9 décembre 2016

The Walk : rêver plus haut

Avec la sortie d'Alliés, les gens semblent avoir pris conscience de la maladie dégénérative de Bob Zemeckis. Pourtant, Das Walk était un premier signal. Ce film nous évoque le fumier que les agriculteurs n'utilisent pas parce qu'il est trop sec, trop aigre, pour que quoi que ce soit pousse dessus si ce n'est de la rancœur et de la haine. Au sommet de ce faramineux tas de fumier : un enfoiré, aka Joseph Gordon-Levitt. Quoi de mieux pour incarner un Nemourien qu'un texan de l'est ? Surmonté d'une perruque orange abominable, mais qui a le mérite de trancher avec le gris poutrelle et le bleu acier qui dominent les teintes du film, l'acteur est à gerber. Ne se contentant pas d'agresser nos yeux, il triture aussi nos oreilles. La starlette affirme avoir appris quelque charabia de français afin d'être crédible : on est loin du compte. Gordon-Levitt, coincé dans un pull rouge à col roulé (parce que le vrai Philippe Petit en a porté un, une fois, et a été photographié dedans), parle français avec un sale accent anglais, et s'efforce de parler anglais avec un sale accent français. Nous n'avons jamais rien entendu de plus laid, depuis le dernier râle de notre chat Toxic sur son lit de mort.


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Également à l'affiche du film, Charlotte LeBon (the enigma). Elle essaie de persuader son con de mec d'abandonner le projet de marcher sur un fil entre les deux tours du World Trade Center (encore un film post-nuke...) : mais il le fait quand même. Le film est entrecoupé de saynètes se déroulant sur le haut du toit de la Statue de la Liberté, où un Philippe Petit tout sourire s'envoie des fleurs et revient sur sa propre vie (tous ces moments où il s'est entraîné à marcher sur la corde à linge tendue dans son jardin et sur le câble d'alimentation de son fer à repasser branché dans sa salle de bain). Après avoir subi les préparations laborieuses et les engueulades ridicules du couple pendant une heure, où toute tension est annihilée par le fait que chaque spectateur connaît plus ou moins cette histoire en bois et par la fatigue cognitive de Bob Zemeckis, nous devons nous farcir JLG en tenue de danseuse noire, en legging, faisant le clown sur son fil et narguant les flics qui font des pas chassés sur les toits des deux tours, de part et d'autre du filin, en suivant ses moindres soubresauts ridicules. Cette interminable scène a eu le mérite de nous rappeler toutes ces fois où on a surexcité des chiens sans arrière pensée pour finalement - les bras ballants et le regard triste - les voir partir au quart de tour vers le premier greffe égaré sur une branche entre trente-six gueules de loups à l'affût, prêtes à n'en faire qu'une bouchée. Nous rêverions de nous enfumer le Levitt.


The Walk : rêver plus haut de Robert Zemeckis avec Joseph Gordon-Levitt et Charlotte LeBon (2015)

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