27 février 2009

Le Bal des actrices

J'écris ces lignes alors que je suis cuit. J'ai peu dormi et là j'en subis les conséquences : je suis rétamé. Je veille parce que j'ai l'habitude de veiller, j'ai jamais rien à foutre de toute façon, chaque soir je me dis : "Je veille, je veille, je veille, je veille ce soir, demain je ferai ma nuit". Et tous les soirs c'est la même chose. La dernière fois que j'en ai parlé à mon médecin, il m'a dit que j'avais grand intérêt à mettre un terme à ce rythme de vie morbide sous peine d'y laisser mon humanité. Il a ajouté : "Et vous savez pas la meilleure ? Le vrai sommeil c'est celui d'avant minuit...". Ce à quoi j'ai répondu : "Je connais déjà le pire vu que je m'endors pile avant midi". J'ai cette habitude de veiller chaque soir. C'est bien pour ça que je suis mort de fatigue là. Chaque jour je me dis : "Hier soir j'ai dormi quoi ? Quatre heures de sommeil ? Mais grâce à ça, aujourd'hui je vais pouvoir tenir quoi ? Seize heures éveillé ? Seize heures ? Peut-être dix sept ? Dix sept heures éveillé ?". Du coup je m'enfile un gros paquet de films toute l'année, j'ai vraiment que ça à branler. Je fais rien d'autre dans la vie et j'ai ça pour m'occuper, c'est ma passion, j'aimerais faire du cinéma quand j'oserai sortir mon gros cul de chez moi.



Ce soir c'était soirée Cinéma Frenchy, parce que j'étais trop cuit pour lire les sous-titres. J'avais beau plisser les yeux et mettre ma main à l'horizontale au-dessus de mes sourcils, j'y voyais pas mieux. J'ai abandonné à l'heure de film de Hannah et ses sistas, trop de dialogues dans ce truc-là. J'y ai laissé mes globes. Merci Woody Allen, toi qui as déjà des triple foyers collés à tes triple glocomes. Con de myope, chien d'aveugle.



Du coup j'ai maté Le bal des actrices. Je paniquais un peu sur le menu du dvd vu que j'y voyais pas un con malgré le cachet de vitamice C Lidl que je venais de gober (n'en prenez jamais, ça fait deux jours que je dors pas et que j'y vois tout vert la nuit), et j'ai lancé le making-of au lieu de lancer le film. Mais je regrette pas parce que c'était néanmoins très inspirant. Dans le making-of on voit Maiwenn, réalisatrice et actrice du film, qui passe le tournage à jouer à Worms Armageddon (plus précisément la séance d'entraînement intitulée "Course au mouton", mini-jeu aux vertus addictives). Le tournage a lieu dans son dos, et elle ne décolle pas du jeu, assise en tailleur sur un fauteuil, en pyjus, pieds nus. Elle y passe quatre jours. Et le point d'orgue du documentaire c'est ce moment où Joey Starr est assis à côté d'elle, bras croisés, et il l'observe, l'air désolé et contrarié. A ce moment-là elle s'est déjà entouré les pieds avec des foulards pour palier à ce qu'elle appelle en grimaçant "une odeur de merde". Et Joey Starr lui dit avec sa voix de crécelle : "L'odeur de tes pieds, c'est vraiment ce qui se fait de pire. T'as vraiment pas de race toi ! Tu me fais penser au propriétaire d'un chien mort qui aurait décidé de le foutre dans un sac et de le laisser pourrir sur la table de son salon plutôt que d'aller le foutre à la poubelle. L'odeur est moindre, mais ça empeste l'appartement néanmoins, ça chlingue tout ce que ça peut. T'as pas de figure !".

PS. J'ai fini par voir le film. C'est un copié-collé du making-of. On y voit des tas de gens puants qui se reniflent avec passion, un défilé d'actrices au rabais qui font leur petit numéro de racolage écoeurant, avec en prime une idylle morbide entre Maïwenn et Joey Starr. Ces gens-là n'ont effectivement pas de figure même s'ils ont de sacrées façades.


Le Bal des actrices de Maiwenn Le Besco avec Karin Viard, Joey Starr, Mélanie Doutey, Marina Foïs, Jeanne Balibar, Muriel Robin, Romane Bohringer, Charlotte Rampling, Julie Depardieu et Yvan Attal (2009)

21 février 2009

Le Code a changé

Si je devais buter quelqu'un dans le milieu du cinéma, ce serait Danièle Thompson. Je ne souhaite pas sa mort ! Attention, loin de moi ce genre de bassesses. Je ne veux pas qu'elle meure ni lui faire le moindre mal. Je ne veux pas particulièrement qu'elle souffre, tout au plus je voudrais qu'elle arrête. Je suis au-delà du ressenti, du mépris, de la colère. Remarquez y'a Dany Boon aussi. Entre les deux je ne sais pas lequel je buterais si j'étais contraint et forcé de tuer quelqu'un dans le showbizz. Félix m'a posé ce défi (on s'en pose souvent l'un l'autre quand on s'emmerde) : qui buterais-tu dans le milieu du ciné si t'étais obligé d'en fumer un ? J'ai choisi Thompson sans trop me creuser. Encore qu'il y a le fils de Danièle Thompson. Si le décès de Danièle Thompson devait endeuiller son fils au point qu'il stoppe toute activité professionnelle liée de près ou de loin au cinoche, alors, à choisir, je buterais Danièle Thompson. Dîtes Klapisch/Thompson et vous avez nommé les deux plus gros enfoirés du cinéma Français. Ces deux-là, et d'autres, dans la même veine, sont en train d'accumuler des films toujours plus merdiques. Le pire c'est que ces malades s'appliquent à faire des cartes postales de Paris complètement minables, des sortes de pubs de la capitale, pour mieux s'exporter à l'étranger. Ils réunissent tout le gratin de l'actorat hexagonal et convoquent un style, un ton, qu'ils veulent typiquement Français et qui sent la mort. Ils font du grand film choral, de la fresque sociétale, le portrait de toute une génération, de plusieurs générations même, dressent des destins entiers, plus ou moins brisés, et au fond du fond ils ne disent strictement rien. Leur ambition s'arrête au casting long comme le bras qu'ils savent se payer. Ou plutôt, concernant Thompson, son ambition s'arrête à la folie avec laquelle elle ose fabriquer les couples les plus impossibles, à savoir et rien qu'ici : Dany Boon en couple avec Karin Viard ET Emmanuelle Seigner, puis Patrick Chesnais avec Marina Hands. Qu'une femme imagine sans se poser de questions de telles idylles morbides me dépasse. Qu'une femme n'ait rien d'autre dans le crane que l'idée de filmer des filles jeunes et sublimes pendues aux cols de débiles profonds ou de purs vieillards, ça me sidère. Mais après tout Thompson est à la femme ce que Tonie Marshall est à la femme aussi, autrement dit que dalle, ou bien une grave insulte. Et puis son satané fils écrit toutes ces horreurs avec elle et c'est lui qui doit suggérer ces saloperies.


