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18 novembre 2012

Harry Potter et le prisonnier d'Azkaban

Qui peut dire qu'il est passé entre les gouttes ? Qui peut certifier que le phénomène Harry Potter ne l'a pas directement ou indirectement atteint ? Qui n'a pas eu son petit frère, sa petite nièce ou son petit petit petit fillot pour le traîner devant un épisode au moins de la saga ? Nous on a eu le petit Poulpard qui nous a suppliés de l'emmener voir le troisième opus au cinéma et on a dû céder, la mort dans l'âme. C'était en juillet 2004 ou quelque chose comme ça. Lors d'une fête du cinéma, argument massue pour qu'on accepte de supporter ce spectacle en salle. Harry Potter 3 Prisonniers d'Escaflowne est de loin le meilleur des neuf films. Les producteurs de la série, après avoir confié les deux premiers volets à Chris Columbus, le yesman le plus docile et inoffensif de la planète Hollywood, eurent l'idée de remettre le projet entre les mains de J.K. Rowling himself, l'auteur des bouquins. Mais un rapport médical établi la veille du tournage a révélé une insuffisance cardiaque chez l'écrivain, de fait incapable d'assurer un tournage de trois mois minimum impliquant de manœuvrer une colonie de vacances pour gosses de riches. Après un petit brainstorming, c'est le nom de Guillermo del Toro qui est sorti du chapeau, un sombrero en l'occurrence, cinéaste dont le C.V. semblait correspondre au cahier des charges. S'étant justement perdu dans le labyrinthe de Pan's, Del Toro n'a pas pu répondre présent et le studio s'est logiquement rabattu sur Alfonso Cuaron, le seul autre chicanos disponible ce jour-là. L'auteur de Y Tu Mama Tambien allait apporter un nouveau souffle au cinéma espagnol en traçant sa route au pays de l'Oncle Sam pour diriger le troisième épisode tant attendu des aventures d'Harry Potter.


Alphonse Cuaron, réalisateur d'Harry Potter et le prisonnier d'Azkaban et lui-même ex-prisonnier d'Alcatraz.

Harry Potter, magicien orphelin appelé à l'école de Pouddlar pour masteriser ses dons, est ici confronté au prisonnier d'Azkabans. Le film débute quand Harry voit sa troisième année de licence de magie à Pouddlar interrompue par quelques impayés au Crous. Voldemort (Alan Rickman), dont le nom trahit quelque peu le penchant pour la méchanceté, organise alors un concours de hockey sur gazon sur balais, aka le poudling, dans lequel Harry triomphe, aidé par son copain rouquin à tronche de merde (nous ne voyons pas comment le dire autrement) et sa copine Hermione à croupe de feu (copine du rouquin s'entend). Le scénario commence vraiment avec les premières emmerdes sérieuses d'Harry : Sirius Black (Gary Oldman), dont le patronyme révèle également un goût prononcé pour la noirceur de sentiments, s'échappe d'Azkabans, le pénitencier des sorciers, et kidnappe les parents adoptifs d'Harry pour les revendre à Voldemort et ensuite tuer le petit illusionniste. Seule une alliance de nos trois apprentis magiciens préférés pourra empêcher Voldemor et Serious Black de mettre fin au monde. On ne va pas vous raconter tous les épisodes et autres rebondissements terribles du script, lisez la liste des chapitres du bouquin sur wikipédia : Hibou Express, La Grosse erreur de tante Marge, Un épouvantard dans la penderie, Un gros colombin dans la cuvette, Une taupe sur le seuil, Boursier échelon 0 au Cnous, Le Baiser du détraqué, Le sombre PACS de Sirius Black et Voldemor, etc. Autant de petits cailloux dans les souliers d'Harry Potier. Mais le clou du film, c'est ce moment où nos trois prestidigitateurs de malade utilisent le "retourneur de temps", un collier de perles en or pesant dix kilos mais rendant de sacrés services, qu'il leur suffit d'enfiler pour littéralement "retourner le temps" (?). Hermione avouera s'en être servie tout au long de son cursus universitaire pour déglinguer ses partiels et faire en sorte que son copain rouquin demeuré cartonne aussi et sorte majordome de sa promo. Les trois illusionnistes de folie assistent alors en spectateurs aux scènes qu'ils ont déjà vécues et parviennent à changer le cours des évènements en modifiant de minuscules détails ici ou là, tel geste à tel moment, tel pet lâché à tel endroit et ainsi de suite. Cette séquence est la plus belle jamais tournée. Non seulement dans la saga Harry Potter mais sans doute dans l'histoire du cinéma.


