28 juillet 2020

1917

1917 ou la guerre de tranchées vue comme un jeu de plateformes, avec ses bosses, ses fosses, ses souterrains, ses ponts bringuebalants et ses immenses chutes d'eau (?). C'est qu'il fallait réussir à varier les plaisirs, même en plein plat pays ! Et tout ça pour finir devant la tronche enfarinée de Benedict Cumberbatch ! Dans les rôles de Mario et Luigi, deux jeunes soldats britanniques que l'on a chargés de transmettre un message de la première importance à un bataillon qui s'apprête à lancer une attaque suicidaire. Pour cela, ils doivent traverser le no man's land et les lignes ennemies, ce qui signifie passer une succession de niveaux, dans des décors divers, empilés les uns sur les autres par Sam Mendes lors d'un long plan séquence qui ne rend son film que plus monotone et révèle toute la pauvreté de sa mise en scène. La moins mauvaise idée du cinéaste est peut-être d'avoir choisi d'engager deux acteurs méconnus, qui font leur travail avec sérieux, pour incarner les deux soldats. Le constat est un peu sévère, certes, car nous sommes tout de même pris au jeu un moment, avouons-le, mais on finit par décrocher et, quelques temps après le générique de fin, il ne reste presque plus rien du film. De trop rares et très brefs instants sortent du lot, grâce aux techniciens doués impliqués là-dedans, à savoir le dirlo photo Roger Deakins et ses ouailles : ils illuminent avec une certaine imagination les ruines chelous d'Écoust. Une mort inattendue rappelle toute l'absurdité de la guerre et surprend un peu, elle ne laisse pas tout à fait indifférent et sans doute chamboulera-t-elle les collégiens qui se taperont ce film en cours d'histoire. Pour le reste... On cherche forcément les raccords tout le long, et on en repère quelques-uns. Prouesse technique qui brasse du vide, 1917 est assez insignifiant, à l'image de son auteur, qui pourrait remettre tout son savoir-faire au service de la saga James Bond, dont on sait se tenir éloigné, sans jamais nous manquer.


 


1917 de Sam Mendes avec George MacKay et Dean-Charles Chapman (2020)

Aucun commentaire:

Publier un commentaire