T'as raison, occupe-toi des fleurs séchées et autres vases en marbre, dirige l'équipe décoration au lieu de diriger ton film, c'est bien vu...

Et puis on voit le micro entrer dans le cadre par le haut, à plusieurs reprises, le perchman étant sans doute court sur pattes on voit le micro flotter entre les acteurs... Ça va bien maintenant... Ces films-là coûtent des centaines de bâtons, des milliers de briques, ils coûtent la vie au cinéma français et on voit le micro entrer dans le cadre par le haut... Ils ne refont pas le plan même quand on voit dix centimètres de micro dans l'image. Ils sont 600 à bosser sur ces films et y'en a pas un qui a vu que le micro entrait dans le champ une dizaine de fois ? Pas un seul ? Thompson n'est certainement pas présente lors du montage de son film, mais quand même, y'en a bien un ou deux parmi les 600 techniciens à l’œuvre qui auront repéré ce goof à répétition, ce gag à tiroir, cet imbroglio visuel. Avec les milliards qu'elle a la banque, Thompson ne prend pas cinq minutes pour refaire les plans en évitant de foutre un nain à la perche, même quand elle voit en projection-test que Pierre Arditi repousse fréquemment le micro qui lui colle au front en plein gros plan décisif ?


I <3 Chesnais.

Je sais que ça ne se fait pas d'écrire des choses comme ça, de fomenter de tels tissus de haine. Matez les films, matez Paris ou Le code a changé, et ne vous étonnez plus que certains jeunes particulièrement alertes s'en prennent aux rétroviseurs de vos bagnoles en sortant de leur dimanche soir cinéma. Par contre si vous aimez Patrick Chesnais (prononcez "Chaisse-nez", il le corrige à longueur d'interview), c'est un festoche Patrick Chesnais ce film.


Le Code a changé de Danièle Thompson avec Dany Boon, Patrick Chesnais, Karin Viard, Pierre Arditi, Marina Hands, Emmanuelle Seigner, Patrick Bruel, Marina Foïs (2009)

12 février 2009

Fievel et le Nouveau Monde

Qui ne se souvient pas avec émotion avoir découvert tout jeune ce magnifique film d'animation de Don Bluth ? Qui n'a pas en mémoire les pérégrinations de cette si charmante petite souris, dotée d'un courage et d'un sens pratique qui laissa tous les spectateurs sur le carreau ? Qui ne se souvient pas avec émoi du père de Fievel Souriskewitz appeler son fils à tue-tête "Faïïïïïvo !", "Faïïïïïvo !" alors qu'une vague géante l'emporte vers l'oubli ? Qui ne se souvient pas avec bonheur de la chanson de Tiger déclarant être un chat qui aime les souris parce qu'il peut leur faire des bisous, se roulant par-terre, plein d'allégresse et de verve enfin exprimées malgré les brimades de Boniface de Rat qui n'est autre qu'un chat !?

Mais ce n'est pas précisément de ce chef d'oeuvre dont je vais vous faire part dans les lignes suivantes. Tout le monde le connaît, tout le monde le respecte à sa juste valeur, chacun de nous a déjà pu mater ce film au bord de sa piscine, un sourire jusqu'aux oreilles et les poches pleines de pesos. Bref, je tenais à faire une rapide analyse du titre, une titrologie.


En France le film s'appelle Fievel et le Nouveau Monde. Ce titre au premier degré, très littéral, est extrèmement descriptif. On a le nom du héros (Fievel, prononcez Faïvol du fait de ses origines slaves) et sa destination (le nouveau monde, soit, l'Amérique, voire LES Amériques, rien n'est précisé, le spectateur reste dans le flou). Bref, avec ce titre, on sait qu'un certain Fievel va découvrir le nouveau monde, soit un monde nouveau pour lui. La conséquence de ce titre est que Fievel vient du Vieux Monde, soit l'Eurasie, l'Europe et l'Asie contiguës. Il est possible que je sois présomptueux sur cette dernière assertion mais puisque rien n'est indiqué clairement, comme un choix de la part du distributeur français, j'imagine le plus plausible mais ne saurais trancher entre l'Europe et l'Asie. Conséquemment Fievel peut aussi bien être un chinois engagé pour poser les rails de chemin de fer à travers les Rocky Mountains, qu'un Roumain et sa pelle attirés par la perspective de creuser le canal de Panama. Le nom Fievel ne nous indique ainsi en rien les origines géographique du Héros, ni même son sexe ou son espèce d'appartenance. De ce fait, le spectateur médusé, est curieux de savoir QUI est Fievel, à la lecture de ce titre. En effet, imaginez le titre "Fievel, la petite souris venue de la Sainte Russie qui émigre vers les Etats Unis d'Amérique car là-bas, il n'y a pas de chats !". Le spectateur tourne de l'oeil et passe son chemin. Donc le titre français possède la qualité, bien qu'étant très littéral, de permettre tout de même de préserver un certain mystère vis-à-vis de l'œuvre ci-titrée.


Là où ça se complique, là où tout est subtil c'est si on se retrouve en face du titre original, An American Tail. Un titre qui joue sur les confusions et les soucis de prononciations inhérents aux petits enfants. Un titre qui se lit sur plusieurs niveaux, lourds de signification, certains niveaux passant au dessus de la tête des enfants (notamment "tail" = queue = appendice partant environ de la zone située entre les jambes = bite ou dick chez les américains). Ce titre sous-entend qu'il faut avoir des cojones pour décider du jour au lendemain de prendre ses valises, de faire un bisous à ses vieux et de rejoindre le premier Titanic venu, 3ème classe, pour s'installer en Amérique. ce titre rappelle à tout américain qu'il descend d'un pionnier, un aventurier, un cow-boy, un colon, un tueur d'indiens. Après avoir compris qu'on faisait appel à ses instincts les plus primitifs, l'anglophone, américain la main en visière sur sa tempe, le soleil dans le dos et fier de ses ancètres colons, voleurs de bétail, et repris de justice graciés par Abe Lincoln, l'américain donc se rend compte du jeu de mot entre la prononciation de "tail" (la QUEUE) et de "tale" (le conte). Par ce truchement de sens, le titre peut se comprendre comme "Un conte américain", une histoire racontée aux petits enfants avant de se coucher, narrant les aventures merveilleuses d'un être dont le rêve est de s'établir en Amérique, car il n'y a pas de chats ! Ce jeu de mot habile et ridicule au final est rapidement compris par les plus jeunes spectateurs, dès 7 ans. Ainsi, avec ce titre anglais, ce titre original, les auteurs de l'œuvre décident de faire appel à l'intelligence de leurs chères têtes blondes, à leur capacité de discernement des mots et des syllabes et au fait qu'un "i" peut être muet. Donc ils prennent moins leurs enfants pour des idiots que les français qui ont décidé de faire du terre-à-terre. Le titre original de cette oeuvre est élégant et racé, il en appelle à l'intelligence tout autant qu'aux penchants les plus bestiaux du spectateur pris de court.


