28 mars 2010

L'Auberge Espagnole

En 1982 Cédric Klapish réalisait son film matrice. De celui-ci nous n'aurons retenu qu'une seule chose : la blancheur de la peau, le regard innocent, les gambas galbées de Judith Godrèche. En voyant ce film en très mauvaise compagnie j'ai été poussé à échafauder les principes d'une expérience maléfique. Une expérience qui consiste à enfermer (pas forcément à clé, tout dépend des goûts), avec son consentement, on n'est pas des barbares, une femme saine et vaccinée, propre sur elle, sans casier, pudibonde et sans reproche, en compagnie de dix gros blacks fraîchement échappés de taule qui n'ont pas vu le moindre bout de peau depuis plusieurs dizaines de piges. Vous aurez certainement déjà pu lire un ou deux articles ici faisant le vœu atroce de voir cette expérience un poil glauque se réaliser avec le concours de différentes comédiennes et autres présentatrices de journaux télé un poil plus curieuses que la moyenne. C'est un truc qui me dégoûte et qui néanmoins me trotte dans la tête depuis un fameux bail, précisément depuis que j'ai vu L'Auberge Espagnole pour la première fois au cinéma avec notre collaborateur "Brain Damage". C'est lui, lui le thésard en science naturelle, c'est lui qui m'a chuchoté cette idée pendant la séance. Maudit "Poulpe" ! Et en 82 j'étais pas grand, alors forcément ça m'a marqué au fer rouge cette anecdote putride.




En voyant Godrèche déambuler innocemment dans une auberge, zieutée de toutes parts par tous les triquards Erasmus des facultés du monde entier, j'ai non seulement décidé de faire de longues études à l'université en m'inscrivant au SED (Service d'Enseignement à Distance) tout en restant calfeutré chez moi, mais j'ai aussi glané là une idée fixe et envahissante, l'idée de cette expérience dite "des dix petits nègres pleins de convoitise". D'ailleurs il faudrait lui donner un nom à cette expérience. J'ai pas tellement d'idée... Ou alors si, peut-être "L'expérience des dix blacks récemment échappés de cabane". Désormais quand je vois sur un écran une femme un peu trop sûre d'elle, qui roule des mécaniques et qui en appelle fiévreusement au désir des mâles alentour, il m'arrive d'avoir une envie méprisable de lui suggérer cette expérience. Juste histoire de jauger la réaction. Rassurez-vous, ça n'irait pas plus loin. Ça s'arrêterait tout de suite, juste le temps de voir comment elle le vit, comment elle le gère, comment elle l'appréhende.




Par exemple, quand je vois Ariane Massenet dévoiler ses trois seins à cœur ouvert devant un Will Smith débarquant fier comme Artaban sur le plateau de Denisot, après avoir cassé la baraque dans Hitch expert en séduction et après s'être difficilement extirpé de son harem quotidien, lui qui a semé une quarantaine d'enfants illégitimes dans tout le continent Nord-Américain, je me pose la question de savoir, sans aller jusqu'à la fameuse expérience, comment elle réagirait face aux mêmes Will Smith démultipliés par dix, dans une pièce close éclairée par le directeur photo porté sur la pisse de Jean-Pierre Jeunet, seule face à ses démons. Assumerait-elle ? Assurerait-elle, la reine du PAF, à la suite de tant de regards libidineux, mise au pied du mur, d'un mur de queues peut-être moins convoitées dans entre quat' z'yeux que devant des caméras somme toute confortables ? Quid de sa vertu et de sa sérénité une fois plongée dans le noir le plus complet ? Comment réagit-on à l'annonce d'un enfer kafkaïen de queues ? N'allez pas croire que le choix de "blacks" serait un choix raciste, une volonté de convoquer des noirs parce qu'ils composeraient la population carcérale type ou pour faire appel aux instincts les plus animaux de l'homme. Au large ces horreurs racistes. Non c'est simplement qu'ils possèdent pour certains ce qui se fait de plus recommandable dans le domaine du vié (racisme encore, mais ultra positif).




