31 décembre 2010

Triangle

Je savais Christopher Smith capable de pondre des films d'horreur sans concession un peu moins nazes que la moyenne (Creep, Severance), mais je ne m'attendais pas à ce qu'il signe un tel film. Smith abandonne ici l'horreur pure teintée de "social" de Creep et celle plus burlesque et second degré de Severance, et réalise avec Triangle un film fantastique plutôt malin, qui se regarde avec un réel plaisir, délesté de quasiment tous les inutiles effets gores habituels. Je ne savais rien de l'histoire et c'est sans doute ce qui m'a rendu la vision de ce film surprenant d'autant plus agréable. Elle est effectivement assez étonnante, et du coup j'hésite à vous la résumer pour pas gâcher. Mais parions plutôt que vous aurez tout oublié d'ici là et que les hasards de google ne vous amènerons même pas ici...




L'histoire est, grosso modo, celle d'une jeune femme (Melissa George), mère d'un gosse autiste, qui pour oublier ses tracas quotidiens, part en voilier avec une bande de potes et finit par se retrouver prisonnière d'une sorte de boucle temporelle sur un vieux paquebot sorti de nulle part où ils ont cru trouver refuge lors d'une tempête. Notre héroïne se fixe comme objectif de se libérer de cette boucle infernale pour retrouver son fils. 




Triangle pourrait être encore mieux si le réalisateur se concentrait davantage sur la mise en place d'une ambiance propice à nous faire partager la terreur psychologique de son personnage principal plutôt que de se reposer simplement sur les astuces de son scénario. Mais c'est déjà pas mal, vraiment. On a récemment vanté la vitalité du cinéma de genre britannique grâce à des œuvres pourtant pas toujours réussies (dont les précédentes de Smith, mais aussi des films comme The Descent, The Children, Isolation, Shaun of the Dead...), mais c'est ce film-là qui est à mes yeux le plus sympathique du lot. Depuis, Christopher Smith n'a pas chômé puisqu'il a réalisé Black Death, thriller fantastique qui situe son action dans une Angleterre ravagée par la Peste, selon moi moins réussi bien qu'encore une fois assez ambitieux, dont vous pourrez pourtant lire beaucoup de bien ici ou .

Si par hasard un soir vous avez envie de mater un film de genre récent, risquez-vous donc à lancer Triangle.


Triangle de Christopher Smith avec Melissa George (2009)

26 décembre 2010

Funny People

Je suis en train de regarder Funny People et c'est quand même plutôt très nul et bourré de gros clichés. Seth Rogen est fort repoussant tout en n'étant pas drôle. Quand il fait le mec étonné avec sa bouche à moitié ouverte (découvrant ses dents du malheur) avec ses narines plissées entourés de cheveux d'une indéfinissable couleur d'urine, j'ai des hauts-le-cœur. Il a le charisme d'un sanglier coincé dans un parc clôturé et poursuivi par des chasseurs louches aux yeux convergents accompagnés de leurs chiens débiles. Et niveau talent, vu que son sujet de prédilection pend de manière flasque sous son pubis et entre ses deux plis de l'aine, ça vole pas haut, ça ne se dresse pas, ça n'érecte pas, ça ne jaillit pas. Judd Apatow, qui se félicite de l'avoir découvert un jour de grand vent, aurait mieux fait de se briser la rotule en étoile ce jour-là. Il a le flair d'un coyote perdu dans une décharge de pneus près de Salt Lake City. Ce pauvre type a malheureusement les coudées franches à Hollywood et risque encore de nous saloper le paysage cinématographique pendant de nombreuses années. S'il se concentrait uniquement sur son travail de producteur des films de Will Ferrell, il serait The Most Beloved Man. Comme si Microsoft se contentait de ne fabriquer que des souris et des claviers.


Le malheur n'arrive jamais seul, il est souvent accompagné de ses alter-ego maléfiques

Pour en revenir à l'antinomique Funny People, je pense que ce film a surement été une thérapie pour la bande d'idiots qui y a participé, mais le spectateur devrait revendiquer des honoraires, même celui qui le regarde en toute gratuité.


Funny People de Judd Apatow avec Adam Sandler et Seth Rogen (2009)

25 décembre 2010

Get him to the Greek

Après avoir stoppé le film au bout de 50 minutes, Poulpard m'a informé, en s'excusant d'être au courant d'une trivia aussi sinistre, qu'il s'agissait de ce qu'on appelle un spin off d'un autre film, à savoir Sans Sarah rien ne va, qui était déjà infiniment mauvais et pas drôle pour un sou. On retrouve en effet ici ce triste personnage incarné par Russell Brand, cet hideux acteur à la tronche et à l'accent british insupportables, dénué de tout talent comique et de tout talent tout court, que l'on voit plus souvent à la ville que sur scène, au bras de cette énorme trainée de Katy Perry. Brandt devient ici une rock star complètement crétine après avoir tristement tronché Kristen Bell dans le film précédent, sans qu'on s'en souvienne une seconde. Jonah Hill l'accompagne dans ses errements interminables et jamais marrants, entre Londres et Los Angeles, et il nous prouve par la même occasion qu'il n'a vraiment pas suffisamment de talent pour mener un film qui se veut comique et au rythme soutenu.



C'est nul... qu'est-ce que c'est nul... Il y a un nombre incalculable de guests stars et du name-dropping à qui mieux mieux, histoire que chacun puisse s'y retrouver, s'extasier d'entendre citer un truc qu'il aime se faire gentiment moquer ou se plaire à voir une star déclinante se ridiculiser face à la caméra. Peut-être qu'il faut le voir à plusieurs (je l'ai maté seul comme un rat) pour avoir plus de chance qu'un individu rigole, en croisant les doigts pour que ce rire soit très communicatif. Mais putain, doit falloir rameuter un sacré pacson de monde pour espérer qu'un gars soit assez faisandé pour se poiler et emporter les autres avec lui. Voilà donc une nouvelle comédie de la clique Apatow qui n'inspire que mon mépris le plus tenace. Et je l'ai lancé avec énormément de bonne volonté, en pouffant même une fois lors d'une scène apparemment inachevée.


Get him to the Greek de Nicholas Stoller avec Russell Brand et Jonah Hill (2010)

24 décembre 2010

Gardiens de l'ordre

Il y a quelques temps, je me suis envoyé toute une série de thrillers français récents, avec plus ou moins de bonheur. Malgré sa nullité extrême, je garde un souvenir ému du lamentable Blanc Comme Neige, comédie burlesque involontaire où François Cluzet et Olivier Gourmet assurent le spectacle tandis que notre amie Louise Bourgoin prouve à nouveau que le ridicule ne tue pas. Un peu plus sérieux sans être dénué de petites touches d'humour bienvenues, l'efficace Sans Laisser de Traces m'avait réellement conquis et je ne plaisante pas. C'est après ces deux découvertes de taille que je me suis risqué à lancer le dernier Boukhrief, dont le Cortex m'avait laissé sur le cul, des étoiles plein les yeux, mon amour pour Dédé Dussollier plus vibrant que jamais.




Hélas, Gardiens de l'Ordre m'a bien déçu. On ne sait pas vraiment ce que cherche à faire Ruth Elkrief et ses deux idées, apparemment il est animé par la seule volonté tenace de signer un film "de genre" qui respecte toutes les conneries "du genre", avec notamment des personnages de malfrats ultra caricaturaux et d'un ridicule impossible. J'ai eu du mal à m'intéresser à l'histoire, il m'a fallu achever le film en deux temps et je pourrais envoyer chier quiconque me demanderait de lui raconter ce qu'il s'y passe.



