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21 novembre 2015

Hunger Games - La Révolte : Partie 2

Tout le monde a parlé de cet homme atteint d’une maladie incurable et condamné à une mort imminente qui a écrit à J.J. Abrams pour obtenir de lui cette faveur : avoir le privilège de découvrir Star Wars Episode VII en avant-première, longtemps avant le reste du monde, histoire d’être sûr de pouvoir se le faire avant de décéder. Aussi suis-je un peu étonné de constater que personne dans les médias n’ait parlé de cet autre homme, un vieux pote à moi en l’occurrence (dont je tairai le nom par respect, mais que je surnomme Leigh Braguette), qui va lui aussi bientôt mourir des suites d’une maladie inconnue, et qui a lui aussi écrit une lettre à un cinéaste pour lui faire une requête similaire, requête qui n’a pas été entendue ni donc relayée, ce que je trouve honteux.


Y a-t-il une âme dans ces babouches ? Et sous ce jean slim ?

Mon ancien camarade d’école a en effet envoyé un courrier en recommandé à Francis Lawrence pour lui demander non pas de rapprocher la sortie de son film, Hunger Games - La Révolte : Partie 2, mais de la reporter de quelques mois, voire de quelques années si possible (car il est optimiste mon ami, il voit la vie en rose), afin d’être certain de n’avoir aucune chance de voir le film avant de disparaître. Mon pote s’est déjà tapé les trois premiers épisodes de "cette saga de merde" (je le cite texto, il est même convaincu, contre l’avis de ses médecins, que c’est lors du visionnage du premier film, en 2012, que s’est déclenchée sa maladie orpheline mortelle, comme un phénomène d’autodéfense par la suppression de soi par soi pour soi), et il aimerait bien s’éviter le plus petit risque de se fracasser sur le 4ème opus avant de mourir. Francis Lawrence, qui est décidément un être peu recommandable, n’a pas décalé la sortie de son film. Hunger Games - La Partie : Révolte 2 et son titre putride ont débarqué sur les écrans ce mercredi. Et Francis n’a pas même répondu à mon ami. Aucun média ni aucun crétin sur Facebook n’a eu l’idée de faire tourner l’histoire. C’est dégueulasse.

PS. Petit message aux journalistes et autres éditorialistes écumeurs du web en quête d’anecdotes morbides croustillantes : si vous entendez parler de lettres semblables à celle de mon ami reçues ces derniers jours par Quentin Tarantino, à propos des Huit salopards, ou par Zack Snyder, au sujet de Batman v Superman : L’aube de la Justice, ne faites pas tourner non plus, c’est moi qui les ai écrites. Je vais bien, rassurez-vous. Mais le monde, lui, va mal, et il va déjà assez mal comme ça, alors si on peut tenter de retarder la sortie de quelques saloperies au coût d’un simple timbre poste, c’est toujours ça de pris. J’ai aussi écrit à Taika Waititi, le réalisateur de Thor : Ragnarok, pour lui demander non seulement d’ajourner la sortie de son truc de quelques siècles mais aussi pour lui demander si je pourrais emprunter son nom pour m’en faire un blaze de scène (à côté de ma carrière de blogueur ciné, je suis breakdancer).


Hunger Games - La Révolte : Partie 2 de Francis Lawrence avec Jenifer Lawrence (2015)

6 décembre 2014

Hunger Games - La Révolte : Partie 1

Francis Lawrence... Putain... Dans ce blog on a déjà évoqué à de nombreuses reprises nos griefs contre ce type qui ne semble pas savoir faire de films autrement que comme des merdes (c'est pas une légende...). Le plus triste dans tout ça, c'est de voir que Francis Lawrence n'évolue pas et qu'il réalise ce nouveau film comme tous ses précédents. Il n'y pas d'améliorations dans son travail, il ne progresse pas, il fait toujours la même merde, avec l'air toujours aussi fier... Il doit avoir un glaucome ou déjà être aveugle, ou au moins borgne, voire miro avec -12 à chaque œil pour imaginer des plans aussi nazes. Il dirige sans doute les acteurs de loin avec de grands gestes... A moins qu'il ne soit tout simplement pas présent sur le plateau. Peut-être est-il muet et tente-t-il de se faire comprendre par des signes du majeur, ou bien c'est un timide doublé d'une couille molle qui se cache derrière son moniteur... Le seul truc qui le réjouit dans son travail doit être de hurler "Action !" dans son mégaphone près de l'oreille rougie de Jennifer Lawrence (cela expliquerait la tronche qu'elle tire tout le long du film). Son visage et le sourire béat qu'il affiche constamment sont probablement le signe d'une carence hormonale ou affective, ou sa satisfaction de ne pas avoir encore été démasqué pour ses CV truqués et son incompétence notoire. Il n'a pas l'air méchant, c'est sûrement un bon copain pour aller boire des bières ou aider à déménager en urgence. Mais pourquoi lui refile-t-on régulièrement des budgets de 200 millions de dollars pour mettre en boîte un nouveau blockbuster pour ados et participer ainsi à la crétinisation absolue du cinéma américain contemporain ?