Pour finir, petit détail amusant, petit plus concernant le titre allemand et la relation de l'adulte à l'enfant: Feivel der Mauswanderer. Comme en français, il y a introduction du personnage principal, mais vous noterez, pour des raisons évidentes de prononciation, que le "i" et le "e" ont été intervertis. En effet les germanophones sont incapables de prononcer le son "ie", ce qui est très embêtant pour eux. Par exemple, ils ne peuvent pas désigner vocalement leur pied ils sont obligés de le montrer du doigt. C'est pour ça que le fait de montrer son pied avec son doigt en Allemagne, est traditionnellement une grave insulte adressée à un tiers. Pour en revenir au titre, Mauswanderer signifie littéralement "la souris plantigrade, qui marche sur la plante de ses deux panards tel un homme, voire un ours". Complexe du pied toujours. Vous vous rendez compte comme moi de l'absurdité de ce titre, de cette interprétation de la manière de déambuler du héros, ce titre qui prend les petits allemands pour des crétins finis, à tel point qu'on se sent obligé de leur expliquer que ce n'est pas vraiment l'histoire d'une réelle souris dont on va leur faire part, mais de celle d'une souris à l'apparence humaine, en tout cas dans sa démarche.

En conclusion, l'analyse des divers titres de Fievel et le Nouveau Monde nous donne de nombreuses clés de compréhension sur la façon dont la jeunesse est considérée par les adultes dans les différentes nations. A cet égard tout celà est bien instructif mais légèrement tétanisant.


Fievel et le Nouveau Monde de Don Bluth, avec Fievel, Tania, Papa, Maman et Tiger (1986)

11 février 2009

Closer, entre adultes consentants

Closer est un film dans lequel nous pouvons apercevoir le généreux postérieur de Natalie Portman et rien que pour cela il mérite d'être vu. De plus, Julia Roberts, actrice lourdement surestimée, paraît cette fois-ci parfaitement employée et montre enfin qu'elle peut avoir du talent. Cependant, son charme ne m'atteint toujours pas. Mais là n'est pas la question.

Du côté des hommes, deux beaux spécimens sont confrontés, physiquement opposés mais tout de même aussi bien bâtis l'un que l'autre à leur façon. Ces deux acteurs étant respectivement Jude Law et Clive Owen (à ne pas confondre avec Owen Wilson, l'acteur blond, Micheal Owen, le footballer en pré-retraite, et Owen Hart, l'ancien catcheur toujours dans nos coeurs).

Jude Law, tout le monde le connait : Stargate, Bienvenue à Gattacca, Léon, Come-back à Cold Mountain, A.I., Le Talentueux Mr Ripley... C'est actuellement l'un des acteurs les plus appréciés par les adolescentes. Quant à Clive Owen, sa réputation est moindre, bien qu'il ait joué le Roi Arthur dans le film Le Roi Arthur et qu'on l'ait entr'aperçu dans le totalement passé inaperçu Mortal Countdown.

Derrière la caméra, Mike Nichols, le fameux réalisateur d'Abyss et Titanic. Décidant de mettre de côté les effets spéciaux, il a choisi cette fois-ci de nous raconter une histoire un peu plus intime.

C'est l'histoire d'un gars (Jude Law) qui marche dans la rue à Londres et qui voit une gonzesse (N. Portman). Sorte de coup de foudre électrique, mais la gonzesse se mange un taxi en pleine face. Grâce à ce petit incident, ces deux personnages feront connaissance puis, bon an mal an, ils finiront par avoir de régulières relations sexuelles. Plus tard, le gars, devenu écrivain, ira chez une photographe pour réaliser des clichés professionnels dans le but de promouvoir son futur livre. C'est là que se créera chez lui une attirance suspecte pour cette femme (Julia Roberts) qui me semble-t-il provoquera chez lui un afflux de sang au niveau de son organe copulateur. Un an plus tard, invité au vernissage de l'exposition réalisée par la photographe, Jude Law renouera avec elle une relation basée sur des rapports sexuels et des éjaculations intravaginales régulières ce qui déplaira à leur conjoints respectifs que sont Clive Owen, dermatologue fan de MSN, et bien sûr notre Natalie, sans emploi me semble-t-il. Un bond dans le temps de plusieurs mois nous amène au moment où Jude Law et Julie Robert avouent à leurs compagnons respectifs qu'ils entretiennent une relation plus qu'amicale car fondée sur de nombreuses introductions de verges dans tous les orifices possibles ainsi que de touchés rectaux de part et d'autres. Toutes ces révélations provoquent la rupture des deux couples. Julia et Jude se mettent alors en ménage. Nous nous retrouvons ensuite quelques mois plus tard, au moment où Julia demande à son ancien compagnon (Clive Owen si vous avez bien suivi) de signer les papiers du divorce (en effet, ils étaient mariés). Ce dernier n'accepte qu'à condition de pouvoir sortir son "énorme calibre" (c'est lui qui le dit) et de l'introduire avec égard dans le vagin de Julia Roberts. Entre temps, ce même homme aura réalisé le même genre d'exploit sexuel avec Natalie Portman qu'il aura rencontrée dans une boîte de strip-tease (la scène-clé du film). Julia avouera à Jude cet écart pénétratoire, ce qui malheureusement provoquera une crise dans son couple et finira par une rupture et un retour de Julia vers son ancien mari. Le tout sur la musique de Rolando Villazon. Jude retrouvera Natalie dans sa boîte de strip-tease, ils se remettront en ménage, c'est-à-dire qu'ils auront recours régulièrement à des actes intimes qui ne demandent le concours d'aucun objet même si on peut parce qu'y paraît que c'est mieux. Malheureusement pour Jude Law, tout ceci se finira mal car il aura le malheur d'être trop lourd avec Natalie en ne cessant de lui demander s'il est possible que, lors de leur séparation, elle ait pu échanger des fluides génitaux avec le ténébreux Clive Owen et si cela avait été agréable au touché comme au goût. Le point final de l'histoire c'est Jude Law tout seul comme une merde, Julia et Clive à nouveau réunis, et Natalie marchant dans les rues de New-York dotée d'un sex-appeal à réveiller les morts et à faire revenir les gays dans le droit chemin.



Mon avis sur ce film, il pourrait se résumer en deux minutes : tous les moments où l'on voit Natalie Portman plus ou moins dénudée.


