13 mai 2013

De rouille et d'os

De Rouille et d'os, comme Un Prophète en 2009, a su émerveiller public et critique à sa sortie, dans une grande orgie dégueulasse et insupportable dont Jacques Audiard, cinéaste salué comme le plus important de sa génération dans notre beau pays, était l'élément central, récipiendaire de nombreux cumshots verbaux et tapuscrits. Je m'étais arrêté au bout de la première demi-heure de son précédent film, j'étais allé suffisamment loin pour savoir que je ne mangeais pas de ce pain-là et pour tout de même comprendre comment cela avait pu plaire à ce point. En ce qui concerne De Rouille et d'os, par contre, c'est un grand mystère ! Je lis les extraits des critiques presse sur Allociné, et ça me fout les chocottes... Comme pour Looper, les seuls qui soient lucides, ce sont les Cahiers du Cinéma, qui le traitent comme il se doit ! Je peux aisément comprendre que des personnes regardant peu de films et habituées aux documentaires racoleurs qui passent à la télé puissent être touchées par un tel film. Mais la critique et les cinéphiles de tous poils, comme toutes les personnes ayant une haute estime de l'art cinématographique, devraient logiquement enfoncer ce film et son réalisateur à la noix, cet escroc qui passe pour un génie... Sa dernière livraison pèse des milliards de tonnes. C'est bête et laid, c'est plein de tics de mise en scène qui se veulent beaux (Audiard adore notamment filmer le soleil et faire des effets de lumières super cons dignes d'un adolescent qui découvre à peine la photographie) et la bande originale vous proposera un bel aperçu des chanteurs qui étaient à la mode au premier semestre 2012 et dont on ne se souviendra même plus dans six mois. C'est ultra too much dans le mélo, le pathos, tout ce que vous voulez, tout est surligné par la musique quand ça ne l'est pas par autre chose, c'est vraiment, vraiment, mais vraiment nul.


Quelle idée d'avoir mêlé à ce désastre cet animal si noble et majestueux qu'est l'orque, "la baleine tueuse" ? Il y avait mille autres façons de perdre ses jambes !

Ce qu'il y a de dingue à constater, c'est que ça ne donne pas du tout envie de s'en prendre à Marion Cotillard (une cible qu'on adore pourtant !). On ne peut rien lui reprocher de spécial, si ce n'est que c'est évidemment ridicule de la retrouver dans ce rôle taillé sur mesures où elle joue sans maquillage, sans soutien-gorge, sans jambes, sans rien, où elle se met totalement à nu pour aller à l'envers d'une glamourisation hollywoodienne qui lui tend les bras. Le choix est trop voyant et ça rend le tout assez risible. Mais dans le film, la faute ne lui revient pas, elle fait son travail ; et si son principal conseiller s'appelle Guillaume Canet, on comprend qu'elle aligne les choix les plus attendus. A la limite l'acteur belge Matthias Schoenaerts est plus énervant... Faut dire que son personnage de crétin complet ne l'aide pas. Il joue un père incapable de s'occuper de son gosse albinos. Vers la fin du film, son beau-frère lui amène son fils pour qu'il puisse passer une après-midi avec lui. Ni une ni deux, il décide que la meilleure chose à faire est d'aller s'amuser à glisser avec le gamin sur un lac gelé. Avant que ça n'arrive, j'ai dit à voix haute : "Si la glace craque et que le gosse se noie dans l'eau glacée, c'est l'un des piiiiiiiires films au monde". A peine j'avais fini de dire le mot "pire" que le gosse se neiguait ! Au cinéma, je pense que j'aurais réagi comme devant le Paris de Klapisch au moment où l'ignoble Julie Ferrier chute en scooter après avoir pris quelques virages inutiles le sourire aux lèvres, c'est à dire en m'esclaffant bruyamment. C'est du même niveau ! Klapisch, Audiard, même combat ! Bref. Le gosse passe donc cinq bonnes minutes dans l'eau glacée, jusqu'à ce que son enflure de père brise la glace à l'aide de ses poings (lui qui, au quotidien, gagne de l'argent au black grâce à des combats de rue ridicules - ses poings lui servent enfin à faire le bien, c'est beau, snif !). Mais le gosse ne crève pas, on parvient à le réanimer à l'hosto après "3 heures de coma" (sic). C'est l'avant-dernière scène du film et c'est du lourd lourd lourd !


