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8 février 2018

Colombiana

Une merde de chien avec un cancer du colon a un meilleur aspect que ce ruban de pellicule... En réalisant ce film, Olvier Megaton (?) s'est délesté d'un gros colombi(a)n(a). On sait tous très bien qu'Olivier Mégaton n'est que le pseudonyme de celui qui est derrière ce désastre volontaire. Cet homme doté d'un surpoids dont il n'arrive pas à se débarrasser, d'une beubar d'une semaine pour se sentir plus viril, et surtout d'un talent aux oubliettes depuis belle lurette. Je trouve ça toujours étonnant que des "star hollywoodiennes" (j'utilise des guillemets parce qu'avec l'actrice na'vi Zoé Saldana on galvaude le terme) viennent se livrer pieds et poings liés au cœur d'un massacre toujours orchestré de main de maître par Luc Besson, sous couvert d'un pseudo. "Vengeance is beautiful" ? Nawak...


Colombiana d'Olivier Megaton avec Zoe Saldana et Amanda Stenberg (2011)

14 octobre 2013

Avatar

Avatar si vous matez bien c'est un palindrome, ça se lit dans les deux sens : "avatar", "ratava", c'est pareil. Première phrase de l'article et déjà on frappe fort. Cameron a réussi à faire 14 ou 15 milliards de dollars de recettes (ajusted for inflation) avec des schtroumpfs. Bien qu'assis sur le toit du monde, Cameron a quand même mis 12 ans à imposer ce projet, ce qui laisse songeur. En fait c'est qu'il attendait que de gros ordinateurs parviennent à rendre possible sa vision unique. La première fois qu'il a pensé au film James Cameroun avait cinq ans, et depuis son histoire n'a pas changé d'une ride ! Les effets spéciaux ont évolué entre-temps, pas son cortex cérébral. Peu importe à vrai dire parce que ce film EST une révolution. Tout le monde l'a dit et répété quand il est sorti : "C'est du jamais vu, c'est le renouveau du cinéma". D'un point de vue technique sans doute, mais en ce qui concerne le récit et la mise en scène faudra revoir la copie : on nage dans le classicisme le plus mollasson et le film est officiellement tout ce qu'il y a de moins nouveau au monde. Un cul-de-jatte, Jack Skully, réapprend à courir dans sa tronche et va fumer des mauves avec des kangourous bleus pour donner un sens à sa vie. Dans le rôle de l'homme-tronc, Sam Worthington, qui n'est pourtant que bras et jambes dans la vie et dont le cerveau n'a encore jamais servi. Dans celui du poiscaille humain, Zoé Saldana. Le casting a pas mal bougé entre la naissance de l'idée et sa réalisation. Quand Cameron s'est attelé sérieusement au projet, après le triomphe de Titanic, il songeait à un gros acteur noir typique des années 80 pour incarner l'héroïne Na'av'i, il pensait plus précisément à Pam Grier ou Giant Coucou. Il pensait aussi, pour le rôle du trépané tétraplégique, à un acteur comme Don Cheadle, qui a été au top du box office américain pendant deux semaines après son rôle de Boromir dans Le Seigneur des anneaux 2 : Les deux tours.


Don Cheadle apprenant par téléphone qu'il n'est pas retenu pour le rôle de Naa'ri.

