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10 mai 2018

Game Night

Jason Bateman et Rachel McAdams forment un couple accro aux jeux et à l'esprit de compétition terriblement bien affûté dans Game Night. Ils organisent tous les vendredis des soirées jeux et y invitent quelques couples d'amis. Jeux de plateau, d'adresse, de mimes, de rôles, tout y passe dans une joyeuse ambiance. Un beau soir, le frère plein aux as de Jason Bateman leur propose un jeu de rôles grandeur nature, une murder party qui consistera à retrouver les personnes qui l'ont enlevé. Evidemment, rien ne se passe tout à fait comme prévu et la petite bande se retrouve impliquée dans une sordide affaire... Version comique de The Game de David Fincher, dans lequel un Michael Douglas à cran devait supporter le scénario machiavélique inventé par son petit frère Sean Penn, Game Night joue également sur le malentendu possible entre le jeu de rôles et la réalité. Ici, c'est surtout l'occasion d'aligner les gags et les vannes et, si l'on se tord rarement de rire, on regarde tout cela plutôt amusé. Car le film est ludique et vraiment bien rythmé, on ne s'ennuie pas. Tous les personnages apportent leur petit lot de drôlerie et aucun n'est méprisable comme c'est trop souvent le cas dans les comédies actuelles.




On avait rarement vu Jason Bateman aussi agréable au cinéma, dans un rôle pourtant très simple auquel il apporte quelques petits détails comiques. Mais la vraie attraction du film est sa compagne à l'écran, la délicieuse Rachel McAdams, toujours aussi ravissante et très régulièrement drôle. L'actrice canadienne devrait plus souvent jouer dans des comédies légères de ce genre, ça lui va bien ! Jason Bateman et elle incarnent un couple plutôt attachant. Les autres personnages aussi sont assez plaisants, en particulier le crétin de base qui a toujours un temps de retard (chouette scène de soudoiement par l'argent). Mais le personnage le plus réussi du lot est clairement leur voisin flic campé par l'étonnant Jesse Plemons : un type assez flippant, qui observe de près l'activité d'un couple qui, auparavant, l'invitait à ses soirées et l'a mis de côté depuis que sa femme l'a quitté. Il a une façon de parler, très lente et sérieuse, qui prête à rire et l'acteur ne dévie jamais de cette ligne, chacune de ses apparitions apporte un vrai plus. Les réalisateurs l'ont d'ailleurs bien compris puisqu'ils consacrent entièrement à son personnage le générique final.




Alors certes, on peut regretter une ou deux scènes d'action un brin trop longues auxquelles la deuxième partie laisse une place trop importante (le début est plus réussi). On pourrait aussi rappeler amicalement au scénariste qu'il ne suffit pas d'enchaîner les références cinématographiques dans les dialogues pour faire mouche : bien que certains clins d’œil et namedropping soient effectivement bien vus et plutôt marrants, quelques uns sont trop forcés et n'ont pas l'effet escompté. Mais ces défauts ne suffisent pas à entamer le petit plaisir ressenti devant ce sympathique spectacle qui nous réserve quelques situations cocasses, que l'on aurait parfois souhaité voir être poussées encore plus loin. Le film de Jonathan Goldstein et John Francis Daley vaut donc bien mieux que son hideuse affiche. Le genre de petit film dont on attend rien du tout et qui s'avère divertissant et sympathique, porté par des acteurs qui, eux aussi, ont l'air de bien s'amuser. Une bonne surprise.


Game Night de Jonathan Goldstein et John Francis Daley avec Rachel McAdams, Jason Bateman, Jesse Plemons et Kyle Chandler (2018)

15 décembre 2011

Comment tuer son boss ?

