14 avril 2010

Rose & Noir

J'ai passé une nuit en garde à vue à cause de ce film. Vous allez dire que je suis un habitué de l'incarcération et vous n'aurez pas tort. Je vous raconte. Gérard Jugnot est mon voisin. Il est assez procédurier et se déplace exclusivement en scooter. Il le gare souvent pile en face de la porte d'entrée de mon immeuble. Après avoir téléchargé son dernier film, j'ai eu l'idée d'aller chier directement sur la selle de son motobécane. Dans mon énorme merde il y avait tout : mes 8 derniers repas, sans doute un peu de sang... je crois que je suis malade mais peu importe. Si vous tenez vraiment à avoir une idée plus précise de l'allure de ce "mini-moi", fiez-vous donc au titre du film. Comme si mon intestin grêle était au courant de ce que je mate... nawak. J'ai fait ça au beau milieu de la nuit, et au petit matin la police sonnait à ma porte pour me coffrer. J'ai dû m'expliquer. J'ai même pas vu le film en entier, alors j'ai passé une nuit en taule. Si je l'avais vu en entier, je crois qu'ils m'auraient laissé, estimant que j'avais déjà purgé ma peine.



Sérieusement, rien de tout ça n'est arrivé. Vous vous dîtes que mon imaginaire tourne en rond et que je peux décidément pas m'empêcher de parler d'étrons et du fait d'aller aux cabinets là où il n'y a pas de cabinets. C'est vrai que je n'ai pas beaucoup d'idées et que j'en reviens souvent aux excréments dans mes conversations, mais pour une fois c'est de circonstance. L'une des premières séquences du film repose sur le gag ô combien éculé du héros constipé qui lâche pet sur pet. Jurard Gégnot est sur le trône, derrière un rideau, et il cague tous ses morts dans un brouhaha de pets immondes, certainement glissés là, dans cette séquence interminable, pour nous faire rire. D'où : bouton arrêt, mépris, haine, et volonté de se faire justice en violentant quelqu'un au hasard. Mais que faire ? Où vomir ou aller chier ? Qui descendre ou attaquer ? Je garde sous verre les quelques mèches de cheveux arrachées à Danièle Thompson lors de la montée des marches à la dernière cérémonie des Césars. J'ai vraiment voulu lui arracher la gueule à la volée. Six mois de cabane. Cette fois-ci, je veux donc être "réglo". J'ai déposé une main courante contre Gérard Jugnot, à défaut d'une grosse baffe dans la tronche. On peut faire ça. Je le sais parce qu'on me l'a fait. Il suffit d'aller au premier commissariat venu puis d'effectuer la procédure, assez simple et rapide, avec un gendarme. Ils sont pas tous complètement cons, mais là ça a aidé, vu que celui auquel j'ai eu affaire ne connaissait pas Gérard Jugnot. Je l'enviais. Il a tapé son nom sans moufeter. Mais à quoi bon ? Ça n'a aucune conséquence. J'ai pensé à la pétition... Tu parles...

Comment, légalement, écourter la vie d'un autre homme ? Trop envie.


Rose & Noir de Gérard Jugnot avec Gérard et Arthur Jugnot, Bernard Le Coq et Juan Diego (2008)

30 mars 2010

The Road

On l'attendait depuis si longtemps, depuis toujours en fait. Je ne me souviens pas d'un moment de ma vie où je ne l'ai pas attendu. Et plus le temps passait, plus je l'attendais, et plus je désespérais de le voir un jour. Ce film, c'était un rêve de gosse pour moi. Une utopie. Je me disais prêt à embrasser les pieds de celui qui daignerait le réaliser. Et enfin ça y est, nous y voilà, il y a quelques semaines j'entends dire que quelqu'un l'a fait, que quelqu'un l'a finalement réalisé, il existerait... Le biopic filmé officiel de The Toad, le champignon de Mario Kart. Eh bien non. Détrompez-moi, détrompez-vous. Il n'en est rien. À une lettre près, c'est un tout autre film que nous avons sous les yeux. Faut dire que c'est un collègue à moi qui avait mal lu l'annonce avant de me prévenir de la surprenante sortie au cinéma d'une adaptation ciné de la vie de l'étonnant champignon de Paris roi des circuits. Un triste collègue qui se fait surnommer "Papa", comme Ernest Hemingway, et Dieu sait qu'il faut se méfier des hommes qui se font surnommer "Papa".