Comme souvent dans les romans d'heroic fantasy, le vieux magicien est pédéraste. On se rappelle de Gandalf le gland dans Le Seigneur des anneaux qui trippait sur les gros pieds plats des Hobbits. Ici c'est l'ami rouquin d'Harry, incarné par l'acteur-réalisateur Ron Howard, qui se fait tripoter le capiton plantaire par Dumbassdore.

C'est durant la promo de ce film que Daniel Radcliffe eut la sale idée de poser nu entouré de chevaux, allongé dans le foin. Radcliffe en tête d'affiche, c'est le choix de Columbus, qui avait déjà repéré Macaulay Culkin dans Maman j'ai raté l'avion. Columbus a le don de dénicher des purs freaks en devenir puisque c'est également lui qui a repéré la star de la sitcom Malcolm et qui a conseillé Haley Joel Osment à Shyamalan pour Sixième sens. Columbus a toujours pensé qu'il fallait choisir des enfants expressifs et aux visages déjà taillés à la serpe pour faire de bons acteurs. Découpez la tête d'Haley Joel Osment dans Un Monde meilleur et collez-là sur le corps de Bruce Willis dans Die Hard 3 et vous obtenez un adulte tout à fait accompli, plutôt boloss. Sauf que l'adolescence passe par là et vient dynamiter ces ébauches prometteuses. Pour les petites filles futures starlettes c'est Luc Besson le spécialiste, l'homme qui a repéré Natalie Portman puis qui a chuchoté le nom d'Alyssa Milano à Tony Danza pour Madame est servie. Concernant ces demoiselles, il vaut toujours mieux choisir des gamines aux visages doux et innocents puis croiser les doigts pour que la magie opère. Or la baguette d'Harry Potter a manifestement fait son effet sur Emma Watson, qui n'est pas devenue la Elizabeth Taylor ou la Jodie Foster des temps modernes mais qui a tapé dans l’œil d'une quantité astronomique de fans plus ou moins dérangés d'Heroïc Fantasy. Le malaise survient quand on se rend compte que les fans harcore actuels de la jeune actrice, née, rappelons-le, fin décembre 1990, avaient déjà pour un certain nombre d'entre eux 23 piges en 2001, sachant qu'Emma Watson avait la bagatelle pour un massacre de 11 ans cette année-là. Du coup qu'est-ce qui excite ces gens-là ? Et surtout, comment on enchaîne là-dessus ?


Harry Potter et le prisonnier d'Azkaban d'Alfonso Cuaron avec Daniel Radcliffe, Emma Watson, Gary Oldman et Alan Rickman (2004)

23 août 2012

Jumanji

A la mi-août, quand on a déjà fait tous les trucs sympas à faire pendant les vacances et qu'on se retrouve un peu à court d'idées, on finit souvent autour d'un jeu de plateau. Paradoxalement c'est cette activité-là qui nous fait le plus suer alors qu'on vient de passer l'été à jouer au beach soccer, à faire des parties de ping-pong endiablées et à essayer de cacher sa gaule sur la plage. Lors de ces après-midi où le temps paraît s'être arrêté et où le soleil semble coincé à son zénith, bien décidé à nous griller la caboche, on a tous forcément rêvé d'échanger notre gros monopoly (aux billets de banque marqués au feutre par un tonton un peu à part qui a essayé de faire des mauvais coups à la boulangerie du coin) contre le jeu de plateau ultime : Jumanji (à prononcer "You-man-yee"). Quel est le nom du messie qui a réalisé le film du même nom et premier "film de plateau" de l'histoire du cinéma ? Est-ce que quelqu'un est capable de citer son patronyme sans chercher nulle part ? Nous on misait sur Chris Columbus, le yesman des 8/12 ans. En réalité ne cherchez pas c'est Joe Johnston, un saint homme, un sous-Columbus, un gros colombin. Homme de main de Spielberg, Johnston, contrairement à Robert Zemeckis, n'est pas à proprement parler son "poulain", Joe Johnston c'est de la pure main-d’œuvre, un ouvrier à la petite semaine, de la chair à canon. Spielberg l'envoie toujours sur les projets les plus bancals, et parfois banco ! Comme là.