Malgré tout, Gardiens de l'ordre mérite le coup d'œil grâce aux prestations de son duo d'acteurs principaux, j'ai nommé Cécile de France et Fred Testot, plus connu sous le nom de Fred Omaret. De Gaulle nous livre ici son fameux jeu tout en tics insupportables, avec sa façon bien à elle de dégueuler chacune de ses répliques ; en bref, elle surprend fort peu, et c'est tant mieux, on adore ça. Quant à Fred, il évolue typiquement dans un rôle "à contre-emploi" puisque, constamment sur les nerfs, il ne décroche jamais les mâchoires et tutoie le ridicule tout au long du film en se forçant à causer avec sa voix la plus grave possible, pour se donner une contenance ou un je-ne-sais-quoi qu'il n'a clairement pas. S'il existe pour tout le monde ce que l'on appelle communément des photos "dossier", Fred Testot a carrément un long-métrage "dossier" qu'il va devoir traîner avec lui toute sa vie. Quand Boukhrief le filme en train de se faufiler dans des couloirs, une arme au poing, rasant les murs, regard aux aguets, comme dans les pires séries policières américaines, on sent que l'acteur et lui prennent infiniment plus leurs pieds que nous autres qui matons ça tristement, comme s'il s'agissait d'un sketch réalisé par deux ados débiles. Ça fait froid dans le dos...

Je ne vois rien d'autre à dire sur ce film. C'est quasi Noël j'en peux plus d'attendre.


Gardiens de l'Ordre de Nicolas Boukhrief avec Fred Testot et Cécile de France (2010)

21 décembre 2010

Les Aventures extraordinaires d'Adèle Blanc-Sec

Il y a surement des choses à dire sur ce film. Il est en effet surprenant de voir un film aussi vide de tout, si ce n’est de bêtise et de lourdeur ; ça mériterait peut-être qu’on s’y attarde. C’est aussi le nouveau film de Luc Besson, ce crétin d’obèse tout de Quecha vêtu qui avait pourtant répété un peu partout qu’il n’en réaliserait plus. Ce serait donc intéressant de se demander ce qui nous vaut ce retour aux affaires, pour faire bref : une fausse bonne idée, consistant à essayer de faire un film d'aventures populaire et trépidant inspiré d'une bande-dessinée parait-il, quant à elle, de qualité (je ne sais pas, je ne suis pas un "bédévore"). Et il serait surtout intéressant de savoir ce que vaut véritablement ce nouveau Besson. Que dalle soyez-en sûr. Pour ne pas m'aventurer vers une critique de ce film qui me donnerait la sale impression de m'y replonger, je préfère taper dans l’original et me concentrer sur son actrice principale, l'un des problèmes du film, parmi tant d'autres, mais facilement le plus voyant. Je vais donc faire de cette critique un très banal réquisitoire à l’encontre de la dénommée Louise Bourgoin, cette infamie que nous avions pourtant déjà pointée du doigt lorsque nous avions parlé de La Fille de Monaco. Je vais peut-être me répéter. Et le pire c'est qu'on dit « jamais deux sans trois »...



Louise Bourgouin est grande et mince, on peut pas le lui enlever. 1 mètre 80 pour 46 kilos, dont 15cm de talon et 30 grammes de seins. Les chiffres ne trompent pas. Elle est grande et mince et c’est tout. C’est tout ce qu’elle est. Entre autres détails craspecs : elle a un léger strabisme, une allure merdique, une bouche particulièrement laide, et il faut bien avouer que ses dents pourries conviennent tout à fait à la traînée du début du XXème qu’elle est ici supposée incarner (encore que, même la dernière des putes de 1805 devait s'exprimer plus clairement et plus joliment que l'horrible Bourgoin). Alors je veux bien croire qu’il y a bon nombre d’immenses actrices françaises qu’on aime aussi pour leurs imperfections : Mimie Mathy et sa petite taille, Clémentine Célarié et son 95F, Sandrine Kiberlain et son albinisme, Emmanuelle Devos et son œil de verre... La liste est longue, mais je suis certain que Louise Bourgoin n’en fait pas partie. Car le problème c'est que Louise Bourgoin n’a aucun talent particulier. Cela signifierait donc qu’en étant grande et mince on peut se retrouver en tête d’affiche de la dernière grosse merde pondue par Besson ? Non... Elle a aussi la nudité facile. Elle trouve même le moyen de se foutre à poil dans un film clairement destiné aux enfants. Alors qui faut-il sucer, par qui faut-il se faire dégommer pour en arriver là ? Je vous laisse sur cette question très laide et en attendant, je demande aux dénommés Louise Bourgoin, Gilles Lellouche et Jean-Paul Rouve de bien vouloir foutre à jamais le camp de mon écran de télévision.

Tu avais juré de ne faire que dix films Luc, mange du crabe !


Les Aventures extraordinaires d'Adèle Blanc-Sec de Luc Besson avec Louise Bourgoin, Mathieu Amalric, Gilles Lellouche et Jean-Paul Rouve (2010)

20 décembre 2010

The House of the Devil

The House of the Devil est tout à fait à l'image de ses affiches, qui reproduisent le style visuel des posters des films de genre des années 70-80, mais joliment, sans lourdeur ni trop d'exagération, à la différence, par exemple, de celles des Grindhouse du duo maléfique Tarantino & Rodriguez. La comparaison, en faveur de The House of the Devil, pourrait évidemment ne pas s'arrêter aux affiches. Vous n'y trouverez pas d'effets idiots ajoutés à l'image ou d'autres éléments de ce style issus du pire du cinéma bis (par exemple : du gore à deux balles, des pouffiasses vulgaires, de l'humour lourdingue, des acteurs qui en font des caisses, etc). A la différence des titres Grindhouse, le film de Ti West veut ressembler aux grands classiques horrifiques de la période, et non aux petites série b souvent pourries mais qu'il est désormais "trop cool" d'adorer.  




The House of the Devil ne cherche pas à "faire vieux" en dehors peut-être de son générique d'ouverture et de fin (mais ça n'est pas un mal vu qu'ils étaient plus classes que ceux d'aujourd'hui). L'action étant située dans les années 80, la BO (quand il s'agit de chansons, toujours écoutées par les personnages eux-mêmes, et non disséminées par le réalisateur qui veut prouver qu'il a une belle collection de vinyles) coule également de source et n'a pas l'air d'être là pour flatter le mélomane nostalgique. Ce film réalisé par un jeune cinéaste indé prometteur veut donc assez modestement s'inscrire dans la lignée des plus mémorables œuvres horrifiques de ces années, tout en étant un bel hommage, discret bien que parfois un peu maladroit, qui nous amène inévitablement à penser à Carpenter et Polanski (et surement à d'autres, mais ce sont les références les plus évidentes, surtout le second, pour Rosemary's Baby). L'action du film se déroule elle-même dans les seventies.




L'histoire est aussi simple qu'efficace, et moi qui n'en savais rien, je préfère ne rien vous dire ; l'actrice principale, une jolie brune qui a l'air échappée d'un film d'Argento (aka le "crystal skull", qui avait surtout bon goût en matière d'actrice avant d'être un cinéaste doué) fait un peu penser à Margot Kidder, est parfaitement choisie ; le film est réellement stressant et parvient facilement à faire peur, la tension montant crescendo, malgré un léger flottement avant le quart d'heure final, où l'horreur explose enfin véritablement à l'écran. Car jusqu'à ce dernier quart d'heure, on peut presque dire qu'il ne se passe rien, mais là n'est pas l'essentiel, tant Ti West parvient avec succès à instaurer une ambiance aussi pesante que captivante.




Le film n'est bien sûr pas exempt de défauts, j'en ai d'ailleurs évoqué quelques-uns, et je citerai également sa toute fin, avec ce cliffhanger un peu inutile qui est surtout un dernier clin d'œil un peu trop appuyé aux films des seventies. Mais The House of the Devil est tout de même une vraie réussite, et peut-être bien le meilleur film d'horreur sorti depuis un sacré bout de temps. On a réellement l'impression de découvrir un "petit classique" oublié des années 70, un très bon film d'horreur en tant que tel, avant d'être un simple hommage, visant à cajoler la mémoire cinéphile de ses spectateurs.