À quand ? À quand le film premier et définitif sur Toad (prononcez "To-had"), le noble personnage du plus mémorable jeu de kart indémodable au monde ? On a eu droit aux tristes biopics de Mario et Luigi, plombiers Siciliens à moustaches et sans saveur. Notamment dans pléiade de films pornos dits "classiques" de la période faste de Marc Dorcel, le producteur trash surnommé "Médusa" du fait de ses mille yeux et de son chibre supposé ressembler à un serpent de mer, le magna du porno franchouillard que ces deux nains vivant chaque jour la queue dans la main, anti-héros idéaux, fascineront et hanteront jusque dans sa tombe. Tombe dont il soulèvera peut-être le couvercle avec son nœud, comme le célèbre Bali Balo. On a aussi subi la biographie filmée de l'odieux Yoshi, le dernier dinosaure, certainement passé "au travers" de l'extinction de sa race par les grâces d'une petitesse notoire et d'une ressemblance troublante avec Orson Welles. Mais rien sur Toad, l'amant illégitime de la Princesse Daisy, le protagoniste le plus sombre et le plus torturé de Mario Kart à égalité, à la limite, avec Koopas Troopas. Rien, rien, rien sur Toad, le champion des champignons, le plus vermoulu des myco-nimbus frais émoulus, le cèpe humain, le gland du volant, mycosique comme pas deux. Je n'ai appris la supercherie qu'une fois devant le film, que je brûlais d'impatience de découvrir au point de tout de suite le télécharger en dvd.rip quelques semaines après sa sortie en BlueDiscRay.



Quelle ne fut pas ma déception en découvrant l'ouverture insipide du film de John Hillcoat, accablé devant mon poste de télé où je m'étais préparé à voir le chef-d'œuvre de l'année, entouré d'une entrée, d'un plat et d'un dessert unanimement concoctés à base de chanterelles, avec l'idée derrière la tête de fumer les champignons qui fleurissent entre mes doigts et dans la raie de mon énorme cul. Au final je n'ai pas touché aux superbes mets que je m'étais préparés mais j'ai tout de même humé mes propres corps étrangers, minutieusement râpés au préalable, pour supporter l'un des films les plus déprimants de l'année qui a cru m'apprendre qu'un cataclysme plane au-dessus de nos têtes et que dans l'apocalypse l'homme serait un loup pour l'homme, et auquel j'ai répondu par une pluie de pets-de-nonnes farcis et extraordinairement fumeux. Avec tout de même une pointe de regret à l'égard de l'acteur Viggo Mortensen, qui n'a jamais aussi bien porté son nom : Viggo Mort-en-scène. Admirez le jeu de mot. On a de la peine et presque du respect pour lui, pour une seule raison: c'est le seul comédien qui a accepté de paumer 10 kilos et de s'émacier sa propre tronche d'ange avec un marteau et un burin pour un triste rôle sans en sortir avec l'Oscar du meilleur acteur sur sa cheminée. Il m'a fait d'autant plus de chagrin qu'il m'a rappelé mon propre frère, Joséba, qui a récemment subi le même traitement morbide pour ressembler aujourd'hui à un cadavéreux, mais lui c'est juste parce qu'en ce moment ça va pas.
 