Closer, entre adultes consentants de Mike Nichols avec Natalie Portman, Clive Owen, Jude Law et Julia Roberts (2005)

10 février 2009

Le Silence de Lorna

Le dernier film des frères Dardenne est un excellent film qui m'a en partie déçu. Ce film est assez beau, il est intelligent et il est touchant. Seulement voila, je commence à sérieusement me lasser de la "petite cuisine" des Dardenne. Elle est bonne, bien préparée et sincèrement servie, mais bouffer le même plat tous les jours, quand ce plat là donne envie d'utiliser ses propres pompes comme cendriers, ça commence à sérieusement écœurer. Les Dardenne savaient jusqu'ici contourner le misérabilisme inhérent à leur(s) sujet(s), le refouler, flirter avec en l'évitant toujours. Désormais le mot est lâché. Le pire c'est que le film lui-même n'y saute pas à pieds joints, mais avec ce film, c'est les Dardenne, dans la suite logique de leur histoire d'auteurs, qui s'y enfoncent profondément, dans ce misérabilisme lourd, presque pathétique. Et c'est là que le bât blesse, car c'est l'apogée de leur travail qui les conduit tout droit à cette complaisance à se plonger dans un mal toujours plus rugueux, toujours plus total. Le héros des Dardenne, qui a toujours été une victime (parfois même victime d'elle-même), est toujours plus victime, toujours plus impuissant, toujours plus obscur. On n'est plus dans l'empathie, sinon dans la compassion (on souffrait avec les parents de L'Enfant), on est maintenant dans la pitié pure. On prend en pitié ces personnages auxquels il n'arrive que des choses que l'on a déjà devinées, ou pressenties, à la virgule près. Et il en va de notre propre perversité de spectateurs tandis que l'on s'imagine la prochaine horreur qui pourra survenir dans le parcours déjà si morbide des personnages tels que les Dardenne les conçoivent (d'une seule façon, toujours identique).



Et puis leur caméra au poing m'a pour la première fois dérangé, intimement. Ils ne filment pas seulement l'angoisse, ils filment avec angoisse. C'est cohérent et peut-être même habile, mais ça participe du sentiment de prise en otage du spectateur, qui est cerné par la peur et la mort dont les Dardenne se repaissent. Et l'on est absorbé dans la noirceur toute-puissante du film, prisonniers de ce cauchemar permanent, de cette descente aux enfers sans escale. On a toujours le sentiment, et peut-être devrais-je parler au singulier, que quelque chose va débouler dans le plan et s'en prendre aux personnages serrés de près par cette caméra en porte-à-faux, portée à l'épaule dans les pas des personnages, collée à leur nuque - c'est le cœur de la mise en scène des frères Dardenne depuis Rosetta. Alors évidemment les frères cinéastes ne font pas des films d'horreur (encore que...), et ils ne vont pas, à priori, laisser surgir une agression dans le cadre sur le personnage enclos dans l'image comme dans sa misère, englué dans sa danse de mort (les Dardenne donneraient presque à croire au fatum...). Néanmoins j'ai cette angoisse dans chaque plan de ce genre, et Dieu sait qu'ils sont de plus en plus nombreux chez les Dardenne. Ils me donnent à vivre cette angoisse. Peut-être qu'ils ne la donnent qu'à moi mais en tout cas je peux dire qu'ils me la donnent très nettement. Surtout au tout début du film, tandis que l'on suit Lorna qui sort du pressing, fait des achats, et rentre chez elle. La caméra lui colle à la peau, branlante, et Lorna avance, presque plus vite que le cadre, lequel est un peu bousculé par la vitesse de mouvements de l'héroïne. Et on a le sentiment qu'elle ne sait pas où elle va, qu'elle ne voit pas où elle va, que la caméra ne le voit pas non plus, et le spectateur, forcément, encore moins. C'est presque la sensation que l'on peut avoir quand on marche les yeux bandés. On se demande toujours sur quoi on va tomber, on se demande s'il n'y a pas un obstacle ou un trou, et même si on n'en sait rien, on imagine qu'il y en a. On est incapable d'imaginer que tout est plat devant soi, que tout est sûr, et que l'on peut avancer sans danger, on imagine forcément le pire. J'ai la même sensation devant ces plans des Dardenne, qui littéralement nous bandent les yeux pour nous faire marcher à toute allure en terrain miné.



Parce qu'on sait que Lorna va tomber, probablement pas sur un intrus s'immisçant dans le cadre pour lui faire du mal, mais on sait très bien qu'elle va tomber. Parce que c'est un film des Dardenne, et qu'ils ne filment que ça, des gens qui tombent. Dans les films précédents ils tombaient bien bas, et on se disait à la fin qu'ils ne pouvaient pas tomber plus bas (Jérémie Renier dans le dernier plan de L'Enfant, en prison, qui pleure, ses mains dans celles de Déborah François). Cette fois-ci la chute est sans fin, sans fond. On n'en voit pas le bout. Et on ne peut pas s'empêcher de penser à un système Dardenne, à une recette, qui s'enfonce en elle-même, toujours plus profonde, circulaire et sans fond. Et c'est ce système de mise en scène, brillant dans sa maîtrise et dans son art de provoquer de puissantes sensations, ce système qui depuis a fait florès et qui a influencé un nombre impressionnant de cinéastes (comme par exemple le Darren Aronofsky de The Wrestler), c'est ce système qui à la longue m'épuise un peu.



Ça ne retire rien (ou pas tout) aux qualités du film, qui en a beaucoup, parce que les Dardenne sont brillants même s'ils deviendraient presque agaçants ou lancinants. Les Dardenne font un travail sur l'espace (les trajectoires significatives des contradictions des personnages, les rapprochements par le montage, etc.), sur le son (notamment tout le hors-champ, les dialogues en "off", le silence et le souffle de Lorna, aussi coupable que victime), sur le cadre (on peut parler de meurtrissures par le cadre, qui gagne en stabilité lorsque Lorna l'habite de toute sa détermination), et sur les corps (découpés, traités en valeurs marchandes, reliés par l'argent et rien d'autre), un travail très poussé et passionnant. C'est ce qu'ils ont toujours travaillé, pas toujours de la même façon il est vrai, et peut-être de mieux en mieux. Je ne dirais pas qu'ils ont raté ce film, je le trouve même bon, je leur reproche en revanche de s'engouffrer dans un style qui leur est certes propre mais qui a des limites certaines, qu'ils viennent peut-être d'atteindre, et qui, de loin en loin, tend à un certain misérabilisme à force de sollicitation, tendant par-là même à s'enfermer, à se refermer sur lui-même et à tourner en rond, encore et toujours. L'affinement et l'allègement de la mise en scène des frères Dare-dare trouvent leur pendant, à long terme, dans un alourdissement scénaristique, ou disons dans un appesantissement général, qui pourrait commencer à tendancieusement me faner.

Bien que cet article soit un coup de coude amical dans le thorax d'un des frères Dardenne au choix, j'adresse mes pensées les plus douces à la fille qui se reconnaîtra et sans qui ma réflexion sur ce film n'aurait pas dépassé le stade du grognement frustré.