The House of the Devil de Ti West avec Jocelin Donahue, Tom Noonan, Greta Gerwig et Mary Woronov (2009)

16 décembre 2010

Machete

Un pote m'a dit "Mec, crois-moi, si t'arrives à poser ton cerveau sur le siège d'à côté, va voir ça en salle, tu passeras un sacré moment". J'ai essayé. Je me le suis payé en divx. Mais c'est quand même bien naze... Je l'ai pas maté par masochisme hein, je savais à quoi m'attendre, et je voulais mater un truc distrayant quitte à ce que ça soit méga con. Et à vrai dire, mon pote ne disait pas tout, car il ne faut pas seulement se délester de son cerveau pour s'envoyer ce film, ou bien si, mais littéralement, car il faut se vider de tout, s'éteindre, faire le mort, s'assurer de ne jamais penser à autre chose qu'à strictement rien, et certainement pas au film ni au fait qu'on est en train de le regarder. Il faut surtout mettre de côté son impatience et son espoir de se marrer car d'une, je n'ai jamais trop eu l'impression de rentrer dedans, donc je me suis fait chier, et de deux, c'est jamais drôle ! Y'a pas vraiment de réplique amusante... J'ai beau chercher, j'en vois pas. Les films auxquels Machete veut ressembler sont souvent rigolos, même involontairement, avec leurs dialogues improbables, et là ça ne parvient même pas à reproduire ça. Et Danny Trejo est peut-être cool en vrai, je sais pas, il a l'air. C'est le genre de gars avec lequel je materais bien un match de foot, voilà. Pour ça j'aimerais bien. Mais en voyant ce film on comprend pourquoi il était jusque-là cantonné aux seconds seconds rôles, il a finalement très peu de charisme et ne parvient pas à porter un film sur ses épaules, c'est pas du tout la figure mémorable que ce film veut imposer avec ses énormes sabots.




Blague à part, en aparté avec Pascale Clark le plus gros travelo de France-Info : sur l'image ci-dessus, la blonde à gauche, ça devrait être Lindsay Lohan, c'est elle dans cette scène normalement, c'est son personnage. Mais vu qu'elle apparaît topless, elle a dû demander à être doublée, et remplacée par une meuf aux seins bien différents des siens. C'est con car quelques scènes plus tard, on retrouve cette trainée de Lohan effectivement nue ce coup-ci, avec seulement ses faux longs cheveux blonds par dessus ses nibards. On s'en fout complètement hein, mais c'est débile. Elle joue dans ce film, où elle incarne quasiment son propre rôle, pour montrer qu'elle a des couilles et sait faire de l'auto-dérision, mais ne va pas jusqu'au bout.




A côté de ça Jessica Alba est nue dans un plan ultra laid filmé à la verticale, et là c'est un trucage fait par ordi. J'ai pas "triqué". Je voulais le mentionner. Souvent, on dit de ce film "Y'en a pour tous les goûts, y'a de la bonnasse à poil partout, t'en prends plein les yeux". Désolé, je dois être pédé. Quoique non, si j'étais attiré par les hommes, Michelle Rodriguez serait au moins là pour me contenter, or elle aussi ne vient pas titiller mon hypophyse (c'est un terme scientifique que j'utilise là, d'après mes cours de seconde, l'hypophyse c'est une grosse glande dans le cerveau qui décide si on a la gaule ou pas. C'est ce que j'ai retenu de mes trois secondes, alors je le place où je peux fin de la parenthèse, je vous marave en SVT).




J'ai oublié de parler d'une scène au tout début du film, où l'on devine une jeune femme sortir son téléphone portable de son vagin. Elle est filmée nue, de dos, et on entend un bruit particulièrement hideux qui nous fait bien comprendre ce qui se passe. Ce personnage a donc l'habitude de ranger son portable dans sa teuch... Étonnant. Voilà...




C'est quand même mieux que Planet Terror. Mais c'était impossible de faire pire. Et Bob De Niro fait un peu de peine là-dedans. Finalement, ce film m'a fait penser à une phrase, et plus précisément, au dicton de mon beau-père. Mon beau-papa c'est un type qui ne m'aime pas beaucoup. Normal. Quand j'aurai une meuf et qu'elle s'enverra un gars, qui sera donc mon gendre (ou mon neveu, je confonds toujours), jamais de la vie je lui adresserais la parole. Là c'est un peu ça. Nos rapports sont nuls. C'est mort entre nous. C'est le calme plat. Je crois qu'il me cause en morse des fois. S'il me cause, c'est du morse. On est tous attablés, devant un gros barbecue, le silence règne et ça devrait être à moi de causer, de faire l'animation. Et là, je le vois juste taper sur la table avec le manche de son énorme coutelas. Toc-toc toc toc-toc. Trois courts, trois longs, trois courts. Je suis à peu près sûr qu'il me cause en morse. Mais je pige pas le morse. Bref, je m'écarte un peu de ce que je voulais vous dire. Mon beau-padre donc, il a un dicton, et c'est la seule phrase qu'il me dit, en dehors de "adieu" et "bye !". Il me dit : "Des fois, demande-toi ce que tu ferais si t'étais moins con." C'est naze comme phrase. Ça vaut que dalle. Mais à la fois, si vous y réfléchissez à deux fois, c'est très malin, car si, dans la vie de tous les jours, pour chacune des choses que l'on fait ou que l'on s'apprête à faire, on se posait cette question "Et si j'étais un peu moins un gros con ??", peut-être qu'on agirait mieux. La Tour de Pise n'existerait pas, par exemple.

Machete m'a donc fait penser à ce fameux dicton. Je me dis que si Bob Rodriguez se posait la question de ce qu'il pourrait plutôt faire s'il était un peu moins con, ça serait un petit coup de pouce adressé au cinéma, vu qu'il arrêterait d'en faire. Il se lancerait dans le hot-dog. Et j'irais manger chez lui matin, midi et soir. Ses films par contre, je les finis pas, grâce à mon beau-papa.


Machete de Robert Rodriguez et Ethan Maniquis avec Danny Trejo, Lindsay Lohan, Robert De Niro, Michelle Rodriguez et Jessica Alba (2010)

La France

"Il s'était réveillé et se tenait dans l'obscurité de la chambre. Dans le lointain, il entendait les soldats, ses camarades, déclamer les couplets sentimentaux des chants qu'ils entonnaient régulièrement à la tombée de la nuit, le bourdonnement du concertina assurant l'accompagnement."
L'épine dans la chair - D.H. Lawrence

Le poster franchement hideux de ce film n'a pas suffi à m'en éloigner. C'est pourtant un de ces films pas évidents à croiser, qu'on est allé chercher au fond d'une revue, qu'on a téléchargés (je ne parle pas pour moi, ne venez pas me chercher, pitié) à 10ko/s durant toute une année (année qu'on peut du coup rayer d'un grand coup de cutter sur son calendrier), et qu'on a vu seul y compris si on était accompagné. C'est pourtant un film sympathique et plutôt original. Les puristes du film de guerre et les férus d'Histoire le prendront peut-être en grippe dès la première minute, à en croire en tout cas la réaction épidermique de mon paternel, mais les autres y trouveront éventuellement, qui sait, un objet cinématographique inattendu, parfois d'une grande beauté et pour le moins intriguant.