 
Quoiqu'il en soit et pour en revenir à La Route (véritable chemin de traverse, ou bourbier, me concernant), la mise en scène du film s'est avérée aussi plate que mon esprit s'est révélé créatif et putride, enfumé par les champignons hallucinogènes que j'ai dénichés entre mes orteils des pieds. En revanche j'ai largement pu m'identifier à un personnage principal au moins aussi con que moi et parce qu'en dépit d'une aprèm passée au macdo du coin j'avais presque plus les crocs que le héros et son idiot de fils réunis. En définitive le seul effet que le film aura eu sur moi aura été de me filer l'envie de faire des croques-en-pattes à ma femme dès qu'elle est rentrée d'une soirée pyjus passée toute seule enfermée par mes soins dans notre chambre à coucher, pourtant je suis un gentleman, sage comme une image, doux comme un charme, un vrai clebs de garde, mais j'étais légèrement à fleur de peau après avoir subi l'influence d'un film qui érige la mère de famille en chienne urbaine et après la déception terrible de n'avoir pas encore vu le long métrage de mes rêves, le spin-off tant attendu de Mario Kart qui fera la part belle à Toad le champ'.


The Road de John Hillcoat avec Viggo Mortensen et Robert Duvall (2009)

28 mars 2010

Last Chance for Love

Pour commencer, il faut partir de l'origine, il faut partir du titre. Il faut une titrographie, une titrologie. Le film s'intitule en VO : "Last Chance Harvey". Impossible à traduire en Français, à part peut-être par le téméraire : "Dernière chance d'Hervé". Pas très vendeur, de fait. Alors les exploitants Français ont décidé de ne pas le traduire. Seulement, ils ont jugé que le public Français, pas suffisamment familier des patronymes anglo-saxons, n'aurait pas pu comprendre le mot "Harvey". Étonnant, l'un des plus grands commentateurs Français de football s'appelant Harvey Matoux, l'un de nos plus grands chanteurs s'appelant Harvey Villard, il y a aussi le père fascisant de Tintin, et puis quand même un acteur comme Hervé Keitel a fait causer de lui dans l'hexagone. Il ne restait donc plus que trois options : soit "Last Chance Hervé", soit "Last Action Hero", soit "Last Chance for love". C'est ce dernier titre qui l'a emporté à pile ou face. 
 
 
 
 
On pourrait penser que ce film m'aurait attiré grâce à l'empreinte au casting de Dustin Hoffman, le fameux comédien de Danse avec les loups, Dogday Afternoon, Sam je suis Sam, Jerry McGuire, EdTV, ou encore Kung-Fiat Panda dans le rôle de la voix inoubliable de Shifu. Mais pas du tout. Ce qui m'a attiré dans ce merdier, c'est Emma Thomson, que j'aime associer dans mon panthéon personnel à Helen Mirren, ces actrices du siècle des Lumières qui brillent à chaque instant. Aussi, sur l'affiche, Dustin Hoffman ne m'a pas longtemps accaparé, complètement eclipsé par Jenna Elfman au faîte de son âge et de sa beauté. Cependant, une fois retirés les effets de flou photoshopés d'une affiche abracadabrante, désormais placardée dans mon salon, ma déception fut grande face au film, où la performance outstanding de Jenna Jameson ne suffit à percer les ténèbres. 
 
 
 
En tout cas "Last Chance for Hervé" m'a refait penser à une triste anecdote de mon enfance. Une cicatrice que je porte encore en moi. Je devais avoir autour de neuf ans, et mon frère aîné, qu'on appelle "Freak Mind", alors âgé de 13 ou 14 ans, et déjà grand consommateur de pornographie devant l'éternel, unique abonné Canal+ avec une formule restreinte "Premiers Samedis du Mois", pour éviter que je le dénonce aux flics et que je dévoile son petit manège de commerce triangulaire de VHS embaumées, devait faire de moi son complice pornophage. J'ai donc fêté mon passage en CM2 devant un porno crado, et quand je dis le plus crado des pornos il faudrait que vous puissiez me regarder dans le fond des yeux pour piger le sens réel du mot "crado". Il s'agissait d'un film au script assez maigre : une palanquée de scènes "homme/mec" autour de diverses piscines couvertes. Mon frère a profité d'une absence de mon père fouettard en vadrouille derrière la gare, occupé à pousser des wagons (c'est en tout cas ce qu'il nous annonçait à chaque fois qu'il quittait la maison, accompagné d'un rot terrible). Malgré tout, cet épisode glacial de mon enfance reste, en tant que tel, un souvenir unique, et en cela, précieux. Une seule conclusion est sûre : c'est ballot de voir un porno trop tôt. 
 
