12 mai 2012

Le Bon plaisir

Francis Girod est-il le fils illégitime de Françoise Giroud ? Francis/Françoise, Girod/Giroud ?... Francis Girod a en tout cas adapté le livre de Françoise Giroud dans un film familial qui parle d'un fils illégitime, et vu leurs blazes interchangeables y'a anguille. Le pitch : Catherine Deneuve, qui, en 1984, ce film nous l'indique, avait déjà les épaules très larges (au sens propre, je précise, même si au sens figuré ça ne veut strictement rien dire), se fait voler son sac-à-main. Jusque là c'est exactement le pitch des Herbes Folles de Resnais, même si après ça n'a plus rien à voir. Ce qui la chagrine, Deneuve, c'est pas d'avoir perdu son porte-feuille, on sent bien qu'elle a du fric à revendre, non c'est que sa pochette contenait une vieille lettre écrite par son ex-amant devenu Président de la République, dans laquelle ce dernier laissait entendre que leur liaison avait peut-être donné naissance à un enfant.


Goof dans cette scène-clé : le drapeau à l'arrière-plan est à l'envers.

Bien décidée à protéger son bambin né de semence présidentielle et désormais âgé d'une dizaine d'années, Deneuve part aussitôt prévenir le Chef de l’État, incarné par un Jean-Louis Trintignant plus austère que jamais (cet homme a-t-il déjà ri une fois dans sa vie ? Il me colle la déprime en deux temps trois mouvements), qui met son ministre de l'intérieur (Michel Serrault, la truffe au vent dans ce film) sur le coup. Le voleur quant à lui, joué par un tout jeune Hyppolite Girardot manifestement pas encore rôdé à l'Actor's Studio, transmet la lettre à son employeur journaliste (le type a un bon boulot et tout ce qu'il faut mais il pique des sacs-à-main, le script fait l'impasse sur ce paradoxe), lequel reconnaît la griffe du président et s'apprête à foutre la merde dans le mandat de ce dernier. Le livre de Giroud, édité aux éditions Mazarine (hasard ou coïncidence ? On s'en tape !), et le film après lui racontent avec dix ans d'avance l'affaire Mazarine Pingeot, et c'est sans doute le seul intérêt qu'il a, si toutefois on trouve ça intéressant, ce qui n'est pas du tout mon cas. J'espérais voir un film intéressant sur la politique, j'ai vu une vague intrigue policière d'une morne lenteur tournée au Palais de l’Élysée, qui sonne faux et qui vous assassine d'ennui. Question ambiance, dialogues et mise en scène c'est un peu du sous-sous-sous-Sautet (je pourrais rajouter pas mal de "sous-sous-sous"). Devant ce genre de film on se dit qu'un casting peut vraiment pousser de très fades téléfilms vers les grands écrans en toute illégitimité. On se dit aussi qu'on a beau chercher, on ne trouve rien à en dire... Au fait, j'ai pas "vraiment" vu le film.


Le Bon plaisir de Francis Girod avec Jean-Louis Trintignant, Catherine Deneuve, Michel Serrault et Hyppolite Girardot (1984)

11 commentaires:

  1. Moi j'en ai vu un bout et c'est effectivement un téléfilm.

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  2. C'est un film avec Jean Réno ?

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  3. Bon il est pas bientôt fini ce dossier?!

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    1. Non pas encore. Mais de bien meilleurs films que celui-ci sont à venir !

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    2. C'aura été notre plus long dossier et de loin :)

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  4. Je vous trouve dur avec ce film novateur qui a devancé de vingt ans les frères lumières !

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  5. Bonjour,
    Je cherche un film dans lequel Christian Clavier (ou un mec qui lui ressemble beaucoup : petit excité, plein de tics et venant de Neuilly la ville des cons) joue un président de la république insupportable. Le film est long et chiant (il dure environ 43824 heures d'après mes souvenirs), terrible, insoutenable, révoltant, les seconds rôles sont médiocres et souvent extrémistes dans leur façon de jouer,

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  6. Tu parles de "Napoléon", Réno boy ?

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  7. Pressenti pour jouer le rôle de Trintignant, on ne m'a jamais rappelé... À la trappe le thierry :(

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