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17 juin 2018

La Famille Hollar

La curiosité est un putain de vilain défaut ! Suite au succès étonnant du film d'horreur Sans un bruit (Without a Single Sound en vo) outre Atlantique, j'ai voulu m'intéresser à ce que John Krasinski avait réalisé auparavant. C'est ainsi que j'ai fini devant son précédent long métrage en tant que réalisateur, La Famille Hollar. Je ne sais pas ce qui m'a pris... Tous les voyants étaient au rouge, tout m'indiquait un énorme étron estampillé Sundance, j'aurais donc dû me fier à mon instinct et m'éviter un tel supplice. Hélas, la curiosité d'un blogueur ciné n'a guère de limite... Et il y avait la présence au casting de Mary Elizabeth Winstead, dont je suis la carrière de près, sans parler de ce modeste running time de 88 minutes qui me faisait les yeux doux. Je raffole en effet des films ne dépassant pas l'heure et demi. J'adore le cinoche mais faut pas pousser... Je fonçais donc tête baissée dans La Famille Hollar, prêt à m'en vouloir à mort et à prendre la raclée du siècle !


Le gars a MEW à ses pieds mais préfère mettre en cloque Anna Kendrick.

Apparemment, on appelle ça une "dramedy". On peut aussi dire que c'est de la merde, tout simplement. The Hollars contient strictement tous les ingrédients de ces saloperies "indie". Il en sort des dizaines chaque année des comme ça. John Krasinski est un tocard de première mais c'est aussi un bon élève car il n'a rien oublié de la petite recette et s'applique à la suivre à la lettre. Il a pensé à tout, son produit est calibré au millimètre, on a droit à tous les poncifs. On suit donc ce grand dadais informe au sourire et au regard idiots retourner dans sa ville natale car sa maman est à l'hosto et n'en a vraisemblablement plus pour longtemps. Il retrouve ainsi sa petite famille : son père (Richard Jenkins, épouvantable), dépassé par la situation et dont l'entreprise est en faillite, et son grand frère (Sharlito Copley, pour son premier rôle sans armure), un raté qui ne s'est toujours pas remis de son divorce. Il retrouve aussi de vieilles connaissances, pour l'inévitable galerie de personnages décalés qu'il va falloir se farcir. En bref, c'est le scénario classique d'un "return home", comme on nous en a proposé des tas ces dernières années. Certains sont réussis, je pense par exemple à Lonesome Jim, mais c'est bien rare et la plupart sont comme celui-ci : ils ne valent rien.


Crève...

Car le problème, c'est évidemment qu'on a beaucoup trop vu tout ça et que c'était pourri dès le départ. John Krasinski a bien vingt ans de retard, l'équivalent d'une ère géologique pour le cinéma ricain. Garden State date de 2004. A l'époque, ça marchait du tonnerre, ça faisait le buzz et ça réussissait même à gratter quelques récompenses tout à fait injustifiées. Aujourd'hui, ça ne sort même pas en salles et le monde ne s'en porte pas plus mal. La Famille Hollar n'est sorti qu'en Russie, le 22 septembre 2016, et c'est bien là la preuve que la Guerre Froide n'est pas tout à fait terminée. Ce film laisse songeur... On se demande bien ce qui anime quelqu'un comme John Fitzgerald Krasinski. Le gars réalise peut-être là son rêve, en étant la star de son propre film ; le résultat est cette immondice infecte. Krasinski s'est en effet attribué le beau rôle puisqu'il incarne John Hollar, le fils prodige de la famille Hollar, dont le seul défaut, un léger manque de confiance en soi, n'en est pas vraiment un puisqu'il s'agit en réalité d'une trop grande humilité (celle qui l'empêche, voyez-vous, d'envoyer ses bandes dessinées merdiques à un éditeur alors qu'il a un talent fou, tout son entourage en est convaincu !...). Quand il revoit son ancienne petite-amie du lycée, MEW, celle-ci, encore accro à lui, retombe illico dans ses bras, l'agressant presque sexuellement. Non mais sans rire... John Hollar profite aussi de son passage en ville pour donner des petites leçons de vie à tout le monde, à commencer par son frère. Des baffes je vous dis !


MEW montre à son ancien petit-ami qu'elle n'a pas si mal vieilli.