Le Silence de Lorna de Jean-Pierre et Luc Dardenne, avec Arta Dobroshi et Jérémie Renier (2008)

9 février 2009

Jonathan Livingston le Goéland

On confond trop souvent Barry Levinson avec l'acteur porno quasi homonyme Harry Levinson, dont la célébrité est due à l'étrange raideur de ses poils pubiens qui donne à son sexe des allures dérangeantes de brouillon de visage humain, au nez anormalement long et aux joues pendantes, recouvertes de grains de Fordyce. Sortons donc de l'ombre de l'imposant Harry, pour mieux nous concentrer sur le brave Barry. Aujourd'hui réalisateur confirmé, Barry Levinson a passé la plus grande partie de sa carrière devant la caméra, en tant que goéland. C'est à dire qu'il jouait des rôles de piafs, mais celui qui lui allait le mieux, ça restait tout de même celui du goéland, étant donné qu'il est lui-même un goéland. Être un goéland, de dimensions modestes et d'aspect agréable à la rétine, lui a permis d'interpréter une trentaine d'espèces d'oiseaux marins de la famille des laridés, appartenant au genre Larus. Ça lui offrait un choix de rôles possibles très élargi car toutes les scènes de films côtières, portuaires ou insulaires étaient ainsi à sa portée.

Barry Levinson a d'abord trouvé plusieurs rôles dans des films de bateaux et, plus généralement, dans de nombreux films dont l'action se situait dans des villes littorales ou autres stations balnéaires. Le rôle qu'il a le plus souvent incarné est celui de la mouette de type portuaire et de caractère quasi domestique, dans des œuvres où il était seulement un bref figurant. Une petite tranche de pain suffisait à Barry Levinson pour le faire accepter un rôle, il n'avait jamais craint l'homme et il appréciait plutôt sa compagnie. Son obéissance et sa fidélité, maintes fois témoignées et remarquées, sont deux qualités qui ont tout de suite tapé dans l’œil des grands studios hollywoodiens. Ces derniers ont donc choisi de lui offrir, en 1973, le premier rôle d'un film taillé sur mesures, je veux bien sûr parler de l'adaptation filmée du célèbre livre Jonathan Livingston le Goéland (en vo : Jonathan Livingston Seagull, littéralement "Jonathan la pierre-vivante goéland", titre riche en paradoxes dont l'analyse s'avèrerait sans doute passionnante). Le rôle de sa vie. Celui qui fit taire à jamais tous ceux qui avaient déjà pu dire du mal de Barry et le traiter par différents noms d'oiseaux, lorsqu'il lui arrivait par simple maladresse de déféquer sur les plateaux. Contrairement à l'homme, un oiseau ne contrôle pas la rétention de ses fientes, tenez-vous le pour dit, et ayez à présent un brin d'indulgence pour nos amis ailés.

Grande oeuvre littéraire métaphorique véhiculant un message de paix qu'il serait bon de nous remémorer aujourd'hui, Jonathan Livingston le Goéland est devenu, transposé sur grand écran, un film à part dans la courte Histoire du Cinéma. Jonny le goéland y apparaît comme un individu à contre-courant, désireux de se battre pour sa liberté et devant faire face à l'intolérance de ses congénères à becs. Prouesses techniques et beauté scénaristique ne font qu'un, dans un film dont la forme si chiadée et majestueuse n'est que l'évident reflet d'un fond qui fera toujours sens. Jonathan Livingstone le Goéland est un miroir placé devant le spectateur. Il faut s'aimer soi pour aimer le film ; mais dans tous les cas, il ne vous laissera pas indifférent. Il faut également saluer le travail formidable de l'ambitieux cinéaste Hall Bartlett, qui a littéralement vécu au milieu d'un poulailler dégueulasse pendant 1 an à des seules fins artistiques. Jusque là symbole de bêtise du fait de la petitesse de son cerveau, le Goéland devient, grâce à Jonathan Livingston et l'interprétation parfaite de Levinson, le symbole de la liberté. On étudie l’œuvre littéraire et son adaptation cinématographique à l'école, et plus particulièrement en cours d'anglais (le film étant muet).


Grand succès critique mais véritable flop dans les salles, où le film n'était tout simplement pas diffusé du fait de l'absence d'acteurs humains (qui gênait à l'époque, mais qui n'étonne plus aujourd'hui, depuis les ras-de-marée de films comme Microcosmos ou Ice Age), Jonathan Livingston le Goéland a tout de même apporté un statut inédit et un crédit sans précédent à l'oiseau marin le plus connu d'Hollywood, j'ai nommé Barry Levinson. Ce film a été le véritable déclic pour le lancement d'une nouvelle carrière. Barry décide dans un premier temps d'enchaîner les rôles, pour asseoir sa réputation. On l'a ainsi retrouvé, en vrac, dans Get Carter, Get Shorty et Get Drunk (pour ne citer que les films commençant par le mot "Get" où il effectue des courtes apparitions non-créditées), qu'il a tourné coup sur coup, volant d'un plateau à l'autre, sans pause café. Son rêve de gosse se réalise quand il interprète le rôle d'un vautour dans un sombre western pour les besoins duquel chacune de ses plumes du être recolorée en brun, un film qui resta cependant un mauvais souvenir puisqu'il souffrit beaucoup sur le tournage d'une adversité conflictuelle avec un corbeau de mauvais augure.

Malgré toute sa réussite, Barry Levinson n'était pas entièrement satisfait. Silencieusement et sereinement, il pensait à la réalisation, lui qui avait pris des notes et retenues les leçons sur tous les nombreux films auxquels il avait passivement participé. Sa carrière de réalisateur pris son envol avec Good Morning Vietnam, un film dans lequel il traite avec humour et cynisme de la guerre du Vietnam, un sujet qu'il connait bien, pour l'avoir lui-même vécu, étant donné qu'il couvait sur les côtes vietnamiennes lors des premiers assauts menés par les troupes américaines. C'est seulement un an plus tard, quand il réalise Rain Man, dont le sujet ne l'intéressait pas mais dont il avait très vite perçu le fort potentiel commercial à travers cette histoire d'amitié touchante entre un trisomique et un pédéraste, que Barry Levinson confirme aux yeux des professionnels de la profession qu'il est bel et bien un réalisateur d'envergure, malgré son autonomie réduite du fait de son physique de piaf ordinaire.

Levinson est ainsi devenu un réalisateur reconnu, mais toujours en marge du système, ne serait-ce que par sa seule situation de cinéaste à bec. Il s'est récemment fait remarquer en signant le scénario et en participant au tournage du Peuple Migrateur, qui était en réalité un simple récit de voyage, dans lequel il pointait du doigt les conditions précaires de la vie des grues, canards, cigognes, oies et autres oiseaux migrateurs. C'est Barry qui a rendu le film possible en mettant d'accord ses potes à plumes pour qu'ils acceptent de se remettre à migrer seulement lorsque les caméras fonctionnaient. Depuis ce film, sa carrière bat de l'aile. Évidemment.


