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31 mars 2019

La Nuit de la comète

A pitchiori, La Nuit de la comète pourrait être un de ces films de science-fiction dits "post-apocalyptiques" où quelques individus se retrouvent du jour au lendemain seuls au monde, livrés à eux-mêmes, en proie à des ombres menaçantes, condamnés à devoir survivre dans un environnement hostile et à errer comme des âmes en peine dans des villes devenues désertes, suite à une terrible catastrophe survenue à l'échelle planétaire. Sauf que pas vraiment. Pourquoi ? Parce que le scénariste et réalisateur Thom Eberhardt a de l'humour et prend le genre à contre-pied, annonçant d'emblée la couleur par quelques clins d’œil amusés aux films de SF des années 50 et en choisissant comme survivants des adolescentes fort sympathiques qui, passé un bref moment de désarroi, finissent par prendre tout ça avec une certaine légèreté. Nous suivons donc deux sœurs, Regina (Catherine Mary Stewart) et Samantha (Kelli Maroney), qui se situent à cet âge charnière où les parents sont un obstacle à la liberté et à l'autonomie et où l'on rêve essentiellement de rencontres amoureuses.





Sorti en 1984, La Nuit de la comète est bien de son époque, avec ses couleurs fluos, sa bande originale qui sent très fort les années 80 et ses actrices au look impossible surmontées d'une tignasse incroyable. Dès les premières phrases, prononcées en voix off par un animateur radio qui nous informe des festivités à venir, nous savons que le film ne se prendra pas tout à fait au sérieux. Le monde entier attend le passage d'une comète à proximité de la Terre. Un phénomène unique, la preuve : la dernière fois que c'est arrivé, il y a environ 65 millions d'années, les dinosaures ne s'en étaient pas remis ! Cela n'empêche pas la population d'attendre avec excitation de pouvoir enfin admirer la fameuse comète et de célébrer l'évènement comme il se doit, en tenue de soirée et un cocktail à la main. Au petit matin, tout le monde a été réduit en poussière... Tout le monde, ou presque : certains, moins irradiés que d'autres, se transforment en zombies agressifs, tandis que quelques chanceux qui avaient, par hasard, choisi l'abri adéquat, s'en tirent indemnes. C'est le cas de l'héroïne, la belle et amusante Regina, qui a passé la nuit dans la cabine de projection du cinéma où elle travaille, et de sa petite sœur, qui a pioncé dans le cabanon du jardin pour échapper à l'agitation ambiante.





La Nuit de la comète jouit aujourd'hui d'un statut de petit film culte méconnu, il est ainsi régulièrement cité dans ces listes, pullulant sur internet, où sont recensées ces œuvres mésestimées des années 80 qui valent pourtant le détour. C'est une de ces listes qui a éveillé ma curiosité et, pour une fois, je n'ai eu aucun mal à comprendre la modeste mais très bonne réputation de ce film agréable et surprenant. Bien que l'on n'atteigne jamais des sommets d'humour et que l'ambiance développée ici ne soit pas vraiment mémorable, le film de Thom Eberhardt dégage un charme réel, d'une part grâce à cette petite bande attachante dont il nous propose de suivre les mésaventures et d'autre part parce qu'il atteste d'un regard critique rafraîchissant sur notre société. Le réalisateur réussit très vite à nous faire apprécier ces deux sœurs pleines de vie dont les moments de complicité sont, de loin, les meilleurs du film : il faut les voir se ruer vers les magasins de prêt-à-porter et faire un défilé de mode improvisé dans la joie et la bonne humeur, sur l'air de Girls Just Want To Have Fun interprétée par Tami Holbrook. Il paraît que Regina, l'héroïne et la plus grande des deux frangines, a grandement influencé Joss Whedon pour la création de Buffy, la chasseuse de vampires.





