Affichage des articles dont le libellé est Christophe Lambert. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Christophe Lambert. Afficher tous les articles

6 octobre 2020

Les Insectes de feu

J’avais 12 ans quand j’ai découvert ce film. A l’époque, j’avais deux phobies : les insectes et le feu. Autant dire que sur moi, ce film a eu un effet bœuf. Quand j’étais jeune ado, j’aimais avoir les chocottes gratos et j’adorais donc tout particulièrement mater des films de ce genre. J’aimais voir mes plus grandes peurs emprisonnées derrière mon écran de télévision, domptées et inoffensives. Ou du moins c’est ce que je croyais pendant que je visionnais ces films car quand, la nuit tombée, venait le moment d’éteindre la lumière, je regrettais d’avoir voulu faire mon malin. Je ne trouvais pas le sommeil et je repensais immanquablement à ces terribles insectes de feu. Ces blattes incandescentes échappées des entrailles de la Terre suite à un séisme de magnitude 8,9 sur l'échelle de Teddy Richert. Ces cafards démoniaques qu'un savant fou choisit d'étudier du matin au soir et du soir au matin, quitte à s'y brûler les ailes, ou au moins les pinceaux, quitte à y fumer son couple et y laisser sa vie, trop obnubilé à l'idée de percer le secret de ces vermines, de résoudre l'énigme de ces briquets à six pattes, de ces zippos à deux antennes. Telle est l'histoire de ce film phare de mes années 90, sorti en 1975.
 
 
  

Ce film est l’œuvre de Jeannot Szwarc, bien plus connu dans le métier sous le nom de « Jeannot Laissebéton » puisque c’est ce qu’il répétait systématiquement quand on lui demandait d’épeler son véritable patronyme. Jeannot Szwarc est l'un des premiers cinéastes français dont le talent, vite repéré par les producteurs américains, s'est principalement exprimé à Hollywood. C'est lui, l'homme plein de courage et d'abnégation, qui a eu le cran de passer derrière tonton Spielberg pour réaliser la première suite des Dents de la mer, à mon sens supérieure à l'original (le requin finit électrifié par un Romy Schneider à cran, et j'ai dans ma chambre un poster géant de cette scène culte). On lui doit également Hercule et Sherlock, avec Chris Lambert et Rick Anconina dans les rôles de deux chiens réincarnés en flics. Jeannot Szwarc a donc trois de mes films fétiches à son actif. Trois films importants pour moi, qui ont marqué ma petite vie de cinéphile. Mais revenons donc à nos Insectes de feu, et à la raison pour laquelle ce film continue de me hanter jour et nuit.
 
 

 
On évolue au quotidien avec dans nos poches des gadgets électroniques susceptibles de prendre feu à tout moment. Nos maisons sont pleines d’appareils électrifiés qu’une simple étincelle suffirait à faire exploser. Pour ne rien gâcher à cet effrayant tableau, je suis chaque jour froqué en survêt’, vous savez, ces fringues particulièrement moches mais amples et confortables, fabriquées dans une matière qui s’enflamme en un clin d’œil : le polyuréthane. Ils nous fondent littéralement dessus quand une petite escarbille vient s’y poser. Ils font de nous des grands brûlés en l’espace de quelques centièmes de secondes. S’il y a bien une chose que je redoute, c’est la combustion spontanée. On évolue au jour le jour avec toutes ces menaces qui nous entourent. Pour ces raisons, j’ai fait le choix personnel de ne plus évoluer. Je n’évolue plus depuis que j’ai 12 ans. Mais par conséquent, j’ai toujours peur des insectes, encore davantage du feu et je continue à mater des films de merde. Celui-là est mon pire cauchemar.


Les Insectes de feu de Jeannot Szwarc avec Bradford Dillman, Joanna Miles et Richard Gilliland (1975)

5 mai 2013

Mama

Lors du dernier festival du film fantastique de Gérardmer, le président du jury, Christophe Lambert, a parait-il prononcé un discours étonnant, mais plein de bon sens, où il se plaignait de la piètre qualité des films sélectionnés en compétition. Il est vrai que le festival, qui soufflait sa 20ème bougie, et que l'on annonce en perte de vitesse et sur le point de disparaître depuis toutes ces années, ne s'est jamais véritablement distingué par la pertinence de ses choix. Le discours de Christophe Lambert, assez osé et original pour un président du jury, faisait donc du bien à entendre, et son courage fut logiquement salué avec ferveur dans une revue comme Metaluna. La question que je me pose aujourd'hui est donc la suivante : après avoir établi un tel constat, comment peut-on décemment décerner le Grand Prix à un film comme Mama ? Comment peut-on ?