J'ai immédiatement souffert. De la première à la dernière seconde, éprouvant un sentiment de haine tenace pour tous les acteurs impliqués là-dedans. Même pour Dick Jenkins ! C'est la première fois que je ressens du mépris pour Dick Jenkins que je considère comme un ami et qui d'habitude surnage même dans les pires daubes. Monsieur Krasinski a accompli ce miracle. A leurs côtés, on retrouve aussi l'abominable Anna Kendrick, la femme enceinte de notre héros national. Regardez donc le faciès de cette actrice. Moi je ne peux pas. Je suis désolé. Je sais qu'il ne faut pas s'attaquer au physique, mais la laideur du visage de cette actrice me fascinerait presque. Quand elle sourit, tout s'assombrit. Il est rare de dégager autant de bêtise et de disgrâce en dévoilant un simple râtelier de canasson. Cette femme esquinte toutes les vidéos dans lesquelles elle apparaît.


La tonte de la mère par son fils chéri donne lieu à une scène abominable... Mais Krasinski a l'air content de lui, c'est bien l'essentiel. 

Krass'inski mêle les rires et les larmes, les moments d'émotion à gerber et les scènes plus comiques qui tombent à plat, le tout rythmé par la gratte et la voix dégueulasses de Josh Ritter, un songwritter miteux au caractère "indé" au moins aussi puissant que cette abomination de film. Il faut s'enquiller ce moment terrible où les deux fils et leur con de père se mettent à chanter en chœur dans une chorégraphie timide en guise d'adieu à leur énorme mère, juste avant qu'elle passe sur le billard pour l'opération fatidique (spoiler : elle y laisse la vie et on en est RA-VIS !). Il faut s'infliger cette scène où l'affreux Krasinski sort une dernière fois sa daronne de l'hosto en la poussant à fond les ballons sur son fauteuil roulant, toujours accompagné d'une musique merdique à souhait. Des envies de meurtre... On a vraiment l'impression de revoir la dernière crotte de Zach Braff. John Krasinski lui ressemble sur bien des points, c'est encore un acteur venu de la série télé comique qui a décidé de s'en prendre frontalement au cinéma, et nous pond d'infâmes produits sans âme de l'indiewood. Bien avant Sans un bruit, Krasinski avait donc réalisé un film d'horreur bien plus effrayant sans doute... Avis aux amateurs ! En tout cas moi j'ai bien les boules devant ça.


Pas de quoi être fier, en effet.

C'est dommage car je n'avais rien contre John Krasinski jusqu'à présent. Je l'aimais plutôt bien dans The Office, nos rapports s'en étaient arrêtés là et ça m'allait très bien. J'ai vu qu'il a depuis essayé de changer de registre, de casser son image de grand glandu, de manière tout à fait ridicule. Sans un bruit doit participer à la même démarche putride. Le type est allé se sculpter un corps de catcheur pour les besoins d'un film de guerre minable signé Michael Bay, 13 Hours. Bien vu l'artiste ! Jim Halpert, héros de film d'action ? On aura tout vu... Si l'on en croit les critiques, 13 Hours n'est pas le pire de Michael Bay, ce qui n'éclaire en rien, mais ça a fait un four, et c'est tant mieux. Cela n'empêche pas John Krasinski de se vanter à longueur d'interviews d'avoir désormais un "8-pack" qui plaît drôlement à sa chérie, Emily Blunt. On est franchement contents pour eux. Pourquoi ne profitent-ils pas de la vie en n'en glandant plus une, en prenant leur distance avec le cinéma ? On leur en serait très reconnaissant. Il faut savoir s'arrêter au sommet de sa gloire, comme Platoche et Zidane !


La Famille Hollar de et avec John Krasinski (2016)