Le réalisateur célèbre avec simplicité l'insouciance des adolescentes, leur soif de vivre et leur énergie communicatives. Le nouveau monde leur appartient et il n'y a semble-t-il pas grand chose à regretter de l'ancien : ces gratte-ciels et ces autoroutes démesurés, autant de blocs gris et ternes baignant désormais dans une lumière rouge de fin des temps, sont les symboles de son absurdité et de sa décadence. Les adultes, qui en sont les derniers vestiges animés, représentent tous un poids, un obstacle ou une menace, même quand ils portent le déguisement de pseudo scientifiques prétendant vouloir sauver l'humanité en mettant au point un sérum. Leurs véritables intentions seront vite mises à jour dans ce teen movie qui ne repose guère sur le suspense, malgré les deux trois confrontations avec des zombies et le spectre inquiétant d'une transformation possible, mais qui mise plutôt sur sa légèreté et son humour naïf. On garde finalement un bon souvenir du temps passé aux côtés de Regina et Samantha, persuadé qu'il valait mieux repartir de zéro et que la planète est entre de bonnes mains.


La Nuit de la comète de Thom Eberhardt avec Catherine Mary Stewart et Kelli Maroney (1984)

20 octobre 2013

Alien la résurrection

En ces temps où Prometheus ne fait déjà plus du tout jaser, il est bon de se rappeler l'état de déliquescence dans lequel se trouvait la saga Alien avant sa sortie, qui n'a fait que l'enterrer plus profond encore. Il a fallu 15 ans après le quatrième film (sorti en 97) pour parvenir à relancer la machine, et pas question de s'inscrire dans sa suite, il fallait revenir en arrière pour ne surtout pas marcher dans les pas de Jeunet. Si Ridley Scott et James Cameron se disputent vaguement la mainmise sur la franchise, et si Fincher lève le doigt une fois de temps en temps pour rappeler qu'il a mis la main à la pâte vite fait, Jeunet quant à lui, la french touch de la série, a été contractuellement invité à fermer sa gueule à tout jamais par la Fox, qui emploie encore aujourd'hui dix gorilles sur Paris pour cerner la rue Lepic afin de veiller au motus du cinéaste français daltonien, convaincu d'avoir filmé tous ses films en rouge et bleu alors qu'ils sont vert et jaune...



Quand on pense à Jeunet on est triste toute une journée. Pourtant ce film-là, lorsqu'il est sorti, en 97, on l'a tous vu en salles. Poulpard avait 47 ans à l'époque et il nous avait emmenés au ciné dans sa Nissan Micra qu'il surnommait "La Taupe" parce qu'elle était aveugle, comprendre sans phares ni essuie-glaces. Nous venions fraîchement d'atteindre l'âge légal pour voir ce film interdit aux moins de 12 ans. Nous étions donc extrêmement impressionnables, et Poulpard le premier. Bref on était tous excités comme des poux à l'idée de voir un épisode de la saga Alien au ciné, réalisé par un frenchy de surcroît. A l'époque nous n'étions que peu regardants sur un scénario signé Joss Whedon, l'auteur de Dawson Creek, pour un film qui devait initialement être réalisé par Danny Boyle, le plus mauvais cinéaste du monde, qui s'est plus tard vengé de ce rencard manqué avec la science-fiction en réalisant Sunshine, le film au script le plus inique ever. Déjà à l'époque, l'idée de ressusciter Ripley, ça nous paraissait un peu fort de café, mais tout comme les scénaristes de Prometheus nous étions prêts à tracer un trait sur 300 ans de Darwinisme pour en prendre plein la vue, prêts aussi à oublier que des scientifiques capables de voyager dans des vaisseaux spatiaux démentiels, de se mettre en hyper-sommeil et compagnie depuis des lustres, puissent en chier des ronds de chapeaux pour torcher un clone humain qui n'ait pas la tronche à la place des pieds et vice versa.



