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10 avril 2011

J'ai toujours rêvé d'être un gangster

IL est de retour. IL revient. C'est LUI qui vient de sortir Chez Gino sur grand écran. Qui ? Sam je suis Sam Benchetrit. De toute façon il est coupable. Son crime actuellement c'est d'être sur tous les plateaux télé, accompagné de sa femme, Anna Mouglalis, plus mougla que lisse. Encore hier sur France2 ils s'entre-congratulaient et se félicitaient de tourner un film comme on change de slip. Car désormais Madame Benchetrit va aussi passer derrière une caméra (en espérant qu'elle n'ait plus de piles). Elle l'annonçait hier comme si c'était bien naturel... J'ai été fan de Mouglalis, je l'avoue, mais j'ai aussi été fan des Spice Girls à peu près à la même époque (2005/2008). Par contre je n'ai jamais été fan de Sam-le-Pirate Benchetrit. Au départ cet homme-là a voulu se fabriquer un nom de scène bien senti à partir des lettres qui composent son véritable patronyme, celui qu'on connaît et sous lequel il évolue actuellement, il voulait le remplacer par une sorte d'anagramme classieux, à la manière de Jamel Jospin ou d'Oncle Bilal, le fameux dessinateur de bandes dessinées, mais que faire avec cet amas de R, de S, de Ch, de T... Il n'a rien pu trouver que Banuel Semchetrit, ou Manuel Detrisélectif, ou encore Bernie Radioactif, et finalement Ben, tout court, mais c'était pris par un espagnol qui écrit son nom en blanc sur fond noir sur des agendas et des parapluies et qui se fait des couilles en or 48 carats grâce à ça. Celui-là si je le croise je fais de lui une trousse, comme ça moi aussi j'aurai ma petite trousse Ben. Pour en revenir à la dynastie Benchetrit, on n'a aucun mal à les imaginer partageant leur 500 mètres à Nanterre, s'écrivant l'un l'autre des petits rôles pour leurs futurs films respectifs. D'après Mouglalis, le type en carence de vitamine D avec lequel elle a signé un PACS jouera un vampire dans son premier film.




Est-ce que ça paraît naturel à tout le monde que ces deux spécimens réalisent ce qu'ils veulent et nous l'infligent comme ça ? Moi je dis pourquoi pas mais ça me poserait encore moins de problème si strictement tout le monde avait cette chance et pouvait ensuite aller le célébrer sur tous les plateaux, à tous les journaleux, de Denisot à Charal en passant par Larqué et Sabatier. Dans J'ai toujours rêvé d'être un gangsta (qui est le titre du premier album de Snoop Doggy Dog selon la trivia Allociné), Anna Mouglalis avait déjà un rôle. J'ai vu ce film au cinéma et à la sortie j'ai dit que je l'avais bien aimé. Je lève mes mains et je crie coupable. Je sais pas si je le referais. Est-ce qu'on devient plus sincère avec l'âge ? Quitte à ne pas s'épanouir sentimentalement ? Je sais pas, mais là, maintenant, même pour un verre avec les cinq Spice Girls d'un coup, ou Mouglalis, je ne transigerais pas sur ce film à sketches qui s'autosuce.


J'ai toujours rêvé d'être un gangster de Samuel Benchetrit avec Jean Rochefort et Anna Mouglalis (2008)

23 février 2011

Gainsbourg (vie héroïque)