8 juillet 2017

Free Fire

Ben Wheatley, cinéaste anglais jadis très prometteur, continue hélas de filer du mauvais coton. Après son adaptation ratée mais risquée de J. G. Ballard, High Rise, il se fourvoie cette fois-ci dans un exercice a priori beaucoup plus facile : un film de gangsters en huis clos à la Tarantino. Sous ce prétexte, Ben Wheatley démontre qu'il est encore une fois obnubilé par le fétichisme des années 70 et son film de 90 petites minutes paraît en durer le double puisqu'il consiste en une longue et fatigante fusillade dont on se contrefiche des tenants et aboutissants ainsi que de strictement tous les personnages qui y sont mêlés. Que s'imagine Ben Wheatley ? Croit-il vraiment que quelques "fuck" judicieusement placés transforment forcément des dialogues anodins en répliques inoubliables ? En panne d'imagination, il réussit seulement à nous rappeler la pauvreté de la langue anglaise quand elle est utilisée ainsi. Et pense-t-il qu'il suffit de grimer une dizaine d'acteurs en gravure de mode des années 70 pour leur donner du charisme, de l'allure, de la classe ? Nous ne voyons que des costumes, des mannequins, des pantins, faits pour prendre des balles ou en envoyer, et nous imaginons les maquilleurs, costumiers et coiffeurs fonçant sur eux entre chaque prise pour leur refaire une beauté.




Pourtant, les beaux noms, les grosses gueules et les accents en tout genre sont bien de sortie : Cillian Murphy, d'une fadeur exceptionnelle, Armie Hammer, difficilement supportable à rouler des mécaniques dans son costard ridicule, Sharlto Copley, particulièrement nocif avec son accent d'outre-tombe, Sam Riley, qui a décidément bien mal géré sa carrière après avoir incarné Ian Curtis dans Control, Noah Taylor, que l'on a jamais beaucoup vu au premier plan mais que l'on a tout de même bien assez vu, et bien sûr, l'acteur fétiche de Wheatley, Michael Smiley, trimbalant comme toujours son gros nez tordu et sa mauvaise humeur habituelle, condamné à l'ironie patronymique. Au milieu de tous ces hommes, on a de la peine pour l'oscarisée Brie Larson qui, malgré une chemise parfaitement assortie à ses jolies bouclettes, ne devient guère l'icône que son réalisateur aurait tant aimé faire d'elle en lui attribuant le beau rôle. Tous ces acteurs essaient lamentablement de cultiver la diversité de leurs filmographies, continuellement à la recherche du film culte instantané et de l'apparition remarquée chez un cinéaste clivant aux fans véhéments. Hélas, plus Ben Wheatley filme, plus il s'éloigne de ce rang et nous fait même douter de ses premières réussites. Il confirme ici son plus mauvais penchant, pour la pose, pour un cinéma de petit malin empli de références mais incapable de créer quoi que ce soit de marquant et de personnel. C'est dommage, car on avait connu le duo qu'il forme avec sa femme, Amy Jump, bien plus inspiré que ça à l'écriture comme à la réalisation. Kill List et A Field in England restent deux films intéressants, originaux, osés, qui laissaient effectivement croire en une vraie personnalité chez leurs auteurs. Il faudra désormais un sacré revirement pour que nous puissions de nouveau y croire.


Free Fire de Ben Wheatley avec Brie Larson, Cillian Murphy, Armie Hammer, Sam Riley et Sharlto Copley (2017)

31 mai 2015

Chappie

On tient peut-être en Neill Blomkamp le plus bel abruti du cinéma moderne. Que ce soit dit. Et ce film est une nouvelle preuve de sa débilité absolue. Je n'ai même pas envie de dire qu'on a l'impression d'être face à l’œuvre d'un gamin de six ans. Parce que j'aime les enfants. On a simplement affaire à la dernière folie d'un gros crétin. "Abruti", "débile", "crétin". Je retombe dans mes travers de blogueur ciné avec ces insultes, je le sais et je n'en suis pas fier. Mais je m'en débarrasse dès le premier paragraphe pour que ça soit fait, parce qu'il faut forcément que ça sorte. Quand on a passé deux plombes devant Chappie, on en sort pas tout à fait relax.




Neill Blomkamp croit sans doute s'être trouvé une "patte", celle-là même que ses quelques fans sont toujours heureux de retrouver dans ses œuvres. Des films qui se passent systématiquement à Johannesburg, comme si cela suffisait à donner un aspect social et politique à la chose, toujours ponctués de faux extraits de journaux télévisés, remplis de créatures décalées, qu'elles soient robotiques ou extraterrestres, et accompagnés d'une musique intolérable (on atteint ici des sommets avec cette affreuse chanson de Die Antwoord au refrain d'une laideur infinie). Nous sommes ici étonnés de ne pas recroiser l'acteur fétiche du cinéaste, à savoir Sharlto Copley, avant de découvrir qu'il prête sa voix et son déhanché à Chappie, ce robot doté de conscience qui finit entre les mains d'une bande de délinquants arriérés souhaitant s'en servir pour réaliser un braquage...