"Si je dis rien et que je hoche la tête en souriant, ça devrait passer... Arrête de triturer ta fermeture éclair bordel ! Je stresse, je stresse mais j'ai pas grand chose à craindre à ma droite, il est aussi con que son frère... Et la pintade à ma gauche, tout le monde la prend pour ma fille, alors on se serre les coudes... pas les couilles LOL !... Concentre-toi putain !"

Mais attention, bien que notre ami Francis Lawrence ait une grande part de responsabilité dans cette débâcle qu'est "Hunger Games 3 partie 1 Les Révoltés du Bounty", il serait injuste de faire porter le chapeau à lui seul dans ce désastre long de 2h03, dont on voit s'écouler les minutes avec une lassitude accablée. Non, il est vraiment loin d'être l'unique couillon à blâmer. D'abord parce qu'il faut nécessairement se mettre à plusieurs pour concevoir un aussi gros étron (par exemple, pour ruiner Je suis une Légende, Lawrence a grandement bénéficié des deux expressions faciales de Will Smith et du boulot de quelques torche-papier au scénario), ensuite parce chaque composante du film participe avec entrain à la catastrophe.

Une pensée pour ceux qui ont flingué leurs carrières (voire plus...) avec cette saga en bois...

Les scénaristes ont fait un boulot impressionnant pour aider Lawrence dans sa quête de l'étron ultime, car atteindre ce niveau de nullité s'apparente à de l'art, m'est avis. Ils ont écrit le scénario sur un seul post-it qui a été brûlé par la suite. On me dit que c'est l'adaptation de la première partie d'un livre. Alors dans ce cas, soit le livre est une grosse purge, soit les deux scénaristes (aidés par l'auteure dans leur immense tâche !) ont choisi d'adapter les deux premières pages du livres. D'un point de vue strictement objectif, c'est cette dernière façon de faire qui serait la plus honnête car ce serait bien la première partie d'Hunger Games 3 qui serait adaptée. Mais ne comptez pas sur moi pour aller voir les 166 autres parties à 125 millions de dollars de budget mettant en image les 332 pages restantes ! C'est simple, le film dure deux heures et il ne s'y passe globalement rien. Il est rempli de vides et d'états d'âmes pour faire patienter (raquer) le spectateur (le consommateur abruti) jusqu'à l'année prochaine. Et si les invraisemblances affligeantes constatées dans le film sont les mêmes dans le livre, alors c'est un sacré bouquin de merde que l'histoire des Hommes finira par oublier, enterré sous un tas de fumier, où il trouvera enfin son utilité : nourrir les microorganismes du sol dans un retour à la terre salvateur...


Quand Katniss part se battre "sur le terrain", elle n'emporte qu'une dizaine flèches...

Pour résumer quand même le film, voilà la totalité de l'histoire en quelques phrases : Katniss Everdeen (J-Law) vient d'être secourue par les rebelles du District 13 à la tête desquels se trouve le fantôme de Julianne Moore aidée par Philip Seymour Hoffman (ce rôle a eu sa peau). On lui demande de devenir le symbole de la rébellion car elle est méga populaire suite aux Hunger Games 1 et 2. Après réflexion, elle accepte à condition qu'on aille libérer Peeta (son mec) et les autres anciens vainqueurs des Jeux de la Faim retenus prisonniers au Capitole (la capitale de ce monde hideux, j'imagine). Peeta est libéré facilement par une équipe de choc (l'héroïne n'ayant pas été invitée à participer à l'assaut !) mais, piqué par une abeille (sic !), il est devenu fou ! Il tente de tuer Katniss par strangulation mais, malgré le temps de réaction digne d'un paresseux tridactyle des 10 personnes qui trainaient dans les parages, il échoue dans sa triste tentative d'assassinat. Fin.


