Affichage des articles dont le libellé est Paul Walker. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Paul Walker. Afficher tous les articles

1 mars 2015

Fast & Furious 6

On a très souvent relié la saga Fast & Furious à la célèbre série de jeux vidéo Final Fantasy. Pourquoi ? Parce qu'il s'agit de deux franchises fort lucratives dont les initiales, FF, sont en tous points identiques, et qui ont toutes deux connu un tournant décisif lors de leur 7ème épisode. Final Fantasy VII, c'est près de 10 millions d'exemplaires vendus à travers le monde, c'est la mondialisation des RPG et l'un des premiers grands succès de la Playstation de Sony, ainsi mise sur orbite. Fast & Furious 7, c'est la mort dramatique de Paul Walker, c'est un film en forme de point d'interrogation et une saga en suspens... Dans les deux cas, le 7ème épisode marque un tournant, pour le meilleur ou pour le pire. Les franchises, toutes deux destinées à un public adolescent plutôt masculin, apparaissent ainsi intimement reliées et, dans les deux cas, peu de personnes se souviennent des sixièmes opus, toujours dans l'ombre du suivant et parfois même aussi du précédent. C'est le cas de Fast & Furious 6 !




Fast & Furious 6 apparaît très vite comme un épisode de transition, après un cinquième volet infiniment supérieur et, donc, avant un virage crucial pour la suite de la série. A l'approche d'un tel virage, en général, on freine et on rétrograde, ce qui la fout mal pour un tel film : ça donne cet épisode sans charme ni relief où seul The Rock surnage un peu. L'acteur bodybuildé, qui prouve à chacune de ses apparitions publiques qu'il a très vraisemblablement de l'humour, sort quelques répliques bien senties et tout à fait débiles, avec un réel talent de comédien : à un moment, il déboule dans une pièce (un type comme ça déboule forcément dans une pièce, il n'entre pas) et gueule "Hey, fermez tous vos gueules !" alors que strictement personne ne cause, mais The Rock aime simplement balancer ça pour préparer le terrain à son petit texte, et ça fait son petit effet ! Bref, à part quelques éclairs du sympathique Dwayne Johnson, on s'ennuie ferme devant FF6 et on repense avec nostalgie au cinquième volet, que l'on revoit encore à la hausse comme un film de braquage tout à fait honnête et bien ficelé.




Inutile de dire que ce sixième film raté a aujourd'hui un goût particulièrement amer... Le beau Paul Walker y perd un temps fou, un temps qu'on lui rendra jamais, pour préparer une suite qu'il ne pourra jamais voir... C'est d'une tristesse ! On ne compte pas le nombre de scènes où l'acteur survit à une acrobatie bien plus risquée que celle qui lui a été fatale il y a deux ans. Le grand évènement de ce sixième volet, c'est aussi le retour en fanfare de Michelle Rodriguez, dont on croyait le personnage mort dans le numéro 4. Un petit flashback nous apprend que son terrible accident de voiture n'était pas si grave que ça, que les flammes et les explosions n'avaient pas réellement suffit à avoir sa peau. Tout ça est désormais de très très mauvais goût... Cela me rappelle ma mère. Ma maman, dont la conduite sportive n'est un modèle pour personne, me dit souvent, quand elle est sur le siège passager, à cran, tandis que je suis au volant, trop prudent : "On accélère dans les virages, pour prendre de la vitesse, on ne freine pas. Accélère !". Je lui rappelle souvent les dernières paroles du regretté Ayron Senna, ces mêmes paroles qu'il aurait fallu chuchoter aux producteurs de Fast & Furious 6. Les connaissez-vous ? "On accélère dans les viraaaaaaaaaaaaaaa". 


