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22 février 2012

Out of Africa

On ne rappelle jamais assez le sous-titre français de Ouste of Africa : "Souvenirs d'Afrique". Comme quoi le film paysagiste s'annonce un brin. Ce film il faut l'avoir vu. C'est un instant classic de nos mémés, de nos mamans, et de nos tantes. Pas de nos filles en revanche, qui préféreront Robert Pattinson à Robert Redford, comme quoi, les jours s'en vont, rien ne demeure. Pourtant c'est un des films phares de Redford, car c'est un Pollack-Redford et y'en a pas tant que ça ! Ils en ont fait quoi ? Deux ? Peu importe. Toujours est-il qu'ils sont amis et que ce film-là c'est celui qui les réunit le mieux. La preuve, c'est que Redford a conquis le monde avec un rôle à peine écrit, et qu'on sent l'amour que le cinéaste porte à son comédien dans chaque plan qui le met en valeur. Pollack est tellement subjugué par les traits virils, symétriques et ténébreux du blond platine le plus célèbre d'Hollywood qu'il en a oublié de lui écrire un rôle. Qui est Redford dans ce film ? Un chasseur. Autant que mon tonton Alain, bucco-rhodanien de souche et qui a déménagé dans l'Aveyron il y a une dizaine d'années pour y trouver un véritable Battlefield Earth (c'est le nom qu'il a donné à son lieu-dit), afin d'y chasser le sanglier et autres gibiers à quatre pattes. N'ayant rien tiré depuis dix piges, il s'entraîne sur les chats du voisin. Dieu sait que jamais je n'arriverais à torcher un film de deux heures sur mon tonton, que j'adore au demeurant. Pourtant j'aurais le titre : "Bowling for Rieupeyroux". Bref, dans ce film le personnage de Redford manque de relief. A ce titre, la quatrième de jaquette de mon dvd en dit plus long sur son personnage que les 154 min. env. que dure le film : "aventurier idéaliste". Concrètement on se retrouve à l'image avec un type pas très bavard, qui comprend les noirs, qui séduit les femmes par son côté taciturne (qu'elles prennent pour de la sagesse et de l'assurance), et qui a besoin, tous les week-ends, après avoir trempé son biscuit cinq jours durant dans des demoiselles de tous morphotypes, de se faire un petit safari en tête à tête avec son fusil. C'est pour ça qu'il n'a pas envie de s'attacher à une femme, quand bien même il serait amoureux d'elle.


Dans ce film Robert Redford pète amoureusement au visage de Meryl Streep

Et c'est là qu'entre en scène Meryl Streep. Pour le tocard d'aujourd'hui, cette grande actrice, actuellement à l'affiche de La Dame de fer, c'est une vieillarde qui brigue tous les oscars en jouant dans des films chiants en costume cravate. Quid de Julia & Julia, de Mamma Mia !, ou du Diable s'habille en Prada. Mais n'oublions pas qu'avant ça elle s'intéressait au cinéma. On se rappelle de son rôle de biche dans The Deer Hunter, ou de sa voix de Blue Mecha dans AI Intelligence Artificielle. Bon ok elle a fait que dalle à part le Cimino et un Woody Allen. Certains sauveront aussi Kramer contre Kramer ou le très mièvre Sur la route de Madison, mais sans déconner ça fait pas lourd. Pourtant j'avoue, je l'aime bien. Elle incarne ici une aristo Danoise légèrement colonialiste et délestée d'une bonne partie de son blé par ses amants qui, après une déception amoureuse, se marie avec un type qu'elle n'aime pas et le suit en Afrique où elle monte une grande ferme. Affaiblie par la syphilis, qu'elle contracte grâce à son époux putanier, et désolée quand son médecin lui apprend qu'elle ne pourra jamais avoir d'enfant, elle tombe néanmoins dans les bras de Bob Redford qui, bien que fou amoureux d'elle, refuse la vie à deux pour mieux s'adonner à sa passion pour les safaris, Firefox et Netscape. A la toute fin du film, que je vous spoile ni une ni deux, elle apprend par texto que son amant idéal est mort au cours d'une chasse. Tout est là pour nous ruiner, même la jaquette, qui est sans merci. Mais Meryl Streep porte Out of Africa sur son dos et c'est un semi-remorque de bons sentiments, de cheveux au vent, de musique enivrante et de jolis plans sur des paysages de rêve, le tout filmé dans un académisme forcené. A tel point que quand on regarde le film avec le commentaire audio du réalisateur, on entend seulement Sidney Govou énumérant les valeurs de plan qu'il a enchaînées dans son film : gros plan, plan moyen, plan d'ensemble, plan amerloc, tout y passe. De toute façon Pollack on s'en rappelle surtout pour son caméo dans Fauteuils d'orchestres, où il formait un duo de fou avec Valérie Lemercier, duo qu'on aurait aimé retrouver dans mille autres buddy movies. Mais pour en revenir à Meryl Streep, il faut bien dire qu'elle fait son taff dans ce film et qu'elle le fait bien. C'est non seulement une bonne actrice mais une sacrée belle femme, n'en déplaise aux fans de Megan Fox et de Lindsay Lohan.


