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17 novembre 2015

Crazy Amy

Trois ans après le très pénible et déprimant 40 ans : mode d'emploi, qui parvenait à rassembler tous ses plus insupportables tics et défauts, Judd Apatow revient derrière la caméra pour cette fois-ci mettre en image un scénario qui n'est pas le sien mais celui de son actrice vedette, j'ai nommé Amy Schumer. Celle-ci incarne une journaliste new-yorkaise à la vie totalement désinhibée, multipliant les conquêtes masculines et ne s'engageant jamais sérieusement en amour. Sa rencontre avec un homme différent de ceux qu'elle a la fâcheuse habitude de fréquenter, doux et attentionné, médecin du sport de son état, et sur lequel elle doit écrire un article pour son magazine, va changer la donne et amener notre héroïne à s'essayer à la vie de couple...




Comique de stand-up à la popularité grandissante outre-atlantique, Amy Schumer signe ce qui apparaît progressivement comme une bonne grosse comédie romantique avec beaucoup d'éléments que l'on devine autobiographiques. Habilement, la star parvient tout de même à éviter le film trop auto-centré et se distingue en cela du précédent méfait de son réalisateur, parfois très enclin à se regarder le nombril. Alors certes, il faut supporter de voir la comique, au charme tout relatif, faire tomber tous les hommes qu'elle croise et s'entendre régulièrement dire qu'elle est une vraie bombe. Le pêché d'égocentrisme la guette plus d'une fois, mais nous lui pardonnons ces travers, tant nous sourions et rions régulièrement devant son petit manège. On finit même par apprécier son personnage dont nous suivons avec plaisir les mésaventures. 




Le scénario d'Amy Schumer n'échappe pas au schéma archi rebattu et toujours agaçant des romcoms habituels. Ainsi, la dernière demi-heure, où l'on attend les inéluctables retrouvailles finales du couple temporairement séparé, est assez laborieuse et bien plus pauvre en moments comiques. On ne peut alors guère s'empêcher de penser que Crazy Amy, qui dépasse de peu les deux heures, aurait vraiment gagné à être légèrement raccourci. Heureusement, quelques scènes très drôles, du niveau d'un bon Will Ferrell (et venant de moi, c'est un sacré compliment !), sont bien réparties dans les trois premiers quarts du film et font passer la pilule sans accroc. 




Tous les acteurs sont au diapason. Bill Hader, autre habitué d'Apatow, également vu dans l'excellent Hot Rod, est très bon dans le rôle de ce médecin amoureux d'Amy aux agissements crédibles et compréhensifs (chose rarement vérifiée dans ce genre de romcoms où les personnages ont souvent des attitudes totalement débiles). Le catcheur John Cena, ce "Mark Wahlberg qui aurait mangé Mark Wahlberg", boyfriend éphémère d'Amy, est tordant en homo refoulé. Brie Larson, qui interprète la sœur d'Amy, n'apporte aucune valeur ajoutée comique à l'ensemble mais reconnaissons qu'elle est tout à fait agréable à l’œil. Colin Quinn, le père malade d'Amy, fait preuve d'un bel abattage et sort quelques répliques cinglantes avec une mauvaise humeur délectable. Tilda Swinton, la patronne d'Amy, méconnaissable grimée en bimbo, est parfaite dans la peau de cette bonne femme infecte qui déblatère des horreurs sans jamais se soucier des autres. 




Quelques guest stars viennent également faire leurs petits numéros (notamment Daniel Radcliffe et Marisa Tomei dans une inoffensive mais amusante parodie de film de Sundance que les protagonistes vont s'infliger au cinéma), et comme ceux-ci sont généralement drôles, leurs apparitions n'ont jamais l'air totalement gratuites. LeBron James, la plus grande "guest star" du lot n'en est d'ailleurs pas vraiment une puisque le basketteur campe ici un vrai rôle. Il joue le meilleur ami du médecin, personnage très protecteur et ultra radin qui nous vaut quelques-uns des meilleurs moments du film (je pense surtout à cette scène au resto où LeBron James finit par promouvoir de très belle manière sa ville de Cleveland face à son ami, désespéré par son discours et sa pingrerie). Quand il arrêtera de briller sur les parquets, LeBron James a un chemin tout tracé dans la comédie !




