27 février 2009

Le Bal des actrices

J'écris ces lignes alors que je suis cuit. J'ai peu dormi et là j'en subis les conséquences : je suis rétamé. Je veille parce que j'ai l'habitude de veiller, j'ai jamais rien à foutre de toute façon, chaque soir je me dis : "Je veille, je veille, je veille, je veille ce soir, demain je ferai ma nuit". Et tous les soirs c'est la même chose. La dernière fois que j'en ai parlé à mon médecin, il m'a dit que j'avais grand intérêt à mettre un terme à ce rythme de vie morbide sous peine d'y laisser mon humanité. Il a ajouté : "Et vous savez pas la meilleure ? Le vrai sommeil c'est celui d'avant minuit...". Ce à quoi j'ai répondu : "Je connais déjà le pire vu que je m'endors pile avant midi". J'ai cette habitude de veiller chaque soir. C'est bien pour ça que je suis mort de fatigue là. Chaque jour je me dis : "Hier soir j'ai dormi quoi ? Quatre heures de sommeil ? Mais grâce à ça, aujourd'hui je vais pouvoir tenir quoi ? Seize heures éveillé ? Seize heures ? Peut-être dix sept ? Dix sept heures éveillé ?". Du coup je m'enfile un gros paquet de films toute l'année, j'ai vraiment que ça à branler. Je fais rien d'autre dans la vie et j'ai ça pour m'occuper, c'est ma passion, j'aimerais faire du cinéma quand j'oserai sortir mon gros cul de chez moi.



Ce soir c'était soirée Cinéma Frenchy, parce que j'étais trop cuit pour lire les sous-titres. J'avais beau plisser les yeux et mettre ma main à l'horizontale au-dessus de mes sourcils, j'y voyais pas mieux. J'ai abandonné à l'heure de film de Hannah et ses sistas, trop de dialogues dans ce truc-là. J'y ai laissé mes globes. Merci Woody Allen, toi qui as déjà des triple foyers collés à tes triple glocomes. Con de myope, chien d'aveugle.



Du coup j'ai maté Le bal des actrices. Je paniquais un peu sur le menu du dvd vu que j'y voyais pas un con malgré le cachet de vitamice C Lidl que je venais de gober (n'en prenez jamais, ça fait deux jours que je dors pas et que j'y vois tout vert la nuit), et j'ai lancé le making-of au lieu de lancer le film. Mais je regrette pas parce que c'était néanmoins très inspirant. Dans le making-of on voit Maiwenn, réalisatrice et actrice du film, qui passe le tournage à jouer à Worms Armageddon (plus précisément la séance d'entraînement intitulée "Course au mouton", mini-jeu aux vertus addictives). Le tournage a lieu dans son dos, et elle ne décolle pas du jeu, assise en tailleur sur un fauteuil, en pyjus, pieds nus. Elle y passe quatre jours. Et le point d'orgue du documentaire c'est ce moment où Joey Starr est assis à côté d'elle, bras croisés, et il l'observe, l'air désolé et contrarié. A ce moment-là elle s'est déjà entouré les pieds avec des foulards pour palier à ce qu'elle appelle en grimaçant "une odeur de merde". Et Joey Starr lui dit avec sa voix de crécelle : "L'odeur de tes pieds, c'est vraiment ce qui se fait de pire. T'as vraiment pas de race toi ! Tu me fais penser au propriétaire d'un chien mort qui aurait décidé de le foutre dans un sac et de le laisser pourrir sur la table de son salon plutôt que d'aller le foutre à la poubelle. L'odeur est moindre, mais ça empeste l'appartement néanmoins, ça chlingue tout ce que ça peut. T'as pas de figure !".

PS. J'ai fini par voir le film. C'est un copié-collé du making-of. On y voit des tas de gens puants qui se reniflent avec passion, un défilé d'actrices au rabais qui font leur petit numéro de racolage écoeurant, avec en prime une idylle morbide entre Maïwenn et Joey Starr. Ces gens-là n'ont effectivement pas de figure même s'ils ont de sacrées façades.


Le Bal des actrices de Maiwenn Le Besco avec Karin Viard, Joey Starr, Mélanie Doutey, Marina Foïs, Jeanne Balibar, Muriel Robin, Romane Bohringer, Charlotte Rampling, Julie Depardieu et Yvan Attal (2009)

5 commentaires:

  1. Je te propose un deal. Enfin en réalité je te jette une idée dans ta boite à idées de ton blog. Alors écoute bien, ça va peut être amener de la nouveauté sur ton blog, et ça viendra de moi.

    Je te propose de dormir une semaine ou deux, d'arrêter les cachets périmés à 0,99 cents de chez ED, et de manger un ptit déj conséquent à base de pain azyme et d'oeufs à la coque.

    Là dessus tu mets tes lunettes, tu ouvres tes mirettes, et tu te débrouilles pour qu'un ami manie la télécommande histoire de cliquer sur "movie" et pas "bonus".

    Et tu nous réécris un article. Sur le même métrage. Mais vu dans des conditions très différentes, et en cliquant sur le bon clic.
    Tu peux même te créer une catégorie pour l'article, comme su mon blog, eh ouais, on est dans un monde mercantiliste de merde, alors laisse moi faire ma publicité. Et tu peux refaire ce genre de choses pour d'autres films. Deux reviews pour un même métrage, vu dans deux conditions très différentes (une fois dos à la téloche, un pied sur l'épaule et un bol de lait frelaté sous le nez, et une fois face aux acteurs, avec une orange sanguine pressée en guise de repas). Et puis tu nous fais rêver, quoi, tu nous écris une thèse style "De l'influence des conditions extérieures dans le visionage d'un long métrage francaoui".

    Fais tes gammes, fais tes devoirs, revois ta copie, listen to me, dégomme Maiwen, mets moi à l'amende.

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  2. "J'ai abandonné à l'heure de film de Hannah et ses sistas, trop de dialogues dans ce truc-là. J'y ai laissé mes globes. Merci Woody Allen, toi qui as déjà des triple foyers collés à tes triple glocomes. Con de myope, chien d'aveugle."

    Ca c'est sur, regarder - et comprendre - "Hannah et ses soeurs" demande des efforts. Ne pas en être capable et en être fier, c'est un indicateur de connerie très certain. Trop de dialogues, c'est sur, trop de dialogues brillants surtout ... Quelle tristesse d'écrire des insultes et des insanités pareilles !..

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  3. Quelqu'un est tombé sur cet article en tapant sur google "maïwenn le besco feet", ça me fait frissonner !

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  4. Kaz-toi pauv conne13 décembre 2012 à 12:34

    Quand je lis le premier paragraphe, je m'arrange pour masquer la première photo, puis quand j'ai fini je me dépêche de passer au paragraphe suivant en masquant de nouveau la photo.

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