13 mars 2008

The Notebook

Atteinte de la maladie d'Alzheimer Allie (Gena Rowlands) vit en maison de retraite. Tous les jours un autre vieux nommé Noah (Sam Shepard) vient lui lire la même histoire. Cette histoire c'est la leur, qu'Allie a couchée sur carnet quand elle a appris qu'elle était malade, pour que Noah la lui lise encore et encore et qu'elle ne l'oublie pas. À grands coups de flashbacks on retrouve donc Allie (Rachel McAdams) dans les années 30, jeune fille issue d'une famille extrêmement riche dans le sud alabamesque des États-Unis, éperdument amoureuse d'un beau jeune homme de basse condition, Noah donc (Ryan Gosling), dont sa mère tâche de l'éloigner sachant qu'il est pauvre et qu'elle veut que sa fille se marie par intérêt, comme elle, et qu'elle ait une vie aussi pourrave que la sienne. Ainsi sont-ils séparés non seulement par des beaux-parents ignobles, mais aussi par les obligations de la jeune étudiante qu'est Allie et par la guerre, qui lui prend Noah. Mais à la fin du conflit, alors qu'Allie s'apprête à épouser un avocat, elle tombe sur une photo de Noah dans le journal et décide d'aller le retrouver. Leur amour est intact et ils n'auront de cesse de le consommer. Mais Allie fera des allers et retours entre ses deux hommes, étant une pauvre connasse incapable de prendre une décision, avant de finalement choisir Noah avec qui elle passera le reste de sa vie jusqu'à ce que la mémoire les sépare.


Faut vraiment aller au cinéma voir des navets pour admirer des trépanés tout heureux de se prendre un gros gisclar sur le kloss

C'est l'histoire la plus chiante qui soit. C'est un film pour mamans mais c'est le dernier échelon du genre. C'est le Atonement du pauvre, y'a qu'à voir les actrices des deux films pour en voir les symptômes : alors que Keira Knightley nous refilait la chair de poule dans l'autre film, ici Rachel McAdams à deux voies nous donne quelque haut-le-cœur. Chacun sait que la plus ennuyeuse et convenue des histoires peut accoucher d'une grande œuvre d'art, et que ça n'est qu'une question de traitement si l'on peut dire. Mais ne comptez pas là-dessus avec Nick Cassavetes. Si Roland Barthes a écrit Le degré zéro de l'écriture, ici Nick Cassavetes signe fièrement le degré zéro de la mise en scène. Ce film est d'une platitude, d'un mièvre, d'une petitesse sans frontières. Avant chaque scène, chaque dialogue, chaque plan, on sent venir, on imagine ce qui pourrait suivre de plus évident et de plus bête, car nous sommes nous-mêmes bien peu de choses (c'est mon amie la rose qui me l'a dit ce matin), et on n'est jamais déçu, on y a bien droit, inlassablement. Quand il n'arrive pas à le mettre en scène Nick Cassavetes raconte un élément de l'histoire en voix off. En réalité le générique d'ouverture donne le ton : une très longue suite de plans de paysages et d'oiseaux en vol au ralenti filmés avec un filtre rouge écarlate sanguinolent sur fond de violons dégoulinants. Quand on est le fils de John Cassavetes, qu'on a la chance de réaliser un film grâce à cette filiation bienheureuse, et qu'on tourne une chiure pareille, on a encore moins le droit au pardon. En plus ce pauvre type traîne sa mère, la grande Gena Rowlands, dans la merde en lui refilant le pire rôle possible, ça c'est ce qu'on appelle un fils illégitime. Un gros bâtard.


The Notebook de Nick Cassavetes avec Ryan Gosling, Rachel McAdams, Gena Rowlands, et Sam Shepard (2004)

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