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13 décembre 2012

Le Seigneur des anneaux : Le Retour du roi

Voici enfin l'épisode final de la trilogie, un épisode sans début mais avec une putain de fin, à la hauteur du mot "fin", une fin qui dure près de deux heures (dans la version longue, une heure et demi dans la version normale, car il faut rappeler que chaque opus de la trilogie possède une version longue qui rajoute trois quart d'heures à des films déjà longs de quatre fois une heure chacun). On peut donc comprendre la longueur de cette fin, qui n'est pas juste la fin du troisième film mais la fin des trois épisodes, soit la fin de près de 12 heures de supplice pour les non-fans de la saga, c'est-à-dire pour environ 99,999% des gens de cette planète. Durant ces deux heures de fin, on voit les hobbits et leurs potes se lécher les couilles à qui mieux mieux et au ralenti, dans la tradition des purs Joe d'Amato, le fameux réalisateur italien de pornos et inventeur du gangbang. On assiste tétanisé à deux heures montre en main d'embrassades, d’œillades complices et équivoques, de tripotage en règle, de sauts sur des lits, de bataille de polochons, de sourires narquois, de larmes aux yeux, de merde au cul, de Gandalf qui abuse de son autorité avec sa baguette magique, d'Aragorn qui lance sa langue sur Liv Tyler (l'actrice avouera avoir "pris son pied" tandis que l'acteur avouera avoir "pris son cul") au milieu d'une foule numérique qui assiste à leurs ébats non simulés sur le toit d'une tour ovale remplie à craquer et ne pouvant accepter un invité de plus sous peine de le voir se tenir dans le vide.




Cette fin, aussi imbuvable soit-elle, colle à merveille à l'ambiance qui se dégage des bonus du film, lesquels durent 50 heures en tout, 50 heures au bas mot d'entre-branlage, à l'issue desquelles chaque intervenant à le gland violacé ou littéralement décollé. Certains fans malades se sont envoyé ces journées entières de bonus d'une traite, acceptant avec le sourire cette chaîne sans fin d'anecdotes de tournage putrides. Quid d'Orlande Bloom qui raconte avec délice cette fameuse soirée où John Rhys-Davies, aka Gimli le nain (sachant que l'acteur est l'équivalent physique du colosse de Rhodes mais passons), avait piqué son costume d'elfe pour faire une blague potache à un Peter Jackson écroulé de rire en devinant la flèche de Gimli bandant l'arc de Legola. C'est aussi l'occasion de voir Sean Bean, littéralement Jean Haricot, raconter la tournure que prit son haricot magique en voyant Arwen enjamber son cheval avec un "prout" digne du pet bucal, ce fameux "pff", de Gandalf au moment de sa chute avec le Balrog dans un puits sans fond à la fin du premier film. On peut aussi s'extasier d'entendre Peter Jackson lui-même raconter comment il a perdu ses lunettes dans le Rohan. Ou écouter Cate Blanchett, qui tourne en tout et pour tout trois scènes sur la totalité des 12 heures du film mais qui s’enorgueillit d'être restée présente sur toute la durée du tournage pour tenir la perche, étant le seul individu de plus d'1m70 à des kilomètres à la ronde. Et enfin, qui ne lâchera pas sa larme en regardant Peter Jackson nous expliquer qu'il a demandé à ses acteurs de re-tourner les derniers plans d'enculage amical des centaines de fois pour que le tournage ne finisse jamais, ce qui nous a valu l'insatiable fin tournant en boucles du troisième film, conclusion que Peter Jackson aurait découpée en deux "chapitres" pour faire plus de blé si cette mode chère aux producteurs des Twilight et autres Harry Potter avait eu cours en 2003.




Ce qu'on se demande "à l'heure d'aujourd'hui", comme disent les trépanés, en revoyant cette abominable fin, c'est "que sont-ils devenus ?". Quid (on ne se lasse pas de cette formule) de Cate Blanchett qui depuis s'est contentée de se prendre un taxi en pleine poire dans L'Affreuse histoire de Benjamin Button et de jouer un transgenre russe dans l'odieux Indiana Jones 4, et pourtant c'est peut-être celle qui s'en tire le moins mal parmi ceux qui composent le casting de la trilogie (Mortensen mis à part, qui s'est taillé un nom en traçant La Route chez Cronenberg avec History of Violence, Les Promesses de l'ombre et Dangerous Method, et qui reste un putain d'artiste peintre). Orlando Bloom quant à lui, à défaut de se tailler une véritable place dans l'actorat hollywoodien, a su tailler quelques pipes et s'est ainsi retrouvé dans un nouveau rôle féminin au sein d'une autre saga d'enfer, Pirates des Caraïbes. Pour les autres, qu'il s'agisse d'Elijah Wood, de Sean Astin, de Sean Bean, de Dominique Monaghan, Hugo Weaving ou Billy Boyd, la suite de leur carrière s'apparente à un encéphalogramme plat. Les vieux ne s'en sortent pas beaucoup mieux (Ian McKellen, Ian Holm ou Christopher Lee), mais ils ont le tout petit avantage sur leurs camarades d'être vieux, précisément, et d'avoir fait une carrière avant le désastre. Peter Jackson de son côté n'est pas beaucoup mieux loti puisqu'après avoir réalisé des saloperies telles que King Kong ou Lovely Bones, il en est réduit, comme George Lucas en son temps, à tourner le prequel de son grand succès, comme un aveu d'échec. Mais peut-être qu'en renouant avec la trilogie il parviendra à accoucher d'un film au moins regardable, ce que ses derniers films ne sont pas.