Fast & Furious 6 de Justin Lin avec Vin Diesel, Paul Walker, Dwayne Johnson, Michelle Rodriguez, Jordana Brewster, Luke Evans, Gal Gadot et Gina Carano (2013)

21 décembre 2011

Fast & Furious 5

Avec Fast Five, Vin Diesel passe la cinquième ! Ok, elle est facile et tout le monde l'a déjà faite, c'est même la tag-line de l'affiche, mais il est vrai que pour ce cinquième volet de la série qui a fait de lui une méga star (sachant qu'il est absent du 2 et du 3), l'acteur/producteur a mis les petits plats dans les grands ! Et quand on imagine un colosse pareil manipuler de la vaisselle, dites-vous bien que ça fait des dégâts, ça déménage et ça valdingue dans tous les sens ! Dès la première scène, des bagnoles conduites par des abrutis prennent en chasse un train pour braquer d'autres bagnoles dernier cri qui se trouvent à l'intérieur. Résultat : un festival pyrotechnique qui vous nettoiera les tympans et qui fera sortir vos mirettes de leurs orbites pour mieux vous préparer aux deux heures qui suivent. Cette scène d'ouverture a en effet le mérite d'annoncer la couleur : si vous êtes venus pour voir des bolides faire des acrobaties improbables et des héros aux yeux rapprochés du nez survivre à l'impossible, alors vous en aurez pour votre argent ! Intellectuels, philosophes, matheux, Alain Finkielkraut et autres esprits trop cartésiens, passez votre chemin, Fast & Furious 5 est un divertissement débile totalement assumé et taillé sur mesures pour ceux qui n'en attendent strictement rien d'autre.



Fast & Furious 5 nous propose aussi un duel d'acteurs comme on en voit plus beaucoup dans les gros films d'actions hollywoodiens actuels. Après Mathieu Kassovitz dans le pénible Babylon AD et son sympathique making-off, Vin Diesel trouve enfin un adversaire à sa (dé)mesure en la personne de Dwayne Johnson aka "The Rock" (le caillou, 2m30 de haut, 2m30 de large, 120 kilos de viande rouge, de quoi faire un putain de méchoui) ! Leur confrontation fait des étincelles car on a véritablement face à nous deux freaks humains impressionnants comme seule l'Amérique peut en produire ; un duo de bêtes de foire simplement bonnes à affamer, à vêtir de guenilles et à lâcher dans la même cage, histoire de les voir s'affronter en comptant les points. Ce film, c'est un peu ça. A eux deux, Vin Diesel et Dwayne Johnson proposent un spectacle infiniment plus réjouissant que le tristounet The Expendables, la réunion d'anciens combattants mollement filmée par le vétéran Sly Stallone, où la barbaque avait beau être en plus grande quantité à l'écran, elle était dans un état de décomposition avancée et dégageait une légère odeur de putréfaction !



Vin Diesel et Dwayne Johnson apparaissent ici en pleine possessions de leurs moyens, au zénith de leur charme bestial ; ne sachant pas jouer la comédie, ils misent très naturellement tout sur la contraction de leurs muscles deltoïdes et la mise à jour de leurs intercostaux. Dwayne Johnson traverse le film en laissant de la testostérone dans son sillage tandis que Vin Diesel nous gratifie de quelques regards caméra plein d'androgènes et imprévus mais gardés au montage tant ils ont le pouvoir de laisser le spectateur plaqué au fond de son fauteuil, la peur au ventre, fasciné. Quand il s'exprime, Diesel prend son temps, captive complètement l'assemblée ou flingue une scène à lui seul. Pas d'entre-deux chez les champions ! Quand il apparaît, Dwayne Johnson attire invariablement l'attention sur la raie de son gros cul, aucun caleçon n'étant suffisamment large pour accueillir son anaconda et ne disposant pas à proprement parler de hanche. La raie de la star dépasse toujours clairement de ses pantalons taille basse car portés pour laisser le champ libre et mettre en valeur ses volumineux abdos. Inutile de dire qu'entouré par ces deux molosses, Paul Walker a bien piètre allure, malgré une tronche de beau gosse travaillée chaque matin des heures durant devant sa glace et de petits biscotos bien affutés, gagnés à la sueur de son front dans les salles de muscu. Côté actrice, l'habituelle Jordanna Brewster et les nouvelles venues Elsa Pataky et Gal Gadot assurent la décoration des scènes en intérieur. Au petit jeu du "qui d'entre nous sent le plus la teub", imposée par la production, Elsa Pataky gagne sur un score modeste, mais je ne fais là que vous transmettre le simple avis de mon propre "mini-moi", pas spécialement fier de lui sur ce coup-là...