Malheureusement Jeunet avait réuni toute sa fine équipe : Dominique Pinon, Ron Perlman et Yolande Moreau, qui joue le bâtard alien à la fin du film ainsi que certains des clones foirés de Sigourney Weaver (ceux qui ont un nombril sur le front et les panards à la place des oreilles, opération casting payante qui a permis à l'équipe du film d'économiser des milliards de dollars en trucages et maquillage). Côté technique, on retrouvait Darius Khondji, directeur de la photo passionné par le vert bouteille qui avait déjà officié dans Delicatessen et La Cité des morbacs perdus, mais aussi Pitof, le spécialiste des effets spéciaux, acteur porno gay à ses heures perdues, "une couille et une queue" étant son slogan de travailleur du X. Bref, on retrouvait toute la patte Jeunet dans ce film, car c'était l'époque où Hollywood, quand il était de bonne humeur, laissait encore une petite marge de manœuvre aux réalisateurs en général et aux réalisateurs overseas en particulier. Ainsi tous les personnages sont-ils des débiles profonds, y compris quand ils sont généraux ou scientifiques de renom. Ils ont tous une pire tronche en biais et des tricks physiques indésirables : les épaules ultra velues de Dan Hedaya, la tronche enfarinée de l'enfant de la lune Brad Dourif (homonyme de Brad Pitt à quelques lettres près), etc. Et puis il y a les détails inutiles et agaçants, des chaussettes rayées de Winona Ryder au maillot à l'effigie du FC Sochaux Montbéliard de Ron Perlman en passant par les gadgets idiots, qu'il s'agisse pour le général Hedaya de souffler son haleine de chacal sur une porte pour l'ouvrir ou des pistolets du pirate black accrochés à ses poignets, sans compter les gags à tiroir et autres gestes cools, à l'image de Ripley qui joue au basket et tire un panier à trois points en tournant le dos au jeu et en faisant un doigt d'honneur au spectateur, et ainsi de suite... Et puis il y a ce plan vulgaire et inutile sur le cul en bombe de la femme du chef des pirates, Kim Flowers, un garçon manqué qui avait signé là son arrêt de mort sur pellicule, bref tout un tas de choses qui insultent le genre et tant de monde au-delà du genre.



Le clou du film c'est le "fils" alien, né du nouveau système reproductif de la reine alien devenue mammifère via son jumelage avec Ripley. Le rejeton de ce nouveau mode de gestation, verdâtre lui aussi, est une sorte d'alien humanoïde à gueule de fouine, avec un nez retroussé ridicule au dernier degré et des yeux chassieux insupportables. Spielberg s'était paraît-il inspiré de son chat pour décrire E.T. au marionnettiste Carlo Rambaldi, en charge de le façonner, et assez fier de lui Jeunet s'est inspiré de son propre sexe au repos pour enfanter cette créature ignoble, qui chiale pendant des heures devant sa maman Ripley et finit absorbée par une fuite dans la coque, qui lui fabrique une second trou du cul in extenso. A la fin, on voit le vaisseau de Ripley et de ses potes idiots s'approcher de la planète Terre, de Paname plus précisément, de la tour Eiffel (en faisant pause et zoom on peut voir Amélie Poulain en train de graver MMM sur le sommet), et on se dit qu'on peut voir dans cette scène sans doute imposée par la prod une allégorie du retour express de Jeunet en France, expédié en colissimo recommandé après le crash annoncé de son film en bois. On prie pour que personne ne fasse jamais un numéro 5 ou alors en niant sciemment et consciencieusement la participation de Jeunet à cette saga, qui n'aura été qu'une vaste mascarade. Il y a 15 ans que le film est sorti et personne n'a trouvé la pirouette permettant de poursuivre la franchise sans devenir fou. Il a fallu rebrousser chemin, et ça aura donné Prometheus (LOL).