Ce film prouve s'il était besoin que James Cameron est un grand écolo devant l'éternel. Après s'être lamenté de la pollution des eaux du Pacifique par le naufrage du Titanic (le film aux 11 statuettes nous a également mis en alerte sur les dangers de la fonte des glaces avec cet iceberg géant perdu au milieu de l'océan en plein mois d'août sous un cagnard gros comme ça), Cameron a voulu réaliser un film entier à la gloire des indiens de l'espace, un peuple primitif à sauvegarder pour mieux rire de lui et de ses fougères plantées sur le crane. Yannick Noah passe incognito dans le film, pieds nus, sans maquillage, les dreads en vrac, il fume ses propres pets au fond d'un plan de coupe. Le film est un hymne à Gaïa, à la nature mère nourricière. Cameron est allé chez son pote Peter Jackson, dans les studios Weta en Nouvelle Zélande, pour qu'il lui dessine des pissenlits volants, des tas de trucs incroyables, inimaginables puisqu'issus d'une planète étrangère, comme, par exemple, des aigles affrontant des tractopelles. On a encore envie de chialer en repensant aux noms des Naa'vi, le truc le plus "original" (bien que pompé sur les sonorités sioux et comanches) dans ce film supposé nous présenter un monde complètement autre et finalement peuplé de chevaux, d'oiseaux, de plantes et de clebs sauvages. L'héroïne Naa'vi se prénomme Naa'ri, et son frère, qui meurt heureusement dans la bataille finale : Tsu-té. Tsu-té ! Jack Skully gueule "à tes souhaits" dès qu'il est évoqué dans une conversation...


Les habitants de Pandora sont une allégorie des Indiens d'Amérique avec un zeste de coutumes africaines, or ils sont mi-hommes mi-animaux, méditez là-dessus. Cameron dénonce les crimes de son peuple et rêve de sauver cette tribu sauvage comme on rêve de sauver les phoques ou les baleines blanches. Il reste du chemin à faire dans la mentalité ricaine...

Un point sur le scénar, même si on l'a déjà rapidement évoqué. L'histoire se situe en l'an 2000 et suit donc un tétra, soldat de seconde classe en fauteuil roulant, qui profite de la mort de son frère jumeau, chercheur militaire, pour s'expatrier sur une planète lointaine nommée Pandora. Là-bas les humains, qui ont donc, rappelons-le, maîtrisé la vitesse de la lumière, sont néanmoins toujours dépendants de vulgaires caillasses pour alimenter les piles de leurs vaisseaux, mais il y a un couac : ces pierres sont situées sous un grand arbre qui abrite une population d'indigènes bleus amoureux de la nature, amateurs de sport équestre et de tir à l'arc, des bons sauvages animés par la sympathie et la bienveillance. Les humains, menés dans leur expédition par Giovanni Ribisi, le frère de Phoebe dans Friends, tentent de les éjecter de deux façons. La méthode douce, défendue par Sigourney Weaver, consister à les infiltrer en prenant leur apparence, en se faisant donc passer pour des avortons, histoire de leur demander avec hypocrisie de tracer la route. La méthode rustre, prônée par le colonel Ribéry, la gueule déjà fendue en deux par le Turak, consiste quant à elle à les mitrailler au napalm pour avoir les coudées larges. Sam Worthington (accompagné de Michelle Rodriguez, on ne le dit jamais assez), navigue entre ces deux méthodes et finira bien entendu par se rallier à la cause des gentils crétins amateurs de champignons et de peintures rupestres. Et Cameron avec eux, évidemment, qui se veut un humaniste pacifiste, même s'il semble prendre autant son pied à filmer les connexions psychiques des Na'avi avec les animaux et les arbres de Pandora à l'aide de leurs queues qu'à filmer les énormes tanks des soldats bousillant le petit monde de Narnia.


Cameron vante les mérites d'une communion pacifique avec la nature, il loue l'écologie et dénonce la politique colonialiste militariste des États-Unis, mais on voit bien dans ce film comme dans tous ceux qu'il a réalisés que sous cette piètre couverture bienpensante ce qui le botte au fond c'est les gros canons, les treillis camouflage et l'odeur du napalm au p'tit déj entre deux bols de Quaker Oats.