Revenons à présent au film à proprement parler. Le scénariste derrière tout ça a eu la chic idée de faire de ce nouveau volet rapide et furieux un film de braquage "à l'ancienne", puisque notre gang accro aux grosses cylindrées doit réaliser un dernier gros coup avant de se ranger définitivement et mener une vie tranquille (chose impossible tant qu'on est pas milliardaire, si l'on en croit ce film et tout un tas d'autres venus d'Hollywood). Le film consiste donc en la réunion d'une équipe de choc capable de réaliser ce braquage, de sa préparation millimétrée à sa réalisation chaotique. Tout ça est un brin rendu compliqué par des agents du FBI menés par The Rock, bien décidé à épingler Vin Diesel avant son méfait, mais paralysé par le fait qu'ils se trouvent tous au Brésil, et plus précisément à Rio de Janeiro, où l'arrestation américaine est légalement impossible. Une critique qui a d'ailleurs été adressée à ce film, au milieu d'un accueil majoritairement très favorable, consistait d'ailleurs à lui reprocher de véhiculer une sale image de la ville sud-américaine, telle que vue par Hollywood, où règnent donc en maître corruption, drogue, insécurité, violence et inégalités. En effet, ce n'est pas dans Fast & Furious 5 que vous sera proposée une véritable analyse géopolitique crédible de la ville de Rio. Pour cela je vous conseille plutôt Le Dessous des cartes spécial Brésil. Ici, la géographie particulière de Rio de Janeiro permet au film de nous livrer quelques scènes dignes d'un jeu vidéo de plateforme. Le décor est un simple prétexte, un "monde", un "level" permettant aux personnages de sauter de toits en toits. Comme dit précédemment, tout ça a le mérite d'être pleinement assumé. On n'est pas dans l'infâme Die Hard 4, par exemple, où les scènes d'action improbables et le côté "jeu vidéo filmé" allaient totalement à l'encontre de l'esprit de la franchise.



Dans FF5 (à ne pas confondre avec la série Final Fantasy, les rôlistes seraient déçus !), certaines scènes d'action sont évidemment too much et on ne croit pas vraiment à la titanesque poursuite finale, où deux voitures sèment des flics, également bien véhiculés, alors qu'elles traînent derrière elles un énorme coffre blindé qui détruit tout sur son passage (et doit peser 120 tonnes). On n'y croit pas, mais on regarde quand même, avec de grands yeux, et l'envie de savoir jusqu'où ils oseront aller ! Tout le film m'a plongé dans cet état de curiosité absurde, ma foi pas désagréable. J'ai aussi pu constater que contrairement à bien des films d'action actuels, Fast & Furious 5 parvient assez bien à mêler image de synthèse et véritables cascades, on ne voit pas vraiment la différence. Malgré un léger ventre mou, chose difficilement évitable quand on lance le film sur un tel rythme, Fast & Furious 5 remplit aisément son cahier des charges et parvient plutôt bien à remplir sa mission durant 130 minutes. Une fois terminé, par contre, tout en reconnaissant avoir passé un assez bon moment, on se jure que l'on ne reverra plus de film de cette espèce de si tôt, comme rappelé à l'ordre par les derniers neurones valides qu'il nous reste. Enfin, je tiens à préciser que j'ai vu ce film avec mon père, qui est le président du fan-club français de Vin Diesel, ce fut donc un plaisir coupable et partagé.


Fast & Furious 5 de Justin Lin avec Vin Diesel, Paul Walker, Dwayne Johnson, Jordana Brewster et Tyrese Gibson (2011)

