilité et culpabilité, bref avec cet indigeste gloubi-boulga psychologique le film n'assied finalement qu'une seule option : Kevin est né monstrueux. Cette idée, récurrente dans le cinéma fantastique, devient, dans un drame résolument réaliste et qui entend donner un éclairage sérieux sur des faits divers actuels à peine détournés, aussi ridicule que franchement douteuse.


Immédiatement après la scène du coït alcoolisé sous néon rouge écarlate, ce plan in utero révélant la contamination, la propagation du virus, l'origine du Mal.

Le film n'assume même pas ce postulat aussi audacieux que stupide puisque dans la dernière minute Lynne Ramsay rachète son personnage monstrueux, qui tout d'un coup ne se rappelle plus pour quelle raison il a fait tout ça, pourquoi il a passé l'intégralité de ses 16 premières années de vie à pourrir celle de sa mère et de ses proches, y compris en prévoyant dès la prime enfance de la détester et de faire semblant d'adorer son père juste pour la faire suer (puisqu'il n'aime pas non plus son père, qu'il tuera sèchement à la fin d'une flèche tirée dans le dos, en même temps que sa petite sœur, meurtres principalement voués à faire éructer la maman et commis à domicile avant d'aller massacrer les étudiants du lycée avec le même arc de compétition offert par un papa poule) ; y compris aussi en préparant un cd gravé sur lequel il écrit "I Love You", que sa mère pique dans sa chambre un jour où il est absent pour le lire sur son ordinateur afin de comprendre son enfant, découvrant en fait un virus vieux de dix piges qu'elle était la seule à ne pas connaître et qui crame son PC en deux secondes... et la mère dépitée d'aller voir Kevin dans sa chambre le soir venu, qui, sans la regarder, lui lance de sa voix éraillée : "Alors ? Ton ordi est mort ?", fier comme Artaban que son énième piège ait fonctionné à merveille. La loi de l'emmerdement maximum que pratique Kevin depuis le plus jeune âge et chaque jour que Dieu fait passe aussi par de plus menues actions, comme coincer le hamster de sa sœur dans le siphon de l'évier de la cuisine, ou bouffer (avec les doigts bien sûr) un énorme poulet rôti fermier, de la tête au croupion, juste avant d'aller au resto avec ses parents (il y a quand même du génie chez ce gosse).


 
Le symbolisme de Lynne Ramsay n'a pas de limites, la métaphore visuelle, c'est son grand dada. Ce plan est augmenté d'un lent zoom sur le centre de la cible reflétée et contenue dans la pupille de Kevin, constitutive de son regard, partie prenante de son être tout entier, la violence et le meurtre étant comme inscrits dans son empreinte génétique profonde.

A la fin, Kevin tombe donc finalement dans les bras de sa mère pour un rachat improbable par lequel la cinéaste croit se dédouaner des aberrations et autres horreurs scénaristiques déployées dans les 119 minutes qui précèdent et qui se sont acharnées à nous détruire l'humeur à petit feu. De la même manière qu'il n'y avait aucune cause autre que génétique et innée à sa monstruosité, Kevin redevient humain sans préavis, le libre arbitre, le travail de conscience, l'éducation n'y sont pour rien, son regain potentiel de bonté, voire d'humanité, en passe par un déclic involontaire, chimique, risible. "Il faut qu'on parle de Kevin"... Très bien mais pour en dire quoi ? Il n'y a plus rien à dire après l'exposé de Lynne Ramsay. Plus rien à dire des tueurs de Columbine, d'Aurora et d'ailleurs : ce sont des tueurs-nés irrécupérables à moins d'une improbable épiphanie cérébrale miraculeuse, qu'on ferait aussi bien non pas d'envoyer à la chaise électrique mais de dépister in utero, ou au pire dans les crèches et les cours de récré, pour en débarrasser le monde illico. Ne regardons pas l'éléphant qui trône au milieu de la pièce, ou alors supprimons-le ni plus ni moins. Fin du débat.


We Need To Talk About Kevin de Lynne Ramsay avec Tilda Swinton, Ezra Miller et John C. Reilly (2011)

44 commentaires:

  1. Bien d'accord avec ça malheureusement.
    C'est déjà assez déprimant que ce genre de films misanthropes au possible pullule, mais qu'il pullule à Cannes (Kevin, Amour, La Chasse, Heli, Los Dueños... pour s'en tenir aux 2 ou 3 dernières éditions), la vitrine du cinéma d'auteur mondial, c'est encore plus flippant.