Tous les tristes signes distinctifs du cinéma de Neill Blomkamp sont donc bien réunis dans ce pauvre film de science-fiction qui se déroule de nouveau dans un futur proche où la criminalité a explosé et où le fossé semble s'être creusé entre les puissants et les zonards (encore que, il s'agit là d'une simple déduction de ma part, Blomkamp étant plus intéressé par ses robots). A partir de cette mixture désormais familière, Blomkamp réussit son film le plus laid, visuellement. Les scènes d'action sont un calvaire, il faudrait interdire ces ralentis foireux où l'on voit des bonhommes faire des bonds en arrière idiots lors des fusillades et ces explosions jamais impressionnantes mais que l'on voit deux fois de suite sous différents angles. On se demande comment Blomkamp a pu passer pour un cinéaste à suivre avec District 9, lui qui n'a jamais progressé...




En termes de crétinerie, le scénario rivalise avec celui d'Elysium. Chappie a même cela d'étonnant qu'il parvient à aller crescendo dans la bêtise, et c'est une performance qui mérite d'être saluée tant le film part sur des bases dans un état de putréfaction très avancé. Il y a encore beaucoup de choses que l'on ne comprend pas et on abandonne très vite l'idée de leur trouver du sens. Après avoir récupéré par la force un robot qu'ils souhaitent transformer en un braqueur d'élite, la petite bande de délinquants ne trouve rien de mieux à faire, pour endurcir ledit robot (à savoir Chappie), de le balancer dans un sale quartier, au milieu de jeunes très remontés qui, voyant en lui un représentant de l'ordre, décident d'un commun accord de lui ruiner la tronche, en l'aspergeant de cocktails molotovs. Heureusement, Chappie a beau être super intelligent, il n'est pas vraiment rancunier et, une fois qu'il a pris cette rouste qui aurait même pu le mettre hors service, il revient sagement dans la planque de sa bande de cons. Pourquoi ? L'intérieur du cerveau de Blomkamp doit être un sacré merdier...




Les personnages, qu'ils soient faits de chair ou d'acier, sont tous plus minables les uns que les autres. Hugh Jackman va bientôt fêter ses 47 ans. Chaque année, il ajoute consciencieusement 3 ou 4 titres à sa filmographie déjà assez conséquente. Eh bien sachez que c'est dans Chappie qu'il trouve le pire rôle de sa vie. Ça n'est donc pas rien, car l'homme a tout de même été le Van Helsing de Stephen Sommers et le "drover" de Baz Luhrmann. Il faut le voir avec son mulet, ses chemises à manches courtes et ses bermudas affreux, interpréter une espèce de gros bourrin qui n'a qu'une obsession : se servir de son nouveau robot. Il est d'un ridicule... Il passe tout le film à demander régulièrement à sa boss, campée par la pâle Sigourney Weaver dont le personnage se réduit à l'autorité que dégage naturellement l'actrice, s'il peut se servir de son joujou. Et bien sûr, cela finit par arriver, Blomkamp étant à peu près sur la même longueur d'ondes que son perso. Quelle tristesse... Du haut de son expérience, Weaver devrait aussi être en mesure de se rendre compte qu'elle tourne pour un nullard qui pourrait faire beaucoup de mal à cette saga ayant fait d'elle un emblème du cinéma de science-fiction. Quant à Chappie himself, il ferait passer Johnny 5, cet amusant robot de films pour enfants des années 80, pour une figure inoubliable et particulièrement marquante du 7ème Art.




Avec Chappie, Neill Blomkamp échoue totalement à nous faire réfléchir à la problématique de l'intelligence artificielle mais réussit haut la main à nous interroger sur ses propres capacités cognitives. Nous sommes désormais à jour sur son cas et, croyez-moi, nous n'avons pas envie que le prochain article qui lui soit consacré épingle ce qui pourrait tout à fait être le plus triste épisode d'une saga déjà flinguée à bout portant par son initiateur, Ridley Scott. Dire que le web s'est enflammé en apprenant que Neill Blompkamp allait faire un nouvel Alien... Ce mec-là est capable de nous faire revoir Prometheus à la hausse.


Chappie de Neill Blomkamp avec Sharlto Copley (dans le rôle de Chappie), Hugh Jackman, Sigourney Weaver et Dev Patel (2015)