16 juin 2015

Jupiter Ascending

Je me suis surpris à passer un bon moment devant le dernier film des "frères" Wachowski, Jupiter Ascending, space opera pur jus, assez froidement accueilli à sa sortie en début d'année. Peut-être étais-je dans un bon soir, peut-être avais-je tout particulièrement envie d'un film de ce genre-là et que les Wachowski sont tombés à pic. Le fait est que j'ai plutôt accroché à cette histoire qui apparaît comme une sorte de croisement entre Star Wars et Matrix, dans laquelle une jeune femme (Mila Kunis) voit sa morne vie totalement chamboulée quand elle apprend qu'elle fait partie d'une des familles les plus puissantes de l'Univers. Embarquée dans une folle aventure qui la mènera jusque dans les tréfonds de Jupiter, elle sera défendue par un homme-loup (Channing Tatum) dont elle tombera rapidement amoureuse. Et je n'irai pas plus loin dans la présentation du pitch, par peur de déjà refroidir la plupart d'entre vous !




Moi qui avais dû déclarer forfait devant Cloud Atlas, leur précédent opus, beaucoup mieux reçu il y a deux ans et auquel je suis à présent bien motivé à redonner une chance, je dois aujourd'hui reconnaître que, par les temps qui courent, les Wachowski sont des cinéastes à part, qui méritent pleinement d'être salués et défendus. Ces deux-là sont quasiment les seuls à encore proposer des blockbusters si ambitieux, généreux et originaux. Face à Jupiter Ascending, on ne doute jamais de leur sincérité et de la noblesse de leurs intentions. Leur film, un brin foutraque, a certes des défauts évidents, tutoie parfois le kitsch, et pourra sûrement en fatiguer plus d'un dans sa volonté d'en mettre plein la vue, notamment lors de scènes d'action toujours très lisibles mais un peu longuettes. Le scénario, assez fouillis, paraît étonnamment condensé sur deux heures, avec quelques ellipses et un montage un peu déconcertants en ces temps sombres où il est plutôt de coutume d'étaler ce genre d'histoires sur de longues et pénibles trilogies (quand ça n'est pas davantage...) pour s'assurer un maximum de recettes au box office. Cela ne m'étonnerait donc guère qu'un director's cut sorte bientôt en vidéo mais, en l'état, j'ai personnellement trouvé tout à fait compréhensible ce film assez osé que beaucoup se sont plu à traîner dans la boue.




Il faut reconnaître aux Wachowski une vraie inventivité visuelle et une certaine habileté pour la création d'un univers captivant, dont on a envie de mieux comprendre les rouages. Les acteurs aussi ont l'air de croire en ce qu'ils font, malgré le côté grotesque de leurs rôles et de certaines situations. Je pense par exemple à cette scène où Channing Tatum explique qu'il a davantage en commun avec un clébard qu'avec la charmante Mila Kunis. Cette dernière lui rétorque alors spontanément qu'il ne s'agit pas d'un grand problème parce qu'elle a toujours aimé les chiens, et cela donne lieu à un moment assez comique, où la touche d'humour fait d'autant plus plaisir dans le sens où il ne s'agit pas du second degré ou des références lourdaudes dont on nous abreuve ailleurs (notons toutefois un curieux passage ouvertement parodique, épinglant la bureaucratie extraterrestre et se terminant même par un cameo de Terry Gilliam). Eddie Redmayne, récemment récompensé d'un Oscar pour son interprétation de Stephen Hawking, campe ici un méchant plutôt convaincant, sa tronche assez flippante, dominée par une bouche étrangement gonflée, convient tout à fait au rôle.




Bien sûr, les moins friands de science-fiction auront un mal fou à supporter Jupiter Ascending, qui est un gros space opera comme il s'en produit finalement fort peu ; mais les amateurs ont tout intérêt à s'y risquer. Ils pourront peut-être, comme moi, y trouver un plaisir qu'ils n'avaient pas ressenti depuis longtemps devant un tel spectacle. Ils pourront aussi, et c'est plus probable, revenir sur cette page pour m'insulter. Je me sentirai alors encore plus seul, mais je suis prêt à assumer...


