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Truffaut disait "faire un film contre le précédent" et Amalric s'en acquitte. Contre l'autobiographie sous-jacente de Mange ta soupe, Le stade de Wimbledon s'inspire d'un roman tout étranger ; à la stagnation du premier vient se substituer l'incessante bougeotte du second ; enfin, à l'abondance sans caractère d'objets-livres s'oppose la quête d'un seul, qui n'existe pas. Amalric tourne son film à divers moments au cours d'une année entière, à l'image de son personnage qui revient à intervalles irréguliers à son labeur. Il n'écrit pas d'adaptation et tourne sans scénario, seulement muni d'un exemplaire du roman de Del Giudice. La jeune femme interprétée par Jeanne Balibar arrive au début du film à Trieste, où vécut Bobi Wohler jusqu'à sa mort quelques années plus tôt. Complètement fascinée par ce grand intellectuel, ce penseur brillant, proche de tant d'écrivains, la jeune femme se demande pourquoi il n'a jamais écrit (entendez "publié"). Au fil des allers et retours à Trieste, au gré des rencontres, la personnalité et le mystère de cet homme de lettres sans écrits commence à se dessiner et parallèlement à cela la quête devient de plus en plus floue pour la jeune instigatrice. Encore une fois chez Amalric, tout n'est qu'une histoire de livres où se croisent l'essentiel et le dérisoire.
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Le style d'Amalric cinéaste se précise, s'affine, se grandit. Il y a dans ce film une grâce permanente, un plaisir de l'image, la création d'un temps unique propre à son auteur et qui s'affirme, s'épanouit dans une quintessence de lumières et d'intelligence. Ce film c'est avant tout celui d'un homme qui filme la femme qu'il aime. Amalric filme sa Jeanne Balibar, il l'aime, et ça suffit à faire un grand film quand son auteur a du style et du temps, un temps à lui qu'il nous permet de partager. Il le dit lui-même : "Fuller disait a film is a girl and a gun, moi je n'avais que Jeanne et le soleil, alors pour moi un film c'était a girl and the sun".
Le Stade de Wimbledon de Mathieu Amalric, avec Jeanne Balibar (2002)
Le Stade de Wimbledon de Mathieu Amalric, avec Jeanne Balibar (2002)
Non, ils sont vilains tes fonds d'écran. Your wallpapes are ugly.
RépondreSupprimerMeilleur pseudo kraxpelax, ça me rappelle Felox, Joeflax et tous ces gens que nous sommes.
RépondreSupprimerEt le film est vachement bien.
ah ça n'a rien à voir avec le tennis. Merde.
RépondreSupprimerAbsolument rien non :)
SupprimerA ne pas confondre avec "Wimbledon", où Paul Bettany essaie littéralement de breaker Kirsten Dunst !