10 février 2011

Unstoppable

Je raffole des films où des véhicules hors de contrôle sont lancés à toute berzingue et sèment une pagaille sans nom sur leur passage, et parmi eux, j’aime tout particulièrement les films de trains. Quand j'étais petit en particulier, j'avais été fasciné par l'action, le suspense et le jeu des acteurs de Piège à Grande Vitesse. Faut dire que je suis fan de Steven Seagal. Et pas qu'un peu ! Hier soir, ici même, j'ai regardé en entier, seul et avec plaisir Born to Raise Hell, un film subtil dénué de tout manichéisme sur un flic charismatique qui lutte contre les cartels roumains de la drogue. Mais pour en revenir aux trains, ma première passion, c’est tout à fait logiquement, et avec un certain entrain, que je me suis récemment envoyé Unstoppable, le dernier rejeton de Tony « one thousand shots per second » Scott. En fait, cette passion des trains me vient de mon père. Quand j'étais pas plus haut que ça, il n'arrêtait pas de me dire qu'il devait aller « derrière la gare pour pousser des wagons ». Et je voulais toujours venir avec lui. Mais lui, il refusait systématiquement de manière catégorique.. Je l'imaginais fort comme un turc, capable de pousser à lui tout seul des wagons de train corail, ou même des wagons de fret, les plus lourds. Dans mes pensées, je le voyais les bras tendus, le souffle court et en sueur, les muscles saillant sous son marcel, réussir l'exploit de pousser des wagons et d'assembler des trains tout seul le soir à la seule lueur de la lune, pour ramener un petit pécule supplémentaire à notre nombreuse famille. C'est pour ça qu'a priori, Unstoppable me donnait envie. On y suit les mésaventures d’un duo de cheminots qui tentent d’arrêter un train sans conducteur et qui, suite à une série d’erreurs humaines, se retrouve lancé à toute allure sur les rails du nord ouest des États-Unis. En plus de griller quelques politesses aux passages à niveau qu’il traverse, ce train a également l’inconvénient de trimballer des wagons entiers de fret remplis de produits hautement toxiques à travers des zones à très forte densité de population. L'enjeu est simple : si le train finit par dérailler, il pourrait provoquer une terrible catastrophe.


Denzel, très crédible en mécano de la SNCF, contrairement à son acolyte.

Nos deux héros sont incarnés par l’inévitable Denzel Washington, qui doit donc entretenir la même relation avec Tony que Russell Crowe avec son frère Ridley, et Chris Pine de Kellog's. Le premier, le beau Denzel, se retrouve à nouveau dans la peau du type tout à fait ordinaire, s’étant levé du mauvais pied, mais condamné à se comporter comme un héros. Il nous livre sa performance habituelle, en totale roue libre, à l’image du train, pâle vedette métallique de ce long-métrage. Denzel est donc épaulé par Chris Pine, un blondinet, minet insipide au nom d'acteur porno et que l’on pourrait aisément confondre avec Paul Walker (le bellâtre sans relief notamment aperçu au volant d’un twingo en compagnie de Vin Diesel dans Fast & Furious) et peut-être aussi avec des milliers d’autres comédiens américains à la tronche carrée recouverte d’une barbe de trois jours, et au regard bleu clair, qui plaisent inévitablement aux minettes sans le sous ni de sens commun. Parce qu'il est quand même sacrément moisi avec son unique expression faciale de beau gosse de supermarché hard discount :


Chris Pine dans toute sa splendeur.

Ces deux acteurs ne forment pas un duo très attachant ni original, même s’il faut avouer qu’une ou deux fois, Denzel Washington parvient tout de même à nous faire décrocher un petit sourire. Surtout quand il dit à Chris Pine "Je sais pas connard, j'étais au lycée !" au moment où celui-ci lui demande s'il sait comment arrêter ce train lancé à toute allure sur de pauvre innocents et s'il se rappelle comment c'était le Viet-Nam. Comme dans tous ces films, au départ, les deux hommes se méprisent gentiment, le jeune ne montrant au mieux que de la condescendance envers le vieux cheminot fatigué, le vieux se rendant compte qu'il a de nouveau face à lui un psychopathe fan de vitesse voulant profiter de la renommée du métier de cheminot pour "se faire des meufs". Puis ces deux personnages antagonistes sont amenés à mieux se connaître et finissent par s’apprécier. Bref, là encore, Tony Scott fait dans le Déjà-vu. Unstoppable s'enfonce dans la médiocrité quand il essaie de nous dépeindre les vies de ces deux personnages principaux. L’un est fâché avec sa femme, l’autre l’a déjà perdue et est en froid avec ses deux filles… Malheureusement, c'est tellement mauvais qu'on s'en fout royal ! De plus, Unstoppable se targue de s’inspirer de faits réels. En effet, il semblerait qu’une compagnie ferroviaire américaine soit au moins aussi douée que notre chère SNCF et qu’elle ait réellement été capable de perdre le contrôle d’un train ultra dangereux, un accident dont vous trouverez tous les détails sur wikipédia. Mais étant donné le traitement qu’en fait Tony Scott, ça semble complètement surréaliste et idiot de voir apparaître ce petit encart au début du film, et on y croit pas une seconde quand, à la fin, quelques lignes viennent nous informer de ce que sont devenus les différents protagonistes ("Franck a diverti sa solitude en recueillant un chien sur un quai de gare, Will a quitté sa femme et s'est découvert une attirance suspecte pour les hommes bien membrés, nos deux héros sont restés amis et vont parfois partager une bière en se remémorant leurs diverses péripéties"). Entre temps, il y a eu tant d’explosions, et deux hommes qui se sont comportés d’une telle façon, comme des héros si malins et astucieux, que l’on y croit pas du tout…


Un effet spécial digne d'Arthur et les minimois.

