21 avril 2013

Oblivion

On pourrait vous restituer les premières lignes prononcées en voix off par Tom Cruise lors du pré-générique pour vous planter le décor mais comme il s'agit d'une série de mensonges trompant immédiatement le spectateur, nous préférons ne pas le faire. Pour faire court, dites vous que Tom Cruise est une sorte de plombier de l'espace, mais au lieu de bricoler des chauffe-eaux, il répare des drones veillant sur une Terre dévastée suite à une guerre nucléaire. Il travaille en binôme avec une jeune femme rousse possédant certains arguments qui lui permettent de "tenir" toute la durée de sa mission. Des rêves mettant en scène Olga Kurylenko perturbent toutefois sa quiétude. Une série de pannes anormales détectées chez les drones mène progressivement notre omniprésent héros vers la découverte d'une réalité plus complexe qu'il le croyait. Cela vous avance peu, certes, mais au moins, nous ne vous avons pas menti ni spoilé !


Est-ce qu'un jour Tom Cruise se mettra en ménage à l'écran avec une femme à son image, c'est-à-dire petite, râblée, vieille mais étrangement bien conservée et avec un gros nez ?

Oblivion contentera sans doute les amateurs de SF peu exigeants, notamment grâce à son univers visuel peu original mais plutôt réussi. Rien à dire sur les effets spéciaux, l'aspect des machines, l'état de la planète, le design des vaisseaux, les tenues d'astronautes, ou que sais-je. Pas de problème, l'argent a été bien dépensé et il y a derrière tout ça de sérieux artisans. Mais malgré ce décorum soigné, rien ne s'avère véritablement marquant, car Joseph Kosinski n'offre jamais le temps de nous laisser habiter son décor. Son film démarre en trombe, et le rythme ne faiblit pratiquement jamais. Ce n'est ici pas un compliment, bien au contraire. Joseph Kosinski enchaîne les scènes lourdement explicatives et celles d'action musclée avec la cadence d'une pub ou d'un clip à peine bridée, le tout accompagné par une musique omniprésente signée M83, qui rappelle par sa lourdeur dérangeante les bandes originales signées Hans Zimmer pour Christopher Nolan, en plus électronique. Devant cela, on a bien du mal à rentrer dans le film, malgré son évidente volonté de nous saisir dès ses premières secondes en nous en collant plein les mirettes. C'est bien dommage...


Parfois, certains effets spéciaux sont tout de même un peu ratés, comme ici, Tom Cruise aux côtés d'un de ses supposés clones.

L'efficacité tant recherchée de ce divertissement que l'on imagine concocté en étroite collaboration par sa superstar Tom Cruise et son docile réalisateur est également affaiblie par un scénario finalement fort peu original, qui semble être le fruit de collages plus ou moins harmonieux. Présenté comme un hommage aux films de science-fiction des années 70 par son auteur, Oblivion fait surtout penser au récent et autrement plus humble et réussi Moon de Duncan Jones. On peut aussi penser à 2001, Matrix, La Planète des Singes, et même Wall-E, liste évidemment non exhaustive tant il serait laborieux d'établir le compte exact. Le fantôme du beau Silent Running plane aussi quelque part, au loin, bien au-dessus de cette bouillie. Oblivion peine considérablement à se faire un nom au milieu de tous ceux-là, et apparaît au bout du compte comme une mixture certes comestible mais tout à fait oubliable. On aura ainsi vite fait de ne plus s'interroger sur ses quelques incohérences tant leur souvenir nous aura rapidement abandonné et désintéressé. Bref, Oblivion, ça se mate, à condition de supporter encore Tom Cruise dans le rôle d'un héros messianique hors norme, mais, bientôt, son titre prendra tout son sens.  