Alien la résurrection de Jean-Pierre Jeunet avec Sigourney Weaver, Dominique Pinon, Winona Ryder, Ron Perlman, Gary Dourdan et Dan Hedaya (1997)

15 septembre 2013

La Cabane dans les bois / Chronicle

Excusez-moi, je ne vais pas prendre de gants et je vais immédiatement vider mon sac, mais j'en ai besoin. Ça me rend malade de mater, toujours avec un très mince mais bien réel espoir, des films aussi cons que La Cabane dans les bois ou Chronicle. Des films souvent salués par la critique et qui ne manquent jamais de faire le buzz sur la blogosphère et Twitter. Des trucs qui se croient malins, originaux et innovants, qui prétendent s'amuser des codes bien connus de genres usés jusqu'à la corde (dans ces deux cas précis : le survival et le film de super-héros) pour n'être en réalité que le symbole ultime de leur profonde débilité et du cynisme glaçant de leurs auteurs. D'ailleurs, ça me fait encore plus froid dans le dos de savoir que ces derniers sont souvent jeunes et ambitieux, et que l'on a donc peut-être pas fini d'en entendre causer. Pas pour leur talent, bien entendu, mais leurs films ont aussi le défaut de rapporter gros...




Drew Goddard, le réalisateur de La Cabane dans les bois, était scénariste de Lost et Cloverfield, et ça ne m'étonne vraiment pas tant toutes ces merdes se ressemblent. D'ailleurs, le scénario de Prometheus, signé Damon Lindelof, autre scénariste de Lost, est exactement de la même trempe. Ah ça, ils sont très doués et n'ont pas d'égal pour pondre des scénarios fumeux, faits de voiles de mystères ridicules censés les faire passer pour ultra malins mais qui sont en réalité remplis de trous béants cachant mal leur nullité et rendant criant leur manque réel d'idée. Encore heureux qu'ils soient doués pour ça puisqu'ils se sont entraînés pendant 6 ans sur leur interminable série... Elle a fait du mal cette série, elle a fait du mal !




Tous ces petits businessmen au savoir-faire attristant me font aussi un peu penser à Christopher Nolan qui, lui, choisit plutôt de nous noyer d'informations ineptes, comme dans Inception, dans le même but : duper les spectateurs en passant pour un génie, alors que derrière tout ça, c'est à chaque fois le vide intersidéral. Et surtout, c'est toujours d'une laideur folle... Mais évidemment, le plus triste là-dedans, c'est que ça marche encore... Ces films, semble-t-il conçus pour les ados attardés, rendent gagas la plupart des amateurs de cinéma de genre, se contentant d'un rien, voyant dans ces œuvres un renouveau, une intelligence dont sont dépourvues les grosses machines habituelles... Tu parles ! Il faut cependant avouer qu'il y a effectivement quelques esquisses d'idées ici ou là, quelques pistes que l'on aimerait voir être approfondies par le cinéaste concerné. C'est sans doute suffisant pour contenter le spectateur lambda. Personnellement, ces promesses non-tenues, à peine formulées, et cette fausse intelligence ostentatoire me rendent ces films encore plus insupportables.




Premier long métrage de Josh Tank (un salopard dont le patronyme idiot a la particularité de salir les surnoms de deux de mes proches), Chronicle fait partie de ces films où super-pouvoirs riment avec passage à la vie adulte pour des personnages d'adolescents mal dans leurs peaux. C'est frais, c'est nouveau, bravo. Le personnage principal use de ses pouvoirs pour manipuler par télékinésie la caméra qui le filme constamment. Ce film, en prétendant qu'il se veuille avant tout divertissant, pourrait être également accompagné d'un propos formel intéressant. Il n'en est rien. C'est d'une bêtise crasse, qui égale sans souci celle des grosses productions super-héroïques du moment. Sa dernière demi-heure consiste en une baston façon Dragon Ball Z où les jeunes protagonistes s'affrontent dans les airs à coups de savates. Le comble du ridicule est alors atteint. Moi, j'avais déjà la tronche enfoncée dans les coussins de mon canapé depuis un moment...