Avec son gros pitch en bois mort massif, Unstoppable est donc un assez mauvais film d’action, anéanti par un réalisateur sans aucune autre inspiration que ses tics de mise en scène de parkinsonien, nous fatiguant drôlement à tourner sans arrêt sa caméra autour de ses acteurs pour tenter d’insuffler en vain un semblant d’intensité. Il se permet en plus de répéter à l’identique certains plans de son train traversant les paysages, agrémenté d’effets visuels forts laids. En matant tout ça d’un seul œil, je me disais que Tony Scott devait de cette façon essayer sans talent de masquer sous un voile pudique la minceur étonnante de son budget. Mais j’avais tout faux. Le film a coûté 100 millions de dollars !


Vous pensez que c'est un dessin conceptuel de pré-production ? Non, c'est un plan du film.

A vrai dire, regarder Unstoppable m’a seulement donné envie de vous en dire du mal, ce que je viens donc de faire, et surtout de rappeler à quel point ce film n’arrive pas à la cheville de Runaway Train, autre long-métrage dont la vedette est un train sans conducteur lancé à toute vitesse, et dont je pensais vous avoir déjà parlé…


Unstoppable de Tony Scott avec Denzel Washington, Chris Pine et Rosario Dawson (2010)

9 mai 2008

Antartica, prisonniers du froid

Je mets tout de suite les choses au clair : OUI, je fais effectivement partie des 100 chanceux qui ont eu le privilège d'assister à l'avant-première du film Antartica, dans un multiplexe Gaumont parisien. Et OUI, cette avant-première eut effectivement lieu en compagnie de l'équipe du film ! Et quelle joie ! Quelle joie de pouvoir regarder ce film unique entouré de ces 8 huskys d'exception, bel et bien présents dans la salle et qui ont même failli étouffer sous le poids de nos caresses, tandis que la starlette Paul Walker connaissait une soirée bien tranquille.

Les huskys étaient heureux, ils étaient beaux. Après avoir traversé le froid polaire, combattu des ours blancs lubriques, survécu aux terribles avalanches du grand Nord et tiré un trait sur leur libido pour temporairement dire "oui" à l'homosexualité, nos huit husky préférés étaient là, parmi nous, à fêter la sortie de ce film superbe retraçant avec fidélité leurs aventures (à partir de témoignages effectués par les huskys eux-mêmes et traduits du husky par un éleveur mondialement réputé pour chuchoter à l'oreille des huskys). Tout cela après 8 mois de tournage harassant, où ils durent chacun d'eux assurer leurs propres rôles, sans rechigner, et sans changer une ligne d'un scénario tragique qu'ils ne connaissaient que trop bien. Ainsi, vous trouverez leurs rôles mentionnés de la sorte sur les sites spécialisés en cinéma :
Ebu as Himself (Husky #1)
Ekoli as Himself (Husky #2)
Skoundar as Itself (Husky #3)
Kourou as Himself (Husky #4)
Leonidas as Himself (Husky #5)
Vlark the Grey as Himself (Husky #6)
Brise-le-vent as Himself (Husky #7)
Perce-neige as Herself (Husky #8 )


De gauche à droite : Paul Walker, Perce-Neige et Vlark the Grey

Comme je sais que vous êtes de gros gourmands, je vais tout de suite vous raconter le pitch du film. Paul Walker, aka le guide polaire John Sheppard, a besoin de huit chiens de traîneau de légende pour effectuer une mission scientifique de type 'extreme and loudness'. Effectivement, dans cette zone insalubre et hostile de notre planète, le seul moyen de locomotion possible est le traîneau, tiré avec enthousiasme par nos amis : les fameux huskys. Après une audition de 21 jours et 22 nuits, Paul Walker sélectionne huit huskys de feu et débute le voyage. Une nuit, Paul Walker subit l'assaut d'une bande organisée d'esquimaux rancuniers. Il en abat deux sur quatre mais voit les huskys fuir sous ses yeux, effrayés par tant de violence. Paul Walker regagne sa base et lance une grande campagne de recherche des huskys perdus, par des moyens modernes tels que des satellites. Pendant ce temps, nous suivons la survie de ces huit huskys qui, peu à peu, apprennent à vivre en société et s'organisent pour mieux lutter contre les dangers...