Jupiter Ascending (Jupiter : le destin de l'Univers) d'Andy Wachowski et Lana Wachowski avec Mila Kunis, Channing Tatum, Sean Bean et Eddie Redmayne (2015)

43 commentaires:

  1. Pas vu le film, il file assez envie, mais j'ai quand même envie de t'insulter !

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  2. Plus de tofs de Shining Tatum pleeeeease <3

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  3. Magic Mike XXL sort bientôt, t'inquiète ;)

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  4. Je me suis tapé la trilogie Matrix hier, je crois que j'ai perdu un hémisphère entier de mon cerveau...
    Je vais attendre un peu pr me refaire un Wachowski brother/sister, le temps que mes fonctions cognitives reprennent du poil de la bête...

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  5. Les trois Matrix à la suite ? Folie !

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  6. Nick Longhetti16 juin 2015 à 11:52

    T'es passé de l'autre côté là Felix... C'est sain pour la santé mentale de ne pas voir de film de ces deux troubadours... Ce film ne m'attire pas du tout on dirait du nanar des 80's à la sauce Star trek version Shatner.
    Mais si on est fan de ce genre pourquoi pas mais à ses risques et périls...

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  7. Toujours beaucoup plus sain que de mater une seule minute d'Avengers...

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  8. Nick Longhetti16 juin 2015 à 12:05

    J'ai lâché le délire Marvel avec Sam Raimi. La suite n'a plus beaucoup d'intérêt en effet... Je cite un Intellectuel américain sur ce genre de phénomène :
    "
    BRUCE TOUT PUISSANT
    «Je
    parlais de « tendances lourdes », prenez une industrie comme le cinéma,
    comme Hollywood. Les derniers grands succès mondiaux, sur plusieurs
    années, qui génèrent des millions de dollars de marge, sont tous
    fabriqués pour les adolescents. En 2003, et dans l’ordre, « Le Seigneur
    des anneaux ». « Le Monde de Némo ». « Pirate des Caraïbes ». « Matrix
    relaoded ». « Bruce Tout-Puissant ». « X-men 2 ». En 2002 : « Spider Man
    ». « Le Seigneur des anneaux ». « Star Wars IV ». « Harry Potter 2 ».
    En 2001 : « Harry Potter ». « Le Seigneur des anneaux ». « Shrek ». «
    Monstres et compagnie ». « Rush hour 2 ». Hollywood est dominé plus que
    jamais par les « blockbusters » à destination des adolescents, formatés
    par des histoires simplistes, des grosses ficelles, une morale facile.
    Un critique connu du cinéma américain a écrit : « Dans les années
    1970, le cinéma américain s’enflamma et devint adulte, et puis Lucas et
    Spielberg ont éteint la flamme avec des torrents d’argent ». Le grand
    Elia Kazan déclarait, il y a vingt ans, qu’il n’écrirait plus jamais
    pour Hollywood parce qu’on ne lui demandait plus que des scénarios pour
    adolescents et préadolescents. Actions décalquées sur la bande dessinée
    et les jeux vidéos, personnages bien typés, les bons et les méchants,
    intrigues minimales, dialogues brefs, suites répétées, marketing massif
    de produits dérivés jusque sur les produits alimentaires, ventes
    associées aux fast-food, aux grandes surfaces et aux grands médias.
    Comparez la naïveté du cinéma actuel avec les scénarios des films
    adultes des années 1930-1940 – qui constituaient alors une « tendance
    lourde », tandis qu’aujourd’hui il faut aller chercher un cinéma sans
    enfantillage chez quelques figures d’Hollywood, mais surtout dans le «
    cinéma indépendant »

    Source et pour aller plus loin : http://fredericjoignot.blog.lemonde.fr/2009/09/07/120/

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  9. T'inquiète je compte me l'envoyer prochainement, puis revenir ici et te foutre la race (dans un sens ou dans l'autre, dans ce monde ou dans le suivant).

