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23 décembre 2012

Magic Mike

Il fallait ne rien connaître de la carrière contemporaine de Steven Soderbergh pour se laisser tenter par ce Magic Mike. Nous avons vu, fascinés, tous ses films, et particulièrement les plus récents, les Contagion et autres Piégée, et pourtant nous avons quand même regardé le dernier... Faut-il être de bonne volonté ou complètement con. Après avoir fait un film sur une actrice porno, My Super-Ex Girlfriend Experiment, avec Sasha Grey, puis un film sur une catcheuse, Piégée, avec Gian Luigi-Buffon, mais encore un film sur le Ché, Ché, avec Guillermo del Toro, Soderbergh poursuit son entreprise naturaliste, que l'on pourrait comparer à celle de Balzac en son temps, avec La Comédie Humaine, celle de Zola avec les Rougon-Macquart et le Chelsea FC, ou du transformiste Jean-Baptiste Lamarck avec les girafes et les tatous. Ses films nous apparaissent comme des démarches scientifiques, des laboratoires d'une heure et demi dans lesquels Soderbergh pose des hypothèses nulles qu'il tente de réfuter. Fils d'un père sage-femme et d'une mère bûcheron, Soderbergh semblait né pour analyser les travers de la société mais surtout le quotidien d'êtres humains dédiés au spectacle. Dans Magic Mike, il s'intéresse de près, de très près, au stripteaseur-charpentier Channing Tatum, élu cette année "homme le plus sexy de la planète Terre", en s'inspirant de la propre vie de l'acteur, qui est aussi scénariste du film et chef décorateur.




Quand on s'interroge sur le fait que Soderbergh s'acharne à filmer des gens qui utilisent directement et de façon un peu spéciale leur propre corps dans leur métier, on pourrait se dire qu'il est en dialogue avec son contemporain Daren Aronofsky, qui a filmé un catcheur lui aussi (The Wrestler), puis une danseuse étoile (Black Swan), sauf que le Palmé d'Or 1989 n'a mais alors mais riiiiiien à voir avec le boloss d'origine polonaise. Son film nous fait plutôt penser à un épisode de Melrose Place un peu plus long que d'habitude et peut-être un poil mieux filmé, mais guère. Nous suivons Channing Tatum, maçon le jour, call girl la nuit, imitant l'écureuil de la Caisse d’Épargne, plus fourmi que cigale, foutant du pognon de côté en attendant non pas de trouver un métier un peu moins con mais de pouvoir monter sa petite entreprise à la Pierre Jolivet. Il a le projet étrange de monter une boîte de spectacle où il jonglerait chaque soir et où le jour il pourrait vendre des tables basses recyclées fabriquées de ses propres mains. Tatum prend sous son aile un jeune golio qu'il initie au monde de la nuit et à "l'argent faciiiiile", comme le dit Edward Furlong dans Terminator 2. Mais notre bel auto-entrepreneur tombe amoureux de la sœur de son pigeon, incarnée par une Franka Potente du pauvre (Franka Potente étant déjà à la rue), et s'ensuit une histoire à mourir debout. A noter toute une scène orange, en couleur saturée orange, si vous êtes friands de ça, de lomographie. Pour ceux qui n'en sont pas friands, tracez le plus loin possible de ce film à mi-chemin entre le docu, l'épisode final de Melrose Place, et finalement dans le néant total, dernière ligne en date d'une filmographie que nous imprimons régulièrement sur du papier toilette en taille 6 pour se torcher avec. Steven Soderbergh est décidément un cinéaste "qui compte" et à la "carrière foisonnante" dont on se fout éperdument.


Magic Mike de Steven Soderbergh avec Channing Tatum, Matthew McConaughey, Olivia Munn, Cody Horn, Alex Pettyfer et Mathieu Bodmer (2012)

8 décembre 2011

Tess

Comme vous pouvez le constater depuis le début de notre dossier spécial consacré à Roman Polanski, c'est mon acolyte Rémi qui s'est attelé à la plupart des articles, non sans brio. Il faut aussi préciser qu'il s'est emparé des meilleurs films, ne me laissant plus que les miettes. Les miettes nauséabondes de la filmographie du maître Polanski... "King in the castle, king in the castle !" Alors histoire de l'aider un peu, j'ai proposé des idées sur ce que pourraient être mes contributions... La haute opinion que je me fais de mon talent transparaît dans les lignes suivantes, elle est à votre disposition ci-dessous.

Mes parents, éleveurs de brebis, ont une chienne qui s'appelle Tess, en référence au film éponyme de Roman Polanski. C'est un bon chien de travail, un fidèle chien de berger, limité mais dévoué, doté d'un pelage roux unique en son genre qui le fait passer pour un renard aux yeux des plus miros d'entre nous. Si c'était un être humain, elle ressemblerait très probablement à Elizabeth Tchoungui mais sûrement pas à Nastassja Kinski aka Tess dans le film Tess. Un film tourné par Polanski pour définitivement clore dix années de marasme et rendre un vibrant hommage posthume à la regrettée Sharon Tate, l'amour de sa vie (love life), dont Tess d'Urberville était le roman préféré. Un réalisateur qui, deux années plus tôt, avait perdu la notion du bien et du mal et douloureusement franchi la ligne jaune (the thin red line) avec une adolescente de 13 ans. On s'était promis de ne pas en parler.


La Tess de Roman Polanski.

