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27 novembre 2018

Drinking Buddies

Toujours dans l’espoir de découvrir des pépites méconnues du cinéma indépendant américain, c’est avec une réelle et vive curiosité que je lançais Drinking Buddies, quatorzième film de l'acteur-réalisateur Joe Swanberg, que l'on avait déjà croisé sans le savoir dans You're Next et The Sacrament. Joe Swanberg est, si j'en crois sa page Wikipédia, une "figure de proue du mouvement mumblecore". Le mumblecore désigne ces "films caractérisés principalement par une production « fauchée » (souvent tournés en numérique), des sujets tournant autour des relations entre personnes de vingt à trente ans, des dialogues en partie improvisés et des acteurs non professionnels". Drinking Buddies ne paraît pas spécialement fauché, son sujet tourne effectivement autour des relations sentimentales pénibles de personnages méprisables dont l'âge est bel et bien compris entre 25 et 35 ans, et les dialogues semblent naturels tant ils sont anodins et tant les acteurs, professionnels mais très mauvais, ne font que répéter bêtement des formules gonflantes. Surtout, Drinking Buddies est un sacré film de merde, comme la plupart des longs-métrages de la veine mumblecore ; je le rangerai donc sans souci dans cette si triste catégorie, symbole de l'état de putréfaction avancé du ciné indé américain.




Olivia Wilde incarne une zonarde qui bosse dans une brasserie et entretient des rapports amicaux ambigus avec son collègue, le barbu Jack Johnson. Ils aiment se taquiner, se coller de la nourriture sur le visage, jouer aux cartes ou au billard tout en buvant, toujours, des bières. Bien que les deux individus soient déjà en couple, ils se rapprochent encore davantage quand ils partent en week-end avec leurs compagnons respectifs. Ces derniers, campés par Ron Livingston et Anna Kendrick, sont également attirés l'un vers l'autre, ce qui met donc à mal tous les couples ici présents et nous promet un chassé croisé amoureux de derrière les fagots. Finalement, le film n'opte pas pour cette voie-là. Parce que le mumblecore s'attache aussi à filmer la réalité, vous savez, la vraie. Et dans la vraie vie, tout ne se passe pas toujours comme prévu et ça, Joe Swanberg et sa tronche de cake l'ont bien compris.




Suite à leur week-end au grand air, Olivia Wilde se fait larguer par son mec. Pour avaler la pilule, elle décide d'arroser ça avec ses collègues autour de quelques verres de bières dans le bar miteux du coin. Ti West (!) profite de l'état d'ébriété avancée de la jeune femme pour passer la nuit avec elle, au grand dam de Jack Johnson, qui donne alors l'impression de mesurer enfin ses sentiments pour Olivia Wilde, d'autant plus qu'il évite constamment le sujet du mariage que sa compagne Anna Kendrick remet régulièrement sur le tapis, quand bien même celle-ci vient de lui être infidèle buccalement avec Ron Livingston. Malgré leur attirance réciproque évidente et après s'être tourné autour durant tout le film, Olivia Wilde et Jack Johnson ne finiront donc jamais ensemble (spoiler). Car la vie est ainsi faite : parfois, des personnes qui semblent faites l'une pour l'autre ne finissent pas l'une dans l'autre. La fin, ouverte, donne tout de même espoir qu'ils se déglinguent bientôt. Génial.




Vous l'aurez compris, ce film est une pure malédiction, terriblement agaçante du début à la fin. Seuls des fans hardcore d'Olivia Wilde, s'ils existent, pourraient y trouver leur compte. L'actrice née à Roswell (Nouveau-Mexique) apparaît ici très naturelle et donc un peu moins moche qu'à l'accoutumée. Elle retire le haut, puis le bas, révélant une poitrine timide mais 100% naturel et un séant en bonne forme qui repose sur deux solides poteaux. Face à elle, Jack Johnson accomplit l'exploit étonnant de passer tout le film avec les cheveux gras comme c'est pas permis. En plus d'avoir le physique désagréable d'un vieux bouc mal fagoté, c'est-à-dire de Satan himself, il a l'air de sortir la gueule d'un bain d'huile, ce qui expliquerait aussi sa si vilaine peau.