Puis il lui lave amoureusement sa tignasse...

Out of Africa est le seul film (ex-aequo avec Adèle Blanc-Sec) qui soit basé sur 5 romans différents : "Ouste of Africa", "Shadows on the grass", "Letters from Princesse Erika", "Peter Schmeichel : the life of a goalkeeper" et "Silence Will Smith". A chaque fois qu'on relit le quatrième de couverture du dvd, on a l'impression de redécouvrir l'histoire de ce film qui fut pendant longtemps le premier fournisseur de fonds d'écran de Windows et qui a le mérite de nous faire voyager gratis. Si j'étais Doc Gyneco, enfin médecin quoi, je mettrais ce film en boucle dans ma salle d'attente. C'est et ça restera le film le plus long de l'histoire du cinéma, pas dans les faits, mais dans le ressenti.


Out of Africa de Sidney Pollack avec Meryl Streep et Robert Redford (1985)

16 décembre 2010

Machete

Un pote m'a dit "Mec, crois-moi, si t'arrives à poser ton cerveau sur le siège d'à côté, va voir ça en salle, tu passeras un sacré moment". J'ai essayé. Je me le suis payé en divx. Mais c'est quand même bien naze... Je l'ai pas maté par masochisme hein, je savais à quoi m'attendre, et je voulais mater un truc distrayant quitte à ce que ça soit méga con. Et à vrai dire, mon pote ne disait pas tout, car il ne faut pas seulement se délester de son cerveau pour s'envoyer ce film, ou bien si, mais littéralement, car il faut se vider de tout, s'éteindre, faire le mort, s'assurer de ne jamais penser à autre chose qu'à strictement rien, et certainement pas au film ni au fait qu'on est en train de le regarder. Il faut surtout mettre de côté son impatience et son espoir de se marrer car d'une, je n'ai jamais trop eu l'impression de rentrer dedans, donc je me suis fait chier, et de deux, c'est jamais drôle ! Y'a pas vraiment de réplique amusante... J'ai beau chercher, j'en vois pas. Les films auxquels Machete veut ressembler sont souvent rigolos, même involontairement, avec leurs dialogues improbables, et là ça ne parvient même pas à reproduire ça. Et Danny Trejo est peut-être cool en vrai, je sais pas, il a l'air. C'est le genre de gars avec lequel je materais bien un match de foot, voilà. Pour ça j'aimerais bien. Mais en voyant ce film on comprend pourquoi il était jusque-là cantonné aux seconds seconds rôles, il a finalement très peu de charisme et ne parvient pas à porter un film sur ses épaules, c'est pas du tout la figure mémorable que ce film veut imposer avec ses énormes sabots.




