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18 janvier 2023

Halloween Ends

Ça y'est, c'est fini ! Ouf ! La trilogie de David Gordon Green s'achève enfin. Il ne devrait plus y revenir, vu les résultats au box office qui vont logiquement décrescendo. Bon, il paraît qu'il s'attaque maintenant à un remake de L'Exorciste, mais je préfère ne pas encore y penser. Chaque chose en mon temps, comme disait Yves. Pour l'instant, réjouissons-nous de cette conclusion tant ce fut laborieux et douloureux d'y parvenir. Après deux films passés à tourner en rond, à ridiculiser des personnages bien connus et à brasser du vide en abordant plus ou moins des thèmes dans l'air du temps, David Gordon Green a décidé cette fois-ci de s'entourer de toute une équipe de scénaristes pour essayer de se renouveler, d'apporter quelque chose d'un peu neuf à sa trilogie. Il était temps. Le piteux semblant de nouveauté apporté ici m'a tout de même permis de suivre cet ultime volet avec moins de difficulté, sans trop souffrir. Je m'attendais à la bouse ultime et j'ai donc été un peu surpris, les épisodes précédents étaient pour moi bien plus compliqués à encaisser. Je l'avoue : la scène d'ouverture, sur laquelle je reviendrai, m'a même plutôt emballé, c'est le meilleur moment du film et, heureusement, on est supposé l'ignorer au moment de la découverte dudit film...




Contraint par le COVID de changer les plans d'une trilogie dont l'action devait initialement se dérouler sur une paire de jours seulement, David Gordon Green va donc à l'encontre des attentes du spectateur en situant ce troisième opus quelques années après Halloween Kills. Michael Myers a disparu de la circulation après ses sanglants exploits mais les habitants d'Haddonfield demeurent traumatisés et le mal semble s'être répandu dans la ville, sujette à de nombreux événements sordides (suicides, agressions, cambriolages, chiens et chats perdus, pertes de clés, droite au pouvoir, etc.). L'introduction nous propose donc d'assister à l'un de ces événements : on y rencontre le jeune Corey Cunningham (peut-être un clin d’œil au réalisateur du premier Vendredi 13...), gaillard de vingt berges engagé comme baby-sitter pour garder le gosse infect d'une riche famille de la ville. Alors que The Thing passe à la télé (vous avez la rèf là aussi ?), le gosse ne trouve rien de mieux à faire que d'enquiquiner son garde-chiourme en le rappelant à sa condition de souffre-douleur du bled et en provoquant une partie de cache-cache endiablée dans l'immense baraque. Le petit jeu tourne au vinaigre quand le gamin bascule accidentellement dans le vide, du haut des escaliers, et atterri trois étages plus bas, sous le regard stupéfait de sa mère, tout juste rentrée de sa soirée. Compte tenu du bruit sourd émis à l'atterrissage, de l'angle contre-nature pris par le petit corps et de la mare de sang qui se forme dans tout le hall, nul besoin d'autopsie : le pauvre gamin a claqué sur le coup et n'a (hélas) pas trop souffert... 




Après cette ouverture plutôt efficace qui aboutit à une énième variation lourde de sens autour du fameux générique, ritournelle habituelle sensiblement revue et corrigée par un trio Carpenter que le travail n'a pas dû submerger, nous retrouvons donc Laurie Strode et sa petite-fille dans leur maison d'Haddonfield, vivant dans une ambiance plutôt sereine et apaisée. La première écrit ses mémoires, ce qui permet des flashbacks explicatifs lourdauds (mais bien pratiques pour les plus malins d'entre nous qui ont su éviter les chapitres antérieurs et n'auraient pas pu échapper à celui-ci), tandis que la deuxième taffe dans une clinique aux côtés d'un vieux médecin imbuvable et d'une collègue odieuse. Mais c'est donc surtout Corey Cunningham que nous suivons de plus près, et c'est peut-être la partie la moins complètement inintéressante du film. Le parallèle et les correspondances opérés entre le jeune homme et Michael Myers se font de plus en plus insistants (sa tronche enfarinée rappelle vaguement celle du Michael Myers entraperçue dans l'œuvre originale, il bosse dans un garage en combinaison grise anthracite idoine, il se relève de la même manière que l'Undertaker quand il se retrouve au sol, etc., vous aurez compris que DGG ne fait jamais dans la dentelle). Jusqu'au jour où, croyant avoir trouvé refuge dans les bras de la petite-fille de Laurie (tout le versant du film, assez conséquent, consacré à leur romance est tout simplement affligeant), Corey se voit de nouveau enquiquiné par les tocards du coin, finit balancé par dessus la rambarde d'un pont (décidément !) et termine la nuit dans les égouts, le repère d'un Michael Myers extrêmement diminué qui contamine son jeune et malheureux visiteur en le regardant dans les yeux lors d'une scène assez ridicule... 