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  10. Ca me fait quand même pas mal rire de balancer le Seigneur des Anneaux au milieu de ces films résolument crétins et destinés aux moins de 15 ans et de le qualifier de blockbuster quand on sait quelle a été l'histoire de sa production à comparer avec les énormes bouses citées à côté de ce film. A la base (et contrairement à tous les autres films cités), le Seigneur des Anneaux est issu d'un livre dont la cible première n'est vraiment pas les ados ou les enfants. Il est vrai de dire que les films ont substantiellement simplifié l'histoire, mais de là à les mettre au même niveau que Rush Hour, Némo ou Harry Potter, Pirates des Caraïbes ou Shrek et même Star Wars, c'est vraiment mal connaitre le cinéma.

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  11. Nick Longhetti16 juin 2015 à 15:43

    Le Seigneur des annaux ce n'est pas non plus du Preminger C'est peut-être un peu plus élaboré sur le forme mais sur le fond c'est extrêmement enfantin. Sans vouloir être blessant c'est un genre de film avant tout destiné aux adolescents et aux geeks. C'est un peu comme Star Wars c'est juste du divertissement.
    On a le droit d'aimer ce genre de truc mais faut se calmer.
    Quant à Tolkien , le délire fantasy ne m'intéresse absolument pas.

    Je préfère le réel.

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  12. Ce que tu dis du film correspond assez de ce que j'attendais de 'John Carter', que plusieurs personnes m'ont dissuadé de voir — mais j'irai quand même y jeter un œil, à l'occasion, ainsi que sur ce 'Jupiter Ascending' !

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  13. « Je préfère le réel », comme ça, tout court, en guise de conclusion, sans crier gare : qu'on soit d'accord ou non, c'est grand !

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  14. Moi je trouve cette phrase ultra con. Et pourtant je m'en tape du Seigneur des Étoiles.

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  15. John Carter m'avait semblé beaucoup plus raté. Je n'avais même pas tenu très longtemps devant... (cf. ma critique dispo en ces pages)

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  16. Une belle daube ce John Carter, ouaip.

    Quant à Jupiter Ascending, je n'appuie pas vraiment mon acolyte sur le fond, mais je le soutiens à fond dans sa cascade critique sans filet.

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  17. Jupiter Ascending est beaucoup plus sympathique que Cloud Atlas, pour la raison assez simple qu'il ne se prend pas au sérieux, et qu'il ose un ton bon-enfant et classique dans son récit,presque comme si 50 ans de cinéma n'avaient pas existé. Mais c'est quand même un peu foiré, j'ai pas trop réussi à m'intéresser à ce qui se passe à l'écran et la folie visuelle à l'oeuvre m'a laissé complètement de marbre. Il y a aussi un méchant qui joue vraiment comme un pied. Dans le style "Blockbuster comme on en fait plus", je préfère largement le Detective Dee II, de Tsui Hark. Même genre de délire.

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  18. Je le répète, c'est plus une question de forme que de fond. Dire cela ainsi, tout à trac : « Il a osé ! »



    « Non, non-non-non-non-non-non, ce La Chesnaye ne manque pas de classe, et ça d'vient rare, mon cher Saint-Aubin, croyez-moi, ça d'vient rare ! »


    (Je sais, je la mets à toutes les sauces, celle-là, pauvre Renoir. Et je sais itou, je suis insomniaque !)

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  19. C'est pas gentil de briser ainsi mes rêves d'enfant.

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  20. D'accord avec Nikos. La différence entre les blockbusters cités (le divertissement à l'état pur) et l'art est simple (ce n'est pas de moi) : les films de divertissement et les oeuvres d'art nous sortent du monde et de notre quotidien le temps de la contemplation et quand on y repense. Mais le divertissement pur s'arrête là tandis que l'art, tant le temps même de la contemplation, nous ramène en permanence au monde, parce qu'il nous fait partager l'expérience d'autres êtres humains et nous dit quelque chose du monde. Il faut revenir au réel, sinon on en reste à de pures sensations, d'où la surenchère d'action et d'effets, qui m'assomment, personnellement...