Quelle famille, sur la route des vacances, ne s'est pas arrêtée sur le bas-côté pour boucler vite fait une partie de jeu de plateau ?

En 1995 on allait au cinéma deux fois l'an, une première fois pour mater Madame Doubtfire (le saviez-vous : le film devait d'abord s'intituler "Mademoiselle Doubtfire" pour coller au titre original "Misses Doubtfire", mais quand les distributeurs français ont maté le scénario de plus près pour s'apercevoir que c'était une vieux trans pédophile qui jouait le rôle ils ont viré de braquet pour mettre "Madame", ce qui ne change certes strictement rien), une autre pour voir Jumanji (combien de "i" et combien de "j" dans "Jumanji" ?). Quand les deux séances ciné de l'année c'est le Madame Doubtfire de Chris Columbo et le Jumanji de Joe Johnston, on peut parler d'une année noire et surtout se demander comment on a pu devenir les cinéphages numéro 1 de la région PACA après ça... En revanche rien d'étonnant à ce qu'on soit devenu des fanas de Robin Williams, qui était sur le toit du monde à l'époque.


Robin Williams était loin de se douter à l'époque que cette image du film résumerait bientôt son propre engloutissement dans une filmographie d'outre-tombe.

Après s'être séparé du groupe Take That (prononcez "Tik Tak"), Robin Williams a enchaîné les tubes et les hits au hit parade et au box office. En 91 il joue la fée clochette dans Hook de tonton Spielby, en 92 il obtient le Golden Globe du meilleur acteur pour son rôle de pécheur à la ligne dans Fisher King, la même année, celui qu'on appelait "la voix de génie" prête sa voix au génie d'Aladdin pour rester à jamais connu pour sa voix du génie. En 93 il explose dans Doubtfire où il ridiculise Pierce Brosnan d'un coup de pied dans le cul qui propulse James Bond droit dans l'eau, en 95 il s'écroule en jouant dans Neuf mois aussi, le remake ricain du chef-d’œuvre de Patrick Bradoué, mais il refait surface aussi sec dans un projet à priori peu engageant, basé sur un jeu de plateau, qui finira pourtant par emporter le morceau, j'ai nommé le fameux Jumanji. Il sombre après ce succès en prêtant ses "rides du rire" au prequel precog inversé de L’Étrange histoire de Benjamin Button dans le Jack de Coppola, mais se relève avec l'Oscar du meilleur acteur dans un second rôle grâce à Will Hunting avant de définitivement manger la poussière avec Flubber, le biopic américain de Gustave Flaubert, mais aussi avec Docteur Patch et mille autres films où on voit bien que l'acteur y met du cœur, sauf qu'au bout d'un moment ça ne suffit plus pour sauver les meubles.


La fameuse séquence de l'attaque des singes ! On ne s'en rend pas bien compte aujourd'hui mais ça à l'époque c'était le renouveau des effets spéciaux. Même s'il fallait faire un petit effort pour y croire, cf. ci-dessus.

