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28 novembre 2011

Trust

En réalisant ce thriller sur un sujet grave (le viol d'une adolescente par un pédophile rencontré sur le net), David Schwimmer voulait rompre une bonne fois pour toutes avec son image de grand frère au grand cœur issue de la fameuse sitcom Friends. Une image qui lui collera à la peau toute sa vie et dont il se plaint au quotidien, du matin au soir, alors qu'elle lui a tout de même rapporté des milliards et qu'elle lui permet chaque jour de déguster de la Gelée Royale trempée dans son thé Tieguanyin au petit-déj’ et des omelettes au safran et à la truffe blanche à son souper ! Bref, passons sur l'ingratitude un brin déplacée de cet acteur fin gourmet et concentrons-nous sur son deuxième passage derrière la caméra : Trust (à ne pas confondre avec le film de Hal Hartley). Avec un traitement qui se veut au plus proche de la réalité, notamment dans la façon dont nous est dépeinte l’évolution psychologique de la jeune victime (on sent que Schwimmer s'est longuement documenté), ce long métrage nous propose donc d’assister à l’anéantissement d’une famille suite à un viol perpétré par un prédateur sexuel opérant par le biais d’internet (et, plus précisément, d'un tchat Yahoo!, le salon "easy teens"). Aussi étrange que cela puisse paraître, ce pitch sinistre donne l’occasion à David Schwimmer de nous torcher des scènes d’un humour irrésistible, solidement épaulé par un casting 4 étoiles. Petit tour d'horizon...


Que dire de ce film quand on sait que Schwimmer lui-même est en couple avec une jeune femme de 21 ans sa cadette ? Comme je m'aventure ici sur un terrain glissant, je préfère laisser cette question en suspens !

Si l'on parle beaucoup de ce film comme du second long-métrage de David Schwimmer et de sa première excursion en dehors de la comédie, je tenais pour ma part à souligner qu'il s'agit aussi du premier rôle sur grand écran de l'ex-tennisman helvète Martina Hingis. L'ex-championne poids semi-léger incarne ici le rôle de l'adolescente qui se fait alpaguer par un pervers roi du clavier. Si l'imprévisible tornade en jupette des terres battues et des gazons maudits vous avait manqué, regardez donc ce film, vous pourrez à nouveau admirer tout ce qui faisait jadis son charme singulier et qui n'a pas bougé d'un poil malgré le poids des saisons : son front bombé comme un ballon de basket, sa petite bouche en trou de balle de poule, son regard insolent de prépubère avide de victoires, tout est encore là, intact, comme lorsque la virevoltante joueuse de raquette trustait les premières places au classement ATP/WBA. Trust nous permet aussi de retrouver Clive Owen dans un rôle à sa (dé)mesure. Le natif de Coventry (UK) apporte une certaine intensité à son personnage et réussit à nous captiver par sa seule présence lors de quelques scènes, mais on est tout de même forcé de reconnaître qu'il abuse légèrement de cette technique bien répandue dans le métier qui consiste à se passer la main sur le visage et à se pincer l'entre-sourcils pour exprimer l'embarras, la déception, ou la confusion. L'acteur passe ainsi une paire de scènes la main collée à sa ganache flétrie, se ratiboisant littéralement la façade de bas en haut, puis de gauche à droite, dans un mouvement circulaire trop répété et travaillé pour être naturel. De plus, en utilisant cette technique sans âge, Clive Owen ne manque pas de faire chanter les poils de barbe naissant de son vieux crépis usagé, foutant ainsi en l'air la prise son dans un vrombissement terrible qui laisse songeur quant au taux de testostérone sécrétée par l'organisme de la star... A leurs côtés, on signalera la présence de la trop rare Catherine Keener, qui traverse le film comme un fantôme, se faisant simplement remarquer lorsqu'elle stationne sa voiture sur une place réservée aux handicapés. Maigre bilan...


Plus douée à la raquette que sur le net, la suissesse !