Habitué aux partenaires de charme dans les Fast & Furious, Paul Walker n'était pas en reste avec la belle Perce-Neige

Proche cousin du loup, merveilles au pelage blanc, gris, noir, beige et marron ; le husky est porteur d'yeux d'émeraude à la vue perçante (ils seraient capables de dégommer une otarie à 50m), d'un aérodynamisme rare ainsi que de 6 sens si éveillés qu'une célèbre anecdote raconte que ce sont eux qui auraient inspirés la série télévisée Le Sentinel (où un canadien sans talent parvient, à la seule gloire de ses huit sens exacerbés, à grimper les échelons de la police new-yorkaise, s'en foutre plein les fouilles et résoudre des énigmes "Godlike"). N'y allons pas par quatre chemins : le husky est clairement mon animal de type chien (c'est à dire avec 4 pattes et 1 truffe froide) préféré. J'ai à plusieurs reprises tenté d'en louer un, puis, suite au refus systématique des loueurs de husky, j'ai voulu en prendre un de force à une famille esquimaux dont l'animal représentait la seule richesse. Malgré la mise à feu de leur iglou, le vol de leur réserve en viande et la prise en otage de leur fille aînée, la famille esquimaude a résisté et j'ai dû momentanément dire adieu à mes espoirs. Je me suis alors retourné vers un chien de race bleu, d'un profil plus proche de l'aiglon mais dont la couleur du poil n'était pas sans rappeler celle du fameux husky, animal de mes rêves. La brave bestiole combla mon manque durant trois mois et, après l'avoir involontairement légué à une famille de gitans sur une aire d'autoroute, je n'eus plus jamais de nouvelles de mon bleu nommé Cascadeur (car il assurait ses propres cascades, même de périlleuses chutes dans les escaliers). Ce n'est que très récemment que j'ai pu acquérir un vrai husky, le bien nommé Iced Tea (car le thé glacé est la seule boisson qu'il daigne boire), pour la somme de 2000 € (ceci explique cela). Ça va bientôt faire 1 mois que nous vivons en harmonie, je le nourris de sardines et il me procure cette douceur et cette délicatesse dont j'avais tant besoin, et que je n'ai jamais pu trouver chez Cascadeur. Non, il n'y a vraiment pas à dire, le husky est un animal unique. On est très loin du labrador, vil et peureux, qui n'est mignon qu'à sa période chiot.


Le couple désormais inséparable, ici lors d'une avant-première où les flashs incessants gênaient l'animal

Revenons à présent au film. C'est le réalisateur Frank Marshall qui s'est attelé à la mise en image de cette histoire qui fait partie de ces "inévitables anecdotes" que les esquimaux se plaisent à raconter entre eux en dépeçant avec sauvagerie des baleines échouées sur la banquise. Un véritable mythe du cercle polaire. Frank Marshall, sans même le savoir, était cerné de toute part par des esquimaux à cran. Il a su faire fi de tant de pression et a bien assuré le boulot. Le film est bien écrit, bien exécuté et Paul Walker (qu'on avait déjà pu voir dans les incontournables Fast & Furious) trouve ici le rôle de sa vie. Un vrai régal d'1h30, un futur classique, un remake supérieur à l'original, à voir en famille ou entre chiens. On est tour à tour émerveillé, ému, effrayé mais surtout décontenancé. Une œuvre à part, définitivement culte et déjà inscrite dans le marbre. Les huskys sont formidables et, je le précise car ce phénomène est hélas très rare : à la fin, nous sommes pour une fois très content que le film se termine en happy-end.

Je fus honoré de pouvoir toucher le poil soyeux de Perce-Neige, leader de la meute, et je fis la fête à Iced Tea en rentrant chez moi. Le bougre m'avait fait une farce : il s'était amusé à éparpiller toutes mes chaussures.


Antartica, prisonniers du froid de Frank Marshall avec Paul Walker et huit huskys (2006)