18 février 2011

L'Arnacoeur

Votre fille sort avec un sale type ? Votre sœur s'est enlisée dans une relation passionnelle destructrice avec un acteur porno ? Votre tante est mariée depuis 50 ans à votre Tonton Roland qui est un vrai connard ? Votre mère taille des pipes à Mike Tyson ? Aujourd'hui, il existe une solution radicale, elle s'appelle Alex. Son métier : briseur de couple professionnel. Sa méthode : un dentier d'Orang-outan à faire craquer tous les zlips du monde. Sa filmographie : tous les films de l'indigent Cédric Klapisch et tous ceux du gitan Tony Gatlif. En effet le séducteur en question n'est autre que Romain Duris, ce qui fait de L'Arnacoeur le film incontournable de toutes les gadjis. Elles materont ce navet avec envie tandis qu'à leurs côtés les gadjos auront envie de crever devant les facéties de cet imposteur et devant la tronche décrépie de la brave carpe d'eau douce interprétée par Vanessa Paradis. Car c'est elle que Duris doit délivrer de son époux idéal, lourdement payé pour ce faire par le père de la "belle" (comme tous les personnages du film n'arrêtent pas de le répéter, avec parfois la variante "bonne", les scénaristes connaissant fort bien l'adage hitlérien selon lequel un mensonge répété dix fois reste un mensonge, mais répété mille fois, devient une vérité... et ça marche, à force de lire ou d'entendre que Vanessa Paradis est d'un sublime extravagant et qu'elle est même un modèle de beauté, les gens finissent par s'en convaincre !), grassement payé donc, le Duris, par le père de cette beauté divine qui veut se débarrasser de son futur gendre pour des raisons dont, croyez-moi, tout le monde se fout à mort.


La scène qui m'a fait rêver d'être un énorme gros coiffé d'un bonnet en plein été et pendu à son nokia.

Notre séducteur à la manque s'y refuse d'abord, son éthique lui dictant de ne briser que les couples malheureux afin de libérer les femmes de leur carcan conjugal et de maris minables. Apparemment seules les femmes souffrent de mauvais mariages, c'est bon à savoir. Or il se trouve que Vanessa Paradis a la chance hors-du-commun de vivre le grand amour avec un bellâtre bourré aux as, très appréciable puisque rasé de près et souvent absent, qui l'aime profondément. Duris finit néanmoins par accepter le gros chèque signé du père de Vanessa Paradis pour briser ce couple idyllique car il a besoin d'argent rapport à une ridicule histoire parallèle de malfrats, qui sert de macguffin ultra dispensable à cette triste comédie. Donc tout le scénario va consister à nous faire suivre les péripéties de Romain Duris, enfoncé jusqu'au cou dans sa mission visant à foutre la merde dans un couple de rêve qui n'a rien demandé. Ceci dit on sent bien, assez rapidement, que Paradis n'est pas complètement heureuse dans ce ménage. Pas d'exception à la règle, la femme DOIT être triste en couple si elle ne vit pas avec Romain Duris, c'est la leçon du film et du cinéma français depuis 10 ans. Pendant tout le "métrage" on croit deviner que le futur époux de Paradis est en réalité un bel enfoiré, un type louche, une plaie qui cache son jeu sous le fric, un sourire bright et des costars. Eh bien en fait non, c'est simplement qu'il est trop parfait, trop lisse, trop amoureux, que sais-je... Et Paradis finira par tout plaquer pour s'en aller coincer les chicots désordonnés de Duris entre ses propres dents du malheur, même si ce dernier lui a menti à chaque instant, même s'il arbore d'un bout à l'autre du film des cheveux huileux ou dégoulinants, y compris par temps sec, et même s'il a tout l'air d'un vrai débile, histoire de s'éclater dans la vie avec un marsupial hystérique. Encore un film, donc, qui donne de la figure du mari une image désastreuse et qui, sans le vouloir, fait donc un portrait au vitriol de la figure de la femme. D'ailleurs l'autre gonzesse du film, l'amie de Paradis, est jouée par Helena Noguerra, l'éternelle abonnée à tous les rôles de trainées du cinéma français, qui incarne corps et biens une pute bénévole dont l'idée fixe est de se faire mettre par tout être masculin passant autour d'elle. On en reste coi.