 
 Last Chance for Love de Joel Hopkins, avec Dustin Hoffman et Emma Thomson (2009)

L'Auberge espagnole

En 1982 Cédric Klapish réalisait son film matrice, dont l'affiche est un enfer kafkaïen de tricards Erasmus. Ce genre d'affiche a fait florès depuis, et ce sont autant de viols rétiniens dans les rues de nos villes. Et c'est là que cette chronique de société se transforme en véritable affichographie (car non, je n'ai pas envie, en 2010, de parler de L'auberge espagnole, sorti en 2002). Vous avez tous croisé la nouvelle campagne d'affichage anti-tabac, où il est question d'une fellation contrainte, et qui fait scandale. Mais que dire, puisqu'ici on ne cause que cinoche, de ces affiches de films d'horreur minables qui reprennent fréquemment le vieux thème de la femme-meublier, de la femme-tabouret, sur laquelle on s'assoit. Sur l'affiche de La Maison de cire, comme sur celle de La Colline a des yeux, et de tant d'autres longs métrages destinés à l'adolescence dorée américaine et mondiale, c'est tout un pan du cinéma gonzo qui est revisité.



 
Ces séquences où acteur porno s'attaque à une actrice penchée en avant sur une table ou un canapé, coincée là sous un pied posé sur sa joue. Ces scènes sont parmi les plus accablantes du cinéma hard dit "gonzo". Mais quand cette imagerie envahit les rues de nos villes, comment ne pas être contaminé par ce qu'elle véhicule. Peut-être en écrivant cette horreur.

Mettons que je n'aie rien dit.


L'Auberge espagnole de Cédric Klapisch avec Judith Godrèche (2002)

11 février 2010

Public Enemies

Vous aurez certainement lu dans les journaux que le nombre de gardes à vue a explosé ces dernières années sous les auspices de la politique du chiffre lancée par notre ami Nikos Sarkozy. Qui dit garde à vue dit possible incarcération, et dit surtout incarcération d'office quand le prévenu est un peu "sauvageon". Le commissariat de mon quartier m'a directement catalogué dans cette dernière catégorie.

Laissez-moi vous conter cette histoire, qui a coûté 5 mois de lourd silence à ce blog. J'étais tout simplement emprisonné. En d'autres termes j'étais prisonnier. Je garde sur ma nuque le souvenir éternel de ces 5 mois d'enfer, sous la forme d'un code-barre humiliant. Mais commençons par le début. J'étais tranquillement chez moi, les quatre fers en l'air sur mon canapé Fly. Nez à nez avec mon bol de soupe de poule aux vermicelles = un bouillon cube bio trempé dans un verre 55cl d'eau tiède, où se battent en duel trois vermicelles à savourer lentement. Face à moi, le dvd-rip de Public Enemies. J'étais pris dans le récit sans concession de ce film de gangstas, sur-boosté par mon complexe home-cinema 5.1 décapant, qui a coûté la vie à ma collection de perruches étouffées par les décibels, et qui m'a mis dans la situation financière qui pousse un homme gourmand à se contenter de pain dur chaque soir et de pain paumé les jours de fête. Venons-en au fait, après avoir bouffé mes propres ongles en guise de dessert, j'attaquais le dernier tiers du film, celui dit "de la grosse fusillade". Il faut savoir qu'une des recettes miracles de Michael Mann pour garantir le réalisme jusqu'au-boutiste de ses films, c'est d'utiliser les vraies armes de l'époque, quitte à abîmer certains acteurs.