Revenons à présent sur les scènes les plus marquantes du film, que je traiterai dans l’ordre semi-chronologique, pour ne pas trop vous perdre (même si je pense vous avoir perdus depuis bien longtemps, depuis la deuxième phrase de mon billet pour être précis). On remarque d'abord la patte Schwimmer lors d'une séquence pourtant anodine où Clive Owen, errant chez lui sans but, se dirige tête basse vers la cuisine, ouvre machinalement son frigo, s'empare d'une bouteille de jus d'orange (ces bouteilles typiquement américaines, vous savez, ces énormes cubis en plastoc à moitié transparent) et se met à en boire quelques rasades, au goulot, à la dure, tout simplement pour remplir la scène et pour tuer le temps. Les amateurs de Friends ne s'y tromperont pas et auront forcément une grosse impression de déjà-vu : on sent bien ici la "Schwimmer's touch" (je viens de paumer mes deux dents de devant en me relisant à voix haute) ! On imagine tout à fait l'acteur-réalisateur, hyperactif sur le plateau, dire à sa ténébreuse vedette "Prends du jus et régale-toi le gosier, même si t'as pas soif. Franchement ça marche bien pour combler un peu. Occupe tes menottes avec une bouteille, ça donne de la contenance. Je faisais ça dans Friends et tout le monde s'est mis à m'imiter, Chandler le premier, ça marchait du tonnerre, et c'est devenu un gimmick de la série !" D'autres petites touches comiques viennent nous rappeler qui est derrière la caméra, je pense par exemple à ce dîner familial d'Halloween où l'aîné débarque tout sourire en portant un masque à l'effigie du président Barack Obama. Le grand-père, très naturellement déguisé en vieillard facho et réac', outré par l'accoutrement de son petit-fils, lui lance alors "Indigne fils de salops ! C'est un socialiste ! Au bûcher !". Une scène qui fait froid dans le dos et qui rappelle l’humour pince-sans-rire cher à David Schwimmer.


L'acteur qui joue le pédophile est fort bien choisi. Trop flippant et ultra crédible, on dirait mon frère Glue 3 (si tu lis ces lignes, je te salue) !

Une autre scène laisse sans voix : celle durant laquelle Clive Owen pète les plombs et, voyant le mal partout, s'en prend au malheureux spectateur d'un match de volleyball féminin qu'il soupçonne d'être un pervers pédophile. Dans un état second, l'acteur distribue des coups de poings dans tous les sens et s'acharne, la bave aux lèvres. Sachant que Clive Owen s'en donne à cœur joie et qu'il n'est pas ce qu'on pourrait appeler un gringalet, on s'imagine donc que ça ne doit pas faire du bien. Les deux hommes sont ensuite séparés par la force, et l'innocente victime se relève la gueule en sang en disant "Non non mais pas de souci, ça arrive, laissez pisser, ça va, circulez y'a rien à mater ! Je me suis fait détruire la tronche, j'aurais bien besoin de quelques sparadraps, de bandages et de points de suture, mais c'est pas grave, c'était un malentendu, passons à autre chose, reprenons le match !" puis il enchaîne "On en était où d'ailleurs ? Ah si 4 à 4 pour les rouges. Qui ne saute pas n'est pas teubé hé, qui ne saute pas n'est pas teubé hé !" en sautillant ridiculement sur sa seule jambe valide. Le type vient de se faire ma-ssa-crer mais n'a pas perdu sa bonne humeur. Une vraie crème !


Clive Owen, plus circonspect que son metteur en scène à la vue des rushs...

Après avoir été violée, la gamine se met à consulter régulièrement une psy et ceci nous donne l'occasion d'assister à une nouvelle scène savoureuse. Lors d'une séance, la jeune fille lui raconte ce qu'elle a ressenti pendant l'acte sexuel non consenti dont elle a été victime. Elle lui dit alors "Pendant qu'il me défouraillait, j'avais comme l'impression de survoler mon propre corps, d'assister à la scène depuis l'extérieur, de ne pas être vraiment moi ni vraiment là... Tandis qu'il me défenestrait depuis l'intérieur, j'avais de mon côté l'impression de feuilleter l'ouvrage intitulé La Terre vue du ciel, vous savez, le best-seller de Yann Arthus Bertrand, je survolais littéralement cet instant, des images plein la tête, loin des faits. Alors qu'il me foutait en vrac et me dégommait la teu...". "Chhhhhhh". La psy l'interrompt à cet instant et lui déballe du tac o tac "Ok, je vois, très bien, arrête-toi là. Tu décris en détails et de façon assez originale quelque chose de très commun, une sensation bien connue, un véritable cas d'école. A l'ouest que dalle de nouveau, comme aurait dit Erich Maria Remarque. Je t'explique. Quand l'être humain subit un évènement horrible, qui va bien au-delà de son seuil de tolérance, il a très souvent le réflexe de s'évader de son enveloppe corporelle, comme pour trouver un refuge psychique, c'est la seule façon de supporter l'épreuve qu'il traverse." Devant ce dialogue à couteaux tirés, je me suis alors dit que le même phénomène pouvait très bien se produire pendant le visionnage du film de David Schwimmer chez des spectateurs aux seuils de tolérance plus bas que le mien...