Tandis que la Grèce nous refait le même coup que lors de l'Antiquité, c'est-à-dire s'effondrer et laisser derrière elle ruines, désolations et guérillas, moi je me suis lancé Comment tuer son boss ? en bouffant un kefta arrosé de tzatziki ! Le pitch, en quelques mots. On a là trois mecs qui veulent se débarrasser de leurs patrons respectifs. Jason Bateman, soit littéralement "l'homme chauve-souris", doit subir le diktat d'un supérieur lunatique et violent : Kevin Spacey, qui tient à bout de bras les quelques scènes réussies de ce pauvre film. Jason Sudeikis est quant à lui l'employé préféré de son patron, Donald Sutherland, et tout va comme sur des roulettes. Son avenir est tracé, son patron lui ayant déjà promis sa place. Le dernier, Jason Day, se fait tout simplement assaillir de propositions indécentes de la part de Jennifer Aniston. Les trois compères décident de signer un pacte en se promettant de s'entraider à se débarrasser de leurs boss respectifs.

 
Là vous me direz "Mais Jason Sudeikis jouit d'une position fort enviable, non ?". Sauf que, ironie du sort, son patron, après lui avoir adressé un clin d’œil, a succombé à une heart attack et c'est malheureusement son fils, interprété par un Colin Farrell qu'on avait pas vu aussi survolté depuis Daredevil, qui reprend légalement les rênes de l'entreprise. Sauf que cet homme-là est un érotomane, cocaïnomane et qu'il a une dent contre Jason Sudeikis (father and son relationship problems). Conclusion : nos trois gus n'ont plus qu'une seule envie, se débarrasser de leurs boss. Vous vous rendez compte que ça fait trois fois que je répète qu'ils veulent se débarrasser de leurs boss, et c'est bien là le problème de ce film : dès le moment où ils décident ensemble qu'ils veulent se débarrasser de leurs boss, il ne se passe plus rien !


Et la question qui me vient, c'est : pourquoi vouloir se débarrasser de Jennifer Aniston ? Je comprends la logique dans l'envie d'éliminer Colin Farrell ou Kevin Spacey qui ont bien fait comprendre à leurs subalternes qu'ils leur feraient la peau à la moindre incartade, mais pourquoi Aniston, qui ne réclame, après tout, qu'un coup de vous-savez-quoi ? Je conçois tout à fait la légitimité de rester fidèle à sa bien-aimée mais mettons-nous dans la peau du personnage interprété par Jason Day : quand une telle situation se présente, l'ado de 15 ans qui est en toi te hurle de réaliser séance tenante un acte sexuel bref, violent et culpabilisant avec cette femme au regard, aux manières et au parler salaces. Certes, Jennifer Aniston est une érotomane qui submerge sa victime de propositions outrageusement indécentes, mais c'est loin d'être l'ordure hyper violente fan de Beethoven incarnée par les deux autres boss. Quel homme hétérosexuel normalement constitué viendrait lui jeter la pierre ? Et c'est bien ce dont les producteurs se sont rendus compte puisqu'ils ont décidé de faire s'entretuer Kevin Spacey et Colin Farrell tandis qu'ils laissent la vie sauve à Jennifer Aniston. Pendant ce temps, nos trois Jason s'en tirent les mains dans les poches, les pieds au guidon. Là je viens de vous spoiler le film. Je viens de vous épargner 1h40.

 
Pour clore ma chronique, je citerai un anonyme croisé sur internet : "Jennifer Aniston drove me nuts. Biggest tease ever ! Let's face it though, any married man would still fuck her if he had the chance." En effet. Moi qui espérais pouvoir apprécier les derniers atouts charmes de Jennifer Aniston avant sa date de péremption (11. 02. 2012), je m'estime floué. Les uniques répliques et plans grivois se trouvent dans la bande-annonce, disponible gratuitement sur Youtube (faut dire que le film intégral est aussi disponible gratuitement depuis un moment...). Là résidait l'argument numéro 1 qui m'a convaincu à entre guillemets aller au cinéma ou, si vous voulez, à "acheter le dvd" (on se comprend !). Je suis très amer et déçu.


Comment tuer son boss ? de Seth Gordon avec Jason Sudeikis, Jason Bateman, Charlie Day, Kevin Spacey, Colin Farrell et Jennifer Aniston (2011)