8 janvier 2015

Tracks

Si vous aimez la rando, les chameaux, les clébards, les paysages australiens et Mia Wasikowska, vous n'aurez aucun mal à aller au bout de Tracks, le nouveau film de John Curran, un réalisateur pourtant redouté depuis le terrible Stone. Malgré ce qu'en dit ma compagne, je ne rechigne pas à la marche. Ayant grandi à leurs côtés, j'apprécie tous les animaux, sans distinction. Je suis toujours sensible et connais bien le potentiel cinégénique de l'outback australien. Et je me suis découvert avec ce film un faible pour l'actrice Mia Wasikowska, je vous l'avoue tout net ! Avec son teint hâlé, son carré décoiffé, la légèreté forcée de ses tenues, la jeune actrice dégage quelque chose qu'elle n'avait encore jamais eu l'occasion d'exprimer. Une délicate communication non-verbale, un doux langage codé, qui semble avoir directement chuchoté à l'oreille de mon zgeg. Mia Wasikowska est habituée aux films de randonnée. On l'avait déjà quasiment croisée dans Les Chemins de la Liberté, où le rôle qui lui était promis avait finalement échu à Saoirse Ronan. On se souvient aussi de son apparition dans Les Insurgés, d'Edward Zwick, film de guerre plus que de randonnée mais dont le tournage avait valu à l'actrice quelques ampoules et une cheville foulée en raison de la distance séparant le plateau de son appartement temporaire.




Mia Wasikowska incarne ici Robyn Davidson, une jeune femme qui, en 1975, entreprit la traversée du désert australien, seulement accompagnée de "Dookie", son chien fidèle, et de quatre chameaux fraîchement apprivoisés. Le film de John Curran est l'adaptation du récit qu'elle fit ensuite de son aventure. Tout est cousu de fil blanc, Tracks ne raconte pratiquement rien, si ce n'est l'amour infaillible d'un chien, la loyauté insoupçonnée des chameaux et l'inexplicable besoin de solitude d'une jeune femme bien décidée à prouver on ne sait quoi à on ne sait qui. Mais j'ai regardé ça sans souci, limite avec plaisir. Tout ça grâce à Mia. Elle diffusait chez Gus Van Sant, dans Restless, un charme fragile et juvénile qui opérait à l'occasion mais pouvait aussi agacer. Elle apparaît ici comme une femme, au caractère bien trempé, tout ce qu'il y a de plus déterminée, et son sex appeal, d'ordinaire quasi inexistant, opère comme jamais.




Peut-être aussi avais-je englouti un repas particulièrement épicé ce soir-là, je ne sais plus. Le fait est que ça ne m'aurait pas gêné outre mesure que son personnage, au désir sexuel naturellement dopé par l'abstinence contrainte, tombe sur une bande d'aborigènes détraqués et qu'ils soient obligés de trouver tous ensemble un compromis pour lui accorder la traversée d'un territoire sacré. Au lieu de ça, il y a bien Rick Smolan, un photographe du National Geographic moche comme un pou, qui s'entiche de l'aventurière, la suivant à la trace pour les besoins du reportage qu'il réalise sur son voyage, et finit par la séduire, sans effort ni gloire, au milieu du désert, mais rien ne nous est montré. Sans réel regret. On préfèrera garder en tête cette dernière image rafraichissante nous montrant Mia Wasikowska faisant trempette dans un océan pacifique bleu électrique avec ses valeureux chameaux, enfin parvenus à leur but.


Tracks de John Curran avec Mia Wasikowska, Adam Driver et Special Agent Gibbs (dans le rôle de Diggity the dog) (2014)

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