Sur le point de casser la gueule à une infirmière qu'il est certain d'avoir vue dans neighbour-stalker.com !

Clive Owen passe également voir la psy pour vider son sac et lui raconter que sa seule envie est de faire la peau au salopard qui a violé sa fille. Il lui dit non sans gêne qu’il y pense sans arrêt, que ce soit en réunion, au bureau, au ciné, lors du goûter, à la récré, en plein coït, bref, tout le temps. Meurtri, Clive Owen lui avoue même qu’il en rêve la nuit et qu'il lui est déjà arrivé de se réveiller en sursaut, avec un goût de sang dans la bouche, du sang qu'il espérait être celui du violeur. Hélas ! Il s'était simplement mordu les joues pendant son sommeil, tant il serrait les dents rageusement. Ça a l'air de rien quand je vous la raconte, mais cette scène est un pur régal grâce au talent sans pareil de Clive Owen, tout simplement bluffant quand il ouvre grand la gueule pour montrer ses douloureuses cicatrices à une psy qui n'en demandait pas tant et qui est à deux doigts de dégobiller sur ses chaussures. Le talent de l'acteur fait aussi des ravages lors d'une scène très différente où l'on peut apprécier une autre facette de sa personne, un autre gadget de sa panoplie de comédien hors-norme. Je veux parler de la scène où Clive Owen rôde de nuit sur les tchats Yahoo! en se faisant passer pour une jeune fille histoire de débusquer du salopard et, accessoirement, de retrouver celui qui a abusé de sa fille. Catherine Keener le surprend, scrute l'écran et lui demande alors "Heu... Détrompe-moi si je me trompe... C'est bien toi "TinyLittlePussy" ?". A ce moment-là, il faut voir le regard piteux de l'acteur britannique, au top de sa forme. Ça échappe aux mots et ça mérite une nomination aux Oscars !


Sur le point de maraver sa psy, gratuitement !

Je parlais tout à l'heure de seuil de tolérance, hé bien mon seuil personnel doit en effet se situer assez haut quand je me trouve dans la configuration dans laquelle j'ai regardé Trust : mon gros chat sur les genoux, ronronnant à s'en faire exploser le larynx, ma compagne d'humeur joviale à mes côtés, et, dans ma main droite, un gros bol où un morceau de brownie bien craspec se noie dans de la crème anglaise Bridélice. Pour cela, et grâce aux quelques éclats de rire qu'il a provoqué chez moi, je garderai un très agréable souvenir du film Trust. Un film qui est donc à prendre au second degré pour être pleinement apprécié, et c'est un peu dommage, car franchement, il y a quelques trucs pas si mal vus et, par moments, ce thriller fonctionne plutôt bien. Mais, au bout du compte, on se marre assez souvent et je ne pense pas que ça soit l'objectif visé par notre apprenti cinéaste ! J'attends tout de même avec impatience le prochain Schwimmer !


Trust de David Schwimmer avec Clive Owen, Catherine Keener et Martina Hingis (2011)

3 juin 2009

L'Enquête - The International

The International (en français "L'enquête", à ne pas confondre avec Contre-enquête avec Jean Dujardin, lui-même remake de Mystic River de Clint Eastwood) est un film dans lequel le héros est incarné par Clive Owen. Ce héros mène une enquête à couteaux tirés sur de cruels banquiers luxembourgeois sans scrupules accusés de se faire de l'argent sur la misère du Tiers-Monde en leur vendant des armes à crédit. Son but est alors de démanteler ce trafic d'armes et les transferts d'argent associés qui n'ont rien de très catholiques. Notre héros est avant tout motivé par la recherche de l'explication de pourquoi son collègue qui enquêtait à ses côtés tel un ours avec son pot de miel s'est fait refroidir de manière si saugrenue devant la toute nouvelle gare de Berlin Ouest ! Il faut souligner là le regard de Clive quand il voit tomber son pote de toujours, quand il le voit se vider de ses tripes, séparé de lui par une chaussée glissante traversée par de nombreuses voitures toutes plus rutilantes les unes que les autres, l'empêchant de rejoindre son ami en train de perdre l'usage de ses jambes et de le fixer avec une incrédulité mêlée de résignation, ce regard si intense m'a déchiré le cœur. En effet, ici Clive Owen sort le grand jeu, il sort grandi, il est grand. A partir de là et grâce à ses talents d'acteur indéniables, le spectateur est littéralement happé par cette enquête. Il sera entrainé de la plus classe des manières par un impeccable Clive aux quatre coins du globe en un temps record, plusieurs menaces pesant sur les épaules du héros et le pressant de découvrir les tenants et les aboutissants de toute la conspiration dans laquelle il a mis son doigt. Cette conspiration si bien huilée dans laquelle notre héros est un infime clou rouillé qui pourrait en briser l'un des rouages et entrainer avec lui toute la terrible machinerie et, par là même, empêcher la vente d'armes dangereuses à des gens peu recommandables. Et si en plus il est aidé par la talentueuse et mutine Naomi Watts, l'intrigue n'en est que plus intéressante à suivre.




