20 décembre 2016

Le Bon gros géant

J'ai enfin vu le dernier épisode de la galaxie filmique de tonton Spielby. Je suis à jour. Le Bon gros géant (The Big Fat Geriatric Fuck en VO), est adapté d'un bouquin de Roald Dahl. Honte à moi de ne l'avoir jamais lu. Je n'ai lu aucun roman de Roald Dahl car je suis dyslexique et je n'ai jamais réussi à dépasser son nom sur la couverture. Je ne saurai donc dire si l'adaptation est fidèle au livre. En tout cas le film aurait pu s'appeler "Le CGI", car autant dire que le Bon Gros Effet Spécial du titre, s'il a plutôt fière allure, peine parfois à convaincre (une fois de plus, on passe son temps à regarder si c'est vraiment bien fait au lieu de regarder un personnage), notamment à cause de la lenteur de ses déplacements, que le scénario excuse en arguant de son vieil âge. La caméra de Spielberg est plus rapide et plus mobile que lui, quitte à nous foutre une Bonne Grosse Gerbe de tous les diables dans ces nombreux plans où la gamine est trimballée dans tous les sens par le géant et où la caméra tourneboule sans cesse pour rien. 


Cette jeune spectatrice binoclarde tourne le dos à la télé. On dirait qu'elle prend quand même son pied...

Reste que les gamins y trouvent sans doute leur compte, avec ce personnage au final plutôt sympathique, chasseur de rêves qui s'exprime dans un anglais de Bon Gros Golmon, s'invite chez la reine d'Angleterre pour lui faire découvrir la joie de larguer un énorme pet, et s'attache à sauver les mômes de ses congénères carnivores. Ces derniers m'ont fait de la peine d'ailleurs, pas les mômes, les autres géants. Le Bon Gros Gitan a peur que les hommes, en le découvrant, l'enferment dans une cage de zoo pour se distraire. Mais à la fin du film, les autres Bons Gros Glandus, qui pour leur part sont donc des dévoreurs d'enfants, finissent capturés dans de grands filets, et exilés sur une île déserte dépourvue de tout morceau de viande, ces Bons Gros Gigots dont ils raffolent tant. 


Le Bon Gros Géant n'a pas la main verte. Ses Bonnes Grosses Gourgettes le font béger.

Quel est leur crime ? Aimer la barbaque ? Être des bestioles portées sur la viande et avoir l'instinct du chasseur ? Et ça mérite d'être puni, éradiqué de la surface de la terre ? Je trouve ça un peu rude. Nous autres humains avons la chance d'être omnivores et de pouvoir choisir, mais s'il fallait châtier toutes les créatures de notre monde qui ne se nourrissent que de steak et qui , pour ne pas crever, s'en prennent à des bestiaux plus faibles, ce serait la merde ! Les potes géants du héros auraient mérité un vrai procès, au lieu d'être éjectés du film en deux temps trois mouvements grâce à une intervention militaire héliportée. Certes, ce sont de Bons Gros Gonnards, mais c'est injuste ! On pourrait croire que le film porte un message écolo pro-végétariens, mais même pas, car les légumes sont décrits comme infâmes, puants, dégueulasses, et même le Bon Gros Vegan les tient en horreur, préférant mille fois s’empiffrer de croques-meuss' chez la reine d'Angleterre. Quand ils finissent isolés sur le caillou rocheux en pleine mer, les méchants géants reçoivent des kilos de légumes infects sur la tronche en guise de châtiment, et ces derniers ne sont pas générés par des ordinateurs, cela se voit. L'écoresponsable Tonton Spielby ignore-t-il les incroyables bienfaits nutritionnels des cucurbitaceae ?


Le Bon gros géant de Steven Spielberg avec Ruby Barnhill, Mark Rylance, Penelope Wilton et Rebecca Hall (2016)

Aucun commentaire:

Publier un commentaire