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    1. "Los Dueños" ? Tu parles du film dont tu disais du bien dans ton article-bilan sur Cannes ?

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    2. Pardon j'ai rippé. Je voulais dire Después de Lucia. Ca reste un film chicano !

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    3. Je retrouve dans cette très très bonne critique beaucoup de ce que j'avais reproché à Stoker. Ce cinéma-là est une honte.

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  2. Pas mieux. Ce film est une horreur sans nom, pour toutes les raisons que tu expliques fort bien. Le pire c'est qu'en lisant le début de l'article, je me suis retrouvé à avoir envie de revoir le film, mais de cette envie malsaine uniquement motivée par l'attrait de voir des trucs pourris exécutés par un ado séduisant. Et quand on continue l'article, on se souvient effectivement que Ramsay joue affreusement de cette envie, pour ne rien en faire ou en dire. Enfin bref, je ne vais pas répéter l'article, si ce n'est pour dire une nouvelle fois qu'on en a ras le cul de ces films au discours et à l'esthétisme purulents et stupides.

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  3. Certes le film pue, mais Tilda, tout de même... <3

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    1. Sérieux vous lui trouvez quoi à cette femme ? Quelle laideur !

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    2. Parce qu'il y a rien de plus chez une personne que sa beauté, maintenant ? Je trouve qu'elle a été très bien choisie pour interpréter ce rôle, en partie pour son physique particulier. Le film est construit sur une série de parallèles entre Eva et Kevin, à commencer par leurs physiques androgynes. Le film commence par Eva qui se baigne dans une mer de tomates, et se termine pratiquement sur le bain de sang que provoque Kevin. Par ailleurs, je trouve que cette critique ne rend pas du tout justice au film, et je vais même affirmer le contraire de ce que dit Rémi : le film ne suggère pas du tout que le ver est dans le fruit dès le départ, il suffit de le (re)voir attentivement pour s'en rendre compte. La maternité, l'un des grands thèmes de We Need to Talk about Kevin, se retrouve ici complètement négligé. Dès le départ, on peut voir qu'Eva a du mal avec ça: elle n'aime pas voir son corps se déformer, on la sent étrangère parmi les autres femmes enceintes. Si l'on ajoute à ça un accouchement visiblement traumatique, on comprend que la relation s'annonce d'emblée difficile. Eva semble transmettre cette crispation à son enfant, qui crie de manière incessante avec elle, mais se calme lorsqu'il est dans les bras de son père. Il est clair qu'Eva a envie d'aimer Kevin, mais qu'elle vit également très mal les changements qu'il apporte. Peut-être que dès le départ Kevin s'est senti indésirable, Chaque acte de Kevin est une réponse à sa mère. Si elle tapisse son bureau de cartes, c'est parce qu'elle veut pouvoir être ailleurs et l'oublier. Kevin ne le supporte pas et impose sa marque sur la pièce. Mais le film ne suggère pas non plus que ce soit uniquement la relation avec sa mère qui a rendu Kevin capable de tels actes. Peut-être que Kevin lui-même avait dans sa personnalité quelque chose qui l'a fait se prendre au jeu; sans qu'il y ait de "gêne de la méchanceté", je pense que personne n'est assez idiot pour soutenir une thèse comme celle-là. (Et le fait que les choses se passent beaucoup mieux avec la soeur ne prouve rien. Elle est née dans des conditions entièrement différentes). Le père a été volontairement aveugle et naïf face à ce qui se tramait chez lui. Il minimise la crise que vit Eva et la force à quitter un lieu où elle se sentait bien. "Il faut qu'on parle de Kevin", c'est bien la chose qu'il aurait fallu faire, qu'Eva voulait faire, mais le père n'y a jamais été disposé, enfermant progressivement Eva dans son silence.
      Je pense que s'il y a une chose que ce film démontre, c'est que l'amour est difficile, que ce n'est pas une chose qui tombe du ciel, mais qui se construit, qui demande de l'effort, de l'écoute et du courage en toutes circonstances, de la part de tout le monde, même et surtout lorsque se présente une situation difficile ou gênante.

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    3. Je rejoins la critique de Rac, je viens de voir le film qui m'a bien plu mais la thématique m'intéressait aussi: la relation mère-fils, l'absence et l'aveuglement du père ( celui qui doit faire tiers dans une relation fusionnelle ou conflictuelle). Tout le long du film, j'attendais une réaction de ce père qui est tout aussi responsable que la mère d'avoir infanter un sociopathe. C'est un film intéressant à analyser et à montrer à tout ceux qui travaillent dans la protection de l'enfance et dans les maternités. L'amour pour son enfant n'est pas inné dès la naissance et certaines femmes ou futurs parents ont besoin d'être accompagnés dans cette démarche. Je crois que les films ont aussi pour rôle de questionner, de débattre et s'interroger sur notre mode de vie dans notre société, chose faite pour ce film.