    George Lucas, Peter Jackson, Harry Potter n'ont rien à nous dire de l'être humain et du monde : ces sempiternelles luttes contre une dictature fasciste font référence à des faits historiques d'un autre temps, qui ne concernent absolument pas la société américaine. Le reste du monde, ça pourrait mais ces luttes sont tellement stéréotypées en plus... Nos démocraties sont extrêmement imparfaites mais le fascisme n'est ni un problème actuel ni un danger probable, si ?

    Sinon, en ce qui concerne le critique connu affirmant que le cinéma américain est devenu adulte dans les années 1970 (c'est qui ?), on peut arrêter de le lire : dire ça est juste la marque d'une ignorance totale. Tais-toi, débile.

    Et pour Preminger, je trouve ça mille fois plus élaboré dans la forme que Peter Jackson, c'est-à-dire dans la mise en scène avant tout. Après je n'ai rien contre les amateurs de divertissement pur, c'est très bien déjà de prendre du plaisir !

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  21. J'ai eu du mal à regarder ce film. D'ailleurs je n'ai pas réussi tout bonnement. Je me croyais devant un nanard.

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  22. En bref, cette petite querelle à laquelle je préfère ne pas trop me mêler (cela me fatigue par avance, je l'avoue) n'est jamais que le prolongement de la vieille opposition Lumière / Méliès !

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  23. T'es fan des bouquins d'Edgar Rice Burroughs ?

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  24. Je ne sais pas si Nick Longhetti pensait à l'opposition documentaire / fiction ou réalisme / imaginaire, mais ça m'étonnerait et ça n'a absolument rien à voir avec ce dont je parlais.

    L'imaginaire nous éloigne encore plus de notre monde mais il peut très bien nous y ramener et nous parler tout autant de l'être humain et du monde que des oeuvres réalistes. Il y a une foule de films relevant de l'imaginaire qui le font et ils ne sont pas exactement inconnus : de nombreux films de Bunuel, Allen, Altman, Bergman, Fellini, Oshima, Yoshida, Resnais et beaucoup de films fantastiques et de science-fiction en général, merveilleux et profonds...



    Les blockbusters cités par Nick n'en font pas partie à mon avis parce qu'ils ne font que reprendre une situation devenue stéréotypée en variant les univers, mais sans s'intéresser à leur personnages ni à leur histoire (il suffit de lire le blog de l'Odieux Connard pour en voir toutes les absurdités). Ils visent bien plutôt les sensations pures, d'où l'accent mis sur la violence et l'action parfois très gratuite et interminable (souvenir cauchemardesque des films de Peter Jackson), rendant ainsi le cerveau tout ce qu'il y a de disponible... David Mamet a comparé de façon provocante les films d'action aux films pornographiques : il y a les scènes que tout le monde attend et le reste (histoire et personnages), on s'en fout...



    Encore une fois, c'est déjà si important de prendre du plaisir, chacun le prend où il le veut :-)

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  25. Je n'en connais que des produits dérivés (livres, bandes dessinées), mais quitte à accumuler les films d'héroïque fantaisie, je trouvais pas mauvaise l'idée de revenir au premier récit du genre (ou à l'un des premiers). Et puis j'avais beaucoup aimé '1001 pattes' qu'avait coréalisé Andrew Stanton, le réalisateur de 'John Carter' (mais après avoir vu les autres films Pixar signés du seul Stanton, pas indignes du tout mais pas du même niveau, je me dis que l'implication de John Lasseter dans '1001 pattes' avait dû faire la différence).

    À propos de cet auteur, je trouve très marquants plusieurs des noms qui lui sont associés : le sien propre (Edgar Rice Burroughs, ça claque !), Lord Greystoke, Tarzan, Burne Hogarth, Rudyard Kipling... (Je sais, le dernier nom n'a rien à voir — quoique, Mowgli, la jungle —, mais je l'aime beaucoup aussi.)