Le Seigneur des anneaux : Le retour du roi de Peter Jackson toujours avec la même bande de bras cassés (2003)

2 mai 2008

La Vérité ou presque

Jusqu’à la sortie du film La Vérité ou Presque, Sam Karmann était pour nous un type tout ce qu’il y a de plus sympathique. L’un de ces nombreux artisans du cinéma français dont on aurait serré la pince avec plaisir ou à qui l’on aurait adressé un sourire complice si un jour on avait eu la chance de le croiser au détour d’une rue. On ne se serait également pas privé de lui donner une grande tape dans le dos, en s’amusant de voir son corps maigrelet encaisser le coup avec difficulté. Sam Karmann, c’était un chic type. On aimait sa gueule de con ordinaire, sa tête de prof de maths en ZEP qui rêve d’une mutation ; sa vieille tronche de beau-père fatigué, avec lequel on est obligé d’être cool parce qu’on apprécie tellement s’envoyer sa bonnasse de fille. Sam Karmann avait vraiment tout l’air d’un type cool. On se souvenait l’avoir croisé aux côtés des Nuls dans La Cité de la Peur, et on l’avait apprécié dans Cuisines et Dépendances, où il collaborait avec ses amis, le couple Bacri-Jaoui. On l’avait aimé encore davantage grâce à son premier long-métrage, Kennedy et moi, un très sympathique film où l’on retrouvait un Bacri à son top dans le rôle principal.




Mais on avait commencé à émettre des doutes sur la personne de Sam Karmann en le croisant par hasard un soir, sur France 2, dans l’une de ces émissions consacrées aux courts-métrages, où il présentait avec une fierté ostentatoire ses premières œuvres, ses premiers essais : des trucs complètement nazes, allant du bête film de vacances tourné à St Jean de Luz jusqu’à une blague Carambar simplement mise en image, avec à chaque fois un twist final merdique expliquant les 10 minutes qu’on venait déjà de se taper en douleur. Bon, on s’était dit que, peut-être, ce type au carnet d’adresse si enviable avait temporairement pris la grosse tête, rien de bien grave. Et puis est sorti l’année dernière son dernier long-métrage : La Vérité ou Presque.




Doté d’un casting composé d’acteurs plutôt sympathiques (François Cluzet, André Dussollier, Karin Viard), La Vérité ou Presque donnait l’espoir d’une petite comédie rigolote et légère, le genre qu’on aime se mater entre amis, un soir de pluie, avec un kébab dans chaque main. Sauf que voilà, Sam Karmann est un putain d’imposteur ! Pour vous donner une idée précise du script en présence, voici le résumé transmis par Sam Karmann himself pour en faire la tagline de sa jaquette : "Anne est mariée à Thomas, qui a un faible pour Caroline, la jeune femme de Marc, l'ex-mari d'Anne, elle-même sensible au charme de Vincent, terriblement jalousé par Lucas". Je suis à moitié tenté de vous faire un schéma sous powerpoint pour vous expliquer tout ça. Karmann a donc voulu faire un nouveau film choral, en réduisant l’intrigue à trois ou quatre pauvres personnages, et en maintenant le nombre d’enchevêtrements entre ces différents personnages à 369 en seulement 1h25, ce qui les amène bien vite à oublier leurs orientations sexuelles respectives. Ainsi, dans le climax, dans une scène qui échappe à toute analyse, à tout visa de contrôle, à toute censure du CSA, nous assistons, tenez-vous bien, nous assistons donc, médusés, à l’enculade du pauvre Cluzet par un Dussollier survolté. Dussollier, spécialiste ès Lyon, ville dont Karmann dresse une terrible carte postale d’1h25, fait visiter à Cluzet les plus sombres ruelles gallo-romaines de la cité, et en profite pour lui raconter de façon imagée les pratiques ancestrales et barbares de nos ancêtres quand, sans crier gare, armé d’un clin d’œil ravageur accompagné d’un mouvement mouliné du bras gauche sans équivoque, il invite un Cluzet relisant le script avec horreur à la recherche d’une coquille, à le suivre dans une des bâtisses, où pourra avoir lieu le coït le plus brutal et inattendu du 7ième Art, dont aucun détail ne nous est épargné. Rangez vos snuff movies, oubliez vos Joe D’Amato, effacez toutes vos vidéos amateurs, liquidez votre historique internet, videz le cache, rayez vos cookies, supprimez tous vos liens vers les sites internet les plus dégueulasses ; vous avez ici les minutes les plus écœurantes jamais filmées.




En assistant à ça, le spectateur, quand il a la chance de ne pas être seul et menotté dans une pièce plongée dans le noir, sera forcément amené à demander à son compagnon de déroute s’il a bien vu ce qu’il a vu. Et oui, mon dieu oui, Sam Karmann est bel et bien un sacré malade et cette scène atroce est hélas la plus représentative d’un film où s’amassent les manifestations de ses plus terribles symptômes.


La Vérité ou presque de Sam Karmann avec André Dussollier, Karin Viard et François Cluzet (2007)