Clive Owen éclabousse ce film de sa classe internationale (d'où le titre qui, au départ est un documentaire centré sur la vie et l'oeuvre de Clive Owen et qui devait s'appeler The International Class), qu'il soit vêtu tel un sans-abri ou tel un sportif amateur du début des années 1990. Malgré toute l'admiration que je porte à cet acteur-caméléon, je reconnais tout de même que le nombre de ses expressions faciales est relativement limité, en tout cas dans ce film-là, ce qui est dommage quand on a tant de classe et qu'on a joué auparavant avec tant de brio dans Les Fils de l'homme.




Pour en revenir au sujet, dans sa quête quasi sacerdotale, Clive finit sa route à Istanbul. Le climax de l'aventure se joue dans ce lieu à l'histoire si dense et si glorieuse. Tous les personnages clés sont réunis dans cette ville autrefois appelée Byzance, la capitale de l'Empire Romain d'Orient, puis de l'Empire Ottoman, berceau de culture et de civilisation, lieu d'invention de l'un des mets les plus fins et les plus originaux, qui a depuis, grâce à ses nombreuses qualités gustatives, et pour notre plus grand bonheur, été exporté dans le monde entier. De Pékin à Los Angeles, de Göteborg à Johannesburg, tout être humain a potentiellement la possibilité, je dirais même l'opportunité, d'effleurer du doigt l'aubaine de goûter ce délice d'Anatolie, cette douceur ottomane, ce régal stambouliote, ce bonheur d'Asie Mineure, ce ravissement du Bosphore, cette bombance Perse, ou tout simplement le kébab comme le nomment les amateurs et les puristes du monde entier.




Clive Owen termine donc sa quête et son enquête, venge son pote, finit avec du sang sur les mains et prouve qu'on peut être beau, bien habillé et manger des kébabs. En effet, en fin amateur de ce festin turc, qu'il ne prend qu'accompagné de son traditionnel gazi, fromage turc apparenté à la féta, Clive Owen s'oblige à l'issue de son enquête à tester tous les kébabs d'Istanbul, provoquant ainsi un allongement de la durée du film qui passe d'1h45 à 4h53. Il les déguste complets et avec sauce blanche. Au final, chacun des 835 kébabs fabriqués dans l'ancienne Constantinople est savouré et analysé en plan fixe, face caméra. Les impressions de Clive sont recueillies à chaud et on se prend à se passionner pour cette investigation atypique dans le lieu de naissance de ce met si cher à nos coeurs. Là est la véritable enquête du film, son point d'orgue dans ce voyage au milieu des saveurs de la Mer de Marmara.




Depuis ce film, Clive Owen a mis sa carrière en stand-by, taraudé par l’idée de débusquer le meilleur kébab du monde. Actuellement on peut le croiser à Metz, ville-étendard en France pour tout ce qui est spécialités turques, et deuxième ville au monde la plus fournie en kébaberies, juste derrière Istanbul, seule ville en France à posséder une « rue des kébabs » dans laquelle tous les commerces sont monopolisés par la fabrication de ce met si délicat. On y retrouve souvent Clive assis au milieu de la chaussée sentant ses doigts, les traits tirés, les yeux humides, l’émotion prégnante.


L'Enquête - The International de Tom Tykwer avec Clive Owen et Naomi Watts (2009)

11 février 2009

Closer, entre adultes consentants

Closer est un film dans lequel nous pouvons apercevoir les courbes idéales de Natalie Portman et rien que pour cela il mérite d'être vu. De plus, Julia Roberts, actrice lourdement surestimée, paraît cette fois-ci parfaitement employée et montre enfin qu'elle peut avoir du talent. Cependant, son charme ne m'atteint toujours pas. Mais là n'est pas la question.