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  26. Nous sommes bien d'accord : afin de les différencier de la masse entropique des énormes productions qui inondent les écrans depuis quarante ans, j'avais moi-même été tenté de faire un commentaire sur les très grands films de spectacle « à couper le souffle » du XXe siècle ('Metropolis', 'King Kong', 'Les Dix Commandements', 'Les Oiseaux', '2001, l'Odyssée de l'espace', et dans-une-moindre-mesure-mais-quand-même 'Blade Runner'), réalisés dans certains cas (Shoedsack et Cooper, Ridley Scott) par des cinéastes qui sont pourtant loin d'être aussi artistiquement cotés que les noms majeurs que tu cites — et puis j'ai eu la flemme. Mais à un certain point d'exaspération des contraires (là, il faudrait pouvoir employer l'italique !), on retrouve il me semble l'opposition Méliès / Lumière, de façon caricaturale et improductive, comme si chacun d'entre eux reprenait ses billes et ne voulait plus rien partager avec l'autre. Dans le dernier film sorti en salles de Kiyoshi Kurosawa ('Real'), on sentait le désir de réconcilier les deux tendances : effort louable, mais dans les faits c'était assez raté, je trouve (particulièrement la fin du film).

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  27. C'est comme moi par rapport à 'Holy Motors' : j'ai eu du mal à le regarder, je me croyais devais un film de Marcel Carné.


    (J'attends les volées de bois vert !)

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  28. C'est comme moi quand j'ai vu les trois '7ème Compagnie' à la suite.

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  29. Nick Longhetti18 juin 2015 à 17:06

    Il me plait bien ce Hamsterjovial. Cecil ( B DeMille?) aussi

    Je ne suis pas contre la SF. Je n'ai rien contre le divertissement. Cependant il y a un minimum à avoir. Le Parrain c'est un bon divertissement et qui a des qualités artistiques. Parce que bon les films pataboum les méchants intergalactiques les gentils immaculés pif paf badamoum combat de sabre laser philosophie de bas étage morale de conte pour enfant de seconde catégorie ça va 5 minutes. Avec une dernière phrase très déconstruite , je résume un peu ces blockbusters abrutissants.

    En revanche Hamsterjovial l'a très bien dit : Il évoque le film à spectacle "à couper le souffle" avec Metropolis. Lang n'est pas un petit geek qui fait des films à la con c'est juste l'un des plus grands réalisateurs de l'histoire. Par conséquent , la démesure du film n'en est pas moins justifiée : pour mettre en scène un projet vraiment audacieux il faut des moyens . Idem chez Kubrick même si chez lui c'est un peu plus secret...

    Si on fait la distinction divertissement pur/ film d'envergure c'est simplement car le niveau a baissé faut être honnête. Le truc c'est qu'il ne faut pas prendre le spectateur pour un con et le respecter un minimum. Un film comme Heat fonctionne chez les masses car il y a un respect du spectateur et que la mise en scène n'est pas trop dégueulasse. Pourtant au départ Heat c'est un énième film de braquage. Un mec qui ne s'intéresse pas trop au cinéma d'auteur un Heat ou même un Die Hard 1 ça lui suffit.

    Puis bon l'autre qui me sort Tolkien comme un génie car il a enseigné faut arrêter les conneries 5 minutes. Le mec ce n'est pas non plus Victor Hugo. C'est un petit mec qui a monté un petit délire plaisant pour une catégorie de lecteur bien identifiée ( occidentaux , classe moyenne et classe aisée , un peu coupée de la réalité). Pour le coup si on veut un truc un peu "fantasy" dans sa définition purement subversive et réaliste ( aucun rapport avec la vraie fantasy donc) on s'intéressera plutôt à du Orwell. Déjà là on monte le niveau d'un cran.

    On a déjà la Bible chez les catholiques , les mythologie chez les païens grecs , les innombrables légendes on ne va pas commencer à faire ça au cinéma. Je n'ai pas à ma connaissance , vu de très grands films "mythologiques" dans son acception purement "imaginaire" ( charabia en gros je parle de trucs vraiment fictifs mais je m'égare vous pouvez m'insulter pour le coup)

    Bref à part Metropolis et quelques exceptions de son époque , de 2000 à maintenant je ne connais pas de chef d'Œuvre portant sur l'imaginaire et la volonté d'édifier une "mythologie cinématographique"


    Comprenne qui pourra

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  30. Cela dit je comprends qu'on puisse apprécier certaines qualités, celles énoncées dans la critique. On sent que les réalisateurs tentent de construire un univers à eux ; mais il faut croire que celui-ci me rebute tout simplement.