Jonathan Livingston le Goéland de Hall Bartlett avec Barry Levinson et d'autres goélands (1973)

8 février 2009

Quantum of Solace

J'écris cette critique dans un webcafé inondé de monde. Je sens la haine s'accumuler dans mon dos tandis que j'ai déjà dépassé de quelques minutes le peu de temps que l'on m'a imparti. Je viens là pour consulter mes mails et surtout l'état de mon compte en banque. Je viens là depuis qu'on a coupé ma connexion. Je viens d'apprendre deux sales nouvelles : je me suis fait plaquer par ma copine et je suis dans le rouge à la banque. Je sais pas si le départ de ma femme, qui a emporté les meubles avec elle, est la cause de ma banqueroute, ou si c'est la chronique de la mort annoncée de mes finances qui l'a faite déguerpir sans préavis, dans tous les cas je suis dans la merde. Si cet ordinateur ne bloquait pas automatiquement les fenêtres pop-up, j'en aurais une qui clignoterait au milieu de mon écran avec écrit "You're Fired !". Mais je voulais vraiment prendre 2 minutes pour vous parler de ce film. C'est pour lui que j'ai dépensé mes derniers centimes. C'est pour voir ça que mes chèques ont pris l'allure d'assiettes en carton. J'ai appris récemment qu'on est en droit de signer un chèque sur n'importe quel support, et que la loi exige qu'un récipicé dûment complété, même rédigé sur une planche de surf, doit être acceptée par son receveur, quitte à ce que la police s'en mêle et accuse réception de la main courante déposée à l'encontre du commerçant revêche. Dans mon cas la question ne se pose même pas, étant donné que mon budget est négatif et que vrai chéquier ou pas, tout ce que je signe est en bois, et flotte sur l'eau, eau chaude qu'on m'a coupée elle aussi. C'est à cause de ce film que l'on m'a coupé l'eau et que je bois ma propre pisse à la manière de Kevin Costner dans Waterworld ! Je vous l'


Quantum of Solace de Marc Forster avec Daniel Craig et Olga Kurylenko (2008)

7 février 2009

[A bittersweet day in Gérardmer] Repo! The Genetic Opera


Avant de subir notre chemin de croix, notre punition pour avoir péché, nous partons pour le fameux lac, puisque Gérardmer, c’est le Fantastic’art, le Fantasticâble mais surtout le lac, gelé pendant l’hiver, patinoire géante à découvert pour les touristes et les chiens téméraires, lieu de débauche lors des nuits glacées. Et comme le temps était sympathique et la couche de glace suffisamment épaisse, nous chassons de nos esprits ces films abscons en réalisant quelques glissades timides avant d’aller affronter le pire du cinéma, de l’opéra et du rock réunis.


C’est pendant le trajet vers le cinéma diffusant Repo! (à nouveau le Paradisio), que nous avons l’occasion de croiser des passionnés du gore, auxquels nous n’avons pas adressé la parole quand même, mais que nous avons tenté de prendre en photo à leur insu. Au final, nous n’avons réussi qu’un cliché, mais quel cliché !


Darren Lynn Bousman était prédestiné à commettre des films en rapport avec son triste nom de famille. C’est le type qui a réalisé Saw 2, 3 et 4 et il n’y a rien de plus à ajouter. C’est un médiocre qui n’a participé qu’à des films honteux avant de passer à la réalisation avec médiocrité. C’est un homme mesquin, sale et suintant du gras par tous les pores de sa peau dégueulasse, c’est une lacune humaine, il n’aime pas les enfants et vole dans le sac des petites vieilles. Il jette des cailloux sur les animaux et maudit l’arrivée des oiseaux au printemps. C’est le genre de mec à s’afficher avec fierté bien serré à Paris Hilton et à se faire payer son mariage par des sponsors. Darren Lynn Bousman est le réalisateur de Repo! the Genetic Opera. C’est mon nouveau Paul W.S. Anderson. Allez visiter son myspace pour voir une partie du massacre.


Pendant plus d’une heure et demie, des chansons insipides se succèdent interprétés par des acteurs au bout du rouleau sur fond de minable musique pseudo-hardcore. Le film a quand même une histoire, celle d’un chef d’entreprise qui propose de greffer des beaux organes tout neuf et génétiquement modifiés (d’où le titre) aux gens et de se faire rembourser plus tard. Le seul intérêt de ce stratagème, c’est de faire appel à des Repo-Men (d’où le titre, sic) pour récupérer les organes dans le corps encore chaud des patients qui sont dans l’impossibilité de rembourser leur opération. Le look des Repo-Men est très recherché puisque c’est la réplique exacte de la casquette et des longs manteaux en cuir des Waffen SS. Quelle originalité Darren ! Ne cherchez pas non plus à trouver une cohérence à l’histoire, il n’y en a pas. Pour compliquer le truc, d’autres personnages chantent tandis qu'ils prélèvent une substance sur des cadavres pour la revendre dans les rues mal famées, en chantant encore (faux) que c’est une drogue.


Le personnage principal est une fille malade qui doit rester enfermée dans sa chambre pour ne pas clamser mais qui passe le plus clair de son temps à gambader dans les rues (interprétée bien misérablement par Alexa Vega). Elle a 17 ans et le revendique face à son père tétanisé, ce qui nous vaut, à peu près aux deux tiers du film, peut être la pire chanson jamais interprétée et écrite dans l’histoire de l’humanité, Michel Sardou compris. Au final, le massacre est si puissant que le film en devient parfois drôle et on se prend à rire de bon cœur face à tant de médiocrité, en oubliant le prix de la place et en espérant que pas un centime ne sera reversé à Bousman.Pour ce film, et après avoir réalisé trois épisodes de Saw, Bousman mérite la prison sans droit de visite.

Sortis de la salle, les réactions ne se font pas attendre et elles sont toutes plus impitoyables les unes que les autres :

« Un peu dans la veine de The Rocky Horror Picture Show mais avec le gore en plus, ce film est une torture pour le spectateur. Au départ, on se marre bien tellement c’est ridicule, mais au bout d’une vingtaine de minutes le film devient tout simplement insupportable pour les yeux et surtout pour les oreilles. Les textes des chansons de ce hard rock opéra gothique sont d’une banalité et le niveau en chant de certains acteurs n’est pas là pour améliorer les choses, à l’image de Paris Hilton. Et oui, elle fait parti du casting jouant le rôle d’une chanteuse camée, héritière d’une grande entreprise mais comme dans son autre film, elle n’apparaît que très rarement. Ouf !! En ce qui concerne la trame de l’histoire, on peut finir par s’y perdre avec tous ces flashbacks et intrigues secondaires qui n’aboutissent à rien, comme si le réalisateur avait essayé de combler les trous… » Laëtitia, le poing droit sur la hanche gauche.

« Les comédies musicales d’horreur sont rares et en voyant ce film on ne se demande plus pourquoi. L’histoire et le jeu des acteurs sont tellement risibles que l’on se surprend à rire. Enfin on rit quand les prestations chantées ne sont pas si épouvantables qu’elles vous donne envie d’être sourd (ce qui arrive très souvent sur la durée de ce film). Le seul autre exemple de ce type de film à ma connaissance est The Rocky Horror Picture Show qui lui non plus n’a pas trouvé son public à la sortie mais plus tard pour maintenant devenir culte. Je ne pense pas que cette chose arrive à s’en sortir de la même manière. » Cédric, le poing dressé vers le ciel.