A leurs côtés, nous sommes surpris de retrouver Ron Livingston, le goéland, et nous déclarons officiellement Anna Kendrick sourire le plus ignoble de l'histoire du cinéma. Avec ses dents de quatre centimètres de longs et sa mâchoire avancée, on croirait un cheval agressif et laid. Si elle avait pu répondre présente pour le tournage des Jaws, cela aurait pu épargner bien des problèmes à Steven Spielberg et son fameux Bruce. Ce casting 2 étoiles est complété par Jason Sudeikis, Monsieur Olivia Wilde à la ville, qui était sans doute là pour surveiller sa compagne, toujours sujette aux effets de la boisson et prête à toutes les dérives. On n'aime pas cet acteur. Il n'y a rien à faire, il nous est très antipathique. Pour couronner le tout, Ti West, voisin horrifique du mumblecore, fait ici figure de guest star opportuniste, là pour profiter d'un moment de faiblesse de la vedette au visage si plat et large. Bref, que du beau monde je vous dis !




Tous ces gens éructent des dialogues iniques du début à la fin, rendant leurs personnages encore plus haïssables. Que les américains sont fatigants à s'émerveiller de tout et à remercier pour un rien ! "Oh it's so great, thank you, I love that, that's so great, oh God, thanks, it's perfect, it's just so perfect, I like it a lot, thank you" dit Ron Livingston quand Anna Kendrick sort un verre à pied en plastique pour déguster le vin dégueulasse que l'autre con a pensé à apporter pour le pique-nique. On a envie de les étrangler ! Et, en dehors de cet écart de conduite champêtre, pourquoi boiraient-ils constamment des bières ? A l'exception de la scène dite du pique-nique, les acteurs ont en permanence une pinte ou une bouteille de bière à la main ! Un viticulteur passe-t-il ses journées à vider ses fûts ? Un pharmacien lambda se gave-t-il de dolipranes à chacune de ses pauses ?




Olivia Wilde raconte qu'à force d'aligner les bières, tout le monde était torché sur le tournage. Il faut croire que l'alcool n'a pas des effets toujours positifs sur l'esprit créatif, l'inventivité, l'intelligence et l'humour. Wikipédia nous apprend aussi que Drinking Buddies figure dans le top 2013 de Quentin Tarantino. Les grands esprits se rencontrent...


Drinking Buddies (Ivresse entre amis) de Joe Swanberg avec Olivia Wilde, Jack Johnson, Anna Kendrick et Ron Livingston (2013)

15 mai 2018

Kodachrome

Une création originale Netflix. Toujours un beau moment de rigolade ! Elizabeth Olsen déclarait lors d'une récente interview que la plateforme VOD devait servir à "mettre en lumière et donner une chance à des films issus du cinéma indépendant". La bonne blague... Kodachrome est un étron indé comme il en sort en pagaille, au cinéma, en VOD ou ailleurs. Le très mauvais épisode d'une série télé qu'on stopperait net, sans se poser de question. Un tel film met donc encore à mal la crédibilité de Netflix que l'on aimerait effectivement pouvoir considérer comme un distributeur nécessaire, participant effectivement à offrir une plus large audience à des propositions risquées et surprenantes. On est bien loin du compte. Le bilan est à ce jour très négatif et ce minable Kodachrome en est une nouvelle preuve affligeante. Mark Paso signe ici son deuxième long métrage et ne nous donne guère envie de nous intéresser à son premier, pourtant auréolé d'une assez bonne réputation, ni de lui jeter quelques pièces si nous le croisions un triste jour au coin d'une rue. Il met en image le plus platement du monde un scénario qui aurait mérité d'être jeté au feu, un scénar d'outre-tombe qui s'appuie sur un article du New York Times consacré à l'arrêt définitif du développement des pellicules Kodachrome paru en 2009. Passionnant.