Avec cette ville farcie de crétins finis sur laquelle plane l'ombre d'une malédiction ancestrale, où sommeille dans l'antre obscure un démon à peine endormi prêt à se réveiller à tout moment, cet Halloween rappelle étrangement les récits de Stephen King et notamment Ça. Mon analyse sur ce point-là n'ira toutefois guère plus loin : je fais ça bénévolement, rappelez-vous, pour mon seule plaisir personnel, sans aucune autre ambition, et loin de moi l'idée de me replonger dans King et les adaptations moisies de ses bouquins pour étayer ma fragile comparaison. Je suis plus à l'aise dans l'autoanalyse, à essayer de comprendre comment j'ai pu mieux vivre cet ultime épisode dont le scénario écrit à dix mains paraît torché à la va-comme-je-te-pousse comme pour respecter des délais de production intenables. David Gordon Green cherche donc timidement à renouveler la saga. C'est beaucoup trop tard et plutôt pathétique, mais il essaie et c'est tout de même un peu moins insupportable que l'étalage de débilités prévisibles subies dans les deux précédents opus. Aussi, le côté nanard paraît ici beaucoup plus assumé. On se prend bien moins au sérieux qu'en 2018 et c'est tant mieux. Il y a des scènes qui flirtent avec la parodie, pas mal de détails humoristiques disposés ici ou là, plutôt bienvenus. Il est simplement un peu dommage que cette espèce de je-m'en-foutisme parfois comique éclabousse les personnages-clés de la saga (si l'on peut parler de "personnage" quand on évoque la figure de Michel Myers). 




Laurie Strode n'a jamais été aussi risible que là-dedans, à déblatérer sa grande théorie sur les différentes formes de mal au petit matin sur son rocking-chair histoire de nous expliquer clairement où le cinéaste veut en venir. On a presque de la peine pour la sympathique Jamie Lee Curtis, qui mérite bien mieux que ça. Le film touche le fond quand il nous propose un énième affrontement musclé entre Laurie Strode et son ennemi juré. Un passage obligé, qui se déroule ici dans la cuisine de la maison : après avoir pris quelques coups de poêle à frire, Myers finit coincé sous le réfrigérateur, crucifié au plan de travail par divers ustensiles bien aiguisés. C'est à pleurer ! Un souffle ténébreux balayait les pavillons de banlieue du film de Carpenter, qui baignait dans la si belle lumière funèbre et automnale de Dean Cundey ; une odeur de pet, des reflets du néant absolu et un abîme de nullité irriguent chaque plan du film final de Gordon Green. En 1978, les lieux les plus communs et familiers paraissaient hantés, maudits. Ici, on s'interroge sur le contenu du frigo abattu sur Myers ou la marque de cette poêle si solide qui l'a sonné du premier coup. On sent que la figure du fameux boogeyman n'intéresse plus David Gordon Green, il n'en fait strictement rien, en dehors de quelques clins d'œil inévitables qui s'apparentent plutôt à de violents coups de coude administrés dans les côtes du spectateur et de deux trois tristes plans en contre-plongée faits pour la bande-annonce. Bon, j'essaie de trouver du positif là-dedans, après y avoir paumé six heures de ma chienne de vie au total, mais il ne faut pas se mentir, c'est d'une pauvreté absolue et il n'y a pratiquement rien à sauver. 

C'était la triste fin du petit enfant huître.


Halloween Ends de David Gordon Green avec Jamie Lee Curtis, Andi Matichak et Rohan Campbell (2022)

9 novembre 2022

Chérie, j'ai rétréci...