Mama est un nouvelle production de Guillermo Del Toro, décidément pas décidé à faire du bien au genre qu'il affectionne tant, après le déjà ultra merdique Don't Be Afraid of the Dark. Mama est le remake et l'extension, en long métrage, d'un court du même auteur, l'argentin Andrès Muschietti. Le court métrage aurait apparemment tapé dans l’œil, et pas le bon, du mexicain obèse fan de robotique, qui aurait aussitôt flairé les dollars et proposé à son nouveau poulain d'en faire un film d'une durée approximative d'1h40. Mama nous narre l'histoire de deux fillettes abandonnées dans la forêt et retrouvées des années après par leur oncle (Najat Vallaud-Belkacem), qui les accueille chez lui avec sa petite amie rockeuse (Jessica Chastain). Le couple ignore que les gamines sont désormais sous la protection d'une entité vengeresse qu'elles nomment ridiculement "Mama", un fantôme au caractère peu commode qui verra d'un très mauvais œil qu'on lui retire de façon très arbitraire la responsabilité parentale qu'il s'était lui-même attribué.




Derrière cette histoire faussement compliquée où l'on essaie timidement de nous faire douter de la personnalité des deux gamines, se cache finalement un bête film de fantôme insupportable, qui s'enlise immédiatement dans des situations déjà vues milles fois ailleurs. Il n'y a strictement rien à sauver. Bon, allez, je sauve un court passage où la mise en scène fait pour une fois preuve d'un peu d'intelligence : ce long plan fixe où l'une des gosses joue avec ce que l'on imagine être sa sœur, hors champ, avant que celle-ci apparaisse à côté dans le couloir. Je ne suis pas clair, mais ceux qui l'auront vu comprendront, et cela préservera aux autres aventureux le seul moment un peu malin du film. Car à part ça, RAS. Et on a droit à tous les clichés, de la petite vieille qui nous sort en trois répliques le b.a -ba des grands principes qui régissent l'existence des fantômes parmi nous, à la découverte du douloureux passé du fantôme en question, dans un flashback proprement hideux, où le comble du ridicule scénaristique et de la laideur visuelle sont atteints.




Les scènes de trouille sont très pauvres aussi, et sentent sacrément le rance. Je pense par exemple à cette scène où le docteur des gamines retourne dans la cabane où ses patientes ont grandi afin d'en savoir un peu plus sur Mama. Soudainement plongé dans le noir, le toubib se met à se servir du flash de son appareil photo pour voir ce qui l'entoure. Au fil des flashs successifs, Mama pointe le bout de son nez, et nous sommes supposés avoir les chocottes comme jamais, sauf que Muschietti semble ignorer qu'on a déjà vu exactement la même scène dans des titres bien connus tels Saw ou Shutter (pour ne citer qu'eux), avec une toute autre efficacité sur le spectateur, car les séquences en question étaient diablement mieux amenées et exécutées. Bref, c'est tout simplement navrant. Et ce n'est là qu'un exemple parmi tant d'autres...




Les 40 premières minutes de Mama se suivent d'un œil distrait, le rythme est tel que l'on regarde tout cela tant bien que mal, déjà passablement agacé, mais ça va encore. La deuxième partie du film est autrement plus terrible pour les nerfs, et je ne parle évidemment pas d'anxiété ni d'un quelconque effroi ressenti devant ce recyclage ignoble. Il devient alors évident qu'il n'y aura plus aucun retournement de situation capable de sauver les meubles. D'ailleurs, de surprise, il y en a finalement aucune, dans ce scénario où un revenant doit simplement accomplir un dernier méfait pour venger sa mort cruelle avant de décamper une bonne fois pour toute. Le pire du pire nous est réservé pour la toute fin, une conclusion grotesque qui nous propose une partie improvisée de tir à la corde opposant la terrible Mama à Jessica Chastain, sur une corniche, avec, au milieu, les deux gamines et, en guise de corde, la ceinture à nouer d'une robe de chambre. Et je ne raconte pas des blagues...