Cette scène inutile se déroule au début du film dans l’hôpital de fortune du District 8. J-Law rend visite aux malades, elle est filmée pour la propagande des rebelles, elle fait des "propaclips". Tout l’hôpital sera rasé par les méchants juste parce qu'elle s'y est pointée sans discrétion. Belle, l'héroïne...

Pour illustrer une histoire aussi colossalement minable et débile, le casting s'est mis au diapason. Il est d'une nullité insultante et aide avec une détermination farouche Francis Lawrence dans sa tentative de réaliser l'ultime navet capable de rendre jaloux Uwe Boll. Entre les acteurs confirmés et multi-récompensés qui viennent toucher leur cachet en éructant des lignes de dialogues insipides tout en regardant d'un œil mort la caméra car ils savent qu'ils flinguent leur respectabilité contre quelques liasses de billets verts, et les jeunes acteurs affligeants, J-Law en tête (elle joue comme si elle s'était pris une torgnole avant chaque prise), le spectacle est consternant et risible. Le pire est peut-être atteint avec l'acteur qui joue Peeta (traduit par "Puta" en espagnol et "Chawarma" en turque selon mes sources), celui dont J-Law est amoureuse, qui joue un traitre, mais en fait non, car il a été empoisonné (par une abeille donc...) pour devenir fou et tuer sa copine lors de leurs retrouvailles, tout ça pour suivre le plan machiavéliquement bête et foireux du grand méchant du film, un Donald Sutherland qui a probablement eu un gros redressement fiscal pour se retrouver là. En plus de ressembler à un mauvais acteur belge, Peeta doit donc jouer la folie, enchainé à un lit dans un pièce capitonnée dans l'une des ultimes scènes de cette daube, et à ce moment-là on a vraiment pitié pour lui. Notons aussi la présence de Liam Hemsworth, le frère de Thor avec lequel il partage un jeu d'acteur et une palette émotionnelle extrêmement limités.


L'héroïne fout un bordel monstre chez les rebelles et provoque la mort de nombreux innocents pour aller sauver ça. Et non ce n'est pas une photo du remake gay de Basic Instinct...

Le meilleur acteur de ce film n'est pas un humain, c'est une pauvre bête maltraitée. Je dis pauvre bête alors qu'il s'agit d'un chat roux. Et tout le monde sait que les chats roux sont l'engeance du diable, les envoyés de Belzébuth sur Terre, des créatures qui n'hésiteraient pas à venir vous crever les yeux dans votre sommeil gratos. Eh bien on finit par à avoir pitié d'un tel animal, maltraité et affublé d'un rôle très ingrat dans ce film. Un faire valoir qui se retrouve fourré par l'héroïne dans un gros sac lors de la visite de son ancienne maison, puis reçoit tout un tas d'objets et souvenirs sur la tronche sans moufter : cadre photo, couteaux de cuisine, salière, épices, planche à découper... Il reste des heures caché dans ce sac sous tous ces ustensiles avant d'en être enfin sorti pour retrouver sa maitresse (accessoirement la sœur de l'héroïne). Il sert aussi de pirouette scénaristique afin de mettre en danger inutilement la petite sœur de J-Law lors d'une scène de bombardement-évacuation à pleurer d'inutilité et de longueur.


Il paraît qu'il était noir et blanc dans les deux premiers films... Peut-être que le bombardement du District 12 (anéantissant tout apport de minerais et de charbon dans la capitale soit dit en passant) l'a rendu roux...

Enfin, un grand merci aux producteurs de ce massacre de masse sans qui tout cela n'aurait pu se faire. Un grand bravo d'avoir initié une telle purge, recruté les personnes adéquates à chaque étape du processus de création pour parvenir à un tel niveau de médiocrité, et pour s'être fait une montagne de dollars avec ce gros tas de merde qu'est Hunger Games 3 part 1, paragraphe 2, couplet 5, verset 7, ligne 2... On ne parlera pas de la direction artistique ni des effets spéciaux à part pour dire qu'ils participent de manière significative (p < 0,05) à la laideur et à la médiocrité du film.