Je vous dis tout ça, mais j'ai les glandes !




La Cabane dans les bois se veut quant à lui méta-discursif et a été vivement salué pour cela. Nous pensons pendant un moment que l'intrigue concerne une émission de télé réalité qui enverrait à la mort ses jeunes participants, en faisant d'eux les personnages impuissants d'un véritable film d'horreur privé de happy end dont chaque péripétie serait provoquée par des techniciens confortablement installés dans leurs studios. On pourrait y voir une petite pique adressée au public et aux auteurs de ces films-là puisque l'on se moque ouvertement des deux types (Richard Jenkins et Bradley Withford) qui sont aux manettes et doivent gérer ce petit jeu de massacre en coulisses depuis leurs écrans de contrôle. Mais c'est mal connaître le réalisateur Drew Goddard et son producteur Joss Whedon. Ils n'osent froisser personne, sans doute de peur de perdre quelques spectateurs. On ne devrait pas avoir le droit de s'appeler Goddar et de réaliser des films aussi bêtes.




Une autre petite scène tourne explicitement en dérision l'attente suscitée chez les spectateurs par l'une des jeunes actrices sur le point de retirer son haut mais. A l'image de ce passage-là, tout n'est en réalité que le prétexte pour quelques scènes bidons dénuées de drôlerie. On nage quelque part entre une parodie sans saveur et un survival ultra référentiel de plus, au beau milieu d'une sacrée daube. On pourrait avoir affaire à un film proposant de réfléchir sur lui-même, mais aucune réflexion n'est réellement menée. L'aspect méta-discursif du film n'est qu'un outil pour pousser à la mort une bande de jeunes insupportable qui n'existe jamais à l'écran, étant donné qu'ils sont tous plus bêtes et transparents les uns que les autres. Pour ne rien gâcher à l'affaire, ils sont tous incarnés par des acteurs médiocres. On retrouve par exemple l'affreux Chris Hermsworth, seul acteur mongol à faire carrière à Hollywood, dont la mort grotesque m'a toutefois fait rire (jaune). Comment donc peut-on se passionner pour les mésaventures de ces crétins finis ?




Le final du film aussi atteint un haut niveau de ridicule. Tout le bestiaire du cinéma d'épouvante se retrouve réuni, dans un déluge de CGI hideux, pour un carnage fabriqué qui ferait pleurer les maîtres du genre. On retrouve même le fantôme de Sigourney Weaver, qui fait bien de la peine là-dedans. Malgré cela, il faut reconnaître que ce n'est que lors de ce final aussi débile que délirant que le film surprend enfin un chouïa. Par contre, c'est aussi à ce moment-là que le scénario sombre définitivement dans un grand n'importe quoi des plus insupportables.




Richard Jenkins joue donc un rôle important dans La Cabane dans les bois. Dick Jenkins, le papa dans Step Bro'... Dick Jenkins ! J'étais dégoûté de le voir là-dedans... Ce qui me bloque dans la poursuite de cette ambitieuse double-critique c'est que j'ai envie de tout casser, d'insulter à tout va, de me lamenter... Rien de très constructif, donc je vais m'arrêter là. Je suis bénévole.


La Cabane dans les bois de Drew Goddard avec Chris Hermsworth et d'autres abrutis (2011)

Chronicle de Josh Tank avec  Dane DeHaan, Alex Russell et Ashley Hinshaw (2012)