En parlant de Chastain, on se demande bien ce que la belle est venue faire dans cette galère. Affublée d'une tignasse noire qui ne lui sied guère, l'actrice assure le minimum syndical, et se contente d'arborer des tenues de rockeuse tutoyant trop souvent le ridicule. Certaines d'entre elles nous laissent cependant admirer une poitrine sautillante qu'on ne lui connaissait pas si volumineuse, tandis que d'autres s'avèrent impitoyables pour tout son bottom : moulée dans ses jeans grunges troués, la charmante Jessica a l'air d'avoir un gros cul et deux poteaux en guise de jambes ! C'est cruel ! On la préfère en rousse aérienne chez des cinéastes réellement inspirés par son visage si particulier, qu'en patate gothique dans cette horreur de film commis par un footballeur raté... Rien à dire des autres acteurs qui pataugent eux aussi là-dedans, notamment sur les deux petites, auxquelles j'avoue qu'on ne peut rien reprocher. Quoique si, j'ajouterai un mot sur ce dénommé Nikolaj Coster-Waldau : il est beau gosse, certes, y'a pas à dire, il ressemble à un surfeur viking, mais qu'il retourne donc chercher les vagues en Mer du Nord, il ne manquera à personne !




L'important succès rencontré par le film de Muschietti au box office américain doit laisser penser aux personnes peu curieuses que, cette année, Gérardmer ne s'est pas trompé. Et pourtant... Et pourtant ! Un festival comme celui-ci ne devrait-il pas plutôt mettre en avant des films moins faciles, plus exigeants et originaux, comme Berberian Sound Studio ou You're Next, qui concourraient aux côtés de Mama lors de cette sinistre édition ? Je n'ai pas vu ces deux films, je m'appuie seulement sur quelques avis de confiance, et je suis persuadé qu'ils sont infiniment mieux que la daube infâme de Muschietti. De toute façon, je me dis qu'on peut difficilement faire pire.

Pendant le générique d'ouverture, ma compagne a poussé un cri d'horreur lorsqu'elle a lu "Produced by Guillermo Del Toro". Elle se souvenait de Don't Be Afraid of the Dark. J'aurais dû l'écouter. Elle m'en veut encore. Elle m'en veut encore ! Meurs, Gérardmer !


Mama d'Andrés Muschietti avec Jessica Chastain, Nikolaj Coster-Waldau et Megan Charpentier (2013)

21 janvier 2011

Toy Story 3

Y'a bien aimer et bien aimer. Moi aussi j'ai plutôt "bien aimé" Toy Story 3, mais jamais il foutra le bout d'un pied dans un de mes classements de fin d'année... Qu'il apparaisse dans le Top 2010 des gens qui n'ont rien à foutre du cinéma, ok, on s'en branle, y'a beaucoup de gens qui vont au cinéma trois fois dans l'année, ils ont vu Toy Story 3 pour se niquer une bonne soirée et ne surtout pas se prendre la tronche, ils ont passé un bon moment et le mettent en tête de leur wish list de Noël prochain ? Fort bien. L'étonnant, et je dis pas que c'est criminel, juste que c'est surprenant et peut-être parlant, en tout cas ça pose question, c'est plutôt qu'il apparaisse haut placé dans les classements d'un certain nombre de critiques. Par exemple dans celui des Cahiers du cinéma de décembre 2010. Pourquoi ? On peut hasarder tout un tas de réponses plus ou moins fallacieuses... Si c'est parce que Toy Story 3 est effectivement meilleur que tout un tas de films américains bidons, soit, mais pourquoi faudrait-il à tout prix du cinéma hollywoodien dans un top de fin d'année ? Si ce n'est que ça on peut en trouver des bons films ricains sortis cette année, ne serait-ce que Bad Lieutenant... Ou alors c'est parce qu'il est de bon ton d'aimer les films à priori pas importants, de trouver de grandes qualités cinématographiques à des films qui ne cherchent pas à en avoir et qui de fait n'en ont pas et de pousser l'élucubration jusqu'à puiser un double sens étonnamment profond dans un film pour gosses dont la portée se limite à l'effleurement des thèmes de l'abandon et de la solidarité dans une apologie agréable de l'enfance par l'intermédiaire d'une histoire de jouets dont le propriétaire atteint l'âge de la majorité. Ce fut déjà le cas avec Ratatouille à une autre époque : on a l'impression que dès qu'un animé fait pour les gamins peut éventuellement déceler un deuxième niveau de lecture pour adultes, ça en fait un chef d'œuvre incroyable. C'est exactement ce que font encore les Cahiers du cinéma quand ils mettent sur un pied d'égalité franchement regrettable les jouets de Toy Story 3 et les moines du film de Xavier Beauvois Des hommes et des dieux...