Et autant vous dire que les pétards enrayés des années 30, passés au filtre de mes enceintes subwoofers, ça vous pousserait à la dépression plus d'une maîtresse d'école tatillonne sur le silence en classe. Les mousquets du XIIIème siècle utilisés par Micky Mann dans son film, une fois digérés et recrachés par un outillage de professionnel réglé par le dernier des amateurs, ça sonne comme un appel du pied de la grande faucheuse aux oreilles rodées du forestier qui a abattu 300 séquoias par jour dans sa vie de chien. C'était certainement pas du goût de ma vieille voisine, aux portes de la mort. Mais ce qui a conduit la police à ma porte, c'est moins les innombrables appels téléphoniques plaintifs de mes colocataires que mon propre coup de fil passé au commissariat du quartier. J'ai moi-même été tellement surpris et terrorisé par le tremblement de terre causé par mes caissons de basse que j'ai aussitôt contacté la gendarmerie pour signaler des coups de feu et un meurtre probable dans le voisinage. Ils ont rappliqué aussi sec, et ils n'ont pu que constater mon délit. A ce niveau-là, c'est plus du tapage nocturne, c'est carrément enculer la nuit. Ils m'ont emmené les menottes aux poignets. J'ai fait une matinée de garde à vue, qui a duré la bagatelle de 48 heures. Et comme j'étais devenu sourd la nuit du crime, j'étais aussi à peu près muet, ce qui fut pris pour un refus d'obtempérer, ainsi que pour un mépris à agents. Mon arrestation s'est donc étendue à 5 mois de prison ferme. J'en sors tout juste. Je n'ai pas recouvré 100% de mon ouïe et j'ai quand même un gros bracelet noir autour du pied qui m'interdit de retirer mon vieux jean délavé.

Une veine qu'ils n'aient pas pensé à mettre mon clic-clac en position assise. Y'avait là-dessous de quoi me coffrer à perpétuité. Dans la caisse de mon BZ y'a l'équivalent de toute une saison de NCIS portés disparus.


Public Enemies de Michael Mann avec Johnny Depp, Christian Bale et Marion Cotillard (2009)

23 septembre 2009

La Fille de Monaco / Sliver

Believe it or not : La fille de Monac' c'est le Sliver français. Première phrase de cette double critique, j'annonce la couleur. Sliver c'est ce film repère du cinéma Hollywoodien du milieu des années 90, avec un Tom Berenger à peine sorti de "rehab", un Alec Baldwin tâchant bec et ongles de se faire un prénom au sein de la seconde plus grande famille du cinéma après celle des Lumière, et surtout, surtout, une Sharon Stone dont le seul nom en tête d'affiche suffisait à faire dresser les foules. Même les malheureux qui n'auront eu internet qu'en 2005, à une époque où Mariah Carey et Christina Aguilera étaient les nouvelles coqueluches des gros fumistes, même ceux-là auront tapé le nom de cette star sur Google Image. La beauté de ce casting faisait de Sliver un petit bonheur d'analyse filmique, trop souvent rencardé au triste rang de porno tout public ou de thriller érotique façon Hollywood Nights.


Côté côte d'azur, la star est une miss météo à l'élocution problématique quand il s'agit d'en faire sortir des dialogues intelligibles. Je me contenterai quant à moi d'évoquer l'affreux cas de ce film, remake non-reconnu et moribond d'un doublon américain qui forçait le respect. Côté clients, les deux pôles opposés : l'avocat chétif, grisonnant, baveux et plein aux as ; l'agent de sécurité bronzé, sportif et analphabète doté d'abdos dodus. C'est ainsi que le fessier rebondi et travaillé en salle de muscu d'un Baldwin motivé à mort pour "faire la diff" avec son frère est troqué contre le goût surdopé du verbe d'un Pat' Luchini sous viagra. Par ailleurs un Roshdy Zem souffreteux a manifestement bien du mal à nous faire tirer un trait sur le Tom Berenger de Platoon.