L'actrice préférée des français à côté de celle qu'ils ont l'impression d'avoir déjà fréquentée.

N'empêche que c'est Noguerra qui donne lieu à la seule scène à peu près marrante du film. Duris engrange toutes les infos qu'il trouve sur Paradis pour tâcher de les mettre à profit histoire de la séduire : elle aime honteusement Georges Michael, elle kiffe naturellement Dirty Dancing (LE film préféré de toute femme qui se respecte, évidemment), et elle n'a plus de sensibilité dans l'épaule gauche depuis un accident de skate (!). Du coup lors d'un repas au restaurant où il hésite sur le menu entre l'âne (Paradis) et le cochon (Noguerra), Duris fait exprès de se renverser de la soupe brûlante sur une guibole qu'il a préalablement protégée pour ensuite déblatérer qu'il n'a rien ressenti car il n'a plus de sensibilité dans cette jambe depuis une chute en rollers (?), ce à quoi Paradis s'empresse de répondre : "Ça alors coïncidence de guedin ! Il se trouve que justement j'ai moi-même l'épaule à blanc depuis que je me suis galtée avec mon skateboard". Trivias, correspondances, rapprochement, coup de foudre à Nothing Hill. Mais Noguerra, qui a décidé d'intervenir dans ce dialogue, demande alors à Duris : "Si je te plante un coutelas dans le jambon tu ne sentiras queud ?" Duris acquiesce et l'autre pintade lui plante alors de toutes ses forces 5cm de fourchette dans la mauvaise cuisse. Duris hurle de douleur en la traitant de connasse, et c'est bien la seule fois qu'il prononce une parole à laquelle on adhère. Aussitôt Noguerra réitère l'expérience dans la bonne jambe. Normal. Quoi de plus logique que d'embrocher la première personne rencontrée qui se trouve être paraplégique et donc insensible, ou de déboîter le caisson à quelqu'un qui affirme avoir perdu sa sensibilité dans la joue à cause d'une sieste prolongée avec la tête calée contre l'angle d'une table. Forcément si quelqu'un me dit avoir perdu sa sensibilité dans le bras je vais m'empresser de le lui coincer dans un broyeur à ordures avant de lui trancher carrément la patte, pour voir si c'est vrai. Chouette scène donc. Mais le reste...


Duris dans le métier on l'appelle "L'emplâtre".

Pour le reste on ne se marre jamais devant cette comédie d'outre-tombe. Le plus tragique c'est qu'ils ont réuni François Damiens et l'ignoble Julie Ferrier, un duo "comique", pour ça... duo qui tombe à l'eau comme c'est pas permis et qui, acteurs comme personnages, se contente de servir la soupe au duo de stars en faisant un peu peine à voir. Quant à l'aspect romance du bordel... Comment ne pas avoir envie de gerber devant les facéties de Romain "Jigsaw Puzzle" Duris pour séduire cette duchesse malingre, blafarde et anorexique qu'est Vanessa "Far from heaven" Paradis ? Et une armée de maquilleurs et d'habilleurs tâchant de la rendre "sublime" n'y suffiront pas. Il faut voir Duris interpréter le type fan de musique classique qui va au concert dans un costume blanc trouvé à la Foir'Fouille du coin et qui passe une heure et demi à écouter un morceau de Chopin en mimant très sérieusement (bien que très mal) tous les gestes du pianiste dans le vide, giflant quasiment ses voisins de fauteuils quand les notes partent dans les graves ou dans les aigus. Il faut voir ça. Mais pour assister à ça, à ce génie dramatique, à cette saloperie de la comédie, il faut aussi endurer le pire couple du cinéma français s'efforçant d'imiter - et ô combien mochement - la scène de danse finale de Dirty Dancing dans une comédie romantique qui s'inspire en tous points des pires films américains actuels et qui pour ce faire cite et pompe douloureusement et directement de drôles de classiques d'outre-atlantique pour un résultat purement macabre. Quel spectacle... Et les critiques et journalistes de tous horizons qui se félicitent qu'une comédie romantique française contemporaine parvienne enfin à ressembler à une comédie romantique américaine contemporaine... comme si on n'en voyait pas déjà assez, et comme si c'était un modèle à suivre.