« Il n’y a pas des mots. C’est une blague pour le spectateur. Malgré la musique (rock de mauvais goût), si tu est bien assis tu peux arriver à dormir un peu. » Karen, qui a en effet dormi à poings fermés.

« The Strangers c’est des étrangers postés sur ton chemin ; Hansel & Gretel c’est l’histoire d’un gars qui n’arrive pas à retrouver son chemin ; Repo! The Genetic Opera c’est un chemin de croix. » Anatole, les poings dans les poches.

Des crétins ont encore applaudi à la fin de la séance, sans savoir que Bousman, qui casse des cailloux dans une prison du Kansas, ne peut pas les entendre.

Juste au moment ou nous reprenions la voiture pour rentrer à Metz, le palmarès était rendu public, Morse était sacré Grand Prix à l’unanimité d’un jury présidé par Jaume Balagueró. Grace gagnait le Prix du Jury et Midnight Meat Train remportait le Prix du Public. En conclusion de ce reportage, on se rend compte qu’on a été refoulés à l’entrée de Morse et que cet évènement a provoqué notre passage au plan B ; à la place de Grace on a préféré aller voir Repo! the Genetic Opera, et pour Midnight Meat Train on a préféré aller voir Hansel & Gretel. On n’a pas eu le nez très creux ce jour-là mais, si nous n’avons pas eu la chance de voir les meilleurs films, on peut se féliciter d’en avoir vu deux des pires et d’avoir passé malgré tout une excellente journée à Gérardmer.


Repo! The Genetic Opera de Darren Lynn Bousman avec Alexa Vega, Paul Sorvino et Paris Hilton (2008)

[A bittersweet day in Gérardmer] Hansel & Gretel


Après une rapide collation, une bonne fondue 3 fromages (gorgonzola, munster et cottage, recette suédoise), nous partons voir un film de la compétition officielle, présenté au jury le jour même, Hansel & Gretel du coréen Yim Phil-sung. Ce film nous permet de découvrir une autre salle, confortable et moderne, celle du cinéma du Casino du Lac, aux fauteuils bien plus moelleux que ceux du Paradisio.


Hansel & Gretel raconte l’histoire d’un jeune homme qui, suite à un accident de voiture, se retrouve hébergé par une bien étrange famille (les parents stressés, leur fils étrange et leurs deux filles bizarres) dans une maison accueillante au milieu d’une forêt labyrinthique et hostile. Le jeune homme, heureux au départ d’avoir eu la chance d’être accueilli par une si charmante famille, commence à se rendre compte qu’il est pris dans un traquenard doublé d’un guet-apens. Son calvaire dure plusieurs jours, durant lesquels il tente chaque fois de retrouver la route, finit toujours par se perdre, retourne dans la maison au milieu de la forêt et s’endort tétanisé par l’angoisse de remettre ça le lendemain.


Le spectateur, bien qu’assis sur un fauteuil moelleux, subit chaque petit-déjeuner, chaque dîner, chaque exploration à pas de loup du grenier à la cave, chaque regard plein d’incompréhension du héros (et il y en a des tas). Hansel & Gretel est une belle déception. C’est esthétiquement joli, très propre, l’histoire est prometteuse, mais ça tourne en rond très vite. On a même droit plusieurs fois à la même scène du garçon pas content qui s’énerve et étrangle à distance ses victimes, tel un Dark Vador du pauvre.


Au début on est indulgent mais quand on se rend compte que le film dure deux plombes et qu’on n’a pas encore atteint la moitié, on commence à avoir des soubresauts de panique et on est heureux d’avoir à côté de soi une dame un peu étrange qui sursaute à chaque mouvement brusque de la caméra, se cache les yeux avec son sac et sort des injures qui m’ont fait rougir. Le spectacle n’est plus sur l’écran, il est dans la salle. On s’imagine quelles serait les réactions de cette dame face à un film qui fout vraiment les jetons…Bref, pour en revenir à Hansel & Gretel, ça aurait dû rester un court-métrage. Cependant c’est le meilleur des trois films qu’on ait vu, et en sortant de la séance, on ne sait pas encore que le pire est à venir… Pour ne pas changer, des crétins ont encore applaudi au générique et Yim Phil-sung n’en a rien entendu depuis Suwon.

A la sortie, les avis sont partagés :

« Ce film n’a plus grand chose à voir avec le célèbre conte des frères Grimm, mais il se laisse voir. On retrouve une ambiance magique avec des décors bien soignés (la maison avec tous ces jouets et la forêt). Toutefois, l’histoire en elle-même est un peu longue à démarrer et on finit par se demander ce qu’il se passe, les réponses sur le pourquoi nous sont données au fur et à mesure. Malgré un jeu d’acteur correct (on se prend bien au jeu !!), des décors majestueux et une bonne intrigue, il manque quelque chose pour dire que c’est un bon film. » Laëtitia, se massant les tempes, migraineuse.

« Le thème de l’enfant abandonné et qui cherche à se reconstruire un foyer par la seule force de ses pouvoirs paranormaux a déjà été visité par Joe Dante dans la troisième histoire du film La Quatrième Dimension intitulée ‘‘It’s a Good Life’’. Phil-Sung Yim apporte une ambiance visuelle soignée et agréable qui aurait pu faire de cette histoire un film fantastique correct malheureusement ceci est un LOOONG métrage et cette lenteur anéanti le côté sympathique de ce film. » Cédric, se massant le front, fiévreux.

« Un histoire d’horreur ?, un drame ? Tu sens qu’au début c’est une histoire de horreur mais à la fin tu finis par être conmovido. » Karen, se massant les cervicales, fébrile.


Hansel & Gretel de Pil-Sung Yim avec Jeong-myeong Cheon, Sim Eun-kyung et Yeong-Nam Jang (2007)

[A bittersweet day in Gérardmer] The Strangers

Ilaosé s’agrandit, ilaosé déménage, ilaosé se transporte vers de nouvelles latitudes, ilaosé a un an et un jour aujourd’hui. Des quatre coins du globe, de plus en plus d’internautes s’emparent de leurs claviers pour féliciter (très souvent) ou insulter copieusement (de temps en temps) les auteurs du site. C’est pour célébrer cette année de critiques, cette année qui n’est finalement qu’une immense déclaration d’amour au 7ème art, que les membres fondateurs ont pris la décision d’opérer un virage décisif, un angle droit vers le futur. Ils ont entrepris de mettre les petits plats dans les grands, de mettre les pieds dans le plat, de tout mettre à plat, et d’engager un envoyé spécial, reporter sans frontière, tout terrain et obéissant au doigt et à l’oeil : MOI ! Et comme le dit le lieutenant Ray Garcia dans La Relève (1990), « C’est pas juste un job, c’est une putain d’aventuuuure ! »

Premier reportage : le 16ème festival du film fantastique de Gérardmer.

