28 août 2012

Fair-Play

Ce film débute par une partie de squash. Un match de 40 minutes en temps réel entre Jérémie Rénier et Eric Savin, dont on ne perd pas une miette ni une goutte de sueur, voire de sang, car Jérémie Rénier sue du sang sous nos yeux dans cette rencontre à couteaux tirés entre deux tarés du tennis en salle. A partir de 20 minutes de film on se demande sur quoi on vient de mettre la main : est-ce un film expérimental radicaliste ? un canular ? le film de vacances de Rénier leaké sur le net par un fan malade ? Impossible à dire. Peut-être n'est-ce que le prolongement pour Lionel Bailliu de son premier court-métrage, tourné un an plus tôt et intitulé Squash ? Le réalisateur, passionné par ce sport qu'il trouvait particulièrement cinégénique, a sans doute voulu marquer les esprits comme Scorsese en son temps avec The Big Shave mais en réalisant de son côté The Big Squash.


On dirait trop Gollum non ?

Quand il affirmait que les plus grands cinéastes étaient entièrement résumés dans leur premier film, François Truffaut ignorait que sa si juste théorie se verrait paraphée et signée avec un jusqu’au-boutisme morbide par le dénommé Lionel Bailliu, qui a récemment contacté Gérard Jugnot pour jouer dans son prochain film : Squash toujours. L'ex pilier de l'équipe du Splendid ne dénoterait pas dans la liste des acteurs fétiches de Bailliu puisque Fair-Play compte déjà dans ses rangs les plus grandes stars actuelles du cinéma des années 2000, à savoir Benoît Magicmel et Marion Cotillard (deux vedettes qui ont le nez creux donc), livrant une prestation plutôt sceptique dans ce film qui se veut un brûlot contre les méthodes de recrutement qui ont cours à notre époque dans les grandes entreprises. Le pitch : un patron dégénéré et facho teste ses futurs employés en leur imposant une série d'épreuves de survie. Il les défie au corps à corps dans une multitude de sports non-olympiques en pistes noires, où ils sont toujours à deux doigts de laisser leur peau (activités que l'on pratique possiblement durant les vacances, d'où le lien avec la thématique du dossier) : escalade, rafting, golf etc.


Ma parole que c'est Gollum !

Fair-Play est sorti en septembre 2006, on l'a vu quelques mois plus tard, début 2007, le temps qu'un illuminé le foute sur la toile et c'était fait. Depuis on n'a cessé de le citer lors de nos sessions critiques, et même lors de soirées lambda autour d'un feu de camp où chacun devait s'échanger des petites horreurs pour faire peur aux autres. Pas étonnant dans un sens vu que Fair-Play est le Délivrance français, à ceci près que Bailliu n'est pas Boorman (même défoncé aux oméga 3 et à la vitamine D) et que les randonneurs ne sont pas pris pour cibles par des autochtones trépanés mais par un horrible boss. Si le classique de Boorman est un film pour le moins détonnant voire dérangeant, celui de Bailliu est uniquement désagréable à s'en tirer une balle dans la tête. Quand on l'a découvert on n'avait pas encore mis en place notre fameuse règle des 16 minutes : "Si en 16 minutes tu ne m'as pas fait marrer je te vire de mon lecteur dvd à tout jamais". Cette règle, d'une efficacité redoutable, nous a posé quelques problèmes pour des œuvres pas du tout destinées à la comédie, par exemple pour les films des frères Dardenne, mais face à un OVNI comme Fair-Play cette règle est primordiale, même si on peut se laisser tétaniser au point de ne pas pouvoir en décrocher les yeux par cet objet filmique unique au monde et proprement pourri.


"Mon précieux..."

Le film est certes parfois satisfaisant pour ceux qui aiment voir Marion Cotillard en train de souffrir, mais même les plus haineux envers la starlette de pacotille se lasseront extrêmement vite de ce long métrage ignoble, dont on aimerait se rappeler quand on nous demande ce qu'on a vu de pire dans notre vie. Le réalisateur étant depuis complètement tombé aux oubliettes, on peut se dire que la stratégie de Bailliu n'a pas porté ses fruits. Blague à part, connaissez-vous une seule star nommée Lionel (à part Jospin) ? Ah si, y'a bien Lionel Abelansky. La place reste donc à prendre ! Sérieusement vous en trouvez ou pas ? Y'a rien... Si vous en trouvez : ilaose.leblog@gmail.com


Fair-Play de Lionel Bailliu avec Jérémie Rénier, Marion Cotillard, Eric Savin et Benoît Magimel (2006)

28 commentaires:

  1. Lionel Ritchie ! Lionel Messi ! Lionel Chamoulaud ! Paye tes stars !

    Sinon Gollum :D

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Putain Messi, il ne nous est pas venu O_o Faut dire que c'est Léo son prénom.

      Et Ritchie, bien vu, Ritchie le kid, All night lo-ong, all night...

      Supprimer
  2. C'est claro que si que c'est Golleum !

    RépondreSupprimer
  3. Lionel Armstrong, Lionel Delarue, Lionel Scott...

    RépondreSupprimer
  4. Doublé d'un crétin.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Suis une falaise, suis sa ligne de crête. Saute.

      Supprimer
  5. Tu ferais mieux de faire ton film... Au lieu de raconter n'importe quoi !

    RépondreSupprimer
  6. En plUs votre avis on s'en tape un peu. Lionnel BAILLIU qui fait toujours des films en attendant

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Faux. Enfin presque. 7 ans entre Fair-Play et son prochain film, c'est presque un enterrement de carrière.

      Supprimer
  7. Vous m'avez tué de rire avec Cotillard et avec la règle des 16 adaptée aux Dardenne :D

    RépondreSupprimer
  8. Et ce que je fais aux cages? Vous vous en foutez?

    RépondreSupprimer
  9. Olympique Lionel28 août 2012 à 16:44

    7 titres de champions de France, 8 coupe de France et de la Ligue et trophés des champs confondus, et pour vous c'est KEUD ?

    RépondreSupprimer
  10. La vanne constituée par ces trois photos (j'en suis à mon troisième commz éloge bordel !) est l'une des mieux senties et des plus marrantes vues ici depuis un bail :D :D :D LOL MDR.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. L'article sur Jumanji m'a fait beaucoup plus rire ! je te le conseille! Friends with kids aussi !

      Supprimer
    2. :D Avoue que c'est clairement Gollum, et pas qu'en regardant vite, même en fixant les tofs longuement c'est Gollum qu'on admire. Si Peter Jackson avait su qu'il avait le vrai Gollum en chair et en os dispo à Paname et ravi de prendre l'air en Nouvelle Zélande dans un film à Oscars il se serait pas tant emmerdé à faire couiner Andy Serkis sur un fond vert...

      Supprimer
  11. Je comprends bien les légendes très-à-propos des 2 premières photos mais j'ai un doute sur la troisième. Le précieux, c'est la corde rouge, n'est-il pas ?

    RépondreSupprimer
  12. Réponses
    1. Lionel Florence ! La plume des Obispo, Grégoire, Pagny ! Grand homme !

      Supprimer
  13. On devrait pas trop s'en prendre à Cotillard...

    http://www.ecranlarge.com/article-details-23712.php

    RépondreSupprimer