Jumanji a également offert son premier gros rôle à Kirsten Dunst dans le rôle du dé à coudre sur le plateau de jeu. Pour incarner la vieille godasse trouée, un jeune acteur, Bradley Pierce, qui depuis joue encore à Jumanji mais sans caméras autour de lui, seul dans son grenier, matez sa page allociné, y'a de quoi faire déprimer un mort. Feu cet acteur connaît par cœur les règles du jeu de Jumanji, et pour cause puisque comme le personnage principal du film il est coincé dans un monde parallèle en pleine jungle, attendant que quelqu'un daigne jeter le dé et faire un six. Tout comme lui, nous attendons que Joe Johnston ou un autre trimard de base à son image relance les dés et nous ponde le Jumanji 2 que la fin très ouverte de l'original laissait espérer et que nous attendons depuis 17 ans maintenant. Selon google la suite existe bel et bien, réalisée par Jon Favreau, et s'intitule Zathura. Si c'est vrai, quelle idée de changer le nom ?! C'est comme si un type tournait la suite d'Avatar et l'appelait "Gros Bâtard", ou si le deuxième Memento s'intitulait "Agenda". C'est du Favreau dans toute sa splendeur... Bref, pour revenir au film et en dire quand même quelques mots, sachez que si on attendait à ce point une suite c'est qu'on l'avait forcément kiffé au ciné. On ne l'a pas revu depuis l'âge de huit ans mais à l'époque on avait pris un pied terrible. A cette époque où on ne voyait la lumière du jour que deux fois par an et où nos parents nous faisaient crécher dans le grenier, accrochés à un piquet avec une gamelle d'eau pour tout hobby et les côtes du jambon hebdomadaire pour tout amuse-gueule, croyez-nous, on attendait la suite de Yu-man-yee. J'espère qu'on vous a bien fait ressentir à quel point on avait aimé ce film, pas juste parce qu'il était sympa du coup, aussi parce que c'était un peu de lumière.


Jumanji de Joe Johnston avec Robin Williams et Kirsten Dunst (1995)

14 juillet 2012

Le Territoire des loups

Le film devait à l'origine s'intituler "Le Territoire des gnous" et être beaucoup moins palpitant. L'arrivée dans le projet de Liam Neeson a obligé les scénaristes à trouver des ennemis plus consistants à un acteur au sommet de sa forme, habitué à mettre à feu et à sang des continents entiers, parfois même à distance. Ils ont pensé au "territoire des babouins" et le tournage, en plein Congo, put commencer normalement avant qu'une scène fatidique pose problème, celle où le chef babouin devait lutter contre Liam Neeson : l'animal n'a pas voulu coopérer et son énorme cul violacé s'est retrouvé coincé dans l'immense appendice nasal de la star. Cet incident de tournage sans précédent a mis fin à la collaboration entre Hollywood et cette bande de babouins venue de Gibraltar. Chris Columbus, réalisateur de ces désormais "lost footage", fut également mis à l'écart, au profit du spécialiste des films bourrés de testostérone, Joe Carnahan, l'ex-protégé de Tom Cruise et futur gland.



Que faire après les gnous et les babouins ? C'est à cette question épineuse que Carnahan devait trouver une réponse dans les plus brefs délais, la star Liam Neeson menaçant de quitter le plateau à tout jamais. C'est alors que Joe Carnahan s'est souvenu de ses parents éleveurs de brebis dans le Vercors, qui avaient dû lutter tout un été contre des loups ritals affamés de chair fraîche. Le réalisateur a tout de même perdu son père dans cette tragédie. Il voulait donc faire d'une pierre deux coups : réaliser un long métrage et se venger des loups en liquidant une meute entière. Très emballé par cette idée, Liam Neeson promet de livrer une prestation habitée. Le tournage coïncide avec les heures les plus sombres de la WWF. Le jour du clap de fin, Joe Carnahan a achevé lui-même le dernier loup (un innocent oméga sans défense), d'un coup de savate astucieusement placé sur la cassure du museau ; un geste calculé, prémédité, celui d'un assassin animé par une rage peu commune, réglant là ses comptes avec un passé trop douloureux.