La France raconte l'histoire d'une femme (Sylvie Testud) dont le mari est au front, engagé côté Poilu dans la guerre de 14. Elle crève du besoin de le revoir. Au début du film elle tente de le rejoindre sur le théâtre des hostilités mais elle est immédiatement rattrapée par la police française qui lui interdit de quitter son village parce qu'elle est une femme. Elle se coupe alors les cheveux très courts, s'aplatit les seins avec un bandage, enfile un pantalon et taille la route vers les champs de bataille en se faisant passer pour un jeune homme auprès d'une compagnie de soldats menée par un officier taciturne incarné par Pascal Greggory. Ces hommes auront tôt fait d'adopter Camille, cette femme qu'ils prennent pour un homme et qu'ils intègrent à leurs rangs, revêtue à son tour d'une tunique bleu cendre. Petite parenthèse. Sylvie Testud soulève une question sans réponse, dans la roue de Felicity Huffman qui nous la posait déjà dans Transamerica, la fameuse question de l'amour propre de ces actrices qui sont mises à mal par un scénario un peu rude à leur égard. Comment se fait-elle à l'idée qu'il suffit qu'elle se taille les cheveux en balais brosse et qu'elle se ramasse le poitrail avec des bandes bien serrées pour être immédiatement et unanimement considérée comme un mec ? C'est un débat que j'entretiens régulièrement avec moi-même devant ce genre de cas et qui me hante toujours en fond de tâche. Mais pour en revenir au film, il faut préciser l'essentiel et dire la situation de cette troupe de Poilus : ils sont déserteurs et tentent une fuite loin des tueries qui semblent avoir irrémédiablement blessé leur âme. Or, seconde particularité, leur principal moyen d'expression collégial est la musique, qu'ils pratiquent régulièrement en chœurs sur des instruments vétustes.



Ces séquences musicales sont très particulières car les soldats jouent une musique relativement gaie et assez actuelle que Serge Bozon, le cinéaste, décrit lui-même comme "une synthèse de la popsike anglaise et de la sunshine pop californienne", ce qui me paraît très juste même si je suis une bille en musique sorti de No Apero et de Milk. Ces chansons étonnantes, bien balancées par des soldats inspirés, sont à deux doigts d'être irritantes en même temps qu'elles sont fort plaisantes, voire assez mémorables, assez persistantes en moi qui d'habitude n'ai qu'une chanson en tête : "Independent women Part 1" des Destiny's Child, ces filles du Destin qui prônent l'indépendance des femmes en tendant leurs bulbes à toutes les caméras.



La France est donc fort intéressant. C'est un film de guerre sans la guerre mais sur la guerre. On n'assiste pratiquement à aucun combat, l'ennemi est à peine là, mais la tension, la crainte, le traumatisme sont bien présents. A la fin du film la violence rattrape la troupe des déserteurs à contrepied de ce qu'on aurait pu soupçonner, puisqu'elle implique non pas des militaires mais des civils et vient opposer un frein à la longue marche des repliés qui fuient l'horreur pour se réfugier vers une utopie à priori inaccessible. La guerre reste hors-champ bien qu'on la sente toute proche, tenue à l'écart par cette équipée sans espoir, itinérante et mutique, qui lorsqu'elle s'autorise la parole, par des chants communs ou par la voix parlée d'un seul, dit tout d'un bloc la vérité.



La France de Serge Bozon avec Syvie Testud, Pascal Greggory et Guillaume Depardieu (2006)

15 décembre 2010

Peut-être

Il faudrait peut-être causer du seul Klapisch dont on n’a pas encore parlé ici : Peut-être.

Peut-être que je l’ai vu mais j’en suis pas certain. En tout cas je vous le conseille, peut-être qu'il est bien… Ce film c’est peut-être l’antithèse de Waterworld, la réponse française au film de Kevin Costner qui décrivait un monde sous les eaux. Klapisch a peut-être dépensé des millions pour créer une sorte de Paris-Plage et ensevelir la capitale sous des tonnes et des tonnes de sable. Je vais peut-être m’arrêter là. Vous aurez pigé l’idée derrière cet article, et faire plus de trois lignes avec ça c’est déjà costaud. Je suis assez content de moi. Peut-être c’était pas une si bonne idée…


Peut-être de Cédric Klapisch avec Romain Duris et Jean-Paul Belmondo (1999)

Fight Club

J’ai revu ce film hier soir avec un pote qu’on surnomme « Le Tank » parce qu’il est blindé par la vie. Je vous la fais courte sur sa biographie mais en gros je savais pas qu’on pouvait appeler sous les drapeaux un même homme pour la seconde guerre mondiale, la guerre d’Indochine, et celle d’Algérie. Je savais encore moins qu’un homme pouvait sortir de tous ces merdiers indemne. Il lui manque juste les deux pattes arrières. Au départ c’était un ami de mon père mais on est devenus les meilleurs amis du monde parce qu’il dit retrouver en moi la jeunesse qu’il a abandonnée dans les tranchées. Cet ami cul-de-jatte aime bien « se vider la tronche devant un film de temps en temps » comme il le dit si bien. En général il tape dans les Mary Poppins et autres Magicien d’Oz pour être à l’abri et pour que rien ne vienne lui rappeler les coups de mortier et les balles perdues. Mais hier, un peu par nostalgie et un peu pour se rapprocher de ses amis vétérans qui quant à eux adorent à se rappeler tous les viêts qu’ils ont tués et tous les gosses qu’ils ont violés, pour renouer avec ses vieux démons et retrouver le goût de sa génération perdue, il était bien décidé à s’envoyer Fight Club. Il avait l’air de prendre son pied devant le bijou de Fincher. Faut dire que dès qu’il s’assoit, et je rappelle qu’il est toujours assis vu qu’il n’a pas de jambes, c’est avec une seringue dans la main gauche et un garrot autour du bras droit. C’est ce qui lui permet de « continuer à courir dans sa tronche » d’après ses propres termes. Il tourne à trois grammes mon pote, et il s’enorgueillit de n’être jamais retombé en-dessous de cette barre depuis Diên Biên Phù.




De mon côté j’appréciais modérément de revoir ce film pour la dixième fois, ce film que j’exècre. J’étais lancé dans une critique in vivo, doublée d’une finaude analyse cinématographique de cette apologie de la baston, quand mon ami le Tank m’a fait un signe de la main et m’a dit : « Laisse pisser… Laisse pisser des fois dans la vie ». J’ai stoppé ma logorrhée et il a conclu sans quitter la télé du regard : « Tu crois que je faisais comment moi à Stalingrad ? J’ai laissé pisser… Un mois passé à pisser des glaçons. Arrête de tout analyser. Laisse-toi envahir par un truc artistique de temps en temps ». De toute façon il est toujours défoncé. Mais du coup j’ai quand même maté la fin du film sans bouder mon plaisir.




Il a une voix venue des enfers mon ami, aussi quand il lève le doigt pour dire de laisser pisser on l’écoute, à vrai dire je me suis même littéralement pissé dans le froc à ses côtés. Il s’en est pas rendu compte parce qu’il était happé par le film, qui pour lui avait une résonance toute particulière. Le Tank est un schizo avéré, certifié conforme. A la toute fin du film il m’a confessé cette fois-ci à voix basse (et quand il murmure il fait néanmoins trembler les murs) qu’il a adoré cette histoire. Pourquoi ? Parce qu’il a kiffé voir un Brad Pitt dédoublé à l’image. Pour lui, pas de twist, ce qui explique sans doute qu’il ait pu apprécier la perfidie de Fincher. Depuis le début il voyait double. Il voyait même triple étant donné qu’il a maté ce film en compagnie de son alter ego, son confident de chaque instant, son double imaginaire, sa projection diabolique, qu’il accuse de tous les crimes qu’il commet en journée, ce Horla qu’il appelle Bulletproof. Oh je l’avais bien entendu quelques fois parler tout seul, mais plus rien ne m’étonne avec le Tank, pas même le voir donner des coups de latte dans le vide et autres coups d’épée dans l’eau depuis hier soir…


Fight Club de David Fincher avec Brad Pitt et Edward Norton (1999)

A Armes égales

Avec ma meuf, c'est terrible. Elle me mène à la baguette. C'est quelque chose. Elle porte le slibard, comme on dit. C'est moi qui fais la vaisselle, à tous les coups. Des fois je dois même la faire alors que j'ai pas encore tout à fait fini mon assiette. C'est quelque chose, je vous jure. J'ai pas l'air con moi, avec mon éponge pleine de Paic Citron dans une main, et une fourchetée de pâtes à la bolo dans l'autre. C'est pas pratique, surtout quand mon cerveau s'emmêle les pinceaux, inutile de vous faire un dessin. Mais avec elle à côté, j'ai pas intérêt à moufeter. Et comme c'est ma première meuf depuis un bail, à vrai dire depuis que je suis né, je lui obéis au doigt et à l'œil, je veux pas la paumer. C'est bien normal, on est tous un peu passés par là je suppose. Mais tout à l'heure, je lui ai tout de même un peu tenu tête et c'est de cela que je voulais vous dire deux mots.