Bref, j'ai un chien qui porte le nom d'un film de Polanski. Bref, ce chien est roux et un peu con. Bref, c'est pas le premier nom à la con que je donne à l'un de mes pléthoriques animaux domestiques. Bref, la série Bref me rend fou ! Retour du côté des clébards. La chienne Tess prend progressivement la relève de Clint, elle-même nommée ainsi en hommage à l'illustre maire de Carmel, Californie, et plus précisément à cause du film La Relève avec Charlie Sheen. Car Clint, qui est une femelle malgré son nom, était déjà la relève d'un clébard débile mais particulièrement affectueux nommé Graham du fait de la comptine "Ams Tram Gram Pic et Pic et Colégram", ces chiens étant tous de la race Border Collie (prononcer "colé", d'où le jeu de mots récurrent). Graham était lui-même la relève de Hopterre 2, rendu fou par le petit Poulpard aka Brain Damage, qui lui lançait des cailloux sur la tronche en éloignant sa gamelle. Conseil parental : quand votre gosse, à peine âgé de 4 ans et haut comme trois pommes, s'en prend de façon effroyablement méthodique et sournoise à des animaux sans défense, ce n'est pas bon signe du tout et cela laisse présager du pire. Conseil de berger : ne jamais donner le même nom à deux chiens, même quand ils ne sont pas contemporains. Hopterre, premier du nom, (1974-1981 - mort auto-empoisonné, "Curiosity killed the dog" en l'occurrence), était probablement le meilleur chien de troupeau du monde. Il était donc certain qu'Hopterre 2 (1982-1996 - il est mort comme il est né : aveugle et incontinent) allait décevoir. Mes parents, qui avaient de vains espoirs de ressusciter le talent de leur défunt compagnon, ont commis là leur plus grande erreur professionnelle. Si on ne prend pas en compte la fois où mon paternel a accidentellement, se défend-il, tué net un agneau en lui administrant un coup du lapin latéral avec une barrière en bois ; et si on passe l'éponge sur l'épisode scabreux survenu en été 85, célèbre dans la famille pour ce que l'on appelle "l'expérience interdite" qui a condamné quinze valeureux agneaux bons pour l'abattoir ou, comme disait ma mère, "15 fois 500 balles !" ("500 balles" étant le nom qu'elle donne indistinctement à tout agneau, tandis que "congélo" est plutôt le nom du veau. On ne juge pas la famille.)


Clint, le 23 avril 2006, au top de sa forme.

Revenons à notre Clint, LE chien qui m'a marqué et qui aujourd'hui va péniblement vers ses 13 ans. Nous préférons l'appeler Clintou et nous avons pris l'habitude de lui réinterpréter toutes les chansons du répertoire musical mondial en son honneur, en remplaçant toutes les paroles par des "tout" ou encore "tout pour ma Clintou". A la base de cette folie créatrice, le tube de Michel Polnareff, Tout pour ma chérie, qui devient : "Tout tout, pour ma Clintou, ma Clintou / Tout tout, pour ma Clintou, ma Clintou / ad vitam eternam". Quand on lui chante ce refrain diabolique en se tapant les mains sur les cuisses, ma Clintou, mon toutou si doux, devient tout fou ! Seule chanson qui résiste à ce chamboulement parolier, la célébrissime ballade Only you, qui met Clintou en position "offerte", à la Sasha Grey, tout en la faisant couiner, à la Kyla Cole, au rythme langoureux de cette chanson qui a mis des millions de femmes en cloque mode d'emploi. Bref.


Kyla Cole, dans son bleu de travail.

Bref, on a aussi des chats. Ils ont, eux aussi, été les victimes de notre cinéphilie d'adolescents à peine influencés par notre père fan number one d'Hitchcock et de Vin Diesel. Nous n'avons pas appelé nos chats Vanille, Canelle, Grisette, Horny Housewives, Minette, Toupac Shakur, Mistigri, Félix ou encore Ciboulette. Non, nous avons choisi de leur donner des noms de films d'horreur histoire de les blinder face à une vie difficile dès la naissance : mise bas du haut d'une botte de foin ronde et mort prématurée en tous genres (flaque d'eau trop profonde, poules belliqueuses, renards aux aguets, facteur pressé, mère indigne et bergère malthusienne). Ainsi, nous avons eu la chance et la joie d'accueillir Critters, Gremlins, Freddy, Alien, Alien 2, Alien 3, Leviathan (surnommé "Leviathos le chat portos" - no offence), Panic, Toxic, Copycat, Se7en, Piranhas 3D, Prince des Ténèbres, Jack Nicholson. On voulait appeler un chat Les Diaboliques, mais le problème c'est que c'était au pluriel. Plusieurs chats se sont appelés Koukol en référence à l'inoubliable personnage de vampire trisomique du film de Polanski ! Cette tradition était moins originale et brillante qu'on le pensait quand on a appris avec stupéfaction que nos voisins en faisaient autant. On a découvert ça quand on s'est rendu compte que notre matou Alien allait régulièrement casser la gueule de l'efflanqué Predator, le chat jamaïcain du voisin, dans un crossover avant l'heure qui ne ménageait pas nos tympans. Récemment, nous avons décidé de passer au foot. Notre mâle dominant s'appelle Yohan Demont (le footeux lensois dont on est tous persuadé d'avoir croisé la teub glabre sang et or chez Marc Dorcel) et son principal rival, constamment en alerte, n'est autre qu'Alou Diarra, chat sentinelle dont les stats personnelles restent de haute volée malgré un début de saison en demi teinte.

Pour en revenir à Tess, c'est quand même un chouette chien et ma maman m'assure que ça deviendra un "très bon chien".


Tess de Roman Polanski avec Natassja Kinski (1979)