17 avril 2008

Je Préfère Qu'on Reste Amis...

On se pointe au vidéo-club, 00h30, distributeur automatique, envoi, liste de tous les films. S'offre à nous un choix délicat. Un choix qui peut décider de la gueule qu'aura notre soirée, un choix crucial entre deux ou trois films de merde. Quid des comédies triangulaires de Dany Boon en plein déménagement, quid du film choral avec un festoche d'acteurs tous plus cons les uns que les autres ou quid du bon vieux buddy movie avec tandem équilibré entre un vieux monstre sacré du cinoche français et un novice du grand écran, blagues à tiroir, grandes tapes dans le dos et réflexion sur la supériorité des liens amicaux ?

Notre choix s'est porté sur le troisième de ces films de merde. Faut dire que l'affiche est vendeuse, Gérard Depardieu et Jean-Paul Rouve qui se marrent à gorge fracassée en se tenant par le colbard, ça évoque tout de suite une franche rigolade. Mais il faut se méfier des affiches trop vendeuses. D'ailleurs au dos de la jaquette on pouvait lire "Une comédie goodfeeling dont on sort avec la banane". On aurait dû se méfier. Et puis comment a-t-on pu passer à côté de la mention de bas d'affiche, écrite en taille 3 sur Wordpad: "Avec la participation d'Annie Girardot". Autant de pistes menant droit à la catastrophe. Cette jaquette c'était une carte au trésor, le X marque l'emplacement, chez moi la cuvette des chiottes est marquée d'un grand X noir sur fond blanc, et c'est là que j'ai terminé le film.


En fait de comédie les deux clowns tristes qui se sont réunis pour faire ce film n'ont aucune sorte de base d'idée de gag. En une heure et quarante minutes, il n'y a pas l'ombre d'une amorce de vanne dans cet odieux long métrage. C'est même plutôt tragique. Le drame commence dès l'ouverture du film avec une très longue scène dans laquelle la chère Annie Girardot, atteinte d'Alzheimer, fait chier son fils (Rouve Jean-Paul) en lui répétant mille fois les mêmes questions insipides. Et la vioque fait au moins autant chier le spectateur que le héros de notre film. Un peu à l'image de Suzanne Flon dans Fauteuils d'orchestre, qui jouait la vieille grand-mère radoteuse de Cécile de France (quel rôle ingrat pour nous dire adieu, merci Mitraillette Thompson, au revoir à jamais), dont, il faut bien le dire, on se surprenait à lui souhaiter une mort rapide et sans douleur. Étrange manie que placer des personnages extrêmement chiants dans les comédies, qui nous valent d'interminables scènes épuisantes, qui brisent le rythme, si rythme il y a. Et ici pas de danger, aucun rythme, aucune vanne, aucun rire, aucune idée, aucun bon dialogue, niet, que dalle, le rien. Tout le long du film les personnages sont odieux les uns avec les autres, s'envoyant des gifles verbales dont personnellement la moitié aurait suffit à me faire finir au poste, le tout sur fond permanent d'un solo de batterie sans fin ni but signé Manu Katché.



C'est tout bonnement incroyable qu'à aucun moment de la production de ce film, personne n'ait fait remarquer que rien n'était un tant soit peu drôle dans la globalité du métrage. Ni les 123 bonshommes qui ont co-écrit ce script honteux, ni les 1536 machinistes, maquilleurs, éclairagistes et autres ouvriers du bâtiment présents sur le plateau, ni les DEUX réalisateurs qu'on appelait sur le tournage "Les partners in crime" quand on les aimait bien ou "Les deux connards" quand on les aimait moins, personne n'a levé le doigt pour crier au naufrage, pour hurler au flop. Ni Jean-Paul Rouve qui a quand même commencé sa carrière en faisant de l'humour pendant 15 ans, ni Gérard Depardeüs qui se veut quand même un type fameusement drôle habituellement. D'ailleurs la seule scène un brin amusante n'est-elle pas une improvisation savoureuse de notre vieil éléphant de mer de la comédie Française, au départ de laquelle J-P Rouve est écroulé de rire, scène de fait ratée qui aurait normalement et légitimement terminé dans une poubelle avec les autres rushs, ou au mieux dans le bêtisier du dvd, et qu'au final les deux gangsters du grand écran que sont Eric Toledano et Olivier Nakache, labellisés "metteurs en scène" de ce gouffre boueux de film, ont gardé au montage pour avoir à l'image au moins une séquence qui ne soit pas une insulte au genre même de la comédie, un crachat dans la gueule des Gérard Oury et autres Pierre Mondy chers à nos cœurs.


Je préfère qu'on reste amis... de Eric Toledano et Olivier Nakache avec Annie Girardot et Gérard Depardieu (2005)

8 commentaires:

  1. c'était couru oui, cette jaquette hideuse avec le détourage affreux de depardieu, et ses dents de chiotte qu'il nous balance en plein dans les yeux, cette jaquette.. putain.. comment avez-vous tenu ?

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  2. T'es sur que la vanne du film c'était pas "avec Annie Cordy" ?

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  3. Ou plutot ANNIE WINEHOUSE !! AHAHA !

    (C'est vincent, allez pas insulter Thomas pour cette vanne foireuse)

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  4. Avant de pondre des merdes à 18 millions de téléspectateurs, Tolédano pondait déjà des merdes.

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    1. Ouais... et celui-là, Dieu sait qu'il était pourri !

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  5. Et je vous parle même pas de Nakache qui s'est inspiré de sa soeur pour peaufiner les merdes de son pote tolédano !

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  6. Y'a pas longtemps à la téloche ils présentaient Toledano et Nakache comme de grands amis qui font de grands films sur l'amitié. En regardant "Je préfère qu'on reste amis" on se dit qu'il y a une amitié à deux vitesses et que celle qui unit Toledano et Nakache pue la mort.

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  7. Ceci dit, il me semble qu'ils sont moins pris aux sérieux et couverts d'éloges que des raclures abominables telles que Maïwenn, Donzelli ou Bezançon, donc ça va encore... :)

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