En compagnie de mes trois acolytes Karen, Laëtitia et Cédric, nous arrivons à Gérardmer à 10h ce dimanche 1er février, dernier jour du festival. Nous n’avons qu’une vague idée des films qui vont nous tomber dessus mais on a déjà un programme idéal, le plan A (Morse, puis Grace, puis Midnight Meat Train) et un programme de remplacement, un « au cas où », le plan B (The Strangers, puis Hansel & Gretel, puis Repo! the Genetic Opera). Nous étions donc prêts et organisés. Pour chaque film j’ai eu le privilège de recueillir les avis de mes trois acolytes, à chaud, à la sortie des films, dès le dépôt de leurs pieds sur le sol gelé des parkings jouxtant les cinémas de Gérardmer, le bloc-notes dans une main, histoire de contrebalancer ou de confirmer mes analyses à tête reposée.

Arrivés dans le centre de Gérardmer, nous nous apercevons que l’organisation est de grande envergure. La billetterie est immense et toute la ville est mobilisée pour faire de ce festival un évènement à l’aura internationale : lac gelé, bonhomme de neige géant, chapiteau de la Française des Jeux qui pour l’occasion a distribué un millions de porte-clefs collector. Nous apercevons aussi le fameux Grand Hôtel, dans lequel loge le jury, l’occasion pour nous de voir Pierre Mondy signer des autographes indélébiles sur les k-way de randonneurs du troisième âge incrédules et blessés, venus là pour admirer les Cascades de Tendon.

Une fois les Pass achetés, nous courons à la projection de Morse, en évitant les nombreuses plaques de verglas et en doublant et bousculant d’autres festivaliers pressés qui pourraient nous piquer les dernières places.


Malheureusement, nous nous faisons refouler à l’entrée car c’est déjà plein, l’officiel barrant le passage étant incorruptible. Devant ce désagrément, on décide de passer au plan B, The Strangers, un "inédit vidéo", en se rendant au pas de course, tête baissée, vers un autre cinéma.


Ce cinéma s’appelle le Paradisio. C’est une salle ancienne, les fauteuils ne sont pas très confortables, la pente est faible et il suffit qu’un mec assez grand se mette devant vous pour que la séance soit terminée. Le parquet vibre chaque fois que le son est fort ce qui n’est pas mal finalement. L’entrée dans la salle est précédée par une file d’attente conséquente et belliqueuse. Laëtitia saura faire tenir en respect des resquilleurs du troisième âge qui tente de nous doubler en prétextant une tendinite.

Dans The Strangers, la vedette n'est autre que Liv Tyler. L’actrice nous montre une large palette de son jeu en quelques cris, sursauts, tremblements et recherche frénétique de couteaux dans les tiroirs de la cuisine, du salon et de la chambre à coucher. Ce film est un direct-to-vidéo en France ce qui n'a rien d'étonnant tant c'est une merde. L'histoire est d'une simplicité et d'une absurdité fondamentales : c'est la nuit, un jeune couple revient à la maison après avoir assisté au mariage d'un pote et traversé une crise conjugale d'importance (la jeune femme vient de refuser la bague du jeune homme). Une fois arrivés les deux tourtereaux se regardent en chien de faïence pendant 10 minutes. Après ça, l’éconduit jeune homme (Scott Speedman dans un rôle ingrat taillé à la mesure de son talent) tétanisé et circonspect sort de sa léthargie (pour le plus grand bonheur du spectateur) pour s’emparer d’un pot de 7 kilos de glace qu’il entreprend d’entamer en tentant d’égaliser la performance de Richard Attenborough dans Jurassic Park lorsque celui-ci tente d’oublier que ses deux petits-enfants sont livrés à eux-mêmes dans une jungle truffée de T-Rex. Plagiat honteux. Liv Tyler, partie prendre un bain, se rappelle pourquoi elle a refusé la bague de son compagnon. Mais « Pourquoi pas ? » se dit-elle avant d’aller retrouver son homme et lui faire quelques bisous.

Au moment où il commence à folâtrer de nouveau sérieusement, le couple est dérangé par une jeune femme à contre-jour qui demande à voir une personne manifestement pas là. Les ennuis commencent pour notre couple et pour les gens dans la salle. Pendant plus d’une heure, Liv Tyler cherche des couteaux pour se défendre et des téléphones pour se plaindre. Des étrangers portant des masques entrent et sortent à leur guise dans la maison sans faire « bouh », Scott Speedman tente de faire démarrer sa bagnole puis tente de faire démarrer une autre bagnole sise dans le garage, Liv Tyler se tord la cheville, Scott Speedman envoie son meilleur pote au cimetière…


Au final, les trois vilains masqués trucident nos héros sans un mot à l’aide d’un couteau et s’en vont. On n’a aucune idée des raisons pour lesquelles les trois Strangers s’en prennent au couple, on n’a qu’un film au premier degré qui tente de nous faire croire que cette merde est basée sur des faits réels et qu’elle fait peur. On n’a aucune envie de découvrir une éventuelle suite. Quelques crétins ont applaudi à la fin, bien que Bryan Bertino, le réalisateur ne fût pas présent dans la salle. Au passage, on souhaite à Bryan Bertino d’aller faire une randonnée dans les Rocky Mountains et de se faire surprendre soit par un orage de grêlons gros comme le poing, soit par une maman Grizzly courroucée, le poing serré. Il peut faire d’une pierre deux coups et amener avec lui le compositeur de la musique du film.

En sortant du cinéma, les commentaires sont cinglants et définitifs :

« Comment qualifier ce film en un seul mot ? Je dirai sans hésiter « médiocre ». Le scénario se traîne en longueur en tentant de faire peur, mais ma seule peur fut de m’ennuyer encore plus !! C’est navrant pour un film censé provoquer la terreur du spectateur. Mais la longueur n’est pas le seul problème, c’est la bêtise du scénario, avec des scènes vraiment pathétiques. En effet, imaginez que vous possédez un fusil et qu’un étranger armé d’une hache tente de pénétrer chez vous, la première chose que vous allez faire c’est de… lui balancer une chaise !!?? […] Malheureusement, il pourrait y avoir une suite… » Laëtitia, les dents serrées.

« Que dire… Un vrai trou noir, il aspire toutes les idées classiques du film d’angoisse (une maison isolée mais pas trop quand même sinon ça pourrait vraiment faire peur, une jeune femme terrifiée enfin ils essaient de nous le faire croire, une musique qui se veut angoissante mais qui est surtout horripilante, des agresseurs anonymes et sans aucun charisme…) et ne réussit à les transformer qu’en une absence sidérante de contenu et de forme. » Cédric, le couteau entre les dents.

« Le typique thriller américain, sans aucun ingrédient de plus. Ils ont mis une star connue (Liv Tyler) pour que le film soit un peu plus attractif, mais ils ne sont arrivés à rien même avec ça. » Karen, qui a désormais une dent contre Bryan Bertino.


The Strangers de Bryan Bertino avec Liv Tyler, Scott Speedman et Glenn Howerton (2008)