Quelques affiches m'ont convaincu qu'il s'agissait là d'un désir étrange, tapi en quelques hommes, et sans doute alimenté voire créé de toute pièce par une imagerie qu'on nous sert et qu'on nous ressert en permanence, du pire film hard aux clips les plus anodins en passant par la publicité ou le cinéma : voir la femme lubrique dans son plus simple appareil et confrontée aux mieux appareillés. Le fantasme de posséder une femme concupiscente, c'est le lot de beaucoup, même s'il est de bon ton de se taire là-dessus. Mais quand c'est moi qui développe ce genre de théories fumantes sur mon blog, c'est pas si grave. En revanche, le bât blesse quand les afficheurs d'Hollywood ou de Paris s'en mêlent. Et c'est là que cette chronique de société se transforme en véritable affichographie. Vous avez tous croisé la nouvelle campagne d'affichage anti-tabac, où il est en gros question d'une fellation contrainte, et qui fait naturellement scandale. Mais que dire, puisqu'ici on ne cause que cinoche, de ces affiches de films d'horreur minables qui reprennent fréquemment le vieux thème de la femme-meublier, de la femme-tabouret, sur laquelle on s'assoit. Sur l'affiche de La Maison de cire, comme sur celle de La Colline a des yeux, et de tant d'autres longs métrages destinés à l'adolescence dorée américaine et mondiale, c'est tout un pan du cinéma porno qui est revisité. On a tous vu une scène, ou deux, qu'on se repasse à longueur de journée, où un acteur porno peu commode s'attaque à une actrice trop naïve, penchée en avant sur une table ou un canapé, coincée là entre un pied posé sur sa joue et une verge, souvent proportionnelle au pied, qui tutoie impoliment son for intérieur. Ces scènes sont parmi les plus accablantes du cinéma hard dit "gonzo", et pourtant c'est aussi celles qui marchent le mieux. Comment se l'expliquer ? Mais quand cette imagerie envahit les rues de nos villes, comment s'en plaindre et comment ne pas être contaminé par ce qu'elle véhicule. Et quand, trop jeune, on l'associe à nos proches, à nos mères et sœurs, comment s'en débarrasser ? Peut-être en écrivant cette horreur.

Mettons que je n'aie rien dit.


L'Auberge Espagnole de Cédric Klapisch avec Judith Godrèche (2002)

9 commentaires:

  1. Je reconnais bien là l'imagination galopante de Totole.

    Frido.

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  2. Ce que vous écrivez est une honte et ce blog devrait être fermé! c'est inadmissible d'écrire des choses pareilles, vous êtes d'une vulgarité, d'un machisme et d'une débilité incroyables !! J'espère très sincèrement qu'un jour on vous collera un procès sur le dos.

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  3. La solution à tout : un procès. Je ne suis pas d'accord avec toi : je t'envoie en prison, je te prends ton argent. Le futur....

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  4. Tu mériterais d'aller en taule avec 10 négresses récemment sortie de Chatelet pour avoir dit ça.

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  5. c'est un des textes les affreux que j'ai lu

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  6. Il y a des psychologues pour parler de ce genre de choses.

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  7. Bientôt la suite de la suite : "Casse-tête chinois"

    http://www.ecranlarge.com/article-details-23768.php

    :-/

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  8. C'est pas très beau ce que vous avez écrit la mais malheureusement cela est vrai surtout dans la société du 21 ème siècle : les gens sont avide de pouvoir

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  9. C'est juste qu'il faut reconnaître que le pouvoir que les femmes ont sur nous, c'est à dire 1) nous faire triquer et 2) se refuser à nous dans le même temps, peut salement énerver. D'où une volonté de revanche humiliante à base de blacks bien membrés. Quand on a appris à reconnaître cette pulsion revancharde, il y a des solutions pour ne pas passer par la case prison: masturbation, castration chimique, lecture de l'autobiographie de Margaret Thatcher.

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