Tout au long de sa vie de savant fou, Rick Moranis en a fait des belles. De belles conneries. Les plus mémorables ont été immortalisées sur grand écran, à travers une série de longs métrages aux titres un brin répétitifs mais qui ont tout de même le mérite d'exister. Je veux bien évidemment parler de la série des "Chérie, j'(en ai fait une belle)". Le premier, Chérie, j'ai rétréci les gosses, sorti en 1989 et signé Joe Johnston, génie des effets spéciaux à qui l'on doit Jurassic Park 3, a marqué tous les esprits. C'est un incontournable pour les gamins qui ont grandi dans les années 90 et dont nous faisons partie. On se souvient tous de la fourmi géante, de la grande sœur et... c'est à peu près tout. Mais petit, on était bien scotchés devant ça, 1h30 de tranquillité garantie pour nos parents et, depuis, on a eu la chic idée de s'en tenir éloigné pour en conserver un doux souvenir. Avec un peu de recul, nous pouvons affirmer aujourd'hui sans prendre un grand risque qu'il doit s'agir d'une variation divertissante de la célèbre histoire de Richard Matheson, L'Homme qui rétrécit, qui avait déjà donné lieu à un chouette film de Jack Arnold en 1957.




La suite des gaffes de Moranis, mise en boîte trois ans plus tard par un dénommé Randal Kleiser, a quelque chose de beaucoup plus traumatique. C'est cette fois-ci le bébé qui a été rendu gigantesque par cet abruti de Rick Moranis ! En cela, le titre du film, Chéri, j'ai agrandi le bébé, est un peu trompeur, il devrait s'intituler "Chérie, j'ai fait du gosse un putain de freak de 500 mètres de haut". Cette séquelle est hélas beaucoup moins palpitante, bien plus laborieuse. Pourquoi ? La réponse est simple, logique. Nous ne suivons plus une bande de gosses (dont la grande sœur...) transformés en lilliputiens réduits à devoir survivre dans un banal jardin devenu jungle impénétrable et menaçante, mais un immense gosse tout-puissant qui a l'air encore plus débile et dangereux avec sa monstrueuse tronche de cake dépassant tous les buildings. L'enfant roi par excellence, celui que l'on a envie de claquer d'entrée. Et que peut-il arriver à un énorme môme dominant la ville du haut de ses 2 ans d'âge mental et de ses 36 étages de peau graisseuse ? Pratiquement rien... Ceux qui sont en-dessous, en revanche, ont les foies de leurs vies ! Ils passent 89 minutes à esquiver les affreuses godasses maladroites et les mains baladeuses du bébé qui, pour ne rien gâcher, se situe en plein dans l'âge où l'on porte tout connement à la bouche pour vérifier si ça se digère et quel goût ça a. Et puis un gosse de 18 mois, ça n'arrête pas de se vautrer sur le cul : je vous laisse visualiser mentalement ce que représente, pour l'honnête citoyen arpentant la ville, la perspective de mourir écrasé par un gigantesque cul de bébé emmitouflé dans une couche garnie à ras-bord de fientes xxl...




En dehors de l'heure et demie de torture douce que constitue cette suite ratée, il y a un autre aspect du film qui torture l'esprit après coup, des années plus tard. Car petit, je n'y pensais pas, mais désormais, si. Nous y avons pourtant tous songé devant L'Attaque de la femme de 50 pieds, le cerveau masculin est ainsi fait : notre imagination galopante s'aventure forcément vers les attributs gigantesques de la dame, ses seins comme deux montagnes laiteuses et sa teucha comme un antre fascinant, réplique exacte de la grotte de Chauvet. Mais, pour le garçonnet... Vous avez pensé à tout ça ? Imaginez la mini-teub géante du môme... C'est à vous glacer le sang... Pour ne rien gâcher encore, rappelez-vous que l'enfant est aussi dans cette période compliquée où l'on se paie des mini gaules gratis et difficiles à apaiser à la moindre marque d'attention maternelle. Or, pour rappel, sa mère passe tout le film à lui faire des signes, à lui rappeler qu'elle est là et qu'on va trouver une solution pour le rapetisser. Heureusement que l'élastique tient bon... Grâce à lui, ou malgré lui, nous restons dans la pure horreur suggestive, celle qui titille notre imaginaire malade et nous fait sursauter en pleine nuit, tout suant. Entre 1989 et 1992 mes cauchemars ont changé, passant de la mort en boucle de la fourmi géante, trauma encore innocent, à la micro-érection surdimensionnée du bibendum-nourrisson...