Grâce à son scénario particulièrement riche en personnages secondaires sympathiques et enchaînant, à un bon rythme, les situations cocasses et les répliques bien senties, Amy Schumer réussit plutôt haut la main ses grands débuts au cinéma. Elle permet en même temps à Judd Apatow d'effectuer un retour gagnant à la réalisation et peut-être même de signer son meilleur film. Nous leur souhaitons de poursuivre sur cette voie... 


Crazy Amy de Judd Apatow avec Amy Schumer, Bill Hader, LeBron James, Brie Larson et Tilda Swinton (2015)

18 novembre 2012

Harry Potter et le prisonnier d'Azkaban

Qui peut dire qu'il est passé entre les gouttes ? Qui peut certifier que le phénomène Harry Potter ne l'a pas directement ou indirectement atteint ? Qui n'a pas eu son petit frère, sa petite nièce ou son petit petit petit fillot pour le traîner devant un épisode au moins de la saga ? Nous on a eu le petit Poulpard qui nous a suppliés de l'emmener voir le troisième opus au cinéma et on a dû céder, la mort dans l'âme. C'était en juillet 2004 ou quelque chose comme ça. Lors d'une fête du cinéma, argument massue pour qu'on accepte de supporter ce spectacle en salle. Harry Potter 3 Prisonniers d'Escaflowne est de loin le meilleur des neuf films. Les producteurs de la série, après avoir confié les deux premiers volets à Chris Columbus, le yesman le plus docile et inoffensif de la planète Hollywood, eurent l'idée de remettre le projet entre les mains de J.K. Rowling himself, l'auteur des bouquins. Mais un rapport médical établi la veille du tournage a révélé une insuffisance cardiaque chez l'écrivain, de fait incapable d'assurer un tournage de trois mois minimum impliquant de manœuvrer une colonie de vacances pour gosses de riches. Après un petit brainstorming, c'est le nom de Guillermo del Toro qui est sorti du chapeau, un sombrero en l'occurrence, cinéaste dont le C.V. semblait correspondre au cahier des charges. S'étant justement perdu dans le labyrinthe de Pan's, Del Toro n'a pas pu répondre présent et le studio s'est logiquement rabattu sur Alfonso Cuaron, le seul autre chicanos disponible ce jour-là. L'auteur de Y Tu Mama Tambien allait apporter un nouveau souffle au cinéma espagnol en traçant sa route au pays de l'Oncle Sam pour diriger le troisième épisode tant attendu des aventures d'Harry Potter.


Alphonse Cuaron, réalisateur d'Harry Potter et le prisonnier d'Azkaban et lui-même ex-prisonnier d'Alcatraz.