Hunger Games - La Révolte : Partie 1 de Francis Lawrence avec Jennifer Lawrence, Liam Hemsworth, Julianne Moore, Philip Seymour Hoffman, Donald Sutherland... (2014)

21 mars 2011

Constantine

Pour commencer, je tiens à dire que je ne connais pas le comics dont le film est inspiré. Si certains d'entre vous ont vu ce "film" et connaissent bien la bd alors je les incite à venir nous en parler. Je ne jugerai donc le film que pour ce qu'il est, sans autres référence que les précédents navets de Keanu Reeves et de Rachel Weisz, déjà réunis ensembles pour le pire dans Poursuite un film de courses-poursuites tout pourri où les deux acteurs passaient pour des chercheurs scientifiques super-crédibles. Quant au réalisateur, il paraît que c'est un réalisateur de clips renommé notamment pour Britney Spears et Will Smith (putain la classe !), dont un de près de deux heures intitulé Je suis une légende. Ma critique sera de mauvaise foi, elle n'ira pas très loin dans l'analyse des motivations des personnages ou bien dans la symbolique des divers sujets abordés ou objets/parties du corps touchés par les acteurs. De toute façon, je me souviens plus beaucoup de Constantine (à part que c'est nul) et en plus j'aime pas critiquer. Je vous résume l'histoire brièvement : y'a un gars qui s'appelle John (?) Constantine et c'est Keanu Reeves. Son truc c'est de chasser les démons de l'enfer qui viennent de temps en temps tourmenter les humains en se mettant dans leur corps (souvent des jeunes filles, parce que c'est plus facile il paraît).


Un regard ténébreux et perdu, une bouteille de vin tout juste achevée, un paquet de clopes sur le point d'être terminé : ce type est bien au fond du trou.

Constantine, il est super fort pour désenvouter, il y en a pas deux comme lui. Même si à chaque fois il en ressort usé comme une vieille tronçonneuse, il garde toujours son air blasé (à moins que ce ne soit le jeu d'acteur de Keanu Reeves limité à trois expressions faciales qui m'amène à croire que cet air est blasé). Mais Constantine a un lourd secret (le pauvre). Bon là, y a des spoilers, alors pour les fous qui veulent encore voir ce film et qui ne connaissent rien à Constantine, tracez votre chemin. Constantine a voulu mettre fin à ses jours lorsqu'il était ado mais il a été sauvé de justesse. Malgré tout, il a été officiellement mort durant deux minutes. Il est donc allé en enfer parce que le suicide c'est mal pour les catholiques, donc tu vas en enfer quand tu te suicides, parce que c'est pas bien. Mettons déjà de côté cette vision rétrograde et manichéenne des choses et admettons qu'il faut respecter la religion catholique. Donc, jeune Constantine a passé deux minutes en enfer, et deux minutes là-bas, c'est une éternité. Il a donc pu se rendre compte que ce qu'on lui a dit au catéchisme c'était tout vrai, et il s'est probablement fighté avec tous les démons qui traînent pendant ces deux minutes. Il a donc acquis de l'expérience. Mais il a un problème. L'ange Gabriel (une actrice androgyne avec un strap sur les seins et des ailes de cormoran scotchées dans le dos) lui a bien clairement fait comprendre que quoiqu'il arrive il ira en enfer à sa mort parce que il s'est suicidé (c'est péché, c'est mal). Et l'enfer, il connaît, c'est pas cool. Malgré tout, Constantine chasse les démons et exorcise à tout va en espérant qu'à un moment dieu sera clément et lui accordera le paradis. Par dessus tout, il se moque de sa santé puisqu'il sait finalement qu'il n'aura aucune rédemption et que "quitte à aller en enfer de toute façon, autant y aller le plus vite possible". Par conséquent Constantine fume comme un pompier (le message est clair : "fumer tue" et si on a pas compris, le réalisateur nous propose un gros plan de la tranche du paquet de clopes pour qu'on lise bien "smoking can permettre diseases like cancer, impuissance, bad haleine et j'en passe". Il a donc un cancer des poumons très avancé et il ne lui reste au mieux que quelques semaines à vivre d'après son médecin (une top modèle de 25 ans très crédible dans ce rôle).