Pour en revenir au film, si vous aussi vous l'avez "bien aimé", je vous recommande de pousser le bouchon jusqu'à la fin du générique de fin, parce que tout le long du générique on a droit à de petites scènes 'en plus' qui sont un vrai régal d'humour et de légèreté, des pépites de tendresse trop trop mignonnes. Et ces petits sketches 'bonus' défilent astucieusement dans un petit cadre qui trouve sa place juste à gauche de la liste de noms du "casting & crédits", laquelle est savamment décalée pour défiler sur la droite de l'image, une belle et riche idée des studios Pixar/Don Bluth/Walt Disney qui ont certainement signé là LE générique de fin de l'année 2010. Quitte à me renier je place Toy Story 3 au sommet de mon classement des meilleurs génériques de fin de l'année qui vient de s'écouler ! Dès que le générique a été fini de chez fini j'ai enfin lâché l'écran du regard pour foncer dans ma chambre en glissant à travers toute la baraque, j'ai enfilé un slip puis quelques vêtements de ma meuf dans la hâte (ce qui veut bel et bien dire que j'ai regardé ce dessin animé Walter Disney pour enfants en tenue d'Adam), j'ai fermé mon appart à clé avec ma meuf à l'intérieur, j'ai sauté dans ma Fiat et j'ai tracé sur l'autoroute à 135km/h, limite autorisée par les marges laxistes de la loi, une heure durant, zigue-caguant à contre-sens entre les bagnoles qui me fonçaient dessus. Étais-je dans le mauvais sens ? Sont-ce ces milliers d'autres usagers qui se sont trompés de côté ce jour-là ? Je ne l'ai jamais su. Peu importe, j'ai poursuivi ma course vers la maison de mon paternel. Arrivé là-bas, ni bonjour ni merde j'ai couru dans la remise pour récupérer une pelle et une pioche, j'ai foncé dans le jardin, sous l'arbre centenaire qu'on a dû scier à la souche parce qu'il empêchait de mater chez les voisins, et j'ai pas attendu, j'ai creusé tant que j'ai pu, zaï zaï zaï zaï. C'est là que mon papa a enterré tout ce qui pouvait représenter mon enfance, il a fait ça un jour de colère encore plus terrible que le Jour de colère d'Adrian Rudomin dont l'affiche présentait pourtant un Christophe Lambert très en colère au strabisme plus convergent que jamais. Planqués sous une énorme écorce tortueuse de feu ce maudit chêne, j'ai retrouvé ma chaise haute, mon doudou à l'effigie d'un gros toutou sur lequel je collais mes plus beaux mokos faute de mouchoir avant de m'endormir, le grand pneu de poids-lourd qui fut mon lit quand financièrement c'était un peu just pour mes darrons, un gros oeuf fossilisé, qui devait être un oeuf en chocolat parce que ce fameux jour où mon père a pété un plomb c'était un jour de Pâques et il s'est justement foutu dans une rage pas possible parce que je pigeais que dalle à ses devinettes pour le jeu de piste, et enfin, j'y viens, j'ai retrouvé mes playmobils. Je les ai sortis de terre et je les ai serrés contre mon cœur. Merci tonton Pixar !

P.S. La voix de Woody, c'est Tom Hanks. Je le précise uniquement pour citer Tom Hanks, mon artiste préféré, et pour le faire grimper dans la liste des libellés.