Après avoir mis Paris à genoux à lui tout seul, Liam StairFace Neeson se retrouve donc ici confronté à une meute de loups dans les contrées les plus hostiles de l'Alaska, soit dans le territoire des leups. Tireur d'élite tourmenté par la perte tragique de sa femme et employé d'une compagnie pétrolière, Liam Neeson prend l'avion avec des collègues pour profiter de quelques jours de congés bien mérités après avoir dégommé quelques canidés arctiques. Car en effet, sa profession est de faire le guet pendant que ses collègues réparent les pipelines : il zieute tout autour d'eux, pour prévenir les attaques des loups, à l'aide de son plus fidèle compagnon, son flingue à lunettes. Dans l'avion qui le ramène à la civilisation, une avarie provoque un terrible crash dont Liam Neeson et une poignée de collègues sortent indemnes.



Le problème, c'est qu'ils se retrouvent en plein milieu de la banquise, giflés par un blizzard de tous les diables, entourés d'une meute de loups à l'esprit de vengeance et au sens de la propriété bien affirmé. Liam Neeson et ses potes se sont crashés en plein territoire des leups. Dès la première nuit, le nombre de survivants se réduit de moitié, malgré un Liam Neeson survolté qui de ce côté-ci enflamme une torche et de ce côté-là ajuste son flingue à bout portant sur le crâne d'un leup ; cautérise la jambe arrachée d'un compagnon, ou creuse une tombe à mains nues dans la terre gelée pour enterrer un autre collègue moins chanceux. Le lendemain, Liam motive ses compagnons et devient le leader naturel d'une bande de types désespérés qu'il essaie de sortir du territoire des leups, avec pour seule boussole son gland qui, renfrogné par le froid, se tourne toujours en direction du sud. Liam Neeson et ses compagnons, par -30°C, courent sur la banquise, fuyant une meute de loups dirigée par Tourak (qui enchaîne les tournages après le succès d'Avatar), le chef loup, l'alpha de la meute.



On assiste tout le long du film à un écrémage régulier du groupe humain jusqu'à un final tétanisant : Liam Neeson seul face au "king de la meute", les bras en sang, les épaules avachies par l'effort, le gland gelé d'avoir été trop sorti, l'espoir disparu avec son dernier compagnon noyé et congelé à quelques mètres de lui, le regard dur et la bave aux lèvres... On ne donne pas cher de la vie du loup, mais on ne le saura jamais puisque le film se termine soudainement. Ecran noir. "En territoire des leups". Fin. Un goût amer dans la bouche, nous sommes venus à bout de cette péloche qui commençait pourtant assez bien, avec la promesse d'un film de survie haletant, avant de se transformer en une sorte de film de monstre ultra basique et bête comme ses pieds, comme on n'en a plus vu depuis la fin des années 80. La faiblesse du film ne lui a tout de même pas empêché de faire le buzz à sa sortie, d'où mon étonnement et ma déception face à la tournure prise par les évènements.



La petite histoire raconte qu'après la sortie du film, Joe Carnahan est allé voir sa maman en annonçant qu'il avait enfin vengé la mort de Joe Carnahan Sr. C'est là que sa mère marqua une longue pause, pris une lente inspiration et lui dit dans un monologue tétanisant "Fils, il faut que je te dise maintenant comment ton père nous a réellement quittés. Toi et tes yeux plein d'étoiles quand tu parlais de papa, je ne pouvais pas t'avouer la triste réalité. Je t'ai donc fait croire qu'il avait héroïquement défendu notre troupeau de 300 brebis, seulement armé d'un bâton. En réalité, il a trouvé la mort assez bêtement, en assistant à une étape du Tour de France 1965 qui passait dans le Vercors, au Col de Romeyère. Ton père a glissé du talus au moment même où le peloton passait à environ 66 km/h, ce qui lui a été fatal. Mort sur le coup. Il emporta aussi la vie de trois coureurs et de 15 vélos, et fut lui-même déchiqueté par les roues en titanes activées par les muscles saillants des coureurs. Sur la page wikipédia du tour de France 1965, apparaissent rayés les noms de ceux qui ont été tués par ton père. Ce que tu as filmé sur les hauteurs du Mont McKinley, c'est mal."

Bonne nouvelle pour le cinéma : Joe Carnahan ne réalisera pas un film de si tôt, il doit d'abord faire un stage chez son psy.


Le Territoire des loups de Joe Carnahan avec Liam Neeson et une meute de loups (2012)