Harry Potter, magicien orphelin appelé à l'école de Pouddlar pour masteriser ses dons, est ici confronté au prisonnier d'Azkabans. Le film débute quand Harry voit sa troisième année de licence de magie à Pouddlar interrompue par quelques impayés au Crous. Voldemort (Alan Rickman), dont le nom trahit quelque peu le penchant pour la méchanceté, organise alors un concours de hockey sur gazon sur balais, aka le poudling, dans lequel Harry triomphe, aidé par son copain rouquin à tronche de merde (nous ne voyons pas comment le dire autrement) et sa copine Hermione à croupe de feu (copine du rouquin s'entend). Le scénario commence vraiment avec les premières emmerdes sérieuses d'Harry : Sirius Black (Gary Oldman), dont le patronyme révèle également un goût prononcé pour la noirceur de sentiments, s'échappe d'Azkabans, le pénitencier des sorciers, et kidnappe les parents adoptifs d'Harry pour les revendre à Voldemort et ensuite tuer le petit illusionniste. Seule une alliance de nos trois apprentis magiciens préférés pourra empêcher Voldemor et Serious Black de mettre fin au monde. On ne va pas vous raconter tous les épisodes et autres rebondissements terribles du script, lisez la liste des chapitres du bouquin sur wikipédia : Hibou Express, La Grosse erreur de tante Marge, Un épouvantard dans la penderie, Un gros colombin dans la cuvette, Une taupe sur le seuil, Boursier échelon 0 au Cnous, Le Baiser du détraqué, Le sombre PACS de Sirius Black et Voldemor, etc. Autant de petits cailloux dans les souliers d'Harry Potier. Mais le clou du film, c'est ce moment où nos trois prestidigitateurs de malade utilisent le "retourneur de temps", un collier de perles en or pesant dix kilos mais rendant de sacrés services, qu'il leur suffit d'enfiler pour littéralement "retourner le temps" (?). Hermione avouera s'en être servie tout au long de son cursus universitaire pour déglinguer ses partiels et faire en sorte que son copain rouquin demeuré cartonne aussi et sorte majordome de sa promo. Les trois illusionnistes de folie assistent alors en spectateurs aux scènes qu'ils ont déjà vécues et parviennent à changer le cours des évènements en modifiant de minuscules détails ici ou là, tel geste à tel moment, tel pet lâché à tel endroit et ainsi de suite. Cette séquence est la plus belle jamais tournée. Non seulement dans la saga Harry Potter mais sans doute dans l'histoire du cinéma.


Comme souvent dans les romans d'heroic fantasy, le vieux magicien est pédéraste. On se rappelle de Gandalf le gland dans Le Seigneur des anneaux qui trippait sur les gros pieds plats des Hobbits. Ici c'est l'ami rouquin d'Harry, incarné par l'acteur-réalisateur Ron Howard, qui se fait tripoter le capiton plantaire par Dumbassdore.

C'est durant la promo de ce film que Daniel Radcliffe eut la sale idée de poser nu entouré de chevaux, allongé dans le foin. Radcliffe en tête d'affiche, c'est le choix de Columbus, qui avait déjà repéré Macaulay Culkin dans Maman j'ai raté l'avion. Columbus a le don de dénicher des purs freaks en devenir puisque c'est également lui qui a repéré la star de la sitcom Malcolm et qui a conseillé Haley Joel Osment à Shyamalan pour Sixième sens. Columbus a toujours pensé qu'il fallait choisir des enfants expressifs et aux visages déjà taillés à la serpe pour faire de bons acteurs. Découpez la tête d'Haley Joel Osment dans Un Monde meilleur et collez-là sur le corps de Bruce Willis dans Die Hard 3 et vous obtenez un adulte tout à fait accompli, plutôt boloss. Sauf que l'adolescence passe par là et vient dynamiter ces ébauches prometteuses. Pour les petites filles futures starlettes c'est Luc Besson le spécialiste, l'homme qui a repéré Natalie Portman puis qui a chuchoté le nom d'Alyssa Milano à Tony Danza pour Madame est servie. Concernant ces demoiselles, il vaut toujours mieux choisir des gamines aux visages doux et innocents puis croiser les doigts pour que la magie opère. Or la baguette d'Harry Potter a manifestement fait son effet sur Emma Watson, qui n'est pas devenue la Elizabeth Taylor ou la Jodie Foster des temps modernes mais qui a tapé dans l’œil d'une quantité astronomique de fans plus ou moins dérangés d'Heroïc Fantasy. Le malaise survient quand on se rend compte que les fans harcore actuels de la jeune actrice, née, rappelons-le, fin décembre 1990, avaient déjà pour un certain nombre d'entre eux 23 piges en 2001, sachant qu'Emma Watson avait la bagatelle pour un massacre de 11 ans cette année-là. Du coup qu'est-ce qui excite ces gens-là ? Et surtout, comment on enchaîne là-dessus ?


Harry Potter et le prisonnier d'Azkaban d'Alfonso Cuaron avec Daniel Radcliffe, Emma Watson, Gary Oldman et Alan Rickman (2004)