Toy Story 3 de Lee Unkrich avec la voix de Tom Hanks (2010)

3 mai 2008

La Légende de Beowulf

Au départ j'avais prévu de mater La Légende de Bagger Vance, mais ce quiproquo n'a pas que des torts. Il m'a permis de me poser une question importante : Que deviens-tu Bob Zemeckis ? J'ai commis l'erreur de poser cette question. Jusqu'à hier, Bob Zemeckis, c'était encore le réalisateur glorieux et prestigieux de Qui veut la peau de Roger Rabbit, Back to the Future 1,2,3, Forrest Gump et compagnie. Bob Zemeckis c'était aussi et surtout mon mot de passe Hotmail. Désormais, c'est un nom couvert de boue et de crachats. J'ai littéralement frappé sur google : "Que deviens-tu Bob Zemeckis" et ça m'a tout droit conduit à télécharger son dernier bébé, j'ai nommé La légende de Beowulf. Beowulf, vous le savez peut-être, c'est historiquement et officiellement la première fiction anglo-saxonne couchée sur le papier. Au cinéma, ça a déjà donné de fameux traquenards tels que celui, bien connu, de Christophe Lambert, à une époque où il était encore loin de croiser l'ombre de Sophie Marceau. Si à cette époque-là on lui avait dit "Hé Christobal tu finiras dans le plummard de Sophie Marceau", le bon Christopher Lambert se serait contenté de nous cracher entre les deux pieds. Toujours est-il que Bob Zemeckis a décidé d'à nouveau porter cette fiction sur les grands écrans et pour ce faire de tirer du chômage quelques milliers d'informaticiens hagards, éradiquant aussitôt les agences Pôle Emploi de toute la Sillicon Valley. En effet tout le film est numérisé, fait de pixels, retraité informatiquement, comme un bon dessin animé pixar en 3D.




Alors peut-être que Bob Zemeckis et son équipe de bras cassés branchés en réseau fermé à Windows Vista trouvent ça brillant et incroyable d'arriver à faire tout un film avec les effets spéciaux des plus belles scènes cinématiques de Warcraft 33, peut-être qu'ils sont ébahis par le travail qu'ils ont fourni, penchés sur leurs ordis pendant des mois pour tâcher de reconstituer un bout d'ongle d'un personnage secondaire, mais quand on regarde l'écran, au finish, devant le film, c'est vraiment de la merde, c'est hideux Bob, il faut te rendre à l'évidence, c'est proprement et singulièrement laid ton film, c'est pas regardable, c'est une grosse enculade cinématographique.



L'avantage pour Bob c'est que son film sera le premier à avoir sa critique dans la revue Joypad. En plus ce con-là ne s'est pas rendu compte que son projet ne tenait pas debout une seconde. Son truc c'est faire un film en toc, d'animation, où tout est faux. Alors ça pourrait peut-être évoquer quelque chose si notre Bob n'avait pas besoin de faire appel aux acteurs, ça serait la fin de l'acteur, ça serait quelque chose de nouveau, de terrifiant mais de nouveau. Sauf que Bob a fait appel à un milliard d'acteurs à qui il a demandé de jouer les scènes, en les filmant, pour ensuite enregistrer leurs mouvements le plus précisément du monde, reproduire chaque soubresaut de leurs traits, coller parfaitement à leur diction et j'en passe. Alors j'ai envie de demander à Bob pourquoi il s'est autant fait chier à reproduire à l'identique des acteurs en numérique, le plus fidèlement possible, si finalement il voulait la plus stricte véracité à l'écran. Si ce que tu veux c'est les moindres détails de la vraie vie Bob, il suffit de filmer tes acteurs et d'envoyer ça au montage comme on fait d'habitude, rien de plus vrai que de la pelloche Bobby ! Cependant quelle joie de retrouver Anthony Hopkins et Angelina Jolie sous forme digitale. Je soupçonne le vieux Bob d'avoir dans son disque dur tout un tas de vidéos pornos dégueulasses mettant en scène ce vieillard d'Anthony Hopkins sur le dos rugueux d'Angelina Jolie. Ce ne sont que les visages des acteurs accolés à des corps en 3D mais ça lui ferait ses soirées au vieux Bob. Il paraît que ces cassettes-là circulent sous les manteaux dans les studios de la Warner Picture Association, des cassettes vidéo très prisées par les fans de gérontophilie et de plastoque en général.



Bref ce film c'est ce que le cinéma d'effets spéciaux peut offrir de plus con, c'est des petites expériences de petits chimistes fiers d'eux qui valent des milliards et qui pourrissent les écrans du monde entier. Cet après-midi j'étais seul au monde je me suis maté Cast Away deux fois d'affilé, ça fait 6 heures de Tom Hawk et de volley ball, putain j'ai retrouvé le Robert Zemeckis que j'aimais et j'ai renoncé à changer de mot de passe hotmail.


La Légende de Beowulf de Robert Zemeckis avec des animatronics (2007)