Ce matin je me lève, j'ouvre mon placard, dis-donc mon pote sur qui que je tombe ? L'amant de ma femme ! Je lui dis : "Dis-donc mon pote qu'est-ce que tu fous là ?". Il me répond : "Je fais comme toi, je baise ta femme". Non blague à part ce matin je me lève, et je me mets à chanter : "Rien ne t'arrête, quand tu commenceeeeeees, si tu savais comme j'ai ennnnnvieeee d'un peuuuu de sileeeeeeence". Je chantais ces paroles d'une chanson que je ne connais même pas, je chantais ça en louchant, et cette saloperie de virus qui s'emparait de moi venait peut-être du film que j'avais maté la veille au soir, le Gainsbourg (vie héroïque) de Joann Sfar. Joann Sfar, parlons-en. Ce type est un dessinateur de bédé qui a un melon gros comme ça. Il gribouille dans un style hideux qui se veut unique et il n'en peut plus de trouver ça génial. Rien ne lui fait peur. Même pas l'idée de réaliser un long métrage venu de nulle part, un film de deux heures et dix minutes, car sa mégalomanie n'a pas de limite, le biopic d'une icône nationale, rien que ça. Dans ce film on apprend ce qu'on savait déjà, à savoir que Serge Gainsbourg a voulu être peintre avant de se lancer dans la variétoche. Aussi Sfar lui prête son propre coup de crayon, s'alléguant ainsi le génie incommensurable qu'il attribue au chanteur à la tronche de choux. Sfar le considère à ce point comme un surdoué absolument génial qu'il le filme enfant déblatérant comme un adulte cynique et prodigieusement éclairé. Or ce modèle d'intelligence et de génie artistique voit son imaginaire confondu à celui de Joann Sfar dans une (auto)biographie exécrable. Car la chose ne s'arrête pas là, d'un bout à l'autre du film Gainsbourg est visité par son double, Gainsbarre, dessiné à la palette graphique, représenté à l'image par les croquis minables de Sfar tout en dessins animés. Et c'est d'un crispant... 
 
 
C'est entre autres pour ça que j'aimerais truffer Joann Sfar de pruneaux
 
Ce film ridicule, qui s'ouvre sur la mention ô combien ronflante : "Un conte de Joann Sfar", est donc une suite de sketches bruyants et désolants, mal filmés, qui nous racontent bêtement le parcours de Gainsbourg et qui parviennent à nous rendre l'artiste inintéressant au possible, voire détestable. Pour couronner chaque étape de cette fable biographique de mes deux, autant d'exercices pathétiques d'imitation. Eric Elmosnino est sûrement remarquable dans sa façon d'imiter le monstre sacré, n'empêche que les imitateurs m'ont toujours flingué... Partant d'une vague ressemblance avec Gainsbourg, ce triste perroquet paré de fausses grandes oreilles grotesques imite la diction du chanteur, ses gestes... Passionnant. Laetitia Casta s'en tire plutôt pas mal en Brigitte Bardot, faut dire qu'elle partage naturellement ses gros nichons, mais ça n'est jamais qu'une autre actrice qui joue à la célébrité, et ce que nous regardons comme des cons c'est Casta qui s'amuse, voilà ce qu'on mate, on mate une paire de nichons qui joue à en être une autre, on mate pas un personnage. Il n'y a aucun personnage dans ce navet. 
 
 
Casta semble prendre autant de plaisir que Bardot à se trimballer les nibards en vrac
 
Je m'en prends un peu violemment à Casta alors que c'est sans doute celle qui le mérite le moins. Que dire de cette potiche d'Anna Mouglalis qui pose en robe Chanel et qui clope comme un putois pour aggraver sa voix de baryton, et qui fait du Anna Mouglalis pour interpréter Juliette Gréco ; que dire de feue Lucie Gordon qui reprend scolairement l'accent de Jane Birkin et qu'on a pourtant du mal à identifier comme telle vu qu'elle est à peu près aussi lisse et jolie que Birkin était ingrate et singulière ; que dire surtout du triste Philippe Katerine dans la peau de Boris Vian... Et c'est sans parler de celle que j'appellerais la cerise sur le gâteau, Sara Forestier, qui nous fait un numéro de catafalque humain lorsqu'elle tente vainement d'imiter France Gall en chantant insupportablement mal et en hurlant comme une trépanée avec son immense gueule grande ouverte et vue sur ses amygdales démoniaques... C'est le numéro d'actrice le plus lamentable que j'ai jamais vu. Jouer ça au premier degré et trouver ça chouette, ça me bute. 
 
 
France Gall avait de la classe, non ?
 
J'ai failli crever devant les élucubrations de Sfar sur la vie de Gainsbourg et devant ce spectacle horrible d'acteurs poisseux et d'actrices nues, tous et toutes plongés avec conviction et passion dans leurs risibles exercices d'imitation. Le pire c'est que le film nous aguiche et joue sur notre côté vicelard en accumulant platement les multiples histoires de cul impliquant Gainsbourg et toutes les célébrités de l'époque (Bardot, Gréco, Brassens, Birkin, etc.). On a le sentiment de lire un Oops animé et on attend niaisement de voir la prochaine victime du grand Gainsbourg et d'avoir un aperçu de ses parties fines avec telle ou telle star en décolleté. J'ai fini le film en vitesse accélérée puis j'ai regardé Tamara Drewe. Je cherchais une idée pour conclure cette critique en chantant dans ma tête "Who let the dogs out, wouf wouf wouf", et ça me faisait penser à Frank, dans MIIB, dans la scène où il chante cette chanson. Idem, je repensais à la scène où il chante "I will Survive". Pour moi ce sont ces scènes mythiques qui font de M2IB un meilleur film que M1IB.
 