Oblivion de Joseph Kosinski avec Tom Cruise, Olga Kurylenko, Andrea Riseborough et Morgan Freeman (2013)

28 commentaires:

  1. Un des plus grands navets que j'aie pu voir au cinéma. Des clichés, des clichés, des clichés. Des scènes d'une pauvreté émotionnelle totale, un romantisme du niveau collection Arlequin, des regards guimauve que des cockers joueraient mieux. Evidemment, dans un monde post-humanité, il faut aussi qu'on voie absolument un bout de la statue de la Liberté qui dépasse (tiens, tiens, pas déjà vu ça ?), et quelques autres références visuelles bien nanar. Ah, oui, ça se passe dans le futur, là où la technologie a évolué non ? Eh bien pas les flingues. Ils continuent façon Far Ouest, ils se portent façon virile près de la hanche ou en travers le dos. Un bon goût d'apocalypse, ce film, mais pas là où on pense.

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  2. Film magistral, magnifiquement orchestré. Il n y a que Tom cruise pour apporter ce cachet émotionnel au film, je ne vois aucun autre acteur[ni brad ou autre]. Toute la profondeur du film se fait dans le personnage et dans l'originalité dans la façon dont se déroule l'histoire, bien que le système de scénario soit connu [il n' a été que rarement exploité dans d'autres films et il ne gène pas]. Aucun regret, je conseille vivement d'aller le regarder. Pour une fois je n'émettrai aucune réserve sur les gouts ou la sensibilité de chacun. Il est très regardable par tous, quelque soit le public. Alors allez le voir!

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    1. Je ne partage donc pas ton point de vue !

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  3. Le genre qu'on s'envoie devant une purée-saucisse un soir de pas-terrible.

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    1. Un peu, ouais. Moi, après, je me suis enfilé un bien sympathique Chicken Mythic.

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    2. Finalement, je me suis fait cette daube devant un sandar au sauciflard ! Classique !

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  4. vous êtes encore sévère mais je commence à vous connaître!

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  5. Je ferais une critique plus méchante que vous de ce méchant film. Un scénario abyssal de bêtise et qui tient d'ailleurs sur un post-it, des acteurs qui font le service minimum (mention spéciale à Freeman qui ne sait pas comment il s'est retrouvé là), des personnages structurés par des clichés sexistes (l'homme est manuel et intellectuel, la femme est psycho-rigide et s'occupe de la maison), un rythme lent, des scènes d'action directement tirées d'un jeu vidéo, la présence inopportune d'une musique électro qui était déjà ringarde dans les années 80 quand on mettait des bretelles sur des jeans skinny, à la limite j'aurais pu le supporter.
    Mais que ce film pille à l'envi les quelques éléments de scénario qui surnagent comme vous le signalez dans l'article, et là je dis non. C'est ce film qui spolie des chefs d'oeuvre du cinéma d'anticipation :
    1) L'idée du clonage des esclaves : vue, vue, vue et revue depuis Le meilleur des mondes, ou depuis Matrix pour les plus incultes d'entre nous
    2) L'idée de l'implantation des souvenirs et l'effacement de la mémoire: là aussi, vue, vue et revue, mais voyez plutôt Blade Runner et Total Recall
    3) La machine maléfique qui vient pour récolter des ressources sur la planète: aussi vieux que le film de science fiction de série B, mais pour les plus branchés d'entre nous, c'est la trame du jeu vidéo de Mass Effect.
    4) La vilaine intelligence artificielle qui se fait passer pour ce qu'elle n'est pas: HAL dans 2001 l'Odyssée de l'Espace, auquel Tet emprunte jusqu'à son design.
    5) Le discours écolo facile, aussi vieux que le genre: voyez Soleil Vert, voyez n'importe quel film d'anticipation post-apocalyptique, et, oh, regardez, vous avez exactement les mêmes paysages dans Prometheus, un autre navet du genre.

    Le film aurait pu être anecdotique, rébarbatif, ou simplement inutile s'il avait eu le bon goût de ne pas être ennuyeux et de s'offrir une parenthèse malickienne dans une cabane au fond du jardin sur des airs de Led Zeppelin et de Procul Harum. Alors là, on n'hésite plus à devenir féroce.

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    1. C'est pas parce que quelque chose est déjà vu qu'on ne doit pas l'utiliser. Vous auriez pu dire aussi que l'état de biostase à déjà été vu et revu. Un rythme lent, je trouve que c'est trop rapide au contraire, on a pas le temps de rentrer dans le film tellement tout s’enchaîne trop vite. Pour le côté cliché, je suis assez d'accord.

