Ilaosé s’agrandit, ilaosé déménage, ilaosé se transporte vers de nouvelles latitudes, ilaosé a un an et un jour aujourd’hui. Des quatre coins du globe, de plus en plus d’internautes s’emparent de leurs claviers pour féliciter (très souvent) ou insulter copieusement (de temps en temps) les auteurs du site. C’est pour célébrer cette année de critiques, cette année qui n’est finalement qu’une immense déclaration d’amour au 7ème art, que les membres fondateurs ont pris la décision d’opérer un virage décisif, un angle droit vers le futur. Ils ont entrepris de mettre les petits plats dans les grands, de mettre les pieds dans le plat, de tout mettre à plat, et d’engager un envoyé spécial, reporter sans frontière, tout terrain et obéissant au doigt et à l’oeil : MOI ! Et comme le dit le lieutenant Ray Garcia dans La Relève (1990), « C’est pas juste un job, c’est une putain d’aventuuuure ! »
En compagnie de mes trois acolytes Karen, Laëtitia et Cédric, nous arrivons à Gérardmer à 10h ce dimanche 1er février, dernier jour du festival. Nous n’avons qu’une vague idée des films qui vont nous tomber dessus mais on a déjà un programme idéal, le plan A (Morse, puis Grace, puis Midnight Meat Train) et un programme de remplacement, un « au cas où », le plan B (The Strangers, puis Hansel & Gretel, puis Repo! the Genetic Opera). Nous étions donc prêts et organisés. Pour chaque film j’ai eu le privilège de recueillir les avis de mes trois acolytes, à chaud, à la sortie des films, dès le dépôt de leurs pieds sur le sol gelé des parkings jouxtant les cinémas de Gérardmer, le bloc-notes dans une main, histoire de contrebalancer ou de confirmer mes analyses à tête reposée.
Une fois les Pass achetés, nous courons à la projection de Morse, en évitant les nombreuses plaques de verglas et en doublant et bousculant d’autres festivaliers pressés qui pourraient nous piquer les dernières places.
Malheureusement, nous nous faisons refouler à l’entrée car c’est déjà plein, l’officiel barrant le passage étant incorruptible. Devant ce désagrément, on décide de passer au plan B, The Strangers, un "inédit vidéo", en se rendant au pas de course, tête baissée, vers un autre cinéma.

Ce cinéma s’appelle le Paradisio. C’est une salle ancienne, les fauteuils ne sont pas très confortables, la pente est faible et il suffit qu’un mec assez grand se mette devant vous pour que la séance soit terminée. Le parquet vibre chaque fois que le son est fort ce qui n’est pas mal finalement. L’entrée dans la salle est précédée par une file d’attente conséquente et belliqueuse. Laëtitia saura faire tenir en respect des resquilleurs du troisième âge qui tente de nous doubler en prétextant une tendinite.


Au final, les trois vilains masqués trucident nos héros sans un mot à l’aide d’un couteau et s’en vont. On n’a aucune idée des raisons pour lesquelles les trois Strangers s’en prennent au couple, on n’a qu’un film au premier degré qui tente de nous faire croire que cette merde est basée sur des faits réels et qu’elle fait peur. On n’a aucune envie de découvrir une éventuelle suite. Quelques crétins ont applaudi à la fin, bien que Bryan Bertino, le réalisateur ne fût pas présent dans la salle. Au passage, on souhaite à Bryan Bertino d’aller faire une randonnée dans les Rocky Mountains et de se faire surprendre soit par un orage de grêlons gros comme le poing, soit par une maman Grizzly courroucée, le poing serré. Il peut faire d’une pierre deux coups et amener avec lui le compositeur de la musique du film.
En sortant du cinéma, les commentaires sont cinglants et définitifs :
« Comment qualifier ce film en un seul mot ? Je dirai sans hésiter « médiocre ». Le scénario se traîne en longueur en tentant de faire peur, mais ma seule peur fut de m’ennuyer encore plus !! C’est navrant pour un film censé provoquer la terreur du spectateur. Mais la longueur n’est pas le seul problème, c’est la bêtise du scénario, avec des scènes vraiment pathétiques. En effet, imaginez que vous possédez un fusil et qu’un étranger armé d’une hache tente de pénétrer chez vous, la première chose que vous allez faire c’est de… lui balancer une chaise !!?? […] Malheureusement, il pourrait y avoir une suite… » Laëtitia, les dents serrées.
« Que dire… Un vrai trou noir, il aspire toutes les idées classiques du film d’angoisse (une maison isolée mais pas trop quand même sinon ça pourrait vraiment faire peur, une jeune femme terrifiée enfin ils essaient de nous le faire croire, une musique qui se veut angoissante mais qui est surtout horripilante, des agresseurs anonymes et sans aucun charisme…) et ne réussit à les transformer qu’en une absence sidérante de contenu et de forme. » Cédric, le couteau entre les dents.
« Le typique thriller américain, sans aucun ingrédient de plus. Ils ont mis une star connue (Liv Tyler) pour que le film soit un peu plus attractif, mais ils ne sont arrivés à rien même avec ça. » Karen, qui a désormais une dent contre Bryan Bertino.