Impassiblement con, même à terre...

Bon, je crois que je vous ai conté tout le background psychologique du personnage (j'emploie ici des termes cinématographiques, ça me gêne un peu car je n'aime pas tomber là-dedans) et je vais à présenter mieux vous raconter l'histoire. Mexique. De nos jours. Deux autochtones grattent la terre sèche et aride près d'une route défoncée de ce pauvre pays. Ils sont habillés avec un pyjama et un vieux t-shirt délavé parce qu'ils sont pauvres comme tous leurs compatriotes et ils ont une moustache comme Zapata parce que ce sont des mexicains. Leur rêve ultime est sûrement de passer la frontière et d'aller réussir comme leur cousin Pancho qui a ouvert une usine de confection de pyjamas à San Diego. Les Mexicains ont dû beaucoup apprécier la façon dont ils sont vus à Hollywood. Il manque plus que le chapeau de paille aux acteurs, et qu'ils disent "caramba !" à chaque phrase. C'est insultant et rétrograde, comme tout le reste du film d'ailleurs. L'un des deux hommes, à force de fouiller, tombe sur une plaque en bois (je sais plus vraiment) et dessous il y a un drapeau nazi (croix gammée sur fond rouge, et là on sait que c'est très mal ce qu'il a trouvé, très vilain et plein de malice). Enveloppé dans ce drapeau, José (je l'appellerai ainsi dorénavant, en vous précisant qu'il s'agit de l'acteur Jesse Ramirez dont aucune photo n'est disponible sur le net) trouve une grosse dague fichtrement moche. Dès qu'il la prend dans sa main tremblante, quelque chose change en lui et il se met à tracer tout droit direction Los Angeles. Bon, au passage dès qu'il a fait 5 mètres il prend un 4x4 en pleine gueule mais le fait qu'il porte la dague le rend invincible, et aussi il saute la clôture grillagée de la frontière avec l'aisance du bouquetin des Alpes lorsqu'il est à flanc de falaise.


Un exorcisme à couteaux tirés ! Remarquez que Keanu Reeves désigne quelque chose avec son index gauche

Durant ces scènes, le réalisateur ose des plans foireux issus des tics clippesques de ses débuts. Bref, c'est insupportable. Ensuite, je crois qu'on voit une fille se suicider du haut d'un hôpital (rappelez vous, le suicide c'est mal), elle se jette dans le vide, elle casse une verrière. Enfin c'est nul, mais c'est important pour la suite, donc je vous le dis. Après y a la première scène avec Constantine : il effectue un exorcisme sur une jeune fille (mexicaine encore, mais vivant à LA -il leur arrive que des tuiles aux mexicains). Constantine est accompagné d'une tête à claque qui lui sert de chauffeur joué par le mec qui jouait dans "La Guerre des Stevens" sur France 2, un con appelé Shia LaBeouf, dans un rôle similaire à celui qu'il interprète dans I, Robot. J'en sais pas plus sur ce type, j'essaie d'éviter tout ce qui se rapporte à sa gueule :

Une tête à claque pour un rôle de sidekick de service, qui finit d'irriter le spectateur qui n'en demande pas tant.

Pour faire bref, la scène d'exorcisme est très physique, on sent Keanu Reeves très investit dans son rôle. Les mexicains jouent très mal, Keanu aussi, ils hurlent et agitent des croix partout. En dehors de ces réactions moyenâgeuses, le réalisateur nous gratifie pour la ènième fois de plans foireux ("je filme Keanu Reeves de haut et complètement à la verticale, et plusieurs fois de suite"). Et donc, enfin, on aperçoit le démon qui s'est introduit dans le corps de la jeune fille et en ressort par l'anus, dont voici une photo ci-dessous.


Un monstre au design très recherché...