Je venais de prendre un gros coup de pied au cul parce que je n'avais pas étendu tout le linge, j'avais oublié une chaussette, restée coincée dans l'ouverture frontale de la machine, au-dessus du hublot. C'est un truc qui arrive régulièrement, d'habitude je fais gaffe, pour pas me faire défoncer la tronche, mais là j'ai oublié, je devais penser à un autre truc qu'elle m'avait donné à faire dans la maison. Une connerie inutile encore. Bref. Mais comme je vous l'ai dit, je lui ai tenu tête ce coup-ci. Car je me suis souvenu que de mon côté je lui avais rien dit quand elle avait mis à laver mon col roulé en laine à 30°. Je vous dis pas le massacre. Alors là je lui ai sorti "Oh, tu l'as vu le film A Armes Égales avec Demi Moore aka Legal Weapons en VO ? Tu l'as vu ?! Ben tu devrais !". Évidemment, elle savait pas quoi répondre, elle a rien vu, rien, tout juste si elle sait qu'on tire des films de ses Harry Potter, les bouquins qu'elle se trimballe partout où elle va. Ça m'est venu comme ça, et ça l'a frappée comme un éclair. Bon, après j'ai ramassé un gros targeon sur le coin de l'œil, d'un coup sec, mais j'étais tout de même content de lui avoir répondu. Ce film-là, il devrait être montré en exemple dans toutes les écoles. Ça fait comprendre aux hommes et aux femmes que si on ne naît pas tous égaux en droit, on est supposés le devenir. Merde. Des fois je regrette qu'elle soit wallisienne, je vous jure. Wallis, si vous connaissez pas, dites-vous que c'est un coin du globe où les gens mesure 1m80 dès la sixième, puis à partir de ce moment-là, ils prennent des muscles, et ça s'arrête jamais. C'est des machines de guerre ces gens. Des armoires à glace. Ils sont cools sinon, surtout quand on leur tend une bouteille. Mais mieux vaut les avoir de son côté, ça c'est certain. Moi je m'en tire bien, c'est carrément ma meuf qui vient de là-bas, aucun souci !


A Armes égales de Ridley Scott avec Demi Moore et Viggo Mortensen (1997)

14 décembre 2010

Burning Bright

Après avoir vu ce film, une seule idée m'assaillait... Quel putain de film ça aurait donné entre les mains d'un John Huston, d'une Cécile B. DeMille ou d'un John Cassavetes !

Explications : tout d'abord, le script a un potentiel fabuleux, du jamais vu depuis des années. Tenez-vous bien. Un homme, d'une trentaine d'années, rachète un tigre de Sibérie (présenté comme Satan personnifié) à un gérant de supérette un peu louche, dans le but d'en faire l'attraction principale du futur parc animalier qu'il compte ouvrir en Nouvelle-Calédonie... L'argent pour réaliser ce projet, il le tient de l'assurance vie de sa femme récemment disparue dans un accident de bobsleigh, ce qui fait de lui une veuve. Le "hic", car il y en a toujours un dans ce genre d'histoires de malades, c'est que tout ce pognon était en vérité destiné à toute autre chose et, plus précisément, à assurer les frais de scolarité d'un enfant trisomique dans un établissement spécialisé... En effet, l'homme veuve a hérité de la garde des deux enfants de sa défunte épouse, une post-ado à problèmes et son jeune frère dont il n'est pas à proprement parler le père biologique car ils l'avaient obtenu par intraveineuse ex nihilo. Deux enfants aux profils bien différents, comme un casse-tête chinois grandeur nature laissé au mari délaissé, le jeune mongol autiste ayant pour grande sœur une arme de fornication massive, une bombe à défragmentation que l'on verra se balader en petite culotte pendant la majeure partie du film, et qui quant à elle ne rêve que de "placer" son frère pour poursuivre ses études en paix. Et quand bien même leur père adoptif leur prétend mordicus vouloir ouvrir son parc d'attraction dans le but premier de toucher le pactole pour mieux leur assurer un avenir, rien ne laisse présager aux enfants que son intention réelle est de les enfermer avec l'animal sauvage dans une maison familiale dont portes et fenêtres sont condamnées en raison du passage d'un anticyclone, Nouvelle-Calédonie oblige.



Sacré pitch ! Cependant, et probablement en raison de ses limites budgétaires et intellectuelles, Carlos Brooks va concentrer tous ses efforts sur le climax, c'est-à-dire à partir du moment où le cougar est coincé avec les deux autres dans la maisonnée, un climax étendu sur près de 50 minutes... Intention louable s'il en est que de vouloir livrer un pur film de genre, un huis-clos à base d'attaques animalières sur d'innocents protagonistes en culottes courtes, un horror flick sanguinolent mêlant message écolo et gonzo. Mais c'est là que le bât blesse, car non seulement les limites de fric sont évidentes mais les limites d'ambition aussi... Au manque de crédibilité de certaines situations (il ne faudra pas s'étonner de voir le tigre grimper au mur à la Matrix !) vient s'ajouter un flagrant manque d'empathie pour les victimes, sans parler de la psychopathologie douteuse du beau-père, à laquelle on a bien du mal à croire... Présentez-moi un seul homme capable de mettre au point un double meurtre aussi faisandé, aussi réfléchi et démoniaque...



Selon moi, ce film aurait donc pu donner un chef d'œuvre du 7ème Art s'il s'était retrouvé entre les mains d'un cinéaste sachant insuffler de l'ampleur dans un script de pacotille. Un Polanski, un Pollack, un McEnroe, quelqu'un de cette trempe. Mais laissez-moi rapidement vous expliquer pourquoi. Imaginons un instant que les personnages et le décor aient été développés un tant soit peu : le gérant de la supérette en prise avec un tigre retors, ce qui aurait pu exposer la dangerosité du canidé ; une famille recomposée, dans la déroute financière, devant gérer un enfant défectueux ; un père de famille cherchant dans des recours clairement inadaptés les solutions à tous ses grands problèmes ; la mort terrible de la mère, en plein championnat de bob' ; le chagrin des enfants, la folie naissante puis explosant au grand jour de leur beau-père ; et enfin, un final de tous les diables, prenant l'aspect du film qui nous est livré ici, mais avec un climax resserré (donc plus tendu), où tout ce beau monde se retrouverait ainsi confronté à un animal aussi sublime qu'assoiffé de chair humaine. Nous aurions obtenu un drame humain d'une intensité sauvage. Un film qui aurait fait date, dépassant peut-être Avatar au box-office. Une oeuvre phare qui aurait poussé toute une génération à faire du cinéma, un peu comme un Autant en Emporte le vent ou une Dent de la Mer...



Bon, ok, j'ai bien conscience de jouer à "on refait le film", mais l'impression de gâchis que m'a laissé ce long-métrage est telle que ça a pris le dessus sur toute autre analyse... Et j'avais envie de vous livrer tout ça en couchant mes impressions sur le papier. Je me sens infiniment plus léger à présent.