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  31. Moi quand on me dit qu'on m'aime ça me fait toujours plaisir !

    Le problème, c'est que le mot « spectaculaire » a fini par devenir presque péjoratif, alors que tout cinéma est spectacle, au sens où il s'agit toujours de donner à voir (et/ou à entendre). Un homme et une femme dans une chambre, qu'elle soit de bonne ou non (pour reprendre la caricature des gens qui crachent sur « une certaine tendance du cinéma français » des années 1970 — il est vrai que cela définit assez bien trois des plus beaux d'entre eux : 'Ma nuit chez Maud', 'La Maman et la putain' et 'Les Doigts dans la tête'), eh bien c'est un spectacle. Mais parvenir à faire, au cinéma ou ailleurs, un « grand spectacle », ce n'est pas négligeable. L'exemple de quelqu'un qui est parvenu à réussir les deux (« petit » et « grand » spectacles), c'est Lubitsch, qui s'est fait connaître en Amérique avec ses grandes mises en scène historiques et qui est allé tourner à Hollywood des films plutôt intimistes. (C'est assez cohérent avec le conseil, que selon Godard, il aurait donné à un apprenti-cinéaste : « Filmez des montagnes, mon cher ami, quand vous aurez appris à filmer la nature vous saurez filmer les hommes. » Et Lubistch filmait très bien les montagnes : dans 'Meyer aus Berlin' et dans 'La Chatte des montagnes', bien sûr, surtout dans 'L'Abîme' ('Eternal Love'), très beau film méconnu, tragique en diable, qu'il tourna en 1929. Le problème avec les types qui sont aux manettes de beaucoup de giga-productions actuelles, c'est qu'on a l'impression qu'ils ne savent



    Tout ça, c'est une question de mots, comme toujours. Il faudrait peut-être faire la différence entre un « grand spectacle » cinématographique et un film qui se contente d'« impressionner » de façon éphémère (un des pires dans le genre, pour moi, c'est le remake de 'King Kong' — alors que la version de 1933 était au contraire un des meilleurs exemples de « grand spectacle »). De même j'entendais l'autre jour à la radio quelqu'un qui, de façon tout à fait pertinente, souhaitait qu'on revalorise l'expression « changer les idées » : au sens fort et littéral, c'est bien autre chose que de seulement « divertir ». Il faudrait donc plus de grands spectacles qui changent les idées, et moins de films qui se contentent d'impressionner et de divertir !


    (Je m'aperçois que j'ai pas mal digressé par rapport aux propos de Nick, qui portaient plutôt sur l'héroïque fantaisie... à chacun ses marottes !)

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  32. Ce qui est sympa sur ce blog, c'est qu'en rentrant chez soit avec 3 grammes d'alcool ds le sang et en se tapant tous les commentaires d'une critique d'un film aussi pourri que celui-là (total respect à Félix, Big Up et hamdulila, d'autant que j'ai pas vu le film et que je le regarderai jamais étant donné que j'ai du me souler ce soir pour oublier que j'ai vu les trois Matrix cete semaine et que je pardonnerais jamais aux Wachoski ni à tous les Polonais d'ailleurs de m'avoir infligé ces merdes intégrales), c'est qu'on se tape un débat, et je reprends le début de ma phrase qui risque d'être aussi longue que décousue vu comment c'est parti, sur l'opposition Melies/Lumiere, le grand spectacle vs le divertissement, et Lubitsch et Kubrick!!
    Ben moi je dis chapeau bas!
    Et concernant Holy Motors, la volée de bois vert et tutti quanti, tu la mérites sacrélment parce que faut pas déconner sa mémé, Holy Motors, c'ets le dernier film qui m'a fait chialer avant de me taper les Matrix, mais vraiment pas pr les memes raisons, et j'ai pas honte de le dire!
    Merde"!