En dehors du fait que le design de cette chose est une catastrophe artistique, un naufrage esthétique digne de Godzilla, Independence Day et tous les films de Michael Bay, la bête ne fait pas bien peur, elle fait rigoler tellement elle est naze, ou bien soupirer très fort si la patience du spectateur est déjà à bout. C'est l'un des nombreux démons qui peuplent "l'enfer". L'enfer est donc très moche, mais on aurait dû s'en douter, c'est pour ça que les gens veulent pas y aller (enfin, ceux qui croient encore que ça existe). Au passage, j'en profite pour expliquer que, dans Constantine, l'enfer et le paradis sont des sortes de mondes parallèles au monde dans lequel vivent les vivants. L'enfer c'est finalement comme le monde réel mais avec un filtre rouge, des flammes en 3D partout, de l'orage et des éclairs, des carcasses de voitures carbonisées, des arbres en feu, des immeubles à moitié démolis et en combustion permanentes et bien sûr des démons très nombreux et vils. Quant au paradis, c'est comme le monde réel avec des nuages qui bordent l'écran, une musique composée d'un chœur qui chante d'une voix éthérée, une caméra "planante", pas âme (ou ange) qui vive et un filtre couleur sépia du plus mauvais goût. Manque plus que l'escalier roulant tout blanc. Enfin, deux représentations bourrées des clichés les plus putrides dont on nous chauffe les oreilles depuis 2000 ans, deux représentations qui sont là encore de dignes témoins de la valeur esthétique et artistique de Constantine : minable et méprisable. Penser que des gens ont reçu de l'argent pour mettre ce film en image m'empêche parfois de trouver le bien-être dont tout le monde à droit n'importe quand dans une journée ordinaire.


L'enfer / Le paradis...

Je vois que je m'égare de l'histoire. Puisque j'en ai ma claque, je vais vous résumer la suite très vite (le scénario tenant sur un post-it®). Une inspectrice de police (Rachel Weiz, rarement plus laide et repoussante que dans ce film, et si ce physique disgracieux était une volonté du réalisateur, il aura réussi au moins une chose) se trouve être la sœur jumelle de celle qui s'est suicidée. Sûre du fait que sa sœur n'aurait jamais mis fin à ses jours (parce qu'elle croit en jésus, donc elle sait que c'est PAS BIEN de faire ça), elle cherche à savoir qui l'a poussée à commettre cet acte. Le hasard lui faisant croiser Constantine (une chance dans une ville de 20 millions d'habitants), elle lui demande son aide non sans très grandes réticences de la part de ce dernier. Le jeu d'acteur de Keanu Reeves se situe alors à un niveau de la réticence que même Schwarzenegger doit lui envier. Quand Constantine décide de bien vouloir l'aider, les emmerdes commencent pour lui. Ses potes se font trucider les uns après les autres (mais proprement et furtivement, on n'aime pas le sang à Hollywood), les "associés du diable" lui mettent des bâtons dans les roues. Le sous-fifre de Satan est grimé en homme pour passer inaperçu. Bien sûr, il ressemble à un mafioso proxénète parce que c'est vrai que ces gens là représentent le malin, le méchant, le pas-bien. On note encore et toujours que l'originalité et l'invention n'étaient pas une priorité dans ce navet.


Au passage, une preuve de la laideur de Rachel Weisz dans ce film, à tel point qu'on dirait que le réalisateur vient de lui mettre un coup de pied dans la gueule, puis la montre du doigt.

A la fin, on se rend compte que toute cette histoire était un jeu entre Gabriel et le fils du diable (parce que le diable a un fils lui aussi comme le petit-jésus pour dieu), Gabriel voulant que tout le monde crève pour que seul ceux qui savent souffrir soient sauvés et puissent vivre dans un monde parfait. Oublions la morale nauséeuse et rétrograde qui se dégage de cet argument. L'ange Gabriel a donc fait des choses de son propre chef, a comploté derrière dieu, le fils du diable a fait pareil vis-à-vis de son papa. Le mexicain du début a servi à amener la dague moche jusqu'à la fille (Raquel Welch) car cette dernière est soit-disant la seule personne qui peut permettre au fils du diable de passer dans la dimension "notre monde à nous mortels". Mais grâce à Constantine qui veille au grain, la seule scène qui aurait pu être digne d'intérêt (un éventrage interne de l'actrice pour qu'enfin elle dégage du film) ne se réalise pas. Constantine sauve la fille et Gabriel se fait brûler ses ailes de cormoran asthmatique.


L'homme ci-dessus au premier plan s'appelle Francis Lawrence, il est responsable de ce merdier. Je le hais. Je te hais Francis. Notez qu'il désigne encore quelque chose du doigt, c'est une manie.