Pour terminer, je dirai donc que Burning Bright est un semi-ratage, car formellement, il y a bien deux ou trois jolies choses, la présence d'une véritable salope aidant bien, et celle d'un authentique tigre sibérien également. Mais malgré des acteurs assez convaincants, la sauce a bien du mal à prendre et je parie que certains trouveront le film ennuyeux, même dans le climax (ce fut mon cas). Dommage qu'un producteur éclairé à la Joel Silver ou Mira Max n'ait pas perçu le potentiel immense du scénario de départ, un potentiel trop bien caché derrière cet argument certes prometteur consistant à enfermer deux gosses abrutis avec un gros chat vorace dans une énorme baraque colmatée.


Burning Bright de Carlos Brooks avec Briana Evigan, Charlie Tahan et Garrett Dillahunt (2010)

13 décembre 2010

The Tourist

Quand j'ai découvert l'affiche de ce film j'étais sur le cul. J'avais entendu dire qu'un remake d'Anthony Zimmer était sur les rails mais j'y croyais pas. Aussitôt dit aussitôt fait. C'est vrai qu'ils sont allés vite pour le torcher ce film-là. Avec un tel matos de base aussi... une vraie mine d'or. Je vous le remets en mémoire : dans l'original, Yvan Attal, au top de sa beauté, prend le TGV Paris-Marseille. C'est une nouvelle ligne, et il prend son pied parce que c'est la première fois qu'il va aussi vite. En face de lui, en 1ère classe, vient s'asseoir celle qu'on ne présente plus : Sophie Marceau. Sophie Marceau en quelques chiffres : 1m75 de barbaque sur 65 kg de cuir véritable, premier film à 12 ans, première relation sexuelle à 11 ans du coup, membres de son fan-club ? In counting... Chaque seconde c'est mille fans de plus. Braveheart, 36 oscars, elle fait la nique à Mel Gibson, rien que ça, rien que lui ! La Boom, La Boom 2, le 3, le 4 , autant de "boom" dans le box office mondial. 36000 couvertures du magazine Elle, dont la moitié tapissées de foutre dans les salles d'attente des bons dentistes. Oubliez Cotillard, Romy Schneider et toutes ces starlettes d'un soir. Marceau c'est Anna Karénine, c'est les plus grands rôles, les plus grands personnages de la littérature écrits plusieurs siècles avant sa naissance rien que pour elle. C'est Camille Claudel, c'est Laure Adler, c'est le Décalogue. En bref, Sophie Marceau c'est une bonne actrice, et on se souvient plus de son cul d'éternelle soixante-huitarde que de son talent, parce qu'elle joue vraiment mal, même quand elle est dans son propre rôle en interview. Elle est chiante comme la pluie, rarement vu quelqu'un d'aussi bête, mais on est tout obnubilé par les guenilles qu'elle porte et qu'on rêve de lui arracher pour mieux leur foutre le feu... Petit rappel :




Bref dans Anthony Zimmer c'est cet engin de malheur qui vient poser son cul de rêve pile en face du siège d'Attal, genou contre genou. Croyez-moi, Attal voit rouge et passe tout le reste du film à essayer de se sortir de ce guêpier. Qu'un gars comme Attal se fasse draguer par Marceau, c'est pas croyable, mais moi j'achète, j'ai marché, je marche, je cours. Et ce scénario cousu de fil de blanc, j'étais persuadé que les ricains allaient bientôt nous le voler. L'exception culturelle française mon cul ! Tout ce qu'ils achètent on le leur vend... Et si encore ils faisaient leur boulot, ces salopes de photocopieuses de mes deux.




Revenons donc au cas The Tourist. Et concentrons-nous peut-être sur le choix du couple vedette : Angelina Jolie et Johnny Depp. Erreur au casting. Yvan Attal est interprété par Angelina Jolie et Sophie Marceau par Johnny Depp. Ils se sont aussi trompés sur l'affiche, matez voir les blazes, ils sont pas du bon côté. La vieille règle de l'ordre alphabétique, il faut parfois s'asseoir dessus, amis graphistes à la noix. Y'a aussi le "O" de "Tourist" qui est ressorti en noir à l'impression mais je suppose que c'est un détail à côté de l'inversion des rôles qui nous rappelle Volte-face, le chef-d'œuvre de John Woo, réunissant les deux stars les plus brillantes d'Hollywood : John Travolta et Nicolas Cage, de quoi peut-on rêver de mieux ? Quand t'as deux phénomènes comme ça, deux monstres, tu poses ta caméra, tu les bloques devant, et t'attends l'étincelle. Mais retournons à The Tourist, ce goof diffusé à grande échelle, volontaire ou pas ? J'en sais que dalle. L'idée de ces cons de ricains : inverser les sexes. L'idée se tient. Jusque là tout va bien. Mais les acteurs en présence posent question.




Parlons du cas Angelina Jolie. Tous les goûts sont dans la nature, ou dans la voiture, comme dirait mon père, certes mais celui-ci doit venir d'un coin très reculé de notre écosystème. Elle remplace Yvan Attal. Or, Attal c'est l'homme qui a pris le cœur de Charlotte Gainsbourg, c'est le Dom Juan... ... j'y arrive pas. J'avais prévu de l'encenser, ce con, pour en comparaison dire encore plus de mal d'Angelina Jolie, mais je peux pas, je tombe le masque, c'est trop d'effort, Attal, je t'admire mais je te déteste. Si vous avez compris que je déteste encore plus Jolie c'est l'essentiel.




Allez passons à Depp, sur lequel il y a tant à dire. Depp ! Depp... L'homme qui voulait vivre sa vie, l'homme qui est une pure icône, une légende vivante urbaine, un idéal masculin au féminin, dire du mal de lui c'est s'attirer toutes les foudres, c'est se faire Judas. Mais Depp... L'homme connu pour choisir ses rôles... avec une liberté sidérante et avec un soin de maniaque en prime... Il choisit de tourner le remake d'Anthony Zimmer ! Et après avoir tourné dans les 36 suites des Pirates des Caraïbes, ahah ! Pirates de Caraïbes c'est quoi ? C'est l'adaptation cinématographique d'une attraction de Disneyland Paris. Je l'ai pas inventé ça ma parole, c'est connu, c'est dans toutes les bonnes encyclopédies consacrées au 7ème Art. Depp choisit si méticuleusement ses rôles qu'il a choisi de tenir le premier rôle de l'adaptation cinématographique d'un manège. Ma foi. Il faut de tout pour faire un monde. Le bonheur des uns fait le malheur des autres. C'est comme aller au parc du coin, faire un tour de balançoire, trouver ça géant, être gonflé à bloc de sensations et réaliser un film là-dessus où on verrait les gens se balancer. Après tout Pirates des Caraïbes c'est jamais que des gens qui se balancent dans un bateau à l'épreuve des vagues et qui reçoivent un peu d'écume dans la gueule entourés de trois esclaves de choix : Keira Knightley, Pénélopé Cruz dans le prochain, et l'inénarrable gueule d'ange Orlande Bloom. Ceci dit allez donc à Paname, prenez un ticket pour la journée chez Mickey, videz la cartouche de votre APN et mitraillez ce nid à cons, vous aurez beaucoup plus de chances de choper un bout de téton que dans ces films estampillés Walter Disney le gros facho. Dans le genre série sur les caraïbes je préfère de loin "Cœur Caraïbes" avec Vanessa Demouy. Marceau, Demouy, même combat. Donc Depp, revenons-y... il choisit ses films. Soit. Il choisit aussi sa femme. S'il choisit ses films il peut tout choisir cet homme. Y compris sa femme, ou plutôt ses femmes, au pluriel normalement pour lui ! Et cet homme-là va tous les soirs se coucher à côté d'un tas d'ivoire, même pas travaillé par les braconniers Africains les plus doués. Il se fade un tas d'ossements, un sac de corail, un nid à poussière, le Père Lachaise devenu femme, qui revient régulièrement en France nous susurrer des conneries dans un anglais qu'elle ne maîtrise pas et avec une voix de tarée. Et en prime Depp veut nous faire croire qu'il est fidèle. Je dis "lol". A d'autres. A d'autres Depp. L'homme qui a appelé ses deux filles Lilly Rose et Nelson Mandela.