Ed Harris incarne Benjamin Ryder, un photographe de renom atteint d'un cancer du colon en phase terminale. N'ayant plus que quelques semaines à vivre, il demande à son fils Matt (Jason Sudeikis), par l'intermédiaire de son infirmière (Elizabeth Olsen), de l'accompagner jusqu'au dernier laboratoire traitant encore le film Kodachrome, au fin fond du Kansas, afin d'y faire développer de vieilles pellicules. En très mauvais termes avec son père, qu'il n'a pas vu depuis plus de 10 ans, Matt refuse mordicus de faire le voyage. Mais la charmante infirmière insiste, trouve un stratagème et, après un quart d'heure d'hésitation au suspense insoutenable, Jason Sudeikis accepte, la mort dans l'âme, bien décidé à profiter du voyage pour envoyer chier son vieux père à la moindre occasion. Et nous voilà partis pour un road trip de la pire espèce aux côtés de trois personnages dont on aimerait voir la route coupée nette par un camion-citerne lancé à pleine vitesse. Hélas... Tout est cousu de fil blanc, du début à la fin, et le film ne surprend strictement jamais. Oui, Ed Harris et Jason Sudeikis finiront par se rabibocher avant la mort du premier. Oui, Jason Sudeikis réussira à s'envoyer Elizabeth Olsen avant qu'ils se fâchent pour mieux se remettre ensemble à la toute fin. Un programme putride et trop bien connu, suivi à la lettre par Mark "Old El" Paso.




Tout est à chier là-dedans. On se demande bien ce que le pauvre Ed Harris vient foutre là. Il pète la forme, ça se voit, il a le regard vif et le poil soyeux, il n'est pas crédible une seconde en vieux malade aux portes du trépas. Il est pathétique à plus d'une reprise, notamment quand il sort de grands discours moisis, l'un sur le fait que tous les vrais artistes sont soit des connards, des dépressifs, des drogués ou que sais-je (ceci pour se justifier d'être lui-même une ordure) ; l'autre sur la photographie et la nécessité de capturer le temps qui passe blablablabla. Quel poète, quel philosophe... Elizabeth Olsen montre quant à elle toutes les limites de son acting misérable, on croirait une zonarde de sitcom qui a eu pour seules profs de comédie Jennifer Aniston et ses petites sœurs jumelles camées. Elle singe chacune des pires postures et des intonations ridicules de la star de Friends. Et quand elle copie également son look et son style vestimentaire, à savoir ce long tie and dye qui traîne, ce débardeur blanc un peu lâche et ces seins qui pointent, elle achève de nous exaspérer. Mais le pire élément de ce trio de malheur est évidemment le si pénible Jason Sudeikis. Avec lui, c'est viscéral. Je ne peux pas. Depuis le premier regard... Je n'aime pas sa tronche. Il me sort par les yeux. Il roule tout le temps des mécaniques, se prenant pour un bogoss, c'est insupportable. Ici, il joue un agent de label musical, sur la sellette, à la recherche de nouveaux talents. Sur le point de se faire virer au début du film, où les emmerdes lui tombent sur le coin de la gueule en cascade, il demande à son patron pour lui rappeler sa valeur : "Et cette cassette de démo de Coldplay que je vous ai passée en 99 et que vous n'avez pas daigné écouter ?", "Et ce groupe, nommé Arcade Fire d'après mes souvenirs, que j'avais vu en live et que je vous avez conseillé en 2001 ?". Le gars est visiblement très fier d'avoir repéré avant tout le monde les plus gros groupes de merde actuels, le premier polluant toutes nos ondes radio, le second ayant accéléré la mort du rock indé. Joli.




Question musique, le moment le plus douloureux du film survient sans doute dans la chambre d'adolescent de Jason Sudoku, où l'un de mes groupes fétiches se voit traîné dans la boue par le simple fait d'être cité dans un tel immondice. Sudeikis et Olsen échange sur la musique, la véto-pour-vieux inspectant le bac à vinyles du tocard-en-chef (il faut croire qu'à 15 ans, notre mélomane de pacotille s'était déjà mis au microsillon, mais bien sûr...). "Pearl Jam, Nirvana, Radiohead... tu étais un ado torturé ?" demande la jeune femme, avec un ton insupportable de psychiatre inquiète. Quelques minutes plus tard, Sudeikis se veut séducteur et s'impose l'idiot défi consistant à tenter de deviner ce qu'Olsen écoutait dans sa jeunesse. Il cite de la chienlit pour la provoquer, en lui suggérant qu'elle devait écouter des trucs "mainstream" (rappelons qu'il est super bien placé pour se montrer condescendant, lui qui regrette des guignols comme Coldplay et Arcade Fire, c'est un expert en la matière). Avec une moue boudeuse qui pourrait rendre violent n'importe qui, Olsen fait la maligne en lui répondant "Tututut, moi j'adulais les Smiths, les Pixies... ça c'était mon truc, ma came". Faux pas notable pour Sudoku. Dans son élan, Olsen continue à fouiller le bac à vinyles et en sort un disque de Galaxie 500, This is Our Music. Bonne pioche, crevarde. "Oh, Galaxie 500..." dit-elle, et Sudeikis d'ajouter simplement "Obscur...". Qui a écrit ces dialogues ?! Puis la zonarde met un morceau au hasard. Quelle souffrance ! Dean, colle un procès à tous ces cons !