Blague à part, en aparté avec Pascale Clark le plus gros travelo de France-Info : sur l'image ci-dessus, la blonde à gauche, ça devrait être Lindsay Lohan, c'est elle dans cette scène normalement, c'est son personnage. Mais vu qu'elle apparaît topless, elle a dû demander à être doublée, et remplacée par une meuf aux seins bien différents des siens. C'est con car quelques scènes plus tard, on retrouve la sympatoche Lohan effectivement nue ce coup-ci, avec seulement ses faux longs cheveux blonds par dessus ses boobs. On s'en fout complètement hein, mais c'est débile. Elle joue dans ce film, où elle incarne quasiment son propre rôle, pour montrer qu'elle a des couilles et sait faire de l'auto-dérision, mais ne va pas jusqu'au bout.




A côté de ça Jessica Alba est nue dans un plan ultra laid filmé à la verticale, et là c'est un trucage fait par ordi. J'ai pas "triqué". Je voulais le mentionner. Souvent, on dit de ce film "Y'en a pour tous les goûts, y'a de la bonnasse à poil partout, t'en prends plein les yeux". Désolé, je dois être pédé. Quoique non, si j'étais attiré par les hommes, Daniel Trejo serait au moins là pour me contenter, or lui aussi ne vient pas titiller mon hypophyse (c'est un terme scientifique que j'utilise là, d'après mes cours de seconde, l'hypophyse c'est une grosse glande dans le cerveau qui décide si on a la gaule ou pas. C'est ce que j'ai retenu de mes trois secondes, alors je le place où je peux fin de la parenthèse, je vous marave en SVT).




J'ai oublié de parler d'une scène au tout début du film, où l'on devine une jeune femme sortir son téléphone portable de son vagin. Elle est filmée nue, de dos, et on entend un bruit particulièrement hideux qui nous fait bien comprendre ce qui se passe. Ce personnage a donc l'habitude de ranger son portable dans sa teuch... Étonnant. Voilà... Peut-être un kiff perso de Bobito Rodriguez.




C'est quand même mieux que Planet Terror. Mais c'était impossible de faire pire. Et Bob De Niro fait un peu de peine là-dedans. Finalement, ce film m'a fait penser à une phrase, et plus précisément, au dicton de mon beau-père. Mon beau-papa c'est un type qui ne m'aime pas beaucoup. Normal. Quand j'aurai une meuf et qu'elle s'enverra un gars, qui sera donc mon gendre (ou mon neveu, je confonds toujours), jamais de la vie je lui adresserais la parole. Là c'est un peu ça. Nos rapports sont nuls. C'est mort entre nous. C'est le calme plat. Je crois qu'il me cause en morse des fois. S'il me cause, c'est du morse. On est tous attablés, devant un gros barbecue, le silence règne et ça devrait être à moi de causer, de faire l'animation. Et là, je le vois juste taper sur la table avec le manche de son énorme coutelas. Toc-toc toc toc-toc. Trois courts, trois longs, trois courts. Je suis à peu près sûr qu'il me cause en morse. Mais je pige pas le morse. Bref, je m'écarte un peu de ce que je voulais vous dire. Mon beau-padre donc, il a un dicton, et c'est la seule phrase qu'il me dit, en dehors de "adieu" et "bye !". Il me dit : "Des fois, demande-toi ce que tu ferais si t'étais moins con." C'est naze comme phrase. Ça vaut que dalle. Mais à la fois, si vous y réfléchissez à deux fois, c'est très malin, car si, dans la vie de tous les jours, pour chacune des choses que l'on fait ou que l'on s'apprête à faire, on se posait cette question "Et si j'étais un peu moins un gros con ??", peut-être qu'on agirait mieux. La Tour de Pise n'existerait pas, par exemple.

