25 février 2014

Le 13ème Guerrier

"2m06 d'emmerdes". On ne vous parle pas de la fameuse remarque dyslexique de Seguei Bubka devant la barre positionnée à 6m02 avant son saut légendaire du 23 juin 1987 à Prague. On vous parle de la façon qu'avait John McTiernan de désigner Michael Crichton sur le tournage du film considéré comme son chant du cygne, Le 13ème Guerrier. Il faut dire que l'écrivain l'avait bien cherché, en terrorisant quotidiennement le cast & crew du film. Avec comme matériau de base son livre en bois et un apport non négligeable de dollars sur ses deniers personnels, Michael Crichton s'est cru permis de faire la pluie et le beau temps sur le plateau et d'imposer ses idées rétrogrades à McT. Crichton est même crédité comme réalisateur fantôme, du fait de nombreux reshoots réalisés dans le dos du cinéaste. Après près d'une décennie d'emmerdes artistiques, familiales et judiciaires, McT sort aujourd'hui de taule et revient directement aux affaires pour réaliser Red Squad. Derrière les barreaux, il décorait parait-il sa cellule comme celle de Ray Finkle dans Ace Ventura, "Eat dead shit Michael !" remplaçant "Laces out !". Le 4 novembre 2008, McT aurait repris deux fois des moules.




Je fais partie de ceux qui soutiennent ardemment la thèse selon laquelle Le 13ème Guerrier aurait été un film fabuleux, l'un des hits des années 90, un film dont tout le monde reparlerait encore aujourd'hui avec des étoiles dans les yeux, si et seulement si McTiernan avait eu les mains libres et les pleins pouvoirs ! On peut déjà voir, dans le film tel qu'on le connaît, des éclairs de génie, notamment lors des chevauchées nocturnes des wendols faites de son et lumière, de nuit et brouillard. Ces passages-là me procurent systématiquement des frissons (bien que je n'aie vu le film qu'une fois), avant de me plonger dans un océan d'amertume et de regrets. Le 13ème Guerrier avait tout pour être le film de vikings tant attendu et définitif. Je m'arrête là, car j'ai déjà épuisé tous mes arguments. Mais croyez-moi, je suis convaincu.


Le 13ème Guerrier de John McTiernan avec Antonio Banderas, Omar Sharif, Vladimir Kulich et Dennis Storhøi (1999)

14 commentaires:

  1. Je n'ai jamais pu le regarder en entier, ce film.
    et pourtant j'ai essayé, 13 fois.

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    1. J'espère qu'il ne t'est pas arrivé la même chose avec Les 101 Dalmatiens ou 127 Heures. :)

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    2. J'en suis seulement à ma 134ème tentative face au "10 000" de Roland Emmerich et je vous demande de m'euthanasier.

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    3. Pour ma part, cela me donne envie de le revoir sinon pour la deuxième, du moins pour la troisième (j'ai dit le bien que j'en pensais ailleurs dans ces mêmes pages, je ne vais pas me répéter ni me citer !).

      En revanche, plutôt qu'à la sortie de taule de McT. (je n'ai pas bien suivi les raisons pour lesquelles il y est allé, et il a quand même réalisé par ailleurs plusieurs mauvais films), en ce 25 février je pense à la mort de Harold Ramis, qui lui non plus n'a pas œuvré que dans l'excellence (euphémisme) mais auquel il sera énormément pardonné de nous avoir offert 'Un jour sans fin'. Je me rappelle avoir vu le film en VF lors de sa sortie française en juillet 1993 : les distributeurs de notre beau pays ne misèrent pas un kopeck sur ce film qui avait été un grand succès populaire aux États-Unis. C'est à cette époque que je me suis rendu compte à quel point l'avis des gens sur les films est souvent tributaire non pas seulement du film en lui-même, mais de la façon dont il leur est vendu. En l'occurence, 'Un jour sans fin' fut remisé dans une misérable case de programmation estivale, et les gens auxquels j'en parlais avec tout l'enthousiasme de ma prime jeunesse me considéraient avec au mieux une condescendante bienveillance. Ceux qui prenaient en compte mon avis au point d'aller voir le film en ressortaient pour la plupart avec l'adjectif « gentillet » sur les lèvres. Honte à la cinéphilie en salles, c'est par la télé et la vidéo que le film devint par la suite un quasi classique. De la même façon, les distributeurs et les exploitants ne firent pas leur travail à propos de films à la fois aussi bons et aussi susceptibles de séduire un très large public que 'Les Aventures d'un homme invisible', 'L'Impasse', 'Le 13ème Guerrier', 'Galaxy Quest', 'Le Général' et j'en oublie...

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    4. Tu fais bien de saluer le beau film du regretté Harold Ramis. Nous aurions également rendu hommage à ce cinéaste si nous avions eu, dans nos réserves, une critique positive sur l'un de ses films ou simplement le temps de lui consacrer un article. Peut-être bientôt, qui sait ! Bien envie de revoir Un Jour sans fin en tout cas.

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    5. D'autant que c'est un film qui, par son principe même, appelle la vision répétée !

      Dans mon premier paragraphe ci-dessus, je voulais bien sûr écrire : « de le revoir sinon pour la TREIZième, du moins pour la troisième fois ». Foiré mon effet, flûte et zut et crotte de bique.

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    6. Harold Ramis c'est aussi ça : http://ilaose.blogspot.com/2009/09/year-one.html

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    7. Ouais, et ça, je peux pas décemment en faire la pub suite à son décès...

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    8. Pas vu, m'étant arrêté après son précédent film (le pas bon du tout 'Ice Harvest', qu'avait précédé le calamiteux 'Endiablé'), et étant comme beaucoup rebuté par Jack Black. Mais tout cela n'enlève rien au petit miracle que fut 'Un jour sans fin', et aux très bons moments épars de ses autres films ('Multiplicity', le premier 'Mafia Blues', 'Caddyshack', 'Bonjour les vacances', etc.).

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    9. Endiablé avait tout de même ses arguments... Bill Clinton ne me contredira pas !

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  2. Aucun souvenir de ce film d'un honnête réalisateur largement surestimé, à part la scène où Mel Gibson encore jeune montre ses couilles aux ennemis...

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  3. Si McTiernan avait été respecté par Creecheton, c'est sûr que Le 13ème guerrier aurait été épique en plus de foutre les jetons. Le projet avait tout pour faire de ce film le chef d'oeuvre du bonhomme mais, bon, on en refait pas Hollywood avec du génie, proverbe datant de l'époque des Wilder, Hawks, Minelli, Mankiewicz, etc ... un pays où même Bunuel a fait profil bas pour pouvoir cachetonner sur des traductions de misère.

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    1. Hey Arnaud, ça faisait un bail ! Content de te relire. :D

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