Je me suis toujours méfié de David Lynch, Tim Burton, Jim Jarmusch et tous ces autres cinéastes qui font trop gaffe à leur style...

Il faut traiter Audiard comme il se doit : mal. Ma "critique" en révoltera certains, d'où les guillemets. C'est un cri du cœur. Je suis le cinquième "hater" de Jacques Audiard sur Vodkaster. Nous sommes 5 face à ses 127 fans, et c'est un site encore mal connu, il sont des milliers et des milliers dans la nature ! C'est pas normal. Si je pouvais concevoir que ce cinéaste de pacotille réussisse à faire illusion avec ses précédents films, l'arnaque aurait dû éclater au grand jour avec celui-ci. Je répète à qui mieux mieux qu'il faut toujours se méfier des cinéastes qui prêtent trop attention à leur look, qui soignent trop leur allure. Il y a quelques contre-exemples dans l'Histoire du cinéma, comme Jean-Luc Godard et ses petites lunettes de soleil rondes (ce qui explique toutefois la photographie trop lumineuse de quelques-uns de ses films), Eric Rohmer et ses pantalons de velours à grosses côtes (l'homme avait simplement du goût !), Ron Howard et ses pulls sans manches... C'est vrai, vous en trouverez d'autres, même outre-Atlantique, mais ce sont autant d'exceptions qui confirment la règle ! Un grand réalisateur se doit d'avoir l'air d'un chien, d'un clodo à peine présentable, il demeure derrière la caméra, et non sous le feu des projecteurs, il peut magnifier ses acteurs dans ses propres films, mais non sa propre personne sur les tapis rouges. A partir du moment où un cinéaste se soucie trop de son apparence, j'éprouve naturellement beaucoup de méfiance à son égard. Au dernier festival de Cannes, où son film fut très justement ignoré par un Jury par ailleurs totalement à côté de la plaque, Jacques Audiard s'est présenté le sourire jusqu'aux oreilles, gagnant d'avance, naïf, idiot, en smoking trois pièces bien ajusté, des lunettes à grosse monture noire sur le bout du nez, écharpe rouge autour du cou à la Jean Moulin, crâne rasé de près à la Lénine, le tout surmonté d'un chapeau melon noir du plus bel effet à la Emma Peel, avec pour ne rien gâcher le petit bouc poivre et sel à la Gérard Jugnot des grands jours. Bref, Jacques Audiard avait toute la panoplie du pur salop qui étale enfin la vaste mascarade qu'il incarne sur le devant de la scène. Quand je l'ai vu accoutré comme ça, je n'ai pas du tout été étonné. Cela faisait sens. Un tel guignol se doit de parader avec des habits de luxe et de soigner son image avec la minutie d'un dangereux criminel ; mais par pitié, n'en faites pas le plus grand cinéaste hexagonal actuel, car en réalité, c'est peut-être l'un des pires !


De Rouille et d'os de Jacques Audiard avec Marion Cotillard et Matthias Schoenaerts qui devra changer de nom s'il veut réussir à Hollywood (2012)

33 commentaires:

  1. ARRÊTE avec David Lynch.

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    1. Les trois exemples de la légende sont avant tout choisis par provocation. Je vois que ça fonctionne. :)

      Et j'ai juste dit que je m'en méfiais. On peut d'abord se méfier de trucs pour finalement les trouver cools ! Mais là il est vrai que sa mèche folle n'aide pas.

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    2. Ça va c'est pas Agnès Varda non plus !