Machete m'a donc fait penser à ce fameux dicton. Je me dis que si Bob Rodriguez se posait la question de ce qu'il pourrait plutôt faire s'il était un peu moins con, ça serait un petit coup de pouce adressé au cinéma, vu qu'il arrêterait d'en faire. Il se lancerait dans le hot-dog. Et j'irais manger chez lui matin, midi et soir. Ses films par contre, je les finis pas, grâce à mon beau-papa.


Machete de Robert Rodriguez et Ethan Maniquis avec Danny Trejo, Lindsay Lohan, Robert De Niro, Michelle Rodriguez et Jessica Alba (2010)

9 septembre 2008

La Coccinelle revient

L'intérêt de ce film se résume à une seule anecdote, une anecdote que vous ne trouverez pas dans la partie "trivia" du fameux site IMDb, et vous allez très vite comprendre pourquoi...

Lors des premières projections-test de Herbie Fully Loaded, les seins de Lindsay Lohan auraient été jugés trop gros par les parents des enfants auxquels ce film est dédié. Ils voyaient là quelque-chose de choquant, d'outrancier, de beaucoup trop voyant, qui pouvait mettre en danger la sexualité à peine naissante de leurs jeunes marmots. De tels obus, portés avec une telle fierté et filmés avec une telle envie, pouvaient faire de ces gamins de véritables obsédés sexuels et, à coup sûr, de futurs violeurs. Les parents se sont donc plaints avec virulence, ils ont réclamé que tous les plans mettant en scène les seins de la jeune Lindsay Lohan soient purement et simplement coupés au montage. Le réalisateur et les nombreux producteurs du film ont alors été pris de panique, ils savaient bien qu'appliquer cette mesure transformerait Herbie Fully Loaded en un court-métrage sans queue ni tête. Ils ont alors eu l'idée de faire appel à leurs amis de Pixar, qui œuvrent également dans le même domaine (les films pour gosses ou pour adultes trépanés), et ont juré aux parents inquiets que ces derniers allaient se charger de réduire numériquement la taille jugée trop imposante de la poitrine de l'héroïne. Herbie Fully Loaded a ensuite pu débouler sur grand écran, et l'anecdote dont je viens de vous faire part s'est avérée totalement bidon. Ce n'était qu'une simple idée de marketing. Toute cette histoire de plaintes de parents choqués par des seins qui furent ensuite réduits numériquement est complètement fausse. C'est du chiqué ! Les producteurs ont inventé tout ça uniquement pour faire parler de leur film. Ils avaient bien conscience de sa qualité médiocre, et tous les moyens étaient bons pour le sauver d'un naufrage commercial assuré.


Les nibards de Lindsay Lohan sont donc bel et bien à l'image. Ils sont lourds. Elle conduit Herbie, la coccinelle qui tient le second rôle, sans les mains, si vous voyez ce que je veux dire. Elle sue des seins. Elle fait des branlettes espagnoles à qui mieux mieux. Elle fout de grosses baffes avec ses loches pour se sortir du pétrin. Elle les coince dans les portières des bagnoles. Elle s'en sert de cric pour changer ses pneus. Ils sont gros et ils font le bonheur des papas puritains qui épaulent leurs enfants au cinéma, lesquels s'ennuient ferme devant ce triste spectacle. Lindsay Lohan est un freak humain. Après le tournage de ce film, ce n'est pas numériquement mais bien chirurgicalement qu'elle s'est faite retirer un nichon pour diviser l'autre et le répartir de chaque côté de son maigre torse. Il paraît qu'un docu circule sur la toile, il s'intitulerait "Under-Size Me". C'est un must-have, c'est un de ces pop-ups qu'on ne peut pas bloquer, c'est un de ces url pour lesquels on viderait bien son cache, en un mot comme en cent : jamais un film n'a aussi mal porté son titre, c'est le genre qui te super-size un mort.


La Coccinelle revient d'Angela Robinson avec Lindsay Lohan, Justin Long, Matt Dillon et Michael Keaton (2005)