29 avril 2009

Prête à Tout

En réalisant ce film j'ai le sentiment que Gus Van Sant a juste voulu vérifier qu'il était bien gay. Il devait se sentir homo depuis un bail, depuis tout jeune sans doute, depuis toujours peut-être. Puis quand même à un moment dans la conjoncture de l'époque, vu que c'était peut-être pas tous les jours évident d'être un homo, parce que ça ne l'a jamais été tout à fait, facile, d'être un homo, et puis sans doute aussi tout simplement pour être en total accord avec lui-même et pour être sûr de lui, il a dû se demander s'il était réellement à cent pour cent gay. De toute façon je crois que tous, plus ou moins, un jour ou l'autre, on se l'est posée cette question. Souvent pendant l'adolescence. A part peut-être le Ché, on s'est tous demandé à un moment si on était vraiment hétéro ou si on n'était pas quand même un poil homo (et vice versa). C'est un truc naturel. Bon Gus Van Sant il s'est posé la question une fois adulte et il a décidé de vérifier en faisant ce qu'il sait faire de mieux, à savoir un film. Alors il a demandé autour de lui, ou bien a-t-il fait un sondage, on n'en sait rien, toujours est-il qu'il s'est renseigné au mieux pour savoir qui était la meuf la plus désirable, la plus excitante, la plus belle, la plus rayonnante du Hollywood Wall Of Fame. Et bien entendu c'est le nom de Nicole Kidman qui est sorti du chapeau.




Il lui a écrit le pire personnage de garce en jupe courte à talons hauts, prête à tout pour réussir, y compris à se faire tirer par tout ce qui bouge. Il a écrit le pire film porno possible en retirant toutes les scènes pour adultes. Et il a filmé Nicole Kidman au sommet de ses formes, dans chaque plan de son film, sous toutes les coutures, dans toutes les tenues, toutes les positions, avec les comportements et les regards les plus concupiscents et libidineux possibles. S'il terminait le tournage sans lui sauter sur le râble ça faisait de lui un pédé sûr et certain. C'était le test ultime. Et ça n'a pas loupé. L'équipe du film (cast and crew confondus) comptait 273 personnes, parmi lesquels 32 gays (hommes et femmes mêlés), et tous ont confirmé leur orientation sexuelle. L'ambiance était électrique sur le plateau, qui fut le lieu de tous les déballages sexuels. L'équipe fut vite scindée en deux, d'un côté les homosexuels prostrés car contraints à faire leur coming out dans les plus brefs délais, de l'autre des tas de types et de lezbdos collectionnant des affichettes à l'effigie de Kidman, placardées dans les cabinets ou sur les pare-brises des bagnoles. Des ragots racontent que quelques homos se sont quand même taillé leur part du gâteau en virant leur cuti au moment du tournage de la scène du bureau (ce meuble s'en souvient encore et il vaut une fortune aujourd'hui). Mais Gus, lui, il n'a pas bronché face à sa vedette. Il est resté de marbre jusqu'au bout, tentant même de faire changer de bord le jeune et fringuant Joaquin Phoenix. A ce titre je dois dire que le cinéaste m'a foutu dedans puisque c'est grâce à lui que l'acteur a percé et aujourd'hui j'avoue que ce dernier me fait un drôle d'effet.

C'est vrai que Nicole, avec sa peau marbrée, ses deux mètres de viande rose, sa tignasse blonde, ses airs de poupée, ses yeux géants et son fion de gazelle, elle est vraiment to die for... Dieu soit loué c'est à se demander comment personne n'a jamais eu l'idée de la massacrer.


Prête à Tout de Gus Van Sant avec Nicole Kidman, Joaquin Phoenix, Casey Affleck et Matt Dillon (1995)

27 avril 2009

La Colline a des yeux

Notre poiscaille d'avril c'était de ne rien écrire ce mois-ci. En fait c'était pas du tout un poiscaille c'est juste qu'on avait vraiment autre chose à foutre. Félix et moi on a chacun une meuf en fait. Et vraiment pas des moindres. On a les pires meufs. On est amoureux aussi passionnément qu'on ne l'est pas de Dave Fincher ou de Caddy Klapisch. On est comme deux poiscailles d'avril dans l'eau. Pour renouer néanmoins avec l'écrit, et en faisant un break bien mérité dans la rédaction endiablée de lettres d'amour et autres textos érotiques, voici venue une bonne vieille titrologie comme nous les aimons tant. La Colline a des yeux, dont le working title était "La Montagne a des mirettes", a eu des suites, qui se sont intitulées "La Colline a 2 yeux", "La Colline a un bras", "La Colline a deux bras", "La Colline a une grosse teub" et ainsi de suite. Les producteurs planchent sur une préquel qui s'intitulerait "La Colline n'a pas d’œil", avec pour sous-titre éventuel : "La Colline n'a pas d'œil mais elle encule tout le monde".




En tout cas il est bien évident que tout le succès de ce film, en tout cas toute sa célébrité, ne tient que sur son titre. La Colline a des yeux ça attrape l'œil, précisément, au point d'en faire un remake et des suites pour continuer d'attirer les débiles du monde entier. A noter que le réalisateur de ce film s'appelle Alexandre Aja, qu'on surnomme dans l'hexagone Alexandre Ajax d'Amsterdam ou Alexandre A.J.Auxerre. Un des acteurs du film s'appelle Ted Levine. C'est le pire gars au téléphone. Quand il appelle on dit que c'est Ted au tél, devine qui est au tél c'est Ted Levine ! Ted, tel Levine, il appelle au tél ! Devine qui c'est au tél, c'est Téddy ! Devine quel Ted ? Levine au tél ! Dans la famille Levine devine qui c'est que j'ai au tél, c'est Ted. Passe moi le tél que j'appelle Ted, devine qui ? Levine Ted.


La Colline a des yeux d'Alexandre Aja avec Aaron Stanford et Ted Levine (2006)