Du côté des hommes, deux beaux spécimens sont confrontés, physiquement opposés mais tout de même aussi bien bâtis l'un que l'autre à leur façon. Ces deux acteurs étant respectivement Jude Law et Clive Owen (à ne pas confondre avec Owen Wilson, l'acteur blond, Micheal Owen, le footballer en pré-retraite, et Owen Hart, l'ancien catcheur toujours dans nos coeurs).

Jude Law, tout le monde le connait : Stargate, Bienvenue à Gattacca, Léon, Come-back à Cold Mountain, A.I., Le Talentueux Mr Ripley... C'est actuellement l'un des acteurs les plus appréciés par les adolescentes. Quant à Clive Owen, sa réputation est moindre, bien qu'il ait joué le Roi Arthur dans le film Le Roi Arthur et qu'on l'ait entr'aperçu dans le totalement passé inaperçu Mortal Countdown.

Derrière la caméra, Mike Nichols, le fameux réalisateur d'Abyss et Titanic. Décidant de mettre de côté les effets spéciaux, il a choisi cette fois-ci de nous raconter une histoire un peu plus intime.




C'est l'histoire d'un gars (Jude Law) qui marche dans la rue à Londres et qui voit une gonzesse (N. Portman). Sorte de coup de foudre électrique, mais la gonzesse se mange un taxi en pleine face. Grâce à ce petit incident, ces deux personnages feront connaissance puis, bon an mal an, ils finiront par avoir de régulières relations sexuelles. Plus tard, le gars, devenu écrivain, ira chez une photographe pour réaliser des clichés professionnels dans le but de promouvoir son futur livre. C'est là que se créera chez lui une attirance suspecte pour cette femme (Julia Roberts) qui me semble-t-il provoquera chez lui un afflux de sang au niveau de son organe copulateur. Un an plus tard, invité au vernissage de l'exposition réalisée par la photographe, Jude Law renouera avec elle une relation basée sur des rapports sexuels et des éjaculations intravaginales régulières ce qui déplaira à leur conjoints respectifs que sont Clive Owen, dermatologue fan de MSN, et bien sûr notre Natalie, sans emploi me semble-t-il. Un bond dans le temps de plusieurs mois nous amène au moment où Jude Law et Julie Robert avouent à leurs compagnons respectifs qu'ils entretiennent une relation plus qu'amicale car fondée sur de nombreuses introductions de verges dans tous les orifices possibles ainsi que de touchés rectaux de part et d'autres. Toutes ces révélations provoquent la rupture des deux couples. Julia et Jude se mettent alors en ménage. Nous nous retrouvons ensuite quelques mois plus tard, au moment où Julia demande à son ancien compagnon (Clive Owen si vous avez bien suivi) de signer les papiers du divorce (en effet, ils étaient mariés). Ce dernier n'accepte qu'à condition de pouvoir sortir son "énorme calibre" (c'est lui qui le dit) et de l'introduire avec égard dans le vagin de Julia Roberts. Entre temps, ce même homme aura réalisé le même genre d'exploit sexuel avec Natalie Portman qu'il aura rencontrée dans une boîte de strip-tease (la scène-clé du film). Julia avouera à Jude cet écart pénétratoire, ce qui malheureusement provoquera une crise dans son couple et finira par une rupture et un retour de Julia vers son ancien mari. Le tout sur la musique de Rolando Villazon. Jude retrouvera Natalie dans sa boîte de strip-tease, ils se remettront en ménage, c'est-à-dire qu'ils auront recours régulièrement à des actes intimes qui ne demandent le concours d'aucun objet même si on peut parce qu'y paraît que c'est mieux. Malheureusement pour Jude Law, tout ceci se finira mal car il aura le malheur d'être trop lourd avec Natalie en ne cessant de lui demander s'il est possible que, lors de leur séparation, elle ait pu échanger des fluides génitaux avec le ténébreux Clive Owen et si cela avait été agréable au touché comme au goût. Le point final de l'histoire c'est Jude Law tout seul comme une merde, Julia et Clive à nouveau réunis, et Natalie marchant dans les rues de New-York dotée d'un sex-appeal à réveiller les morts et à faire revenir les gays dans le droit chemin.


Mon avis sur ce film, il pourrait se résumer en deux minutes : tous les moments où l'on voit Natalie Portman plus ou moins dénudée.