Vous avez vu ce look d'enfer ? C'est le dernier en date, qu'il se traîne aux avant-premières de sa dernière merveille... Costard deux pièces en tweed surmonté d'un foulard mauve, chapeau melon, bottes de cuir, lunettes aux verres teintés de mauve également, cheveux raides comme la justice, visage maquillé à la Michael Jackson et lisse comme une couille, raie au milieu qui doit certainement mener tout droit vers un trou de balle impeccable parce que la seule raie comme ça que je connais c'est celle de mon cul. Ok il a été beau. Je suis pas en train de dire que Johnny Depp est laid, d'ailleurs j'accepte qu'il reprenne le rôle de Marceau, je trouve que c'est donnant-donnant. Il est peut-être beau le matin, il est peut-être du matin... Faut s'envoyer un tas d'antidépresseurs pour vivre avec les petites Lilly et Nelson, ça l'a peut-être amoindri, abîmé. Il ressemble comme deux gouttes d'eau à mon cousin schizo. Ils ont la même trajectoire de vie. Ils étaient sublimes à moins de vingt ans, et dégommaient tout leur lycée, mais après... Y'a une mort après la vie.

Quelques mots sur le réal : Florian Henckel von Donnersmarck.


The Tourist de Florian Henckel von Donnersmarck avec Johnny Depp et Angelina Jolie (2010)

Potiche

François Ozon. Ozon, Ozon, Ozon... Je crois bien avoir vu tous ses films. Sauf peut-être Swimming Pool, que j'ai sans doute arrêté juste après la scène où Ludivine "one hundred per cent natural" Sagnier se trimballe à poil à côté de la piscine. A chaque fois, l'argument de départ fait rêver, au point de nous faire oublier ce qu'Ozon a fait avant. Par exemple 8 femmes, au départ c'est huit générations de stars enfermées dans un manoir : nuit de noël sans lune, sur cent brebis il t'en reste qu'une... Récemment encore, Le Refuge, qui avait pour point de départ une Isabelle Carré pregnant, en cloque mode d'emploi. Je l'ai pas vu, donc, une fois de plus déçu. C'est systématique. Je mate la bande-annonce je suis comme un fou ! Je mate le film et je retrouve aucune des scènes que je m'étais repassées en boucles dans ma tête. Je ne dirai que le strict minimum sur Potiche : cette comédie n'est pas drôle une seconde. Elle est aussi peu drôle que je le suis en ce moment.



Oh ça dure bien depuis quinze jours. On m'a dit : "T'as laissé ton humour dans les roustons de ton père". Je rétorque : "Pas faux, j'ai connu des jours meilleurs. D'habitude je fais marrer toute l'assemblée et là je ne suis que l'ombre de moi-même". C'est vrai qu'en ce moment, c'est une période sans. Sans humour, sans idée, sans répartie. Je mange, je bois, je baise et je chie. Je passe pas des mauvaises journées. Hier je me suis régalé d'une bonne pizza. Franchement ça le fait. J'ai pas d'ennuis. J'ai pas non plus d'envie. Voilà ma vie. Mais surtout je suis pas du tout marrant. Pour écrire un article c'est un peu just. Mais je l'ai quand même fait. J'espère que c'est pas cette merde de Potiche qui m'a rendu si vide de tout. J'espère aussi que c'est pas contagieux. D'habitude quand j'écoute Le Lion est mow ce soir de Pow-Wow, je chiale à coup sûr. Idem avec Viva la vida la viva de Coldplay. Forcément je chiale. Toujours une larme sur le dernier accord, ce petit dernier cri du chanteur. J'ai écouté ces deux standards y'a pas dix minutes, pas un soupçon de peine dans mon âme, j'ai les yeux secs comme le désert de Gobi. Je n'éprouve plus aucun sentiment. En ce moment je suis blindé. A mon taff je suis une tuerie, je suis CRS et je dégomme des étudiants à qui mieux mieux.


Potiche de François Ozon avec Catherine Deneuve, Gérard Depardieu, Judith Godrèche, Karin Viard et Fabrice Luchini (2010)

Red Road

Red Road est une sorte de thriller social britannique, récompensé à Cannes par le Prix du Jury en 2006 (tout comme Fish Tank, l'an passé, de la même réalisatrice), où une femme s'occupant de la vidéo-surveillance à Glasgow retrouve, au hasard d'un écran de contrôle, l'homme fraîchement sorti de taule qui lui a brisé sa vie quelques années auparavant en tuant son mari et sa fille dans un accident de bagnole. Le film m'a intrigué et captivé pendant, disons, une grosse demi-heure, puis j'en ai eu marre et j'ai fini par presque complètement m'en désintéresser. C'est trop glauque, trop gris, ça pèse, ça lasse. Le suspense, surtout, finit par ne plus fonctionner, car il faut préciser que ce n'est que vers la fin du film que l'on apprend une bonne fois pour toutes de quoi est coupable l'ex-taulard, la réalisatrice s'échinant pendant près de deux heures à nous distiller parfois assez grossièrement quelques indices ici ou là (on a par exemple droit à l'actrice principale se réveillant brusquement sur le son d'un crissement de pneu...). Ma phrase vous présentant l'histoire du film est donc un "spoiler" assez dégueulasse, mais si j'ai commencé comme ça, c'est parce que pour moi, l'intérêt de Red Road n'est pas là, ou ne devrait pas être là. Je ne pense donc pas gâcher quoi que ce soit, si ce n'est le travail d'Andrea Arnold, qu'elle a elle-même saccagé toute seule comme une grande. Bref. Le film ne m'a donc pas vraiment convaincu. Et pourtant on y trouve pas mal de trucs intéressants, quelques bonnes idées qui, individuellement, pourraient déjà faire l'objet d'un film (je pense notamment à ces caméras, filmant en continu, qui sont ici de simples outils amenant l'intrigue, mais aussi aux personnes derrière ces caméras, qui observent les moindres faits et gestes des habitants de la ville), mais elles ne sont pas suffisamment creusées, car la réalisatrice s'éparpille en jouant sur plusieurs tableaux, pas toujours sans efficacité, certes, mais le plus souvent en vain.



Red Road n'est tout de même pas un mauvais film et je comprends qu'il ait été remarqué. Bien qu'il soit très glauque, il faut souligner qu'il nous laisse sur une note très positive, assez belle, presque profonde, et, une chose est sûre, à des années lumières de la plupart des crétineries américaines qui nous racontent de bêtes histoires de vengeance faites de deuils impossibles. La vengeance est ici un plat qui se bouffe froid mais se vomit et se chie aussitôt, accompagné d'autres saloperies qui nous pesaient depuis longtemps sur l'estomac ; une ultime gerbe et une diarrhée salvatrice qui nous libèrent enfin d'une gastro foudroyante, pour mieux nous refaire voir la vie en rose et nous donner immédiatement envie d'un McDalle bien craspec. Hideuse image... Et à propos d'image, justement, on gardera longtemps à l'esprit la vue de ce triste quartier de Glasgow donnant son titre au film, l'image marquante de ces immeubles rouges et gris, aussi lisses que sans vie, rendus brillamment cinégéniques par Andrea Arnold, à laquelle il faut néanmoins reconnaître un certain talent. Red Road n'est que son premier long-métrage, Fish Tank est peut-être plus réussi, mais ça n'est pas demain que je le vérifierai. Ni après-demain. "Pouce".