Pour boucler la boucle, lors du troisième film de la saga, Rick Moranis se rétrécit lui-même avec sa femme et un couple d'amis innocents, venus simplement passer un dimanche en leur compagnie, dans une sorte de remake inavoué du premier opus. Réalisé par Dean Cundey, le brillant dirlo photo des plus grands (Carpenter, Spielberg, Zemeckis et, plus récemment, Sandler), Chérie, nous avons été rétrécis fut diffusé directement à la télé en été 1997 histoire de ne pas provoquer la colère tenace des spectateurs et éviter tout échauffourée en salles. Rick Moranis et sa chérie finissent encore une fois dans un bol de cheerios à faire de grands gestes ridicules avec leurs bras, prêts à être gobés tout rond par Mila Kunis, dans un de ses premiers rôles filmés. On a de la peine pour eux et on est bien contents d'apprendre que le quatrième film n'a jamais pu voir le jour, Rick Moranis ayant ce coup-ci rétréci toute l'équipe de tournage... Con de Moranis !


Chérie, j'ai rétréci les gosses de Joe Johnston avec Rick Moranis et Marcia Strassman (1989)
Chérie, j'ai agrandi le bébé de Randal Kleiser avec Rick Moranis, Daniel et Joshua Shalikar (1992)
Chérie, nous avons été rétrécis de Dean Cundey avec Rick Moranis et Mila Kunis (1997)

18 novembre 2018

Halloween III - Le Sang du sorcier

Le troisième Halloween est le vilain petit canard de la longue saga qui a découlé du succès phénoménal du film original de John Carpenter. Il est le seul du lot où l'on ne recroise pas Michael Myers, laissé pour mort dans un brasier terrible à la fin du deuxième épisode. L'idée de Debra Hill et John Carpenter était de renouveler la série et de créer une anthologie de films d'horreur autour de la fête d'Halloween. Malheureusement, cette idée a priori sympathique n'a pas fait long feu en raison du cuisant échec rencontré par cet Halloween III à sa sortie. Des critiques sévères et injustes condamnèrent impitoyablement le film qui essuya un cinglant revers au box office. Aujourd'hui, force est pourtant de constater qu'il s'agit-là de la meilleure déclinaison d'une franchise qui sera par la suite vouée à la plus vilaine médiocrité.





Il s'agissait du premier long métrage en tant que réalisateur de Tommy Lee Wallace, celui-ci se fera remarquer plus favorablement en 1990 en signant l'adaptation télé de Ça, qui en a fait trembler plus d'un dans les chaumières. Tommy Lee Wallace n'était guère étranger à la saga puisqu'il officiait déjà en tant qu'homme à tout faire sur le tournage au budget très serré du classique de Carpenter : on lui doit notamment l'idée du fameux masque porté par Michael Myers (c'est aussi lui qui était chargé de ramasser et repeindre les feuilles mortes utilisées pendant le tournage, pour donner l'illusion que l'action se déroulait bien fin octobre). Il s'attelle cette fois-ci à la mise en image d'une drôle d'histoire tournant autour d'une enquête sur des masques destructeurs fabriqués et distribués par une mystérieuse entreprise aux desseins meurtriers...





Les années ont rectifié le tir et Halloween III est désormais justement considéré par les amateurs comme une petite perle noire du cinéma fantastique des années 80. Le film mérite effectivement d'être revu à la hausse et reconsidéré. Dès le générique, variation géniale de celui du premier film, accompagné d'une musique synthétique très inspirée signée John Carpenter et Alan Howarth, on est tout de suite dedans et intrigué ! Le scénario, assez déconcertant, parvient longtemps à maintenir notre curiosité au beau fixe, avant qu'il ne perde beaucoup de sa consistance dans sa dernière partie où il vire un peu trop dans le n'importe quoi. On comprend facilement que cela ait pu, à l'époque, déplaire aux fans du boogeyman inexpressif qui espéraient encore le retrouver et se virent proposer une histoire de masques maléfiques.