Un peu plus tard, les trois clowns diaboliques vont assister au concert d'un groupe que Sudeikis espère faire signer sur son label : les Spare Sevens, ou les Seven-Up, ou les Seven Plaies d’Égypte, bref, je ne sais plus, un nom à la con en tout cas. Le groupe est infâme, jouant une mélasse à gerber à un public en transe, une musique de stade de bas étage, vraisemblablement inspirée par les pires hymnes miteux d'Arcade Fire. La foule tend des briquets solennellement, Sudeikis et Olsen se regardent le sourire aux lèvres, en lâchant un commentaire puant tout en dodelinant de la tête en rythme. "Ils sont bons hein ?", "Ouais ils sont bons"... Un supplice. Plus tard, nous verrons Sudeikis et Olsen chanter du +LĪVE+ à tue-tête, un groupe ultra ringard mais qu'il est désormais trop cool de kiffer, au second degré. A ce moment-là, le film creuse encore davantage, on a vraiment envie de se tirer une balle. Le passage chez le frère d'Ed Harris s'éloigne de la scène musicale mais atteint aussi un autre abîme dans l'horreur. Également en froid avec son cadet, le vieux Edgar Harris ne trouve rien de mieux à faire que de lui révéler, en plein repas dominical, qu'il s'est tapé sa bonne femme, sous les yeux éberlués de celle-ci, ne démentant guère l'énormité des propos tenus. "Et elle en redemandait, la salope...", précise le réalisateur de Pollock, habitué à se servir de son cobra comme d'un pinceau inspiré. Juste après, Sudeikis, au bon goût de brebis, faisant la vaisselle à l'écart, sort alors le seul dialogue un peu censé du lot "Le fait de crever bientôt ne donne pas tous les droits à ce vieil enfoiré ! Il est encore plus con qu'avant, lui qui a toujours été un déchet humain. J'ai honte d'être issu de ses vieilles couilles, elles ont fait tant de dégât...". Charmant... Ed Harris essaie ensuite lamentablement de sauver les meubles en déclarant "Rooooooh, mais c'était pour le charrier, c'est tout !". Trop tard, son frère est déjà sorti de table, il se tient debout, dehors, devant sa grande baraque, les mains sur les hanches, contemplant l'horizon, essayant de digérer tout ça. J'ai eu la même réaction après m'être enfilé cette saloperie de film. J'suis sorti, j'ai pris l'air, j'ai essayé de décompresser, de penser à autre chose. L'effet Netflix quoi.


Kodachrome de Mark Paso avec Jason Sudeikis, Ed Harris et Elizabeth Olsen (2018)

15 décembre 2011

Comment tuer son boss ?

Tandis que la Grèce nous refait le même coup que lors de l'Antiquité, c'est-à-dire s'effondrer et laisser derrière elle ruines, désolations et guérillas, moi je me suis lancé Comment tuer son boss ? en bouffant un kefta arrosé de tzatziki ! Le pitch, en quelques mots. On a là trois mecs qui veulent se débarrasser de leurs patrons respectifs. Jason Bateman, soit littéralement "l'homme chauve-souris", doit subir le diktat d'un supérieur lunatique et violent : Kevin Spacey, qui tient à bout de bras les quelques scènes réussies de ce pauvre film. Jason Sudeikis est quant à lui l'employé préféré de son patron, Donald Sutherland, et tout va comme sur des roulettes. Son avenir est tracé, son patron lui ayant déjà promis sa place. Le dernier, Jason Day, se fait tout simplement assaillir de propositions indécentes de la part de Jennifer Aniston. Les trois compères décident de signer un pacte en se promettant de s'entraider à se débarrasser de leurs boss respectifs.