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    3. Quand même...

      https://fbcdn-sphotos-d-a.akamaihd.net/hphotos-ak-snc6/182790_566069923424193_1164748843_n.jpg

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    4. J'aime plutôt bien son look en fait :)
      Alors que rien qu'à regarder Audiard je contracte instinctivement mes sphincters !

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    5. J'adorerais aussi avoir ses cheveux, j'avoue...

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    6. Ca fait du bien de ne pas être seul, voici ce qu'on en disait à l'issue de la projection à Cannes: "De rouille et d'os" ne nous a pas convaincu ... Film masculin, qui manque de douceur, de fantaisie, de regard décalé, de poésie et se révèle tout à la fois académique et sinistre. Audiard nous montre des gens qui luttent pour vivre. Son film est une épreuve. Pas de psychologie, pas de tenants, uniquement des aboutissants. Efficace ? Non bestial. www.facebook.com/le.mag.cinema

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    7. Les bras m'en tombent.......

      votre critique me fait penser a cette replique dans un woody allen (manhattan ?):

      "quand j'enrends du Wagner (FAQUENERE...)j'ai envie d'envahir la pologne....)

      Comprenne qui pourra.

      Je ne vous salue pas.

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    8. bidon , rien ne tient la route, la façon de filmer est à chier, celà se veut du grand art c'est de la zouille, bref !!!! seuls les snobs ou pseudo snobs ou lobotomisés vont se gargariser de cet éteron !!!!! ............... pour faire court un pauvre gros poisson en captivité pour des cons......miam miam les jambes de sa zentille dresseuse boureaute !!! un cas sosse avec 0 neuronne va grimpouiller à l'occase la fille, le gamin du 0 de QI tombe dans de l'eau gelée pendant que passe 0 de QI pisse !!! miracle aprés 30 mn de coulage sous la glace il pette le feu !!! et comme 0 de QI a eu une révalation ......................oh c'est mon gamin !! oh l'a failli mourrir mais avec mes tits poings j'ai pété la glace !!! moi l'a sauvé moi je l'aime !!! du coup moi devenir champion grace à mes tits poings !!! et encore du coup!!! miss poiscaille radieuse réccupère papa 0 de QI avec fiston se fendant tendrement d'une grande banane !! saccré happy hend........... que c'est beau

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    9. que dire ........................la belle sans jambes tombe amoureuse de la bete qui n'a que ses poings pour gagner sa croute !! au milieu de ce mélo drame un gamin balloté............la misére sociale, des prises de vue sans interret 2 plombs sur le rétro d'un camelar crasseux (juste un exemple) !! des incohérences de tous poils........qui auraient pu etre gommées au profis d'une reflexion interressante mais NON !!! au contraire celà se veut réaliste et poignant..........(mdr) ! style la belle vient d'etre emputée des deux jambes !! rien que ça! et on l'a voit dans une chambre immense bleuatre seule , jetée dans son lit comme si elle avait juste une coloscopie à passer !! aucun personnel hospitalier ! sous le choc en voyant qu'elle n'a plus de gambettes elle tombe , se traine etc etc etc on se croirait dans un hosto désaffecté................ (surement a t on voulu nous faire ressentir la solitude de cette pauvre fille.........)glauque !!! et en meme temps à pouffer de rire !!! le comble......... tout est à l'avenant....enfin bref une bonne grosse bouse pour faire simple ....le chef d'oeuvre qui ouvre l'esprit, d'une grande sensibilité, qui touche blablablablablabla ce ne sera pas avec rubigine et carcasse

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  2. Il était temps de le dire ! Ca fait du bien de le lire, alors de l'écrire j'imagine même pas :)

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  3. Sur la photo que tu fous d'Audiard j'ai envie de penser "quel grand cinéaste ce doit être" parce qu'il ressemble à un gros clodo ! (mais en fait je connais un peu son cinéma et donc je sais que non).