Closer, entre adultes consentants de Mike Nichols avec Natalie Portman, Clive Owen, Jude Law et Julia Roberts (2005)

1 octobre 2008

Children of Men

Nouvelle critique, nouvelle analyse de titre, nouvelle titrologie. Cette fois-ci on s'intéresse à Children of men, œuvre phare d'Alfonso Cabron, nouvelle égérie du cinéma d'anticipation Hollywoodien à tendance nombriliste qu'on surnomme, entre nous autres savants du grand écran, Bellywood*.

Children of men que les français ont eu la mauvaise idée de traduire "Les fils de l'homme". Or il s'agit bien des "enfants des hommes", à ne pas confondre avec le film anglais riche en testostérone Sons of Man avec Wesley Snipes (prononcez Snipès du fait de ses origines cubaines) dans la peau d'un tueur à gage contraint de liquider toute sa famille pour un simple contrat, le seul film qui s'ouvre par la phrase "putain de contrat" et qui se termine sur la phrase "métier de merde".

Petit topo sur le film : On est en l'an deux mille et quelques de notre ère, la planète est encore plus pourrie qu'aujourd'hui et les femmes ne peuvent plus enfanter. L'espèce humaine est devenue stérile et court à sa perte. Que sont devenus les enfants des hommes ?




Retour sur le titre. Retour sur le genèse d'un titre. Car tout est dans le titre : Children of men. Ce titre est si riche de sens qu'on a décidé d'en faire un papier. Être les enfants des hommes, c'est un héritage commun et irrémissible. Le film tâche de nous dépeindre cet héritage pas très catholique. La planète est sans le sou. La planète est la cible de tous les terroristes. La planète est stérile. Il y a plusieurs millions d'années les dinosaures ruled the earth, aujourd'hui, après seulement quelques milliers d'années de propriété de la planète Terre par l'homme, celui-ci, dans le futur X dépeint par Cuaron, touche à sa fin. Les enfants des hommes ont hérité d'une terre sacrée et déjà par trop abîmée, et il leur incombe de la sortir du trou. La première des choses pour ce faire reste de ne pas clamser tout de suite autant que faire se peut. Tous les maux du monde actuel sont présents et exacerbés dans le futur Y que Cuaron dresse sous nos yeux esbaudis. Le cinéaste Mexicain Alphonso Curaon fait preuve d'un pessimisme alarmant mais hélas de rigueur : terrorisme journalier, guerre quotidienne, immigration zéro/migration totale, pollution générale atteignant le point de non-retour, délabrement des eaux et des os, contamination de l'air, etc. On ne peut pas dire tout le reste. Dîtes-vous bien que tout est là. Clive Owen passe même une demi heure du film dans un embouteillage, pour que rien des tracas de chaque jour ne nous soit épargné dans cette fin du monde aux accents orwelliens où la publicité d'un monde nouveau est permanente.




Là où le titre est intéressant, c'est qu'il dit tout. Il dit tout, du tout au tout. Il est à la fois espoir et angoisse. Espoir : Children, l'enfance, synonyme d'espoir toujours. Angoisse : Of men, l'héritage nauséabond (comme dans Of mice of men, clin d'œil appuyé à J. Steinbeck, auteur social et charitable de la charité humanitaire et du romantisme à fleur de peau made in the US of A). La légende raconte qu'une fois le titre trouvé, Alphonson Cabron avoua que lorsqu'il trouva le titre du film tout le boulot était fait. C'était ni fait, mais à faire. Il hésita même à le tourner du coup. Le titre dit tout, notre article aide à ne pas le comprendre. C'est l'anti-Piège de cristal, titre qui n'en dit pas assez puisque dans le film de McTiernan, piège il y aura, de cristal aussi, mais pas que, des pièges et des cristaux, par scène y'en a un wagon, un pacson. C'est aussi un contre-exemple des 400 coups, titre qui lui en dit trop, puisque dans le film seuls une demi-douzaine de coups sont bel et bien à l'écran. Children of men est donc le titre parfait.

Le titre français : Les Fils de l'homme, homme sans majuscule, est caduc.


*Belly = ventre, wood = bois, Bellywood est donc la contraction linguistique des termes Hollywood et bellybutton (nombril). C'est cette nouvelle mouvance du cinéma Américain qui confond humanisme et humanitaire, un cinéma très replié sur lui-même, qu'on pourrait presque rapprocher du mouvement musical "shoegaze" en indierock, qui consiste à mater ses pompes en plein solo guitare.


Children of Men d'Alphonso Cuaron, avec Clive Owen et Julianne Moore (2006)