28 mars 2010

L'Auberge espagnole

En 1982 Cédric Klapish réalisait son film matrice, dont l'affiche est un enfer kafkaïen de tricards Erasmus. Ce genre d'affiche a fait florès depuis, et ce sont autant de viols rétiniens dans les rues de nos villes. Et c'est là que cette chronique de société se transforme en véritable affichographie (car non, je n'ai pas envie, en 2010, de parler de L'auberge espagnole, sorti en 2002). Vous avez tous croisé la nouvelle campagne d'affichage anti-tabac, où il est question d'une fellation contrainte, et qui fait scandale. Mais que dire, puisqu'ici on ne cause que cinoche, de ces affiches de films d'horreur minables qui reprennent fréquemment le vieux thème de la femme-meublier, de la femme-tabouret, sur laquelle on s'assoit. Sur l'affiche de La Maison de cire, comme sur celle de La Colline a des yeux, et de tant d'autres longs métrages destinés à l'adolescence dorée américaine et mondiale, c'est tout un pan du cinéma gonzo qui est revisité.



 
Ces séquences où acteur porno s'attaque à une actrice penchée en avant sur une table ou un canapé, coincée là sous un pied posé sur sa joue. Ces scènes sont parmi les plus accablantes du cinéma hard dit "gonzo". Mais quand cette imagerie envahit les rues de nos villes, comment ne pas être contaminé par ce qu'elle véhicule. Peut-être en écrivant cette horreur.

Mettons que je n'aie rien dit.


L'Auberge espagnole de Cédric Klapisch avec Judith Godrèche (2002)