Nouveau couac : Sam Worthington tombe amoureux de Zoé Saldana, aka Naas'Ri, la Naa'Vi que tout le monde sur Pandora tirerait volontiers et qui court de branche en branche avec la grâce d'un marsupial. Dans une métaphore de la dépendance aux jeux vidéo-ludiques (le phénomène "Otaku" au Japon, phénomène "Poulpard" ici en France, notre acolyte étant collé depuis deux ans à GTA 4 et depuis trois semaines à GTA5, dont il tente d'exploiter chaque coin de rue pour faire exploser à l'écran toute la hargne qu'il contient si bien les rares fois où il met un pied dans la rue), Sam Worthington est accro à son avorton agile et alerte et ne veut plus le quitter pour retourner habiter son corps de légumineux, et pour cause puisque son avatar lui permet en prime de tirer un coup. Il commet l'impensable avec Naacer'I, en connectant son chibre à celui de sa nouvelle égérie dans un acte de zoophilie que seul le talent de James Cameron parvient à nous faire avaler. Le vrai souci de Worthington c'est que la méthode de Sigourney Weaver, qui lui permettrait de continuer à s'envoyer en l'air peinard avec sa chtroumpfette, sera effective dans grosso modo 300 ans d'infiltration et de négociation au coin du feu. La scientifique elle-même piaffe d'impatience. Alors que la méthode dure peut se régler en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, à coup d'ogives nucléaires chirurgicalement placées sur l'arbre magique des aborigènes. C'est tout le dilemme du personnage et on s'en bat franchement les glaouis.


Le film est peut-être aussi une allégorie de l'équipe de France de football vu que les bleus sont bêtes comme leurs pieds et condamnés à se faire dégommer au premier tour.

Flashback : décembre 2009, comme tout le monde on va au ciné voir cette merde annoncée en 3D. On en ressort ni déçus ni heureux. On en a pris plein les mirettes mais on n'a rien compris. On vient de nous ressortir le scénario de Danse avec les loups et on était censés ne pas s'en rendre compte ? La seule différence ? Le méchant s'appelle ici Turak. Si le film a battu tous les records, on détient quant à nous un record perso, nos paires de lunettes 3D ont fait tout le tour de la ville pour être rentabilisées, utilisées par une chiassée d'enflures qui crevaient d'envie de voir le film suite à un bouche à oreille d'enfer mais que les 2 euros de supplément bloquaient à l'entrée du ciné. Nos voisins de séance peuvent en prime se targuer d'avoir vu le film en 4D, la dimension olfactive en plus et pour gratos, qu'ils ont attribuée à la sueur en relief de Turak mais qui provenait en réalité de nos flatulences, conséquence d'une plâtrée de bolo' balls de chez panzani, une vraie tuerie. Si on ajoute à ça qu'on a chacun retiré nos puma liga vieilles de deux ans - trois heures de film obligent par une journée d'été caniculaire passée without socks in the shoes - la quatrième dimension était totale. Quand on va au cinoche pour plus deux heures on emporte toujours avec nous notre glacière pleine de bières mais on nous l'a confisquée à la caisse ! Malgré cette grosse contrariété Avatar est passé comme une lettre à la poste, ce n'est qu'après coup, dès le tour de manège terminé, qu'on se dit que ce n'était quand même qu'un long et faible western écologique simpliste à la noix. On l'a revu une fois depuis et, nous pouvons le dire, le film est encore pire décortiqué en plan aérien scène par scène par Antoine Kombouaré. On a eu la chance d'assister à une master class de Kombouar' sur Avatar au forum des images et ça a duré une semaine, pire que ses analyses d'après match dans 100% toof. Maintenant jouons-la franc-jeu, le film, on l'a en blu-ray disc, on l'a revu après Prometheus histoire de se nettoyer, on foncera voir Avorton 2, Avorton 0, et tous les autres, au moins pour comprendre pourquoi les Naa'vi n'ont que quatre membres alors que tous les autres animaux de Pandora en ont six, pourquoi est-ce qu'ils respirent par le nez alors que toutes les autres formes vivantes de leur planète respirent par le cou, pourquoi est-ce que les N'aavi sont bleus alors que les autres créatures de leur bout de caillou sont uniformément violettes... Comme dirait Audrey Tautou dans Un Long dimanche de fiançailles (retitré "Mathilde et Manec, Manec et Mathilde" au Québec) : "J'veux compendre ! J'VEUX COMPENDRE !".