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  33. Rhââ lovely, ma première volée de (gueule de) bois vert !


    En fait, pendant des années, j'ai défendu les films de Leos Carax contre ceux qui les attaquaient, même quand ils n'étaient pas seulement critiqués ('Les Amants du Pont Neuf') mais carrément ignorés ('Pola X'), alors qu'au fond je n'avais pas de véritables affinités avec eux. Mais je trouvais un peu raide d'écarter ses films post-'Mauvais sang' d'un revers de main alors qu'ils faisaient preuve d'une exigence et d'une passion cinématographiques indéniables. Maintenant que Carax a renoué avec un succès confinant parfois à l'adulation (je ne parle pas de toi, Titi !), je me permets de laisser parler mes véritables sentiments à l'égard de ses films, d'autant que le dernier poussait à l'extrême les raisons pour lesquelles ceux-ci me sont quelque peu étrangers. Snobisme ? Bah, peut-être, si vous voulez !

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  34. Mouais...

    C'est peut être dit sans perfidie mais le propos en lui-même en contient suffisamment! C'est dire à un chef étoilé qu'il serait un bien meilleur cuisto si il bossait au Mcdo du coin, qu'il pourrait hisser le BigMac à "des niveaux insoupçonnés"!
    Même dit sans perfidie, ça reste une sacrée saloperie!


    Concernant Carax donc, j'étais un peu dans le même cas que toi sur les "premiers films", certaines idées me plaisaient bien, d'autres m'agaçaient un peu mais dans l'ensemble, ça ne me touchait pas trop.

    Et Holy Motors est arrivé!
    Je ne vais pas rentrer dans une critique du film içi, ce serait trop long et elle a déjà été brillamment faite par Rémi mais c'est vraiment pour moi le film le plus marquant de ces dernières années. Alors oui, dit comme ça, j'entre ds la catégorie des aduleurs invétérés alors que Carax et sa prétention ont plutôt tendance à m'énerver. Sauf que ce film à tout emporté.

    Quand au côté clipesque, il me semble, assez étrangement étant donné la trame "film à sketches", que Holy Motors est bien moins "clipesque" que Mauvais Sang par exemple même si en y repensant à l'instant, je dis peut être une sacrée connerie, mais j'ai une énorme gueule de bois comme excuse!
    Tous mes regrets d'ailleurs pr l'orthographe de mon précédent post nocturne, on dirait un ado sur Facebook, c'est déplorable!

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  35. « C'est dire à un chef étoilé qu'il serait un bien meilleur cuisto si il bossait au Mcdo du coin, qu'il pourrait hisser le BigMac à "des niveaux insoupçonnés"! »

    —> Why not ? Il y a un film japonais des années 1980 que j'aime beaucoup, c'est 'Tampopo', de Juzo Itami, dans lequel une restauratrice tente de mettre au point la recette de soupe de nouilles ultime, celle qui dépassera toutes les autres... (Je me demande si le sous-titre français du film, ce n'était pas « la recherche de la nouille absolue ».) Avec infiniment d'exigence et d'inspiration, tout peut être transcendé, voire approcher le niveau des beaux-arts !

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  36. Ah tiens, je cherchais le titre de ce film depuis un moment, j'étais tombé dessus, j'avais trouvé bien le peu que j'avais vu. Merci donc

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  37. Ioure ouelcome !

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  38. Oui, pour reprendre une expression toute faite, c'est un film « qui ne laisse pas indifférent » ! Du même Juzo Itami, j'aimais aussi beaucoup un autre film au titre fameux (en français, mais j'imagine en japonais également) : 'Minbo, ou l'art subtil de l'extorsion'. Le registre grotesque est délicat à manier — paradoxalement il y faut beaucoup de tact —, et Itami s'y montrait très fort.

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  39. Félicitation
    pour ton site que je visite quasiment chaque jour, il est très bien fait et
    agréable.

    voyance par mail

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