21 octobre 2012

Avengers

J'ai autant envie de vous parler de The Avengers que de faire un devoir maison de maths niveau seconde. C'est dire si ce film m'a marqué, s'il a gravé au fer rouge ma mémoire à tout jamais ! Je l'ai vu il y a 6 mois, 6 mois et je ne sais même plus qui gagne à la fin ! Ça vaut pas grand chose, et pas besoin de se pignoler trop longtemps devant ça. Je vous propose tout de même un petit tour d'horizon des forces en présence pour que vous soyez dans le coup. Car ce film restera comme le plus grand succès au box office de l'année 2012, dépassant le milliard de recettes (c'est dire le niveau actuel des blockbusters américains). Le méchant s'appelle Toki comme le singe du fameux jeu vidéo d'arcade auquel on aimait jouer quand on trouvait 5 francs dans la rue ou au lendemain du loto de l'école. On ne sait pas pourquoi, Toki veut casser la gueule à tout le monde. On sait encore moins pourquoi il veut s'en prendre à la Terre lui qui vient de la planète Oméga 3. Face à lui, quelques super-héros s'allient bien malgré eux autour de leur leader, Robert Downey Jr. Je dis "Robert Downey Jr" car pas une seule fois on se dit "ah c'est Iron Man !", non, on se dit plutôt : "c'est encore cet acteur cocaïné qui se croit méga cool, Robert DumbAss Jr...". Iron Man est donc la vraie star du film. Robert Downey Jr lui prête ses traits avec le brio qu'on lui connaît. Ça reste un beau brin de mec, même s'il a désormais du mal à cacher qu'il a 55 ans dont 45 à sniffer des rails de coke au petit-déj' et 10 à Alcatraz (pas pour du tourisme !). L'exemple vivant d'une descente aux enfers suivie d'une résurrection.




Iron Man est notamment épaulé par Scarlett Johansson qui joue une veuve noire à la peau diaphane. Toute de tenue moulante vêtue, il a certainement fallu 12 mois de régime, de salle de sport avec step intensif supervisé par un coach personnel à 10 000$ de l'heure pour que l'actrice soit présentable et rentre dans son costume. Triste exemple de la, entre guillemets, "perfection" pour les femmes. Triste source de complexes pour les adolescentes, public directement visé par ce film et pas nécessairement au courant qu'une telle actrice est suivie au quotidien par tout un staff qui se considèrent comme les meilleurs de la planète vu qu'ils habitent à Bel Air. Si le film avait été une réussite parfaite, il aurait été rated PG 21 et la Veuve Noire n'aurait porté sa tenue moulante que pour l'enlever. Le galbe et le déhanchement de la Veuve Noire réussissent à convaincre le Dr Banner aka Hulk de participer aux échauffourées bien que cela représente un pari risqué puisque lorsqu'il devient Hulk, il tabasse le premier venu sans faire de distinction. Hulk est interprété par Mark Ruffalo, plus connu pour son rôle injustement non-Oscarisé dans Reservation Road, où il faisait de l'ombre à Joaquin Phoenix en plus d'écraser son gosse. Pendant tout le film il se retient de péter les plombs. Cela marche presque tout le temps, donc son personnage n'a rien de fun. Sauf à la fin bien entendu, où Hulk s'empare de Toki et s'en sert comme d'une tapette à mouches.




De son côté, Iron Man effectue le recrutement personnel de Thor, qu'il sait être le frère de Toki parce qu'il a vu le film de Kenneth Branagh. Personnellement, n'ayant pas tenu jusqu'à la scène post-générique de Thor, je n'ai aucune idée de la raison pour laquelle Iron Man décide de l'enrôler. Tout ce que je sais, c'est qu'ils se rencontrent dans une forêt, il y a confrontation musclée et la végétation alentour subit le même sort que celle qui verdoyait innocemment sur les flancs du Mount St Helens en 1980. Thor est campé par Chris Hemsworth, passé après Michaël Yoünes Belhanda à l'intérieur d'Elsa Pataky, le seul acteur atteint de trisomie à faire une carrière internationale (Pascal Duquenne étant belge et n'ayant réussi qu'en France, je ne considère pas sa carrière comme "internationale", je sais, je chipote, mais un océan de dollars sépare tout de même ces deux comédiens). Après avoir réduit 30 hectares de forêt à néant, Thor et Iron Man se rendent compte qu'ils ont des atomes crochus et un ennemi commun prénommé Toki, le Singe qui rote des boules de feu. Toujours avec son marteau et sa barbe entretenue avec le plus grand soin, Thor arbore une photo en médaillon de Natalie Portman, sa dulcinée. Mon actrice préférée fait donc un caméo sous la forme d'un snapshot explicatif dans ce triste film, une tache de plus dans sa filmographie mi-figue mi-raisin.