 
Là vous me direz "Mais Jason Sudeikis jouit d'une position fort enviable, non ?". Sauf que, ironie du sort, son patron, après lui avoir adressé un clin d’œil, a succombé à une heart attack et c'est malheureusement son fils, interprété par un Colin Farrell qu'on avait pas vu aussi survolté depuis Daredevil, qui reprend légalement les rênes de l'entreprise. Sauf que cet homme-là est un érotomane, cocaïnomane et qu'il a une dent contre Jason Sudeikis (father and son relationship problems). Conclusion : nos trois gus n'ont plus qu'une seule envie, se débarrasser de leurs boss. Vous vous rendez compte que ça fait trois fois que je répète qu'ils veulent se débarrasser de leurs boss, et c'est bien là le problème de ce film : dès le moment où ils décident ensemble qu'ils veulent se débarrasser de leurs boss, il ne se passe plus rien !


Et la question qui me vient, c'est : pourquoi vouloir se débarrasser de Jennifer Aniston ? Je comprends la logique dans l'envie d'éliminer Colin Farrell ou Kevin Spacey qui ont bien fait comprendre à leurs subalternes qu'ils leur feraient la peau à la moindre incartade, mais pourquoi Aniston, qui ne réclame, après tout, qu'un coup de vous-savez-quoi ? Je conçois tout à fait la légitimité de rester fidèle à sa bien-aimée mais mettons-nous dans la peau du personnage interprété par Jason Day : quand une telle situation se présente, l'ado de 15 ans qui est en toi te hurle de réaliser séance tenante un acte sexuel bref, violent et culpabilisant avec cette femme au regard, aux manières et au parler salaces. Certes, Jennifer Aniston est une érotomane qui submerge sa victime de propositions outrageusement indécentes, mais c'est loin d'être l'ordure hyper violente fan de Beethoven incarnée par les deux autres boss. Quel homme hétérosexuel normalement constitué viendrait lui jeter la pierre ? Et c'est bien ce dont les producteurs se sont rendus compte puisqu'ils ont décidé de faire s'entretuer Kevin Spacey et Colin Farrell tandis qu'ils laissent la vie sauve à Jennifer Aniston. Pendant ce temps, nos trois Jason s'en tirent les mains dans les poches, les pieds au guidon. Là je viens de vous spoiler le film. Je viens de vous épargner 1h40.

 
Pour clore ma chronique, je citerai un anonyme croisé sur internet : "Jennifer Aniston drove me nuts. Biggest tease ever ! Let's face it though, any married man would still fuck her if he had the chance." En effet. Moi qui espérais pouvoir apprécier les derniers atouts charmes de Jennifer Aniston avant sa date de péremption (11. 02. 2012), je m'estime floué. Les uniques répliques et plans grivois se trouvent dans la bande-annonce, disponible gratuitement sur Youtube (faut dire que le film intégral est aussi disponible gratuitement depuis un moment...). Là résidait l'argument numéro 1 qui m'a convaincu à entre guillemets aller au cinéma ou, si vous voulez, à "acheter le dvd" (on se comprend !). Je suis très amer et déçu.


Comment tuer son boss ? de Seth Gordon avec Jason Sudeikis, Jason Bateman, Charlie Day, Kevin Spacey, Colin Farrell et Jennifer Aniston (2011)

4 août 2011

Bon à Tirer (B.A.T.)