Avatar de James Cameron avec Sam Worthington, Sigourney Weaver, Zoé Saldana et toute la fine équipe des Schtroumpfs (2009)

28 août 2011

The Skeptic

Le type que vous voyez au centre de l'affiche est skeptic. N'imaginez pas qu'il est télékinésitérapeute (qu'il fait bouger les objets par la force de son esprit et en tendant les doigts, quitte à larguer quelques pets), il n'est pas non plus amnésique (à la Guy Pearce dans Memento), il n'est pas agnostique, aérodynamique, alcoolique, apocalyptique, aristocratique, asiatique ou résident de la Jamaïque, il est simplement skeptic, en français : sceptique. Comment peut-on décider de faire un film sur un héros skeptique ? Tennyson Barwell a cru tenir la réponse en enfermant cet homme si carré, si cartésien, doutant de tout et réclamant des preuves à tout le monde, y compris des preuves d'amour à sa femme (Thomas Arnold), dans une maison hantée où des phénomènes paranormaux se succèdent à un rythme effréné, mettant en cause toutes ses certitudes. Face à ces manifestations improbables, le héros reste skeptique : il ne croit pas une secondes aux fantômes. Il doute de tout cet homme-là, des gens qui l'entourent, de lui-même, il est skeptique à ce point-là. Il aurait tout à fait eu sa place dans The Truman Show, sauf que le film n'aurait pas duré longtemps puisque le héros se serait montré skeptique dès le départ. Vous trouvez peut-être que j'insiste un peu trop sur ce terme mais croyez-moi, ce type est uniquement skeptique, y'a pas d'autre terme pour le définir : l'acteur est lisse au possible et son personnage est une feuille blanche, un chieur propre sur lui, en costard, ultra skeptique.



C'est l'histoire d'un type qui hérite d'une belle maison, qui s'y rend, et dès qu'il ouvre la porte, les esprits se manifestent. Le plancher craque, la porte claque toute seule, la poussière se soulève, les fauteuils semblent l'observer, des dizaines d'ectoplasmes blancs et vaporeux lui font des doigts d'honneur, mais il n'y croit pas, étant skeptique, et ce n'est qu'au bout de deux heures de film qu'il décide d'en parler à sa meilleure amie Zoé Saldana (c'est cette actrice Naavi qui a accepté de jouer une membre de sa propre race dans Avatar de James Cameron), en commençant sa phrase par : "Ecoute, je suis skeptique mais il m'est arrivé un truc...". Ce héros fait terriblement trainer le film en longueur. A un moment, son compagnon (Thomas Arnold) l'attend chez lui, assis sur le perron, à son retour du travail. Le héros se gare, sort de sa bagnole, y retourne pour serrer une nouvelle fois le frein à main car il est skeptique quant à son bon fonctionnement, puis va s'adresser à son dulciné, remettant en question tous les dires de l'autre : "Mais comment tu as fait pour te libérer du boulot ? Qu'est-ce que tu fais là ? Tu n'as pas les clés ? Pourquoi tu attends sur le perron ? J'ai bien mis le frein à main ? Je suis skeptique...". A la fin du film, le héros découvre par lui-même (car il est skeptique sur les médiums et a refusé d'en inviter un chez lui), que sa maison est hantée et que ça date d'un trauma vécu dans son enfance où il aurait été enfermé dans un coffre après une chute dans les escaliers. Mais il reste skeptique sur cette élucidation et le film nous laisse tels quels. The Skeptic est sorti en DTV (Direct to Vidéo), et si "The Skeptic" est l'adjectif qui colle le mieux au héros, "honnête" est celui qui sied le mieux à ce film qui aurait pu connaître une sortie en fanfare dans les salles à l'image d'Insidious, qu'il enterre aussi sec bien que n'étant pas géant.


The Skeptic de Tennylson Barwell avec Tim Daly, Zoé Saldana et Tom Arnold (2011)