28 mars 2013

Antiviral

Film de fils. Dans tous les sens du terme. On dit que "la pomme ne tombe jamais loin de l'arbre". Dans le cas de Brandon, fiston Cronenberg, la pomme n'est même jamais tombée, elle a littéralement pourri sur sa branche, elle a cramé collée au tronc. Antiviral est un film froid, théorique, contrôlé, qui planche sur la question du corps, de la contamination de la chair, de la réduplication des cellules, de la corruption des tissus, bref, sur la détérioration plus ou moins volontaire de l'enveloppe physique. Les thèmes et une bonne partie de l'esthétique chers à "Crony" père sont au principe même du premier film de "Crony" fils, aka Grany Smith. Tel père tel fils. Si bon chien chasse de race, les clebs ne font pas des greffes. Bon sang ne saurait mentir mais grande chère, petit testament… Qui plus haut monte de plus haut chiet. A père avare, fils prodigue, sauf que toujours le vin sent son terroir. Plus d'un âne à la foire s'appelle Martin et les mauvaises langues diraient même qu'on reconnaît l'arbre à son fruit, surtout si le ver est dans la pomme. Une chose est sûre : c'est un vilain oiseau que celui qui chie dans son nid. Brandon règle son pas sur le pas de son père et se fait un croque-en-jambe tout seul : il se vautre à mort et son film ne vaut pas cher, pour être plus clair.




Film de petit malin qui croit faire dans l'anticipation visionnaire en prenant un fait de société connu pour le pousser à peine plus loin que le bout de son nez : dans le monde dépeint par la fiction, les gens se font injecter les virus de leurs stars de pacotille préférées puis collectionnent ces maladies de rêve. Et Brandon espère nous laisser méditer là-dessus comme des malades après nous avoir pompeusement gonflés avec ses personnages ineptes, ses fonds blancs aveuglants et son ambiance aseptisée. Les amateurs de films à thèse et de scénarios à double-fond d'une profondeur à rester tétanisé y trouveront peut-être leur compte. On pense à Sleeping Beauty, à Canine et à tout un tas d'autres pensums esthétisants écrits par des cerveaux en sous-régime mais déjà en surchauffe qui non contents de prendre leurs vessies pour des lanternes se gargarisent de pisser dans un violon.


Antiviral de Brandon Cronenberg avec Caleb Landry Jones (2013)

15 commentaires:

  1. Brandon tient à vous dire que pierre qui roule n'amasse pas la bave du crapeau à couper l'eau chaude.

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  2. Vous avez oublié père et un perd et le père y'en a pas deux !

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    1. Le Gaucho de base28 mars 2013 à 20:49

      "Père et un perd" ?

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    2. Olivier Perd?

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    3. J'ai pas compris non plus...

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  3. Jack O'Tally28 mars 2013 à 13:40

    L'affiche on dirait une pub pour freedent

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  4. La photo du père et du fils est hallucinante, entre la position de la main droite de David (on dirait qu'il va repartir avec sa poupée gonflable sous le bras dans quelques instants) et la fixité du regard du fils... faudrait qu'y en ait un des deux qui se décide à couper le cordon avec les dents, comme dans Dead Ringers.
    Lacan fanfaronnait "les non-dupes errent"... tu parles !

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    1. Mon taux de sympathie pour Brandon n'était pas bien grand au sortir de son film, mais en découvrant cette photo j'avoue qu'il a plongé net.

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    2. On veut pas voir la tronche de la maman...

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  5. Jaspert, tu es méchant gratuitement. Il faut beaucoup d'amour et de courage pour avoir osé donner un fils à David; moi j'aurais eu trop peur d'accoucher d'une larve, d'un Chromosome 3 ou d'un mutant télépathe à 5 bras.
    Et le vrai fils spirituel de David, c'est Vincenzo Natali quand il a réalisé "Splice"...

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    1. D'ailleurs, on avait plutôt aimé Splice !

      http://ilaose.blogspot.com/2011/04/splice.html

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  6. Je suis à présent sûr que ce film va crever tout doucement sur mon disque dur avant que je me décide à le supprimer... Triste destin ! Happy Easter !

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  7. En fait, comment dire, c'est joli, c'est beau à regarder les dix premières minutes, intrigant, sulfureux, et ensuite, ça devient, comment dire, je cherche mes mots... une grosse merde ?

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