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  6. Moi j'ai vu "Le livre d'Eli" avec Denzol Waushingtone. Vu et revu 1000 fois ce genre de films.

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  7. Si je cause d'un immédiat et douteux parfum de Total recall, je spoilette ?

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    1. Pas des masses, non ! On spoile vachement plus en causant de Moon.

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  8. Dommage qu'il ne nous montre pas l'attaque de la terre par des milliers de Tom Cruise. "Salut je suis tom cruise, bim, t'es mort" * 1000.

    Et c'est marrant, on dirait que Morgan Freeman est abonné aux rôles "salut, je suis Morgan Freeman et je débarque tranquille au bout de 3 quarts d'heure, écoutez ma sagesse"

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    1. Il est clair que Morgan Freeman ne sort pas spécialement grandi d'un tel film...

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    2. C'est vrai que si l'attaque de la Terre par des millions de Tom Cruise avait été montrée, le film eût valu pour une chose.

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  9. A un moment donné, il va bien falloir qu'Il a osé se lance dans un "TOPO/POINT/NOTE D'INTENTION OLGA KURYLENKO". C'est inévitable. Même si cette fois encore vous l'avez évitée, ou plutôt esquivée, cette question trouvera un jour ici sa réponse.

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    1. Comme ça a été fait pour Angelina Jolie par exemple, ou pour Johnny Depp, Banane de Tank :)

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    2. Ouais y'a des choses à dire sur Olga, son cas doit être règlé !

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    3. Tu la kiffes ? ^^

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    4. C'est pas seulement sur son physique mais aussi sur sa tendance à ne servir à RIEN dans tous ces films qu'elle fait, et donc à vraiment être l'archétype du mannequin (le truc en plastique) et l'anti-chambre de la non-femme.

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  10. En effet on est d'accord à ceci près que je fus plus expéditif dans ma note.

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  11. C'est vraiment dommage le film commençait presque bien avant de partir dans un scénario peu original qui vient ruiner le film et le rendre totalement ennuyeux.
    L'univers était pourtant pas mal foutu, les moments d'isolement de Tom Cruise sur Terre suffisaient à créer une ambiance de (quasi) solitude un peu comme l'excellent The Quiet Earth ou The Omega Man. La photographie venait saupoudrer le tout d'une belle mélancolie. Puis en fait non. Film à chier.

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  12. Moi j'ai trouvé ce film pas mal, les décors sont sympa, les costumes et vaisseaux aussi. Ce qui me dérange c'est les erreurs dans le film. Exemple, la boite noire restée dans le vaisseau renvoyé sur terre qui continue à enregistrer les voix des gens qui sont resté dans l'autre partie du vaisseau

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  13. Un bien piètre film. Long pour pas grand chose, tout à la gloire de Tom Cruise, de tous les plans, qui s'amuse au volant de son top gun à hélices avec ses vieilles lunettes de soleil, qui se la joue sur sa moto, qui se régale fusil au poing, qui prend un bain de minuit avec une rousse avant de se tirer un mannequin russe dans la cabane d'"A la merveille", et qui finit par se dédoubler, tant qu'à faire, Tom Cruise ne trouvant pas d'ennemi à sa hauteur autre que lui-même. Le scénario, patchwork de toute la science-fiction qu'on connaît, n'est pas brillant, doux euphémisme, sans compter qu'il est plein d'erreurs terribles. Les scènes d'action sont assez chiantes. Les scènes romantiques à pleurer. Je l'ai déjà oblivié.

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  14. Tom Cruise est particulièrement réussi : http://www.strongmindbraveheart.com/celebs-normal-lives/

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    1. Terrible. J'avoue que Britney Spears m'a fait éclater de rire, aussi !
      (Ça me rappelle une réflexion horrible de Jean Renoir sur ce qu'aurait dû être Marlene Dietrich — une matrone teutonne avec une tripotée de moutards, selon lui — si elle n'avait pas croisé la route de Sternberg.)
      En ce qui concerne Nicole Kidman, le gars n'aurait eu qu'à reproduire une photo récente...

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