Rien, jamais rien ni personne ne nous fera oublier cette scène où, en plein restaurant, Sharon Stone se retrouvait sans culotte et invitait Alec Baldwin à chatouiller son fort intérieur du bout des pompes avant d'y enfiler sa gambas jusqu'à la garde dans un plan séquence de tous les diables, sommet du cinéma horrifique, totalement traumatisant. Jamais rien ni personne ne nous fera oublier cette scène où Baldwin copule avec Sharon Stone contre un des piliers de son vaste appartement, instantané de l'Histoire du cinématographe où Philip Noyce parvint littéralement à "faire pleurer la pierre" tandis qu'un gros pilier de béton chialait à l'image dans le dos d'une actrice survoltée trop occupée à marabouter son partenaire de jeu, ce diable de Baldwin, dans la position dite du "crabe".


La Fille de Monaco d'Anne Fontaine avec Fabrice Luchini, Roshdy Zem et Louise Bourgoin (2008)
Sliver de Phillip Noyce avec Sharon Stone et Alec Baldwin (1993)

22 septembre 2009

Brüno

A sa sortie ce film a révulsé Télérama. Il n'y a pourtant pas véritablement de quoi crier au scandale, le film est trop creux pour ça. Mais je comprends tout à fait que ça puisse énormément choquer. En fait le film affiche trop ses ambitions et se réclame trop ouvertement choquant pour l'être vraiment. C'est très vulgaire, souvent répugnant, outrancier au possible, obscène à chaque instant, grotesque et extrêmement lourd de bout en bout. C'est comme une série de sketchs rarement réussis qu'on aurait difficilement mis bout à bout en créant une sorte d'histoire sans intérêt et prévisible comme fil conducteur, menée par un personnage auquel on ne croit pas une seconde. Ceci dit, il y a quelques rares trouvailles plutôt drôles, alors je ne dirai pas que le film est complètement mauvais, mais elles sont tellement noyées au milieu du reste qu'une fois le film fini, il est quasiment impossible de se les remémorer. Au final, ça ressemble au film qu'aurait pu faire un gamin tout excité à l'idée d'oser le pire. Le faux documentaire qu'était Borat servait peut-être à prendre conscience de certaines choses. Mais Brüno, dont le côté "documentaire" n'est jamais crédible, ne vient nous révéler strictement rien de neuf ou d'un tant soit peu intéressant.



Baron Cohen me reste tout de même sympathique, entre autres parce qu'il n'a pas le physique ni la filmographie des frères Coen. Mais il me semble que ce type-là a vraiment besoin d'être canalisé par un autre pour être réellement drôle, comme il parvient à l'être dans Talladega Nights, en compagnie de Will Ferell, comique beaucoup plus drôle et artiste rudement plus doué et complet que lui. Je n'ai rien dit à propos de la fin du film, qui est un clip prétexte à un défilé laborieux de "stars ayant accepté de tourner avec Cohen" vraiment ridicule (Bono, Snoop Doggy Dog, Elton John, etc, il ne manquait plus que Voulzy et on avait la troupe des Enfoirés au grand complet). Ah, et je termine en vous disant que dans la salle de cinoche, quasiment tout le monde riait extrêmement fort (c'est peut-être la première fois que je vois un film dans ces conditions, et pourtant j'ai vu Rosetta sur grande lucarne), et je me disais qu'il devait s'agir d'un public fait de fans conquis d'avance. Autrement je ne comprends rien et je laisse aux scientifiques et autres scientologues le soin de se pencher sur ce fascinant phénomène qu'est l'envie irrépressible de rire et sa communicabilité pandémique. Je suis grippé A.


Brüno de Larry Charles avec Sasha Baron Cohen (2009)