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  4. Et dire que j'avais envie de voir le film. Ma curiosité me passera.

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  5. Si on voit le film comme une comédie, ce qu'il n'est pas de manière évidente, ça reste assez drôle (voire risible), non?
    Complètement con si vous préférez.

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    1. Le gros tocard rigolard29 mai 2013 à 18:41

      Moi je vois le Troisième Reich comme une méga comédie historique, jte raconte pas comment que jme poile devant Shoah et Schindler !

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    2. Point goldwin en un message, merveilleux.

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    3. Goldwin Meyer ? Whoopi Goldwin ? Jeff Goldwin ? Jean-Jacques Goldwin ?

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  6. Le Chat de Chester9 juillet 2013 à 14:26

    J'ai lu le roman épistolaire originel et je l'avais bien aimé. La vision subjective de la mère permettait de réinterpréter le récit, par la suite, selon le point de vue du lecteur. Pas vu le film, par contre, et c'est une bonne chose on dirait...

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  7. Je ne comprends pas pourquoi vous avez tant détesté ce film, je l ai regardé un peu comme on regarde un film d horreur, tendue il est vrai tout au long du film, me demandant au debut si le fameux Kevin était autiste ou non, mais tres vite j ai compris qu il ne l était pas car sa relation avec son pere semble normale, je l ai donc vu comme un monstre, enfant tyran, je trouve que la mere completement devastée et impuissante est magnifiquement interprétee par Tilda Swinton et qu à la fin on est un peu scotché par l empleur du drame

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  8. J'ai beaucoup aimé le film. on voit quand même un père protecteur qui excuse tout à son fils, une mère abusé, désabusé, incapable de comprendre, de communiquer. Le film est lent, nous tient en haleine. On voit cette femme, qui essaye de comprendre, qui se remémore les moments pour savoir qu'a-t-elle fait de mal? Mais, ces souvenirs sont-ils fidéle à sa réalité? Elle a été arrêté, de plus c'est a elle qu'on en veut et non a son fils. Pourquoi? Pourquoi-a-il fait ça? Pour la faire souffrir? Pour simplement gagner une popularité basé sur son acte? Enfin, après il y a d'autres aspect que cette article soulève et qui finalement contrebalance légèrement mon opinion :)

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  9. Oh mon Dieuuuu que d'âneries assénée avec tant de brio! Il est avant tout démontré dans ce film le piège terrible de la maternité, de l'obligation qu'ont les femmes de remplir seules cette élevage compliqué. Il y a sans doute du schizophrène dans cet enfant qu'aucun parent de pourrait comprendre. Personne n'a remarqué l'incroyable légèreté du pédiatre qui se fout carrément de sa gueule en la prenant pour une cruche sur-protectrice. C'est à ce moment que la médecine aurait peut-être pu remplir son rôle !! Toujours est-il que c'est là aussi que commence l'enfermement, encouragé béatement par le père, trop heureux de montrer à sa femme comment lui réussit à se faire de son fils un ami. Les mères sont souvent seules dit le film et c'est cela qui saute aux yeux. Toutes les fautes leur reviennent inévitablement et si quelque chose paraît cruel, débile, c'est la méchanceté pure des voisins, des amis et des collègues de travail qui lui expriment pesamment leur bêtise séculaire. Oui certains enfants naissent psychotiques et alors? Si on s'y prend assez tôt, leur comportement peut changer car le cerveau est plastique, surtout chez les enfants. S'il vous paît, évitons la psychologie de bazar, ce n'est pas le propos du film en tout cas.

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    1. Très juste. Mère abusive et mère paumée. Mère montrée du doigt et salie. Mère seule et moquée, accusée, condamnée. Elle est tout cela à la fois.