 
Gainsbourg (vie héroïque) de Joann Sfar avec Eric Elmosnino, Laetitia Casta, Anna Mouglalis, Sara Forestier et Philippe Katerine (2010)

7 novembre 2010

Mammuth

Assez curieusement, Mammuth est venu confirmer toutes les sales idées que je m'étais faites du cinéma du duo Kervern/Delépine à partir des quelques extraits que j'avais déjà pu voir de leurs films précédents. Jusqu'à hier, j'avais en effet toujours été incapable de mater un de leurs films en entier. Il faut dire que j'avais rarement tenté le coup, le dvd maudit d'Avida a ainsi traîné quelques mois dans notre ancien appart' sans que j'y fasse attention une seconde, à part quand il fallait caler des meubles ou empêcher des courants d'air... Mais j’avais bien lancé Aaltra, une fois, y’a un bail, en le stoppant net au bout d’un quart d’heure, le moral en berne. Par curiosité pour ce film assez unanimement salué par la critique, je voulais donc voir Mammuth, avec aussi l’espoir de me marrer quelques fois grâce à un Depardieu que la bande-annonce laissait présager en roues libres. On suit ici sa grosse carcasse retournant sur les traces de son passé, en pleine quête initiatique de derrière les fagots, et, plus concrètement, partie sur sa moto à la recherche de ces "papelards" qui lui permettront, peut-être, de toucher sa retraite à taux plein.



Depardieu est plus gros et laid que jamais, avec sa tronche ravagée, ses longs cheveux blonds crados et sa dégaine si lourde, on pense inévitablement au Mickey Rourke de The Wrestler ; mais il faut reconnaître que Depardieu permet à lui tout seul au film… d’être vu (j’avoue tout de même que je m’y suis peu à peu désintéressé presque totalement). Il croise une galerie de freaks tout droits sortis de « l’univers » Groland, avec quelques guest stars qui font leurs petits numéros ici ou là (une très vulgaire Anna Mouglalis et un Benoît Poelvoorde assez éteint, notamment).



L’humour du film, s’il y en a bien un, n’a pas fonctionné une seule seconde avec moi. Mammuth est d’un glauque bien trop forcené et le duo Kervern/Delépine dépeint des personnages bien trop misérables et cons pour qu’on puisse en rire. Et en plus, ils ne font pas ça à moitié, avec cette image ultra crade, aux couleurs dégueulasses, et ces plans souvent excessivement laids qu’ils nous servent jusqu’à l’overdose, et qui nous amènent à penser qu’ils filment tout simplement fort mal. Au sommet de la laideur culmine ce long plan hideusement cadré, où l’on voit Depardieu et son vieux cousin, qu’il vient de retrouver après des années d’absence, allongés nus sur un lit, s’entre-masturber mécaniquement et sans succès, le tout accompagné de bruits à gerber. C’est vraiment très, très laid. Yolande Moreau est plutôt insupportable et cette scène, déjà vue dans la bande-annonce, où elle ne parvient pas à se faire comprendre par un répondeur téléphonique, est une vraie souffrance à revoir. Ces deux passages dont je viens de causer pourraient tout à fait me faire sortir de mes gonds. Y’a quelques idées, pas toutes mauvaises, parfois même un peu jolies, disséminées ici ou là, mais ça reste très pauvre, et ça n’est pas du tout ça que l’on retient une fois le film terminé. Un film pourtant pas long, mais qui traîne à se finir qui plus est. Kervern et Delépine doivent pourtant ressentir de la sympathie pour les parias décalés et miséreux qu’ils inventent et dont ils nous racontent les vies cabossées, mais personnellement, ils me font simplement les mépriser. Pour faire bref : je n'ai pas aimé ce film du tout.


Mammuth de Gustave Kervern et Benoît Delépine avec Gérard Depardieu et Yolande Moreau (2010)