Une trivia tétanisante sur ce film qui réunit un couple en dents de scies ! Les deux comédiens français aux pires dentiers. On est en présence d'un record de dents pourries sur pellicule. 32 chicots pour Duris, 31 ratounes décaties pour Paradis (il en manque une au milieu, qui brille par son absence), ce qui fait un total de 63 caries étalées sur grand écran. Les records conjugués de Predator et de Ron Perlman sont battus.


L'Arnacoeur de Pascal Chaumeil avec Romain Duris, Vanessa Paradis, François Damiens, Helena Noguerra et Julie Ferrier (2010)

20 commentaires:

  1. Les légendes des photogrammes sont superbes !

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  2. J'l'ai téma au cinoche, ce film. Ma parole, si on pouvait voyager dans le temps, je récupèrerais mes quatre euros pour m'acheter du pain !

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  3. très belle critique d'un film et de ses acteurs épinglés comme il se doit !

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  4. Je viens de voir cette daube en divx et une question m'a taraudé pendant 1h30: C'est quoi le putain de problème du putain de cinéma français???

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  5. Trivia de tous les diables : un remake hollywoodien est en préparation et Vanessa P. est pressentie pour reprendre son propre rôle ! (si elle reprenait le rôle de Duris à la limite, porque no ?).
    Je suis en tous points d'accord avec M. Rémi, "On ne se marre jamais devant cette comédie d'outre-tombe."

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  6. T'as même pas mis le plan nichon en photo !

    Pire film de 2010 avec Inception.

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  7. Le "plan nichon" ? Les nichons de qui ? Si c'est ceux de Paradis, il a bien fait, je veux bien dormir cette nuit.

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  8. Le "plan nichon", c'est quand Noguerra entre en scène un nib à l'air, mine de rien ? Sur le moment j'ai cru à un goof, ce qui aurait été drôle, mais non, Noguerra débarque dans le film, va saluer sa copine Paradis, et elle a un sein à l'air, elle est contente.

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  9. Je n'ai pas lu ta critique, car j'ai le DVD sur la télé et d'ici 3 ou 4 jours je vais le regarder pour préparer les Césars à ma façon. Donc, à bientôt.

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  10. Bon courage ! Bonne chance même...

    Je suis impatient de lire ton commentaire :)

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  11. Ca y est c'est fait. J'ai choisi un angle qui partait de ton dernier paragraphe ... car le reste tu l'as très bien écrit.

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  12. Ben putain les mecs, on a vraiment pas vu le même film hein...
    Parce que moi je suis allé voir Indiana Jones La dernière croisade

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  13. Je viens de voir cette bouse qui attendait dans le dossier incoming; je le vire direct pour épargner ce supplice à mes camarades.

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  14. Romain Duris est trop, trop, trop laid.

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  15. La grande classe tout ca!

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  16. Dès que je vois Duris, je me dis qu'il a l'air d'avoir mauvaise haleine...

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  17. J'ai revu ce film hier sur Canal+ (dont le programme ciné est vraiment tétanisant) et je demande à l'assemblée ainsi qu'aux pèlerins de passage de voter pour "à chier", ci-dessus. Par pitié !

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  18. Jack et le haricot magik23 novembre 2012 à 15:14

    Vivement la sortie en divX du prochain film des "créateurs de l'Arnacoeur", Un Plan Parfait qui se fera enterrer dans ce blog-même avec les honneurs militaires.

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