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    2. Précisément, voilà le piège tendu par le film dans lequel il ne fallait pas tomber: il est fourni dès le début (volontairement?) des arguments presque trop évidents pour que la mère reçoive tout sur la gueule. Elle est austère, androgyne, maladroite, comme beaucoup de mères mais ne maltraite en aucun cas son enfant!! L'instinct maternel est une connerie! Chacune apprend sur le tas si je puis dire. Les enfants n'exigent pas de mère parfaite mais des parents qui font des efforts car il n'y a pas d'amour mais des preuves d'amour et dans le film, la mère n'arrête pas d'en faire. Kevin n'a pas de sensibilité, il ne se rend compte de rien. Seule la violence est susceptible de lui rendre une sensation d'exister. Il est psychotique, point, comme ceux qui ont défilé chez les psychiatres depuis Freud et dont les mères ressortent en larmes car pointées du doigt systématiquement dans leur soi-disant défaillances. Alors je comprends que de nombreux commentaires lus ici montrent à quel point il est facile de tomber dans le piège tendu et cité au début de mon propos. Le but était de créer un malaise, en tout cas c'est réussi, visiblement. Bonne journée à tous !!

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  10. Je pense que vous êtes passé à côté du film (au passage je ne comprends pas la comparaison à Sleeping beauty qui, lui, est effectivement malsain pour le plaisir d'être malsain). Ou bien vous l'avez parfaitement compris et cela vous semble insupportable. Oui, la réalisatrice nous reproche d'être des voyeurs, ce qui vous met visiblement en colère. Mais vous le dites vous-même : vous attendiez le massacre, vous attendiez la vision de l'orbite vide de la fillette... Combien de millions d'entrées pour les films d'horreur, les films du genre de Saw ? Combien de personnes qui avouent être fascinées par les tueurs en série ? Plusieurs séries américaines en font même leur sujet de prédilection.
    Je reconnais cependant que l'usage de la symbolique du rouge est peu subtile. Et c'est certainement voulu et assumé (à tort ou à raison ?). La mère se noie dans le sang. Point. Le fils est obsédé par le sang. Point. Tout annonce le massacre auquel nous n'avons pas besoin d'assister, merci bien, pour comprendre très exactement ce qui s'est passé. Si le spectateur veut plus, tant pis pour lui.
    Le film n'a pas pour sujet le meurtre mais le meurtrier. C'est évident et je ne vois pas pourquoi vous le lui reprochez. Le synopsis était suffisamment clair.
    Enfin, vous jugez le personnage du fils absurde, peu crédible, etc. C'est sur ce point là plus que sur tous les autres arguments que vous avancez que je suis en désaccord. Ne versons pas dans l'angélisme, pitié. Des enfants sont, dès la naissance, des bombes à retardement. Ils n'exploseront pas tous fort heureusement et les "dépister" avant relèverait de l'eugénisme. Mais le fait demeure. Je rappelle, à nouveau, l'existence des serials killers. Comment pouvez-vous mélanger meurtriers de ce type et délinquance, d'ailleurs ? En faisant cela vous donnez du crédit aux thèses de ceux-là même que vous conspuez.
    Revenons au film... Un problème psychologique n'est cependant pas le seul élément qui va déclencher ces bombes à retardement. Le vécu, et l'enfance en particulier, est un facteur déterminent. La relation aux parents, à la mère, ici, est essentiel. Car c'est une mère abusive qui est décrite. Ceci ajouté à l'intelligence perverse de l'enfant provoque le massacre. Kevin est dangereux et la mère ne fera qu'empirer les choses même lorsqu'elle essaie de les désamorcer. Le père ne comprend rien, quant à lui et son meurtre est à peine étonnant. Oh! comme Kévin doit le mépriser, ou, au mieux, le considérer avec indifférence! Le personnage de la soeur est parfaitement crédible également : enfant désirée par la mère, elle est charmante mais hautement haïssable pour son frère ; soeur repoussée, brutalisée, elle essaie par tous les moyens de s'attirer les bonnes grâces d'un grand frère qu'elle admire.
    J'ajoute ceci : vous ne devez ni travailler avec des enfants ni apprécier d'être remis en question.

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  11. Et bien.... Il est clair que c'est un sujet, qui n'est pas facile. Mais, je n'ai pas trouvé ce film mauvais, ni tout ce qui se dit au-dessus. De suivre la mère, de vivre sa solitude, sa rancœur et tout ce qui va avec. vous vous rendez compte vous ? Mettez-vous à sa place? Juste cinq minutes. Je trouve que c'est un film très juste et tout est crédible. Je pense que cela vous peur ? Non ? Je trouve que vos critiques sont très durs, on a le droit de ne pas aimé. Mais tout ce qui est dit, vous exagérez!!!! Moi, je suis choquée par la plupart des commentaires, ici.

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  12. Interessante critique. Comme vous j'ai adoré le film qui va droit au but sans ambiguïté (pour la forme) et qui traite d'un problème peu abordé au cinéma (massacres perpétrés par des adolescents dans les collèges aux usa) tout en restant dans la suggestion sans voyeurisme. Au "why" de la mère à la fin, le fils en prison depuis deux ans finit par répondre (à peu prés) ceci : "à l'époque je le savais, maintenant, je ne suis plus très sûr". L'adolescence, periode de tous les dangers.

