Tout le monde se passionne pour ce film et salue la performance extraordinaire de Babe, le cochon devenu berger. Mais ce que les gens ne savent pas, c'est qu'il y a 48 « babes », 48 petits porcinets qui ont servi pour ce rôle et qui se relayaient tour à tour pour assurer chaque scène. 16 d'entre eux ont péri pendant le tournage de ce film et de ses suites (Babe, le cochon à la ville ; Babe, le cochon dans l'espace), les 32 autres frères jumeaux restants ont connu un destin encore plus ordinaire : ils sont devenus des gros porcs avant de passer à la casserole. Pas spécialement glorieux et, surtout, pas de quoi crier au génie...J'ai vu ce film au cinéma sur grand écran quand j'étais petit, ma grand-mère nous y avait traînés. A l'époque, j'allais au cinéma deux fois par an grand max, notamment parce que j'habitais dans une ferme isolée de tout, située à plus d'une heure de route de la première salle de ciné digne de ce nom. Quand on partait en vacances chez elle, Mémé avait tendance à choisir le film pour nous. Elle avait une espèce d'autorité naturelle qui ne pouvait pas être remise en cause par de simples gosses. Au programme du cinéma Le Luberon de Pertuis, elle a coché la séance de Babe en pleine aprèm pour s'assurer de nous flinguer une journée entière. Mes parents étaient éleveurs de brebis. Ils étaient bergers. Comment Mémé a-t-elle pu penser une minute qu'un film si peu dépaysant et si effroyablement con allait nous plaire ? Pourquoi Mémé ?! Dans la vraie vie, Babe, ce cochon à la con qui fout les j'tons aux moutons, aurait fini au bout d'une pique, porté en triomphe par mon père.
Babe, le cochon devenu berger de Chris Noonan avec 48 cochons et James Cromwell (1996)
Babe, le cochon devenu berger de Chris Noonan avec 48 cochons et James Cromwell (1996)