Et pour finir tout le film, le clou du spectacle, le passage qui enterre tous les espoirs, la scène qui fait qu'on passe du mépris pour ce film à la haine pure et simple : l'arrivée du diable. Ce n'est pas que la scène est pire qu'une autre dans le film, elle est aussi ridicule que tout le reste. Non, ce qui est regrettable, c'est de voir que le diable est interprété par le scandinave Peter Stormare. N'importe qui, je m'en fiche mais pas lui ! Pas le Karl Hungus de The Big Lebowski, pas cette idole, non, tout mais pas lui. Snif. Et en plus il surjoue, il cabotine, il se fait appeler "Lulu", on dirait une drag-queen et en plus il enlève gentiment son cancer à Constantine, qu'on aura donc même pas le plaisir de voir mourir définitivement. C'est donc avec tristesse, lorsque le générique de fin a débuté que j'ai quitté ma place de ce cinéma underground de Montauban, le seul qui possède encore une copie de ce film rempli de fumier. Je suis encore abasourdi par tant de nullité, déçu par Peter Stormare et tous les autres, peiné par ces deux heures et mes 9 euros perdus à jamais. J'avais en effet choisi de payer ma place au prix fort pour venir en aide à ce cinéma en perdition à la programmation originale et obsolète. Je me suis fait enculer.

Au revoir.


Constantine de Francis Lawrence avec Keanu Reeves, Rachel Weisz, Shia LaBeouf, Peter Stormare (2005)

22 février 2008

Je suis une légende

L'homme, quand il est seul, certain de n'être pas observé, a des manies bien étranges. L'homme, par exemple, adore ses odeurs. L'homme au sens générique du terme j'entends, la femme est dans le même bateau. Quand il est seul, l'Homme se cure les pieds et sent ses doigts, il se passe les phalanges entre les couilles et les porte invariablement, machinalement, à son nez. La femme fait pareil en passant le bout de ses doigts sous ses seins, ou sous ses aisselles, ou contre son entre-jambes, sans doute. Les deux font ça avec leurs panards ou leurs culs. C'est quelque chose de très étrange et de pourtant tout à fait naturel. De même l'Homme pète et baigne dans son pet, aussi abominable puisse-t-il être, il s'en délecte et ramène l'odeur vers lui avec ses mains pour mieux en apprécier toute l'horreur. Horreur qui n'est perçue ainsi que lorsque le pet vient d'un autre. Quand il est nôtre, le pet est toujours agréable, voire d'autant plus agréable qu'il est puant. On secoue les draps quand on pète dans son lit pour être certain de recevoir toute les fragrances de son pet et pouvoir mieux le mesurer. Mesurer son importance. Laquelle dépend de sa puanteur. Plus un pet sent, il faut bien le dire, la merde, ou le renfermé, plus il est important et plus on en est fier. C'est très intéressant de voir comme l'homme est toujours d'autant plus fier de ce qui émane ou sort de son corps que ce qu'il dégage est plus répugnant. Tout le monde se retourne après avoir chié. Notre fierté peut se voir quand on va aux chiottes. On sait que personne ne nous regarde, alors on étudie la taille de notre besogne, et on est plus ou moins content de nous selon l'importance de nos déjections. On est fiers de ce qu'il y a de plus dégueulasse qui puisse sortir de notre corps, et on l'est plus ou moins selon sa grosseur et sa coloration. Ces rejets sont un insondable tabou en société parce qu'on les adore absolument en privé et que c'est évidemment une profonde honte pour tout un chacun. Tout le monde se retourne après s'être torché. Pas juste pour tirer la chasse d'eau, non, c'est pour bien regarder ses selles, passer un moment en tête à tête avec elles. Parce que tout le monde a peur. Tout le monde est inconsciemment effrayé par la perte de fluide corporel, c'est pour ça qu'on se retourne toujours pour regarder notre merde quand on l'a chiée.




Ce film est une étude théorique sur ces questions. Will Smith est seul à New-York, personne ne le regarde, alors il sent ses doigts.

Francis Lawrence, qui a signé cette merde, n'a de cesse de revoir son film, pour contempler ce qu'il a chié, et croyez-moi, il en est fier.


Je suis une légende de Francis Lawrence avec Will Smith (2007)