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    1. Plus très sûr parce qu'il est en prison et qu'il en prend plein la gueule , il ne s'amuse plus comme avant .....alors il verse sa petite larme !
      Cali

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  13. Lorsqu'on lit vos mots je cite "Une scène résume bien les effets de ce procédé narratif : on voit dans un premier gros plan la main de la mère qui aligne des cotons-tiges pleins de pus avec lesquels elle nettoie l’œil mort de sa fille (sans doute crevé par Kevin, "on comprend de suite que vous n avez pas du voir le film dans son intégralité pour ne pas répondre à cette question ..J ai l 'impression que vous vous attendiez à du sang à des meurtres à du film digne d un blockbuster donc effectivement ce film n'était pas pour vous .Pour ma part pas besoin d aligner mille mot , je dirais juste que j'ai apprécié ce film car il parle d un sujet peu abordé , dans la plupart du temps à notre époque nous trouvons toujours des excuses à des meurtres sordides , nous faisons des tueurs des enfants bien sages qui ont du subir des choses atroces au sain de leur fratrie car il n y pas d autres explications , la mère a du etre méchante et perverse et le père brutal et absent ...l enfant roi a toujours raison au fond même lorsqu'il arrive à l age adulte et qu il détruit des vies ..alors cette approche d un enfant qui semble devenir de jour en jour un terrible étranger auprès de sa mère , le tout avec ce père qui ne voit rien ne fait rien ... la perte du role masculin , le positionnement d une mère qui se perd entre modernité , mère courage ...j ai trouvé le sujet du film percutant .

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    1. Frigide Cherfi22 mai 2014 à 17:52

      Un papa une maman !

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    2. Que vient faire ici un slogan? Ce n'est pas encore fini la manif?

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    3. « Que vient faire ici un slogan? Ce n'est pas encore fini la manif? »
      —> Et le sens de l'ironie, il a foutu le camp ?

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    4. Mouaaaaaah Alors .......

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  14. Je viens de voir ce film programmé sur Arte qui m'a laissée perplexe...que veut-on prouver, la responsabilité de la mère sans cesse citée dans les méfaits des enfants ? Enfin..méfaits, là c'est un peu léger vu qu'il massacre sa soeur, son père et tous ses copains de lycée.



    J'ai surtout trouvé beaucoup d'invraisemblance dans ce film...notamment une tuerie à l'arc, même si on est un bon archer, que les lycéens ne se soient pas rués sur lui, ce n'est quand même pas un pistolet mitrailleur, ça paraît impossible...la mère qui reprend sa vie comme si de rien n'était, qui absous son fils en quelque sorte, ce dingue, quid du meurtre du mari et de sa fille ?

    Bon, encore un film glauque qui se veut intello, cela dit, pas mal fait et très bien interprété notamment par le jeune acteur.

    J'ai adoré la critique et bien ri...c'est tellement vrai !

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  15. "la mère qui reprend sa vie comme si de rien n'était, qui absous son fils en quelque sorte". N'importe quoi! La mère est une femme à la dérive en butte avec la ville entière et ses souvenirs. Elle accomplit les gestes du quotidien, certes, mais soit machinalement, soit avec l'inquiétude des bêtes traquées. Elle passe son temps à s'autopunir : elle ne se défend pas lors du procès, accepte les insultes et les coups, mange des oeufs cassés par une voisine, nettoie sa maison tout au long du film comme si elle nettoyait sa propre souillure et, finalement, reconstitue à l'identique la chambre de l'enfant maudit. Elle n'absout pas son fils mais elle veut comprendre ce qui a causé le massacre. Est-elle coupable ? Est-il seul responsable ? Que voulait-il ?
    Quant à la scène finale où elle le prend dans ses bras, je n'y vois pas un pardon. Je pense plutôt qu'il s'agit de l'ultime excuse d'une mère incapable de dialoguer avec son fils, son ultime tentative d'amour. Encore une fois, elle ne l'absout pas lui mais peut-être s'absout-elle, elle. J'ai aussi eu le sentiment qu'elle le laissait derrière elle et qu'elle lui disait adieu.

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  16. Si l'auteur de ce blog a détesté ce film, qui a été une petite révélation pour moi, il fait tout son possible en tout cas pour faire de cette détestation un hommage involontaire, et de son mépris une obsession flatteuse.