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  4. Ce qui est moche c'est qu'Audiard fantasme RÉELLEMENT sur les femmes-troncs et les prolos débiles et/ou virils, et que ça se voit. A la limite pourquoi pas, ce désir est clairement retranscrit à l'écran et c'est peut être la seule qualité du film. Moignon Cotillard et Schoenaerts sont attirants. Leur jeu d'acteur autant que les personnages qu'ils interprètent sont caricaturaux et accentuent d'autant plus le fait qu'ils sont avant tout des "objets" de branlette pour ce réalisateur, que l'on sent bien bourgeois blasé. Le fait qu'il emballe le tout dans une sorte de fable DE LA VRAIE VIE donne autant la gerbe que l'envie d'aller à Auchan acheter des couches bas prix, chier dedans et lui envoyer par la poste.

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  5. Bienvenue.

    Merci, Félix, d'écrire tout haut à propos de Jacques Audiard ce que je rumine tout bas.

    J'étais au festival de Cannes lors de la sortie du film, lorsque j'ai entendu la journaliste chargée d'interviewer le réalisateur dire : "Jacques Audiard a créé une mythologie cinématographique, et ..." J'ai compris que l'on était en pleine supercherie.
    C'est que ce réalisateur est le fils de son père, non ?

    N.B. : J'ai vu "De battre mon coeur s'est arrêté", ce qui est assez.

    E-Gwen.

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  6. Merci pour ce bel article, oui Paris et de Rouille et d'Os sont des mauvais films. Mais ces deux cinéastes ont pourtant fait de très bons films (un air de famille pour l'un et de battre mon coeur s'est arrêté pour l'autre). Juste pour ça, on ne peut pas vraiment les considérer comme des escrocs, juste comme des mecs qui n'avaient qu'un seul film à faire.

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  7. Vous avez laissé un gros Ron Howard dans vos contre-exemples de cinéastes qui accordent trop d'attention à leur apparence mais ont du talent.

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    1. Sans parler de Tim Burton !

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  8. Clint Eastwood et ses pantalons taille haute aussi...

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  9. Noooon ne rabaissez pas Mrs. Peel à ce niveau !

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  10. Le problème que j'ai avec Jacques Audiard, c'est que j'ai pas envie de voir ses films parce qu'il est trop connu, il y a une telle hype autour de lui et de chacun de ses films (comme vous dites, à chaque sortie c'est le nouveau plus grand film du monde) que je préfère attendre quelques années pour les voir à tête reposée. Dans quelques décennies, on se les rematera en se disant « ouais c'était de la merde, mais comparé à ce qu'il se faisait à côté... ». Je crois que 1 an, c'est pas assez pour prendre du recul, faut au moins attendre 10 ans. Et p'têt qu'on finira par y trouver des qualités.

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    1. Je pense que dans 10 ans ce sera encore plus insupportable à regarder.

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    2. Ouais... Et surtout, on aura plus du tout idée de regarder ça.

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  11. Je hais ce film. Je ne l'ai pas vu par contre je suis pas maso.

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  12. "Enfin" vu. C'est pire que ce que j'imaginais, et j'imaginais un truc vraiment dégueu.

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  13. vous avez mi des mots sur les sensations inexprimables que j'ai ressenti en regardant ce film. merci

    PS: Je valide la vanne AUCHAN la vie la vrai de Jean Calin, que je replacerais dans les dîners mondains ,

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  14. Stef Sud Tilikum25 mai 2015 à 00:09

    Bien Felix, tu m’éclate ;), je peux donc le mettre sur ma page ici ? https://www.facebook.com/pages/Les-films-qui-servent-%C3%A0-rien-Sorti-de-Stephane-L/1391759097814246?sk=timeline

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  15. Et oim les grattes claviers sur les grattes papiers!

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  16. http://cache2.artprintimages.com/lrg/45/4577/DEMDG00Z.jpg



    Monsieur Homais, archétype du sot prétentieux créé par un célèbre gratte-papier, auteur du 'Dictionnaire des idées reçues'.

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