Autre point faible, et celui-ci est de taille : on ne comprend pas trop les motivations des différents protagonistes, à commencer par celles du vieux psychopathe flippant, gérant de Silver Shamrock, cette entreprise malveillante qui cherche, semble-t-il, à épurer la population via des masques destructeurs et des spots télé obsédants (un gimmick quant à lui très réussi). Un vague culte aux sorcières, en référence à l'origine même de la fête d'Halloween, est plus ou moins évoqué avec ce menhir volé par les ouailles du PDG vicelard au site de Stonehenge (!), mais cette piste n'est pas assez creusée pour être réellement consistante. Dommage, car l'acteur qui incarne ce malade, l'irlandais Dan O'Herlihy, n'est pas mal du tout !





Face à lui, on a également du mal à piger pourquoi le docteur campé par Tom Atkins se retrouve dans cette galère, lui qui n'a pas grand intérêt à enquêter sur la mort mystérieuse dont il a été témoin au début du film, celle d'un vieillard en fuite croyant avoir trouvé refuge dans son hôpital puis éliminé par l'un des mystérieux hommes de main du boss de Silver Shamrock. Peut-être est-ce simplement pour suivre la jeune femme éplorée, fille du défunt... Celle-ci est jouée par l'agréable Stacey Nelkin, une charmante actrice bien équipée au niveau respiratoire qui peut justifier quelques kilomètres en bagnole et une nuit dans une ville-entreprise particulièrement bizarre. Mais là encore, cette piste n'est pas assez travaillée, bien qu'une romance de pure circonstance soit effectivement entamée entre les deux personnages.





Quelques mots au sujet de Tom Atkins : cet acteur est bien gentil, les fans de Big John le connaissent bien puisque l'on croise aussi sa grosse tronche moustachue dans Fog et Escape from New York, mais admettons qu'il a un charisme tout relatif, peut-être insuffisant pour porter un film à lui seul. Il est un peu ridicule quand il court gauchement en tenant son blouson beige sur l'épaule : on focalise sur ledit blouson dans trop de scènes ! Pourquoi l'emporte-t-il partout avec lui, le tenant misérablement à la main, s'il n'en a pas besoin et que la douceur du climat lui permet de se balader à l'aise en chemise ?! C'est une des nombreuses questions qui restent en suspend...





Enfin, il y a aussi quelques effets spéciaux malheureux, comme par exemple cette pluie d'éclairs bleus (ou plutôt de lasers ?!) qui s'abat sur les employés de l’usine de Silver Shamrock après que notre ingénieux héros leur ait balancé des morceaux du menhir (décidément doté de sacrés pouvoirs !). Ces effets douteux sont cependant contrebalancés par d'autres scènes choc nettement plus réussies qui mettent quant à elles à l'honneur des effets visuels bien plus artisanaux, pour de brèves visions cauchemardesques mémorables.





L'ambiance du film est également très appréciable. La mise en scène de Tommy Lee Wallace s'avère particulièrement soignée, on pourrait souvent croire que John Carpenter himself se tient derrière la caméra ou supervise de très près le projet. Il y a quelques plans de toute beauté. La patte reconnaissable du grand Dean Cundey, dirlo photo des meilleurs titres du Maître de l'Horreur, n'y est clairement pas pour rien. Notons aussi quelques idées franchement excellentes, comme le fameux spot publicitaire et la ritournelle qui l'accompagne. Le tout est d'ailleurs soutenu par une musique terrible signée John Carpenter et Alan Howarth. Ces vraies qualités permettent de relativiser les menus défauts précédemment évoqués, elles offrent largement de quoi passer un agréable moment devant ce film d'horreur tout ce qu'il y a de plus sympathique et empli de bonnes intentions.


Halloween III - Le Sang du sorcier (Halloween III - Season of the Witch) de Tommy Lee Wallace avec Tom Atkins, Dan O'Herlihy et Stacey Nelkin (1982)