    Le thème du mal inné, d'origine génétique ou diabolique, est toujours abondamment exploité par le cinéma américain, et je comprends que cette dénonciation à la fois naïve et ultraviolente d'un mal qu'on s'obstine à voir en dehors de soi, comme l'expression d'un maléfice dont le seul but serait de perturber l'ordre heureux d'un monde prospère, puisse agacer au plus haut point.

    Mais en l'occurrence, et comme certains l'ont très bien expliqué avant moi, ce film n'a rien, mais alors rien a voir avec la dénonciation du Mal incarné. La difficulté d'aimer, le courage dans l'horreur, le repentir et le pardon, auxquels je ne trouve rien de ringard, en constituent plutôt la trame spirituelle.

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  17. Cette critique m'a bien fait rire... Comparé Kevin enfant à Césare, vous avez cherché loin.

    Pour ma part j'ai trouvé ce film certes choquant mais intéressant. C'est une réalité : des gens pensent exactement comme Kevin pense. Je n'ai pas trouvé le film lourd mais.. Disons que beaucoup de choses sont imagés : l'auteur ne décrit pas avec des mots mais avec des "images" tel que la couleur rouge tomate sur la maison de Eva -la mère de Kevin. L'actrice était d'ailleurs parfaite pour ce film. les commentaires tel que "cette femme est vraiment moche" sont inutile : Son rôle n'était pas d'être belle, mais justement d'agir comme une femme froide, rigide, ayant du mal à aimer son enfant.

    We need talk about Kevin ne nous donne pas de leçon. Mais nous amènes, à mon sens, à nous poser des questions : "aurait-il agit autrement si sa mère lui avait montré de l'amour ?" "est-ce ce manque d'amour et le monde dans lequel il vit qui l'a poussé à faire ce qu'il à fait ?" "est-ce qu'une bonne dérouillé n'aurait pas changé son comportement ?"

    Quand au père de Kevin, il n’intervient pas énormément dans la film pour justement montrer qu'il ne voit pas son fils comme sa mère le voit. On remarque d'ailleurs que Kevin est plus proche de son père ; il sourit quand il rentre du travail, fait du tir à l'arc avec lui.

    Très franchement, je me demande si l'auteur de ce commentaire a réellement regardé le film.
    La mère ne reprend pas sa vie comme si de rien était, elle laisse les autres l'insulter et la frapper parce qu'elle se sent coupable des agissements de son fils. Quand à son dernier gestes envers son fils, je ne pense pas qu'il s'agisse d'un pardon. Je ne sais pas si on peut dire qu'elle lui dit adieu également, car elle a reproduit exactement la même chambre que celle que Kevin avait avant le massacre.

    Pour ma part, c'est un film qui m'a touché, remué même.. J’ai encore des frissons quand je repense à certaines scènes du film. Après, il ne plait peut-être pas parce qu'il faut réfléchir un minimum pour comprendre l'esprit du film.

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  18. J'ai aussi réagi par l'énervement à ce film? C'est assez pénible de souhaiter la fin au plus vite pour être sûr qu'il n'y a rien d'autres pour changer d'appréciation. On attend, on voudrait un dénouement fantastique (Damien forcément, le gymnase m'a fait penser à Carrie) pour excuser un peu toute cette manipulation comme si la réalisatrice avait fini par nous dire, "non, mais en fait, on faisait semblant". Non, non, tout ça reste très sérieux, et énervant.

    Maintenant l'argumentaire se rapportant à la pénibilité de la maternité et la pression des modèles imposés (la mère parfaite et parfaitement aimante) me paraît, malgré tout, intéressant.

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  19. Bon-bon-bon, encore une envolée pré-éjaculatoire émanant d'un cerveau auto-surévalué rempli de références détournées aux fins idéologiques d'une certaine droite rigoriste, persuadée que, dès qu'elle ouvre le bec, tombe à nos pieds un fromage de vérité. Malgré l'intention, l'odeur désagréable qui s'en dégage demeure tenace, Monsieur du Corbeau.

    Je ne m'attarderai pas sur votre prêche oiseux et votre logorrhée puérile, mais un mot quand même sur votre conclusion; ou plutôt une question : le gêne de "l'épurateur social" pensez-vous que ça s'attrape "in utero" aussi ?

    Pour celui de la connerie par contre, je pense qu'il ne se développe que par paresse intellectuelle.

    "Fin du débat". #:^)

    Veronica Gresini - Montréal.