Red Road d'Andrea Arnold avec Kate Dickie et Tony Curran (2006)

12 décembre 2010

Les Banlieusards

Ce n'était pas le premier film de Joe Dante, qui avait déjà réalisé Piranhas, Hurlements, et L'aventure intérieure entre autres. C'était pas tout à fait le premier film de Tom Hanks qui avait déjà joué le rôlé d'un géant dans Big et celui d'une sirène dans Splash. Néanmoins Les Banlieusards n'a pas fait date dans les carrières dorées de ces deux fils prodigues d'Hollywood, et il est aujourd'hui pratiquement inconnu. Ca fait un bail que je voulais le voir. J'ai toujours apprécié Tom Hanks et l'idée de le croiser dans un des premiers films de Joe Dalton m'intriguait beaucoup. Au final rien de bien étonnant à qu'on ait oublié ce film mineur, qui se mate quand même gentiment. Rien que par nostalgie... Ça date de 1989 et ce film marque la fin d'une certaine époque du cinéma Hollywoodien complètement mais volontairement "1er âge", l'âge d'or des bons films pour gosses, ou le règne de l'esprit Spielberg avec la banlieue Américaine pour unique fond d'écran (d'où le titre, The Burbs, traduit par le très raffiné "Les Banlieusards" en version française), où le quotidien tutoie le fantastique (cf. la sublime affiche du film). A l'affiche justement, on retrouve Corey Feldman, l'emblématique enfant-acteur de cette génération des années 80s (vu dans Gremlins du même Joe Dante, dans Stand By Me, dans Les Goonies aussi), en jeune ado décérébré fan de hard rock. Tom Hanks, pour en revenir à mon idole, joue un père de famille franchement désintéressé de son cocon (pourtant son épouse est interprétée par Carrie Fisher qui personnellement et depuis sa toge d'esclave dans Le Retour du Jedi m'a toujours inspiré des actes sexuels interstellaires à la vitesse de la lumière). Le héros est en effet un jeune trentenaire rangé des voitures qui ne peut plus voir sa femme et ses gosses en peinture et qui rêve éveillé, un personnage assez proche du Richard Dreyfuss de Rencontre du 3ème type. Un connard instable et irresponsable, pour le dire sans nuance, un éternel adulescent en quête de sensations fortes, comme ce cinéma-là en a tant et tant racontés.



Voilà pour le résumé vite fait bien fait de ce film pour gosses à moitié raté. A moitié seulement ! Faut voir le plan d'ouverture : le logo Universal, vous le voyez tous, la terre qui tourne sur elle-même, sauf que là, dans Les Banlieusards, elle se fige tout d'un coup et alors la caméra fait un zoom immense sur l'Amérique pour atterrir sans discontinuer pile poil dans la rue où se déroule le film ! OW ! Je n'ai qu'un truc à dire c'est wouah. Je me demande encore comment cet enfoiré de Joe Dante a pu réaliser ce plan incroyable. Sans doute depuis une fusée, ou depuis la lune. Depuis la lune ?



Vous croyez qu'un réalisateur américain a pu aller sur la lune pour son film ? Mouais, j'y crois moyen. Le mystère restera entier. Quoi qu'il en soit, dans cette banlieue où le plan s'achève une nouvelle famille vient de s'installer, les Klopeck. Ce blaze est un savant mélange des mots "clodo", "clopeux", "craspec", "kopek" et "Popek", le fameux comique-troupier judéo-français. Les Klopeck sont donc d'emblée ultra bizarres. Ce sont bel et bien des juifs d'Europe de l'est, sales et méchants, qui foutent les foies aux banlieusards que sont leurs nouveaux voisins. Tous nos chers abrutis issus de la middle-class américaine si chère à Tim Burton vont donc mener une enquête musclée sur ces zombies vampiriques polonais, une enquête qui trouvera son terme quand ils auront réussi à foutre le feu à la baraque des moscovites... A la fin du film la messe est dite : il ne faut pas être raciste car ces gens venus d'ailleurs sont en fait normaux et le citoyen moyen des pays développés est un gros connard paranoïaque. Mais une fois la morale posée, Joe Dante réaffirme quand même que les Polonais de son film sont bel et bien des sauvages aux yeux rouges et aux dents longues, pour relancer l'action de sa comédie ! Il en a rien à battre Dante, il est comme ça. C'est peut-être aussi pour ça que ce film finalement douteux n'est pas resté dans les annales. L'idée en somme c'est de dire à ces cons de banlieusards à la manque d'éteindre leurs télés et de mater dans la rue, y'a des potes potentiels à se faire et peut-être même des gros tarés d'étrangers à massacrer. C'est un point de vue, j'imagine. C'est le point de vue de Joe Danté.


Les Banlieusards de Joe Dante avec Tom Hanks et Carrie Fisher (1989)

11 décembre 2010

Citizen X

Ce thriller américain, produit pour la chaîne HBO, est basé sur une histoire vraie qui s'est étendue des années 80 jusqu'au début des 90. Il retrace de façon visiblement très documentée le parcours d'un enquêteur soviétique dans sa traque d'un tueur en série, de sa prise en main de l'affaire, alors qu'il n'était d'abord qu'un simple médecin légiste, jusqu'à l'arrestation du tueur, près de 10 ans plus tard, après être devenu un enquêteur hors pair. Son parcours est rendu impossible par la bureaucratie soviétique et sa propagande officielle, selon laquelle il ne peut exister de tueur en série en URSS, phénomène réservé à l'occident décadent. Le film choisit intelligemment de se concentrer sur la description du fonctionnement absurde du système soviétique, pour mieux nous plonger dans l'ambiance pesante de l'époque. Notre enquêteur, interprété par Stephen Rea et son éternel regard de chien battu, est tout de même aidé en douce par son supérieur, incarné par un Donald Sutherland en grande forme. C'est là l'autre aspect que le film choisit de mettre en lumière, et il s'agit de sa plus grande réussite, car plutôt que d'essayer de faire un efficace thriller à suspense déjà vu cent fois, où l'on devrait craindre tous les agissements d'un tueur sanguinaire (le personnage nous est ici plutôt dépeint dans sa plus grande banalité, sans monstruosité, comme un simple malade victime de ses propres pulsions meurtrières), Citizen X se focalise donc sur cette amitié naissante entre ces deux hommes luttant tous les deux au sein d'un système déliquescent qui finira par imploser progressivement, ce qui permettra d'ailleurs à l'enquête de trouver un ultime souffle salvateur.


Le film est également assez réussi quand il décrit les rapports de force qui régnaient alors dans ce système bureaucratique figé, mais c'est donc l'évolution de la relation entre les deux personnages incarnés par Rea et Sutherland qui est le vrai fil conducteur de cette histoire et qui donne lieu aux meilleures scènes du film, la performance des deux acteurs principaux, à l'accent russe très travaillé, n'y étant pas du tout étrangère. Il y a quelques scènes véritablement émouvantes entre eux deux, nous montrant d'une bien jolie façon la solide amitié qui les lie progressivement. Et on nous réserve même le meilleur pour la toute fin, lorsqu'un psychiatre joué par l'immortel vieillard Max von Sydow, venu prêter main forte dans l'enquête, adresse aux deux hommes cette phrase teintée d'humour : "A vous deux, vous faites une personne merveilleuse". Le film nous quitte quasiment là-dessus, et c'est là sa plus grande vertu.




Ce film, réalisé et écrit pour la télé par un sombre inconnu, enterre le Zodiac de David Fincher. Ça a pas grand chose à voir si ce n'est qu'ils traitent tous les deux de la chasse interminable d'un serial killer, mais j'avais tout de même envie de le dire. Ça mange pas de pain, et Fincher je le dégomme dès que je peux, j'allais pas louper cette occasion.


Citizen X de Chris Gerolmo avec Stephen Rea, Donald Sutherland, Max von Sydow et Jeffrey DeMunn (1995)