J'ai "regardé" ça un soir avec Poulpard, je mets entre guillemets parce qu'on n’était pas toujours dedans, mais c'est bien grâce à cela que nous avons tenu tout le film. Pour tout vous dire, nous étions occupés à répondre à un lecteur surexcité. Il s’agit donc du dernier film des frères Farrelly, avec comme souvent un pitch qui se veut plus ou moins accrocheur. Les deux personnages principaux du film sont deux meilleurs amis, Owen Wilson et Jason Sudoku, obsédés sexuels et constamment attirés par les minettes qui passent sous leurs yeux pervers. Ils sont pourtant mariés, l’un à Jenna Fischer et l’autre à Christina Applegate, mais leurs vies sexuelles ne sont plus ce qu’elles étaient. Se rendant bien compte de l’état alarmant de la libido de leurs compagnons, véritables bombes à retardement frustrées par la vie, elles prennent une décision commune : donner un "bon-à-tirer" (expression ô combien affreuse, traduction malheureuse de "hall pass") à leurs maris, pour que leur obsession du cul disparaisse, l'interdit de l’infidélité étant temporairement levé. Pendant une semaine, nous suivons donc les pérégrinations pathétiques de ce triste duo sans relief, guidé par sa seule envie d'enfin réussir à tirer un coup salvateur...


Jouer tout un film les mains dans les poches, c'est une belle performance de la part de Wilson. Mais ça en dit long sur l'implication de l'acteur dans un projet mort-né.

Au-delà du fait que les Farrelly essaient manifestement de cacher leur flagrant manque d’inspiration sous un gros tas de vulgarités et de dialogues très gras dignes du pire de Judd Apatow, l’une des choses qui frappent le plus dans ce pauvre film est la tronche et l'allure pitoyables que trimballe Owen Wilson d’un bout à l’autre. On le sait dépressif et suicidaire, je ne m’acharnerai donc pas sur lui, mais c’est tout de même un peu problématique quand cela transparaît à l’écran dans des films supposés être drôles et légers. Ici, l’acteur ressemble à un vieillard convalescent qui a évité de peu la faux et qui depuis n’arrive plus à retrouver goût à la vie. Le pauvre, il fait vraiment peine à voir. Quant à son acolyte, que dire ? Il parvient à nous faire pouffer une petite fois, lorsque la vulgarité du film est poussée à son paroxysme (la scène du pet qui repeint la baignoire) et qu’il nous offre un regard consterné, apparemment conscient de l’horreur de la situation. Ça reste assez peu en 105 minutes de film, car à l’instar de la plupart des autres œuvres des frères Farrelly, Bon à Tirer a le défaut de durer une bonne demi-heure de trop...


Jenna Fischer est souvent méconnaissable, rendue hideuse par des séances d'U.V. intensives que la blancheur anormale de ses dents met en avant. Quant à Applegate, j'ai eu du mal à la reconnaître, elle a à nouveau changé de tronche !

Habituellement dans les films des Farrelly, il y a au moins une jolie actrice qu'ils mettent plutôt bien en valeur. Dans Fous d'Irène, ils parvenaient presque à rendre Renée Zellweger charmante, ce qui relève du miracle étant donné la façade décrépie de cette comédienne biélorusse (et encore, notez bien que j'ai dit "presque"). Ils ont entre autres filmé Gwyneth Paltrow et Eva Mendes, mais aussi Vanessa Angel (celle qui a émoustillé tous les fans de la série Code Lisa, à commencer par notre bon Poulpard). Dans Bon à Tirer, ils ont Jenna Fischer sous la main, mais ils préfèrent se focaliser sur une pouffiasse australienne blonde sans intérêt apparemment nommée Nicky Whelan. Je parle des comédiens, du fait que c'est pas drôle, etc, vous pourrez penser que c'est pas très poussée comme critique, mais je ne préfère pas m'attarder sur le reste. Y'a que dalle à dire sur ce film, dont même la morale puritaine est affligeante. C'est d'autant plus attristant quand on se dit que les deux personnages principaux sont bien entendu les avatars des frères metteurs en scène. Enfin bref, les Farrelly ne ressortent pas du tout grandis de ce film très souvent abject, bien au contraire. Un film qui confirme l'état déliquescent des ciboulots du duo de Providence après le déjà ridicule Les Femmes de ses rêves... Si ces deux-là donnent enfin une suite à Dumb & Dumber, ils ont tout intérêt à confier les rênes du projet à Jim Carrey, car s'ils se loupent, ils seront numéro un ex-æquo sur ma Most Wanted List !


Bon à Tirer (B.A.T.) de Peter et Bobby Farrelly avec Owen Wilson, Jenna Fischer, Jason Sudeikis, Nicky Whelan et Christina Applegate (2011)