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    1. La référence négative à l'éjaculation, ça change un peu de celle à la masturbation, mais c'est tout aussi facile. Comme l'est d'ailleurs l'accumulation de préfixes (« pré-éjaculatoire », « auto-surévalué ») : tic de langage qu'on trouve chez les demi-habiles de gauche comme de droite (Zemmour, pour ne citer que le plus évident), qui se rengorgent de leurs idées au détriment de l'exercice de l'intelligence et de la raison.

      Votre évocation de la conclusion du texte de Rémi est si dénuée de rapport avec le propos de celle-ci qu'elle ne peut avoir que deux explications : l'aveuglement idéologique ou la malhonnêteté intellectuelle.

      Et au fait, puisqu'il faut apparemment tout décoder : l'utilisation de l'expression « Fin du débat », à la fin de ce texte, était ironique (et critique). Chez vous, elle n'est que petite maligne.

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    2. Et dans le lien suivant (du 22 septembre 22 h 05), a-t-on affaire à un "demi-habile" de gauche ou de droite ?
      http://ilaose.blogspot.fr/2011/03/thunderbolt-and-lightfoot.html?showComment=1411370747945#c6167627209433074596

      Allez, sans rancune, c'était pour vous engager à être moins catégorique.

      Cecil Faux

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    3. La question de Cecil Faux semble m'être destinée (dans la mesure où c'est moi qui ai employé le terme « demi-habile »), mais je n'en suis pas sûr non plus, dans la mesure où je ne trouve pas trace d'une telle conjonction de date et d'heure (22 septembre à 22h05) sur la page en question. Si ce n'est pas à moi que vous posiez cette question, désolé du dérangement !

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    4. Oups oups oup : « dans la mesure » deux fois dans la même phrase... Mon horreur de la répétition m'oblige à faire amende honorable !

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    5. 9 h 25, bien sûr : http://ilaose.blogspot.fr/2011/03/thunderbolt-and-lightfoot.html?showComment=1411370747945#c6167627209433074596

      Cecil Faux

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    6. À Cecil Faux :

      Cette fois, cela correspond à un commentaire que j'avais écrit, c'est déjà un point d'acquis.

      En revanche, malgré le « bien sûr » que vous employez, la question que vous m'avez posée continue de ne pas m'apparaître du tout évidente, et cela sans ironie ni mauvaise volonté.

      Par défaut, le seul rapprochement que je peux supposer de votre part, c'est celui entre ma critique ci-dessus de l'accumulation de préfixes dans une même phrase, ayant pour but de créer un effet d'accumulation et d'appesantissement dans l'offense (« pré-éjaculatoire », « auto-surévalué ») et, dans mon commentaire du texte sur 'Thunderbolt and Lightfoot' auquel vous renvoyez, le passage suivant :

      « Le problème que j'ai avec Lumet, c'est que j'ai souvent le sentiment d'être devant du « pré » : pré-jugé ('Douze hommes en colère'), pré-senti ('À bout de course'), ou pré-visible. »

      En même temps, j'ai du mal à croire que ce soit effectivement ce rapprochement que vous sous-entendez : ce serait faire insulte à votre intelligence que de croire que vous ne voyez pas la différence profonde (au point que cela n'a en fin de compte strictement rien à voir, malgré une très vague ressemblance au premier abord) entre ce qui relève d'un côté d'une facilité de langage propre aux idéologues à courte vue de tous bords, dont le seul but est l'excès offensant, et ce qui relève de l'autre côté d'un petit jeu de langage qui, même s'il ne prétend pas être particulièrement brillant, visait à décrire sur le mode de la critique, et non sur celui de l'offense, une caractéristique particulière, à mes yeux, d'un cinéaste dont je dis clairement par ailleurs que je suis loin de le mépriser, mais dont je tente de relativiser l'importance qu'il a prise dernièrement (je me permets de souligner que j'ai procédé dans le commentaire en question à une répétition délibérée, et précise, du même préfixe — j'ai dit ci-dessus mon horreur des répétitions involontaires, en ce qui concerne ma propre prose —, et non pas à une variation approximative de préfixes censés ajouter, par cette variation même, à l'effet outrageant). Il m'arrive de faire amende honorable dans ces pages, mais en l'occurrence je ne le ferais pas, non pas par mauvaise foi mais parce que, intellectuellement, moralement et stylistiquement, je ne me sens nullement « pris en faute » ou en flagrant délit de contradiction — si c'était là le but de votre intervention.

      À votre propre crédit, je préfère donc croire que vous parliez d'autre chose (auquel cas tout mon petit développement ci-dessus deviendrait comiquement nul et non avenu !), et dès lors cette discussion gagnerait à ce que vous deveniez plus explicite.