A leurs côtés, fièrement campé dans la position dite "de la Tour Eiffel", son bouclier au bras gauche et sa bite dans la main droite (ou l'inverse), figure Captain America, le héros le plus casse-gueule de tous les temps, simplement vêtu du drapeau ricain tel Justin Gatlin à la fin de son 100m victorieux lors des championnats du monde d'athlétisme à Helsinki (en Suède) en 2005. Captain America a cependant cousu de ses propres mains une cinquante et unième étoile sur le Stars and Stripes, estimant dans son for intérieur que Porto Rico doit être considéré comme un état fédéré à part entière. Captain America est un peu le sage de la bande. Il est bête mais ne se met jamais en rogne, il recherche le compromis. On ne sait pas comment il en est arrivé là. Sa super vue lui a sans doute indiqué la présence de la Veuve Noire qui, selon ses propres termes, serait capable de "mettre le feu à [son] bouclier" et de faire "surgir [son] épée de Damoclès". Captain America est interprété par Chris Evans, un homme qui a autant de charisme que la boucle du ceinturon de son personnage. Toute cette fine équipe est chaperonnée par un grand black borgne qui en impose, Nick Fury. Ce dernier a seulement bu une potion qui ralentit son vieillissement mais lui a irrémédiablement brûlé la rétine. Nick Fury, c'est un peu le vieux briscard de la troupe. Il est le stratège qui essaye de manipuler les autres personnages en intelligence avec les autorités locales puisqu'il est flic de son état (je ne me rappelle plus du film). Créé en 1963, le personnage de Nick Fury est lui-même basé sur Samuel L. Jackson, né circa 1948, soit un an avant mon papa, et croisé par hasard par Stan Lee en mai 63. A 15 ans, Sam Jackson était déjà bâti comme la Loubianka, à l'image de mon beau-père, ancien séminariste maori reconverti en superstar du catch sous le nom de "The Raging Bull" (le clin d’œil à Scorsese est totalement involontaire). Au milieu de tous ces super-héros dotés de pouvoirs surnaturels se trouve Teddy Riner, plus connu pour être le roi des tatamis, doté quant à lui de pouvoirs réels. Il a un arc comme seule arme mais s'en sert à merveille. Il joue l'Archer. On ne sait pas de quel comic book il provient. Probablement l'Archer Vert dans Smallville...




Il ne restait que 44 habitants sur le Mont Saint Michel en 2009, preuve s'il en est que le délire actuel autour de la bulle immobilière en France est à la hauteur du niveau intellectuel des producteurs de Hollywood, Los Angeles County, US of A. Je ne comprends pas de quelle manière Joss Whedon a réussi à revenir dans les petits papiers des moguls de Hollywood. Normalement, là-bas, quand tu touches le fond, on te jette un bloc de béton dessus pour que tu ne puisses pas rebondir. Après avoir, à l'aide de Jean-Pierre Jeunet, envoyé la saga Alien dans une impasse, il n'a trouvé du boulot que dans l'écriture de scénarios de dessins animés. C'est par le petit écran qu'il a d'abord fait parler de lui, en étant le papa de Buffy. Comment voulez-vous qu'avec un type comme ça aux manettes le film soit 1/ intriguant, 2/ haletant, 3/ réussi ? Tu me proposes aujourd'hui de me refaire un marathon Avengers, je te jette aussi sec le medium sur lequel tu as stocké le film à la tête ! Gare à toi si c'est un disque dur d'un téraoctet !


Avengers de Joss Whedon avec tout un tas de tocards et une pouffe (2012)