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  20. Votre critique est honteuse.
    Je viens de voir ce film et pour ma part je ne vois pas le fait que le fils est porteur d'un gène diabolique. Pour ma part le moment où l'ont voit les spermatozoïdes était justement la pour nous suggérer qu'elle allait être enceinte. Cet enfant n'était pas voulu, on voit bien lorsqu'elle est avec d'autres femmes enceinte elle ne se sent pas bien. Elle n'a sûrement pas cet instinct maternel et l'enfant le ressent de l'intérieur (la plupart des choses que vous viviez lorsque vous êtes dans le ventre de votre mère, vous vous en rappelez de manière inconsciente, surtout lorsque c'est un mal être de la mère ou des incidents). De plus elle vit mal son accouchement, en criant comme jamais. Son fils ne l'aime pas dès la naissance même avant qu'elle lui fasse mal au bras. L'unique but de Kevin est de faire culpabilisé sa mère et de la détruire car il ne se sent pas aimé. Il est très intelligent mais veut se faire passer pour bête pour embêter sa mère. Alors que lorsqu'il est avec son père, a une réaction complètement différente. Son père qui, a mon avis, ne le porte pas non plus dans son coeur. Il veut uniquement s'attaquer à sa mère.
    Pour moi le moment où il se rapproche avec sa mère et se détache de son père le temps d'un soir lorsqu'elle lui raconte une histoire est, parce qu'elle lui apporte une nouvelle passion : les flèchettes (d'ailleurs ce qui pourra surement faire aussi culpabiliser la mère plus tard de lui avoir donner cette passion vu comment cela va se finir.
    Le père est inconscient de ce qu'il se passe, il est un peu béta. Il est content que son fils l'aime et ne rassure pas sa femme, au contraire il s'en vente. Il ne s'inquiète aucunement du problème de son fils (ou alors peut-être qu'il est tellement con qu'il ne le voit pas.) et je pense vraiment qu'il ne le voit pas parce que franchement pour penser que la gamine s'est crever l'oeil solo avec du destokp faut le faire. Aussi, il ne s’aperçoit même pas que sa femme est enceinte alors que son ventre est bien arrondi et que même son fils le voit.
    Remarquons aussi qu'il tue son père avant le divorce, encore une fois pour que sa mère souffre encore plus que si ils avaient été ensemble. Bref ce gosse veut simplement sacrifier sa vie pour pourrir celle de sa mère. Et au final, lorsqu'il parle avec sa mère dans la dernière scène il lui dit qu'il pensait avoir des raisons de le faire mais qu'il en est plus sûre parce que justement, il aurait sûrement penser que sa mère ne vienne plus le voir etc alors qu'au contraire elle enchaîner les visites et essayait de le comprendre tout de même
    Ce qui est dommage dans ce film, c'est de ne pas se voir ce qui se passe à l’extérieur de la maison, la vie que Kevin vit à l'école, collège car, pour moi cela à un grand impact sur l'enfant (et sur tous les enfants en général). Par exemple lorsqu'il explique à sa mère ce que veut dire "baiser" c'est pas anodin, il a bien du l'entendre quelque part.Il a du subir des moqueries de ses camarades dû peut être à son intelligence, son physique, ou sa bizarrerie.D'ailleurs, si il a également tuer ses camarades de classe, c'est qu'il y a une raison. Il aurait pu contenter de tuer juste son père et sa soeur ou des personnes dans la rue. Je pense que les psychopathes sont aussi influencer sur leur vie extérieur et pas que sur la sphère privée qui réside lorsqu'on est chez soi, surtout dans ce film où les parents sont de bon parents. En tout cas c'est comme ça que j'en fais l'interprétation que j'ai.

    La vrai morale du film, c'est de se dire que les psychopathes ont des mères et qu'elles ne sont pas forcément responsable de la pathologie de leur progéniture.

    bk.

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  21. Jamais lu de ma vie une critique aussi stupide. Simplifications, raccourcis, carcans idéologiques, mauvaise foi, tout y est. Un vrai florilège.

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  22. Je n'aime pas trop la critique... qui est selon moi trop dur, alors que ce film ne le mérite pas.
    Ce film est l'un de mes préféré, tant de symbolisme et regarder moi ces acteurs ! Ils sont hyper talentueux !
    Et le film "stoker" reçoit les mêmes compliments.
    Essayons de comprendre chaque personnages, de comprendre Kevin car d'après ce que j'ai pu comprendre c'est lui la "cible".
    Je m'arrête là